Élection présidentielle au Cameroun : Quand l’objection de conscience rencontre la dissonance cognitive

Élection présidentielle au Cameroun : Quand l’objection de conscience rencontre la dissonance cognitive

TRIBUNE. Des millions de Camerounais vivent dans cet inconfort à la veille du scrutin controversé du 12 octobre prochain. Partagés entre le boycott, par respect pour les valeurs de justice, d’équité et d’égalité, et l’obligation d’y aller pour espérer un miracle du changement par les urnes. Cette lutte interne que beaucoup d’entre nous traversent révèle au moins deux choses : • La profonde déception, cette blessure intime toujours ouverte après l’éviction du professeur Maurice Kamto dans ce qui demeure, pour beaucoup, une conspiration flagrante. • L’intensité et l’enracinement de notre engagement pour le changement dans notre pays. Nous sommes face au choix entre l’égoïsme et l’objectivité. Refuser de voter pourrait, sans doute, satisfaire notre ego et notre principe. Pourtant, cette décision ne changera rien à la situation du Cameroun ; au contraire, elle servira d’alibi pour justifier l’hypothétique victoire d’un régime depuis longtemps habitué à la fraude et à la mascarade. Par contre, choisir d’aller aux urnes renforce le sens de notre lutte. L’enjeu est trop énorme pour nous offrir le luxe, à ce stade, d’être de simples spectateurs. Nous devons y aller, pour accomplir jusqu’au bout notre engagement en faveur du changement. Les questions majeures sont désormais de savoir : comment y aller ? Par quelle stratégie ? Sans doute à travers le jeu des alliances. Mais avec qui, et comment ? Autant d’interrogations encore en suspens, mais qui constituent désormais, à mes yeux, l’axe primordial de notre réflexion. Par Teddy Patou Journaliste et animateur radio