Les Faignond, des gens de culture, de père en fils.

TRIBUNE. La fille, Emilie Flore Faignond. Grande dame. Grand esprit. Écrivain de talent. Le père, Émile Joachim Faignond, synthèse des cultures africaines et européennes, avec son mythique bar « Chez Faignond » sur la rue Mbaka, à Brazzaville, au Congo, a contribué à l’épanouissement de la musique congolaise. C’est dans ce bar que l’orchestre Bantou de la Capitale de Jean Serge Essou, Edo Nganga, Nino Malapet voit le jour. C’est là, également, que les grands orchestres des deux rives du Congo se sont produits, en leur temps. Sur les hauts murs de clôture de Faigond Bar est née la première génération des Nguembo, ces jeunes congolais, fans de la musique qui, faute d’avoir accès au bar, s’accrochaient sur ses murs pour écouter les Bantou de la Capitale. Une génération des Nguembo qui date des années du succès de Moulamba Moujos dans les Bantou, avec la chanson Ba Nguembo bo juger. Le garçon, Bienvenu Faignond, mon collègue étudiant à Rennes, chef de l’orchestre Bana Poto Poto, Maire d’arrondissement de Poto Poto dont les conditions de la disparition n’ont jamais été élucidées. Alors que, pour sa mémoire, une rue de Poto Poto devrait au moins porter son nom. Proposition que j’avais faite à l’époque, dans les années 2002, pour debaptiser l’avenue de France. Mais jamais prise en compte par le conseil municipal de Brazzaville. Viendra le jour où la patrie reconnaissante réparera. Les Faignond, une famille d’hommes et de femmes de culture.Je salue. Ouabari Mariotti –Ancien Ministre