La «Déclaration de principes» et la stratégie de Kagame en RDC

PARLONS-EN. Il y a des gens qui me disent « mieux vaut un mauvais deal qu’une guerre », allusion bien entendu à la fameuse « Déclaration de principes » signée par la RDC et le Rwanda sous l’égide des États-Unis. À ceux-là, je réponds ceci : comme nous l’enseigne le général prussien Carl von Clausewitz (1780-1831), « la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens ». Autrement dit, la guerre n’est pas la finalité, mais juste un moyen, une modalité de la politique menée par des États, voire des groupes armés, pour imposer leur volonté, pour ne pas dire une finalité politique. Donc, quand on analyse la problématique congolaise, il faut commencer par se poser la question de savoir pourquoi Paul Kagame fait ce qu’il fait ? Quels sont les objectifs poursuivis par le Rwanda en RDC ? Pour faire simple, le fameux « mauvais deal » que certains soutiennent est en réalité le résultat de la guerre qu’ils veulent justement éviter. La « finalité politique » de la guerre menée par le Rwanda par M23 interposé trouve une partie de sa substance dans la fameuse « Déclaration de principes » soutenue par Félix Tshisekedi et certains. On appelle ça « est pris qui croyait éviter les problèmes ». On me dit aussi qu’il y a bel et bien des réfugiés congolais au Rwanda. Je dis OUI, mais à la seule nuance que lorsque Kagame fait référence aux réfugiés présents au Rwanda, c’est d’abord aux Tutsis rwandais et Rwandophones ayant vécu en RDC qui doivent peupler une partie du Kivu. Cela fait partie de sa stratégie depuis la fin des années 1990. Je l’ai dit et le répète : Kagame l’a fait pendant que le CNDP contrôlait une partie de la province. On a vu arriver du Rwanda des « réfugiés congolais » qui ne maîtrisaient même pas la langue locale. Interviewés par une ONG américaine, des membres du CNDP avaient confié à l’époque que les fameux « réfugiés congolais » revenus du Rwanda étaient « briefés » en long et en large sur ce qu’ils devaient dire aux autorités congolaises et aux agences internationales. Certains Congolais ne semblent pas prendre la mesure du danger qui guerre leur pays. Fanatisés à outrance, corrompus pour certains, clochardisés, voire imbécilités, ils ont perdu tout contact avec le réel et la dignité. En tout cas, personne ne dira qu’il ne savait pas. Je bois mon lait nsambarisé… Par Patrick Mbeko
La RDC dans le piège américain…

TRIBUNE. Pour mieux cerner les causes profondes de la crise congolaise, il faut bien ne pas négliger le passé, les déclarations à l’envolée faites par-ci par-là mais qui traduisent un plan d’ensemble pour re coloniser et piller le Congo. Il suffit de lire les points 7 et 8 de la déclaration de principes signée entre le Rwanda et la RDC sous l’égide américain pour intuire, entre les lignes, une MUTUALISATION des richesses du Congo. En termes clairs, il est fait mention d’une coopération sur des priorités communes telles le développement commun des parcs nationaux ( comme si on en avait un ou deux à la frontière entre ces deux pays) ou encore et surtout des chaînes d’approvisionnement en minéraux qui sont pourtant la propriété exclusive de la RDC. Autant d’ambiguïtés qui devraient nous mettre en alerte. Pour ceux qui refusent d’être amnésiques, ils auront compris que ce deal signé hier vendredi est l’aboutissement de trois événements marquants de l’histoire politique récente du Congo. D’abord la Pax Americana de Bill Clinton qui depuis 1994 a confié la gestion de la RDC à des puissances proxies ( Ouganda et Rwanda) puis cette proposition formulée par Nicolas Sarkozy un certain 16 janvier 2009 qui mettait sur table la recette d’ « Instaurer un dialogue structurel… pour partager l’espace et les richesses de la République Démocratique du Congo ( vaste pays à organisation étrange de ses richesses) avec le Rwanda ( petit pays mais avec une administration organisée). Les congolais avaient eu tort de prendre à la légère ces déclarations de Sarkozy et d’avoir ignoré que le président français parlait au nom d’un vaste plan de dépècement et de pillages du Congo par procuration concocté depuis des lustres. C’est à la lumière de ce vaste plan de pillages des richesses du Congo qu’il faut également insérer les trois accords signés à Goma le 24 juin 2021 entre Paul Kagame et Félix Tshisekedi. Un de ces protocoles d’accords concernait la mutualisation des services de sécurité entre les deux pays et un troisième avait trait à l’exploitation de l’or en partenariat entre la société congolaise aurifère (SAKIMA SA) ainsi que la société rwandaise DITHER LTD. L’on se souvient encore des déclarations élogieuses du Président congolais Félix Tshisekedi, lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue rwandais, Paul Kagame à l’issue de la signature de ces accords : « Nous avons perdu tant d’années à vivre, en nous regardant en chiens de faïence, en vivant en tensions et en situation de guerre, mais aussi à partager la haine, maintenant ça suffit ». Et son collègue de renchérir : « C’est pourquoi, le Président Tshisekedi et moi-même convenons que l’absence de paix et de stabilité ne doit pas devenir une situation permanente dans nos deux pays. Nous ne pouvons pas nous permettre de nous habituer à cette situation », avait renchéri le Président rwandais. Et trois mois plus tard la guerre reprenait de plus belle entre les deux pays. Les congolais refusent de tirer de leçons de leur passé si récent. Il leur suffit de réécouter Nicolas Sarkozy et de relire les trois accords jamais abrogés entre Kagame et son collègue congolais pour comprendre de quelle manière s’exécute ce plan de pillages de la RDC. La lecture minutieuse de ce document de principes signé sous l’égide américain démontre de quelle manière les américains ( de Clinton jusqu’à Trump II) sont restés fidèles à leur schéma de départ sur la sous-région des Grands Lacs et de quelle façon ils s’emploient simplement à ajuster les modalités de son application. Le Rwanda quant à lui sort vainqueur d’une impasse diplomatique où, un moment donné, il s’est senti embourbé. Quant à la RDC, le constat est clair : elle ne renonce pas à son obsession de conjuguer sa souