Guinée: l’ancien Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana sera entendu par la justice sur son lit d’hôpital

En Guinée, l’ancien Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana, arrêté depuis avril 2022 et poursuivi pour des supposés détournements de fonds publics, enrichissement illicite, blanchiment et complicité devrait être entendu sur son lit d’hôpital par un juge de la CRIEF, l’instance de répression des infractions économiques et financières, mise en place par la junte au pouvoir pour lutter contre la corruption. L’ancien Premier ministre de la Guinée, hospitalisé depuis plus d’un an, n’a jamais répondu aux injonctions de la CRIEF. La justice guinéenne veut faire auditionner Kassory Fofana par un magistrat en présence d’un greffier et des avocats de la partie civile. Selon Me Amadou Babahen Camara, avocat de la partie civile, les droits de l’accusé sont respectés. « La décision du juge est légale : il s’est basé sur une disposition légale pour prendre sa décision, pour entendre le prévenu sur son lit de malade… Lire la suite sur RFI
Congo Brazzaville/Politique. Se servir et non servir

TRIBUNE. L’argent et la politique n’en finissent pas d’entretenir des relations intimes, parfois incestueuses. La course à l’enrichissement illicite attire plus les nouveaux acteurs politiques congolais depuis l’ouverture démocratique en 1992. Pas tous cependant. L’information circule sous le manteau à Brazzaville, un ancien ministre des Finances du Congo, sur la période 2016- 2022, revend ses immobilisations. L’homme, rongé par le « mpiaka » (assèchement financier), a vu son train de vie fondre comme la marque de beurre Alima au soleil. Il n’est pas rare de voir un ministre congolais jouer au distributeur automatique pendant son séjour au gouvernement, avant d’en être réduit à la disette voire au mendiant de la République une fois qu’il en est defenestré. Depuis les attentats du 11 septembre 2001, perpétrés par des fondamentalistes musulmans, les Américains ont fait imposer au monde entier des mesures de tracking de flux financier en circulation. Ce qui, par conséquent, bloque l’alimentation de tout compte bancaire, en dizaines, centaines de millions ou plus, par une personne qui ne peut en justifier la provenance. Les paradis fiscaux et surtout la thesaurisation (des malles d’argent dans les maisons) seraient la dernière trouvaille des nouveaux riches politiques en Afrique. Ceux du Congo usent des mêmes pratiques quand ils ne se lancent pas dans l’acquisition des biens meubles et immeubles quel que en soit le prix. Une manière de se débarrasser du pactole chez lui. Un banquier ayant requis l’anonymat nous confiait récemment faire l’objet des sollicitudes de la part d’une autorité qui voulait se débarrasser des « nguiris » qu’il aurait gardés at home. Aïe! L’homme redoutait l’arrivée de la nouvelle gamme de billets de banque Beac. Plus peur que de mal, les anciens billets ne sont pas déclassés. L’argent et la politique au Congo entretiennent des rapports obsessionnels, rytmés d’effusions voluptueuses, de haines passionnées, et marques d’une propension à la perversité voire à l’enrichissement illicite. Dans un pays où un ministre, soupçonné d’actes de prévérication, croupit difficilement en prison, ce laxisme volontaire, à la fois honteuse et inaltérable, a toujours suscité curiosité et intérêt, alimentant une foisonnante littérature dans les réseaux sociaux et dans les discussions de « ngandas »(bistrots de fortune) », « foula foula »(transport intra urbain par bus) et autres lieux où s’exerce parfois la sagesse populaire ou le « songui-songui »(commérage). Il existe deux types de vie chez le politique congolais: quand il est aux affaires, et lorsqu’il est hors circuit. Un ministre congolais en fonction sait jouer au distributeur automatique pour entretenir la cour de ses nombreux affidés et « makangus »(maîtresses. Il y en a qui peuvent remettre des centaines de millions de fcfa aux sujets étrangers chargés de les fructifier dans le business. Ouest africains et libanais en tirent meilleur profit. Une fois hors circuit, un ancien ministre redescend sur terre et a le cou perclus d’humilité tel un enfant de chœur de l’église catholique. À l’observation, de nombreux politiques congolais n’ont pas su emboîter le pas à Alphonse Massamba Débat, Claude Ernest Ndalla, Camille Bongou, Ambroise Edouard Noumazalay, Lekoundzou Itihi Ossetoumba, André Obami Itou, Pierre Ngolo, Pierre Moussa…, hommes qui ont fait ou font la politique par amour et passion. Nombreux sont venus se servir et non servir la République. Juste un constat. Par A. Ndongo Journaliste économique et financier
Laurent Gbagbo : un nationaliste qui ne s’est pas enrichi abusivement au pouvoir

