La fracture frontalière : le secteur des événements énergétiques doit embaucher et promouvoir des Africains

La fracture frontalière : le secteur des événements énergétiques doit embaucher et promouvoir des Africains

Si les événements liés à l’énergie prétendent façonner l’avenir de l’Afrique, ils doivent alors être organisés sur le sol africain, employer des Africains et placer le continent au centre des décisions mondiales Alors que l’intérêt mondial pour les ressources énergétiques africaines continue de croître, une tendance regrettable s’est dessinée : les événements consacrés à l’énergie en Afrique sont de plus en plus souvent organisés en dehors du continent. Certaines entreprises, telles que Frontier Energy, vont encore plus loin : non seulement elles organisent des débats sur l’Afrique à l’échelle internationale, mais elles excluent également les Africains de leurs organisations. En tant que porte-parole du secteur énergétique africain, la Chambre africaine de l’énergie (AEC) condamne fermement cette approche. À l’heure où les pays africains donnent la priorité au potentiel local, améliorent les environnements d’investissement et se positionnent comme des partenaires solides pour les entreprises énergétiques mondiales, des organisations telles que Frontier risquent de compromettre ces efforts en écartant la participation et le leadership africains. L’AEC soutient depuis longtemps les investissements internationaux sur le continent. La Chambre plaide constamment en faveur d’un traitement équitable des compagnies pétrolières internationales, des financiers et des prestataires de services opérant en Afrique, et intervient souvent lorsque les investisseurs sont confrontés à des incertitudes réglementaires ou à des pratiques déloyales. Mais le partenariat doit être réciproque. Si l’on attend de l’Afrique qu’elle ouvre ses marchés, réforme ses politiques et offre une certitude à long terme, alors les plateformes qui façonnent son discours sur l’énergie doivent faire de même : embaucher des Africains, renforcer les capacités locales et ancrer les événements en Afrique. Certains organisateurs d’événements mondiaux comprennent cette responsabilité. Des entreprises telles que DMG Events démontrent qu’il est à la fois possible et nécessaire d’organiser des conférences de niveau mondial sur l’énergie en Afrique tout en donnant la priorité aux talents africains. DMG a toujours été un leader en matière d’embauche, de formation, de fidélisation et de promotion des Africains. Elle recrute même des fournisseurs africains qualifiés. DMG apporte constamment des discussions sur l’Afrique en Afrique, avec une forte représentation africaine dans la direction, le développement de contenu et la logistique. On peut citer comme exemples l’Egypt Energy Show (Le Caire) et la West Africa Infrastructure Expo (Nigéria) organisés par DMG. À travers le continent, ces événements emploient des Africains, constituent des équipes locales et veillent à ce que les professionnels africains soient au cœur des opérations, établissant ainsi un modèle qui devrait être respecté et reproduit à plus grande échelle. L’African Energy Week (AEW) a été créée pour remettre en question l’idée selon laquelle l’histoire énergétique de l’Afrique doit être racontée ailleurs. Née de la nécessité de prouver que des événements énergétiques à grande échelle et d’importance mondiale peuvent – et doivent – être organisés sur le continent, l’AEW est devenue le plus grand rassemblement africain consacré à l’énergie. Organisée au Cap, l’AEW réunit des délégations des États-Unis, d’Europe, de Chine et du Moyen-Orient, tout en étant organisée par une équipe africaine et guidée par les priorités africaines. Elle démontre que l’Afrique n’a pas besoin d’externaliser sa voix pour se faire entendre à l’échelle mondiale. Le même principe sous-tend le Forum des PDG africains, qui se tient à Kigali. Ce forum s’est imposé comme l’une des plateformes les plus influentes du continent pour le leadership du secteur privé, l’investissement et le dialogue politique en réunissant les principaux décideurs africains en Afrique. L’AEC soutient et approuve cette approche, considérant le Forum des PDG africains comme un exemple clair de la façon dont la pertinence mondiale et l’appropriation africaine ne s’excluent pas mutuellement, mais se renforcent mutuellement. En revanche, certains événements tels que l’Africa Energy Summit organisé par Frontier Energy Network à Londres, qui se présentent comme « les plus importants d’Afrique », ne recrutent pas de Noirs et ne les intègrent pas dans les postes à responsabilité de l’organisation. Nous avons interrogé Daniel Davidson à ce sujet par le passé, mais il refuse obstinément de renoncer à sa pratique consistant à ne pas recruter de Noirs. Cette approche exclut les écosystèmes africains du débat et contredit les politiques de potentiel local que les gouvernements africains s’efforcent de mettre en œuvre. Le potentiel local ne commence pas à la tête de puits, mais par le choix des personnes embauchées, celles à qui l’on donne du pouvoir et celles qui dirigent. Les compagnies pétrolières et gazières et les sociétés sismiques ne peuvent pas s’attendre à ce que l’AEC continue à faire pression sur les gouvernements africains pour qu’ils améliorent les conditions fiscales, créent un environnement favorable, rationalisent le processus d’octroi de permis et réduisent la bureaucratie, tout en soutenant les entités qui croient aux valeurs que nous voyons dans l’embauche et la promotion des Noirs dans le secteur pétrolier et gazier. « Tenter de briser les barrières pour les Noirs et les femmes dans le secteur pétrolier et gazier est un combat ancien et ultime. Je suis tout à fait favorable au « Drill Baby Drill », mais nous avons également besoin du « Hire Baby Hire ». La bonne nouvelle, c’est qu’il existe des Noirs et des femmes qualifiés, pleinement capables de s’engager dans le secteur pétrolier et gazier s’ils en ont l’accès et l’opportunité. En tant qu’Africains, nous ne pouvons pas continuer à accepter un modèle dans lequel les décisions concernant nos ressources sont prises sans nous. Le potentiel local n’est pas un slogan, c’est un engagement. Si vous voulez faire des affaires en Afrique, vous devez investir dans les Africains, embaucher des Africains et placer les Africains au premier plan de toutes les discussions », a déclaré NJ Ayuk, président exécutif de l’AEC. « L’African Energy Summit détient la plus grande part du marché africain, mais sa politique discriminatoire en matière d’embauche des Noirs revient à les exclure, sauf lorsqu’il a besoin d’Africains pour parrainer l’événement à Londres. Il veut notre argent et notre soutien, mais ne veut pas faire affaire avec nous, ni nous embaucher et travailler avec nous. S’il n’investit pas en nous,

