RD Congo. Opération Dragon revue et ajournée…

RD Congo. Opération Dragon revue et ajournée…

PARLONS-EN. Lorsque le 17 mai 1997, les ougandais et les rwandais entrèrent à Kinshasa, ce n’est point sur les banques qu’ils se sont rués pour prendre possession des lingots d’or mais bien sur les archives nationales sises sur le boulevard du 30 juin. Ils ont tout raflé jusqu’aux copies originales des cartes géographiques du Congo. L’objectif était de faire disparaître les preuves historiques des frontières héritées de l’Acte de Berlin. Ils se sont ensuite rués au ministère de la Défense où ils emportèrent avec eux tous les documents secret défense du grand Zaïre. C’est sur un de ces documents volés que le général Muhoozi a tablé tout récemment avec un groupe d’officiers rwandais pour préparer la chute de la ville de Kisangani. Sur une photo diffusée le week-end dernier par l’armée rwandaise, on aperçoit Muhoozi Kainerugaba, le fils de Museveni, en discussion avec des officiers rwandais au sujet de l’opération « Dragon Rouge », menée par les para-commandos belges le 24 novembre 1964 à Kisangani, dans l’ex-Congo belge. De quoi s’agit-il ? Il s’agit d’un document intitulé « Dragon rouge » qui est le nom de code de l’opération du 24 novembre 1964, dans l’ex-Congo belge, durant laquelle le régiment Para-Commando belge a délivré des centaines d’otages belges et étrangers retenus à Stanleyville ( Kisangani ) par des rebelles congolais menés par Christophe Gbenye au cours de la rébellion Simba. Cette fois-ci il n’est plus question de libération des rebelles mais plutôt d’un plan d’OCCUPER militairement la ville avant de descendre sur la ville siège des institutions. Le plus dangereux présentement de la part de nos dirigeants c’est de vivre dans le DÉNI, dans la DIVERSION ou dans la DÉSINFORMATION. – Le déni consistant à nier la réalité ou à se couvrir la face comme l’autruche pour refuser de voir le danger. – La diversion en venant nous marteler dans des discours creux la nationalité étrangère de l’ancien président et sans jamais protester vivement contre ceux qui ont pris possession de la partie orientale du pays et qui le disent à haute voix. – La désinformation en voulant faire passer à l’opinion la fausse information selon laquelle la ville de Walikale a été récupérée par les Wazalendo alors que les M23 sont toujours présents en dépit du cessez-le-feu signé à Doha. Dans une guerre l’information est une arme puissante. Sa mauvaise utilisation peut se révéler fatale et contre-productive. Mieux vaut informer clairement les populations sur ce qui se passe réellement sur le théâtre des opérations en vue de les mobiliser et les préparer à faire front contre l’ennemi ougandais qui utilise désormais les médias officiels pour annoncer sa convergence des vues avec l’armée rwandaise sur la prise imminente de Kisangani. Par Germain Nzinga