TRIBUNE. L’homme n’a jamais été grisé par le pouvoir et d’en profiter, abusant ainsi des privilèges y afférents au point de s’enrichir de manière outrancière et illicite sur le dos des ivoiriens. En effet, il n’est possesseur d’aucun bien immobilier à l’étranger ni du moindre compte bancaire. De son propre aveu, il n’a jamais passé de vacances en Occident, parce qu’il n’y voyait pas d’intérêt encore moins la nécessité. On peut y entrevoir l’expression de la noblesse d’esprit dans cette posture inédite. En fait, ce rejet d’un train de vie dispendieux au dépend de l’Etat est une incontestable preuve de vertu sinon de grandeur d’âme! Voici en substance une déclaration édifiante du président Laurent Gbagbo : « À la Haye, la première fois que j’ai eu l’occasion de sourire, je crois que c’est le jour où trois fonctionnaires de la CPI sont venus me demander comment j’allais payer mes frais d’avocats. Je leur ai répondu que les comptes en banque sur lesquels je recevais mon seul revenu, c’est-à-dire mon salaire depuis mon accession à la présidence en 2000, avaient été bloqués et que je n’avais rien d’autre. Ils ne m’ont certainement pas cru, ils ont décidé de diligenter des enquêtes internationales. J’ai plaisanté: je leur ai dit s’ils trouvaient quelque chose, qu’ils gardent tout pour eux. Ils ont cherché partout: en France, en Suisse, aux Etats-Unis, dans les paradis fiscaux…Ils ont eu beau faire, ils n’ont rien trouvé, pas de fortune cachée, pas de biens immobiliers (mal acquis à l’étranger). Sarkozy aussi s’est démené pour faire chercher partout. Evidemment, ils n’ont rien trouvé, parce que je n’ai pas grand-chose. » Il y a tout lieu de croire que si Laurent Gbagbo s’était allègrement offert des châteaux et hotels particuliers à l’étranger et accumulé des bas de laine dans des banques occidentales et autres paradis fiscaux, cela aurait pu constituer une circonstance aggravante pour lui. Bien évidemment, les médias s’en seraient délectés de cette nouvelle de biens mal acquis au point d’en faire leurs choux gras. En conséquence, son nom aurait inévitablement figuré sur la liste déjà longue des dictateurs africains pilleurs et braconniers des deniers publics de leurs Etats. Mais heureusement pour lui, les fins limiers d’Interpol n’ont déniché nulle part de traces d’enrichissement illicite sur le dos de son peuple. Manifestement une telle correction, une telle rectitude, une telle intégrité nous changent beaucoup de fripouille félonne, sombrant littéralement dans la folie des grandeurs, et qui s’est toujours illustrée dans une criminalité économique exacerbée au coeur de l’Etat; et ce, par la privatisation, la captation et la confiscation des richesses nationales, au point d’entrainer tout un pays à la banqueroute, tel c’est le cas présentement au Congo-Brazzaville. Un pays aux immenses ressources naturelles et qui dispose de tous les atouts pour réussir, mais hélas, il est littéralement plombé par une gravissime mégestion sans précédent sur fond de kleptomanie viscérale et endémique. On peut cependant noter que nul pays au monde ne peut prétendre au développement intégral et durable avec à sa tête un homme médiocre, incompétent et sans vison. Le président Laurent Gbagbo offre au monde un formidable exemple de grande probité dont les prochaines générations de chefs d’Etats africains devront s’en inpisrer pour une gestion parcimonieuse et le progrès de nos pays. Il sied sied de souligner que dans le meilleur des mondes l’Etat n’est pas l’instrument d’intérêts particuliers, mais il oeuvre plutôt à la promotion de l’intérêt général sur fond de justice sociale. En fait, l’idéal politique pour tout homme d’Etat est de s’assigner l’objectif de se mettre résolument au service du peuple, de le servir réellement plutôt que de l’appauvrir et de l’asservir.Il est cependant navrant de constater cette prompte frénésie de se servir au point d’imposer sans ménagement la pauvreté et la misère au plus grand nombre. Faudrait-il encore le rappeler qu’un homme d’Etat digne de ce nom est celui qui veille scrupuleusement sur le principe économique de l’orthodoxie financière et surtout oeuvre pour le bien-être de tous les citoyens sans exclusive? On comprend cependant aisément que, entre autres griefs retenus contre Laurent Gbagbo par les impérialistes français dont Sarkozy en tête, c’est d’être sorti des sentiers battus, c’est-à dire de n’avoir pas voulu piller les finances de son pays au profit de la France néocoloniale. Il faudrait qu’on le signale, en passant, que la France joue le rôle de recéleur des biens mal acquis accumulés sur son sol par des autocrates africains. A cela s’ajoute le fait gravissime, considéré comme une véritable tentative de crime monétaire à l’égard d’une puissance impérialiste, celui d’avoir voulu battre une nouvelle monnaie pour la Côte d’Ivoire. A l’évidence, c’est cette dernière bravade, pourtant légitime au regard de la souveraineté de la Côte d’Ivoire, qui aurait pu valoir la mort à Laurent Gbagbo, comme cela a toujours été le cas pour nombre de présidents africains, mais pour y avoir survécu de justesse, il y a lieu de présumer que c’est certainement une grâce de la providence qui lui aura épargné un tel sort funeste. Le moins que l’on puisse dire c’est que ce digne fils d’Afrique et nationaliste, qu’est Laurent Gbagbo, inspire l’admiration et force le respect! Qu’on en prenne de la graine! René Mavoungou Pambou Combattant de la liberté et leader d’opinion