Congo Brazzaville. Plus de faux certificats médicaux d’embauche!

Congo Brazzaville. Plus de faux certificats médicaux d’embauche!

ÇA VAUT LE DETOUR. Hugues Ngouélondélé met fin à la pratique du faux et usage de faux et à la grande pagaille en matière d’établissement et de délivrance de certificats médicaux d’embauche au Congo. Le ministre de la jeunesse et des sports, de l’éducation civique, de la formation qualifiante et de l’emploi, vient d’attribuer au cabinet Luiz, « territorialement mieux implanté et disposant d’une expertise en médecine de travail », l’établissement et la délivrance du certificat médical d’embauche unique et sécurisé. À Brazzaville et à Pointe-Noire, le certificat médical d’embauche s’achète comme un manioc au marché. Aux Grandes Endemies comme à la direction générale de l’hygiène publique, les « racolleurs » ou « rabatteurs » agissent comme des motors boys ou chargeurs de taxis bus à la vue d’un potentiel client, pour conduire tout démandeur dans des bureaux des agents de santé où sont déjà signés des certificats médicaux… Quelle grande pagaille! N’importe quel médecin ou agent de santé identifié comme tel, sans consultation préalable ni qualification en médecine de travail, y délivre un certificat médical d’embauche. Selon nos informations, un réseau de faux certificats médicaux a récemment été démantelé à Pointe-Noire. Une pagaille à laquelle Hugues Ngouélondélé vient d’y mettre fin, à travers la note de service par laquelle il attribue l’établissement et la délivrance du certificat médical unique d’embauche au cabinet Luiz. pourquoi, conformément aux règles de transparence et d’équité, n’avoir pas procédé par un appel à manifestation d’intérêt, cahier de charges à l’appui, pour choisir la meilleure proposition, à défaut d’accorder l’exclusivité au Laboratoire National de Santé Publique? « L’arrêté du ministre du Travail numéro 21400 du 16 août 2021 reconnaissant le docteur Ebabetou comme médecin du travail suffit pour justifier l’attribution du service à son cabinet. Cette attribution n’est pas une exclusivité mais une préférence fondée par notre volonté d’arrêter des délivrances frauduleuses des certificats médicaux par des médecins non agréés », justifie Hugues Ngouélondélé qui s’est prêté hier à nos questions via téléphone. « Bien plus, renchérit-il, le cabinet médical Luiz, retenu sur la base de son expertise, est territorialement mieux implanté: à Pointe-Noire, Dolisie, Nkayi, Oyo et bientôt à Ouesso… » Le ministre ajoute, par ailleurs, que  » pourraient être agréés d’autres cabinets médicaux disposant de la même expertise en médecine de travail et d’une bonne représentation territoriale. Le but, argumente t-il, est de mettre fin au faux et à la pagaille grâce à l’etablissement et à une délivrance du certificat médical d’embauche unique et numérisé que peut consulter, via les outils numériques, tout employeur. » Reste cependant des questions en suspense, notamment la logistique d’accueil d’au moins 100 personnes en une journée dans les grandes villes comme Brazzaville et Pointe-Noire? Comment feront les demandeurs d’emploi situés dans les coins reculés de la République( Ewo, Impfondo…) où n’est pas établi le cabinet Luiz? Qu’en est-il du coût de ce certificat médical dans ce cabinet médical privé. Sera t-il à portée de bourse d’un chômeur issu d’une famille pauvre? Vivement que le cabinet Luiz communique officiellement ses prix. Par A.Ndongo Journaliste économique et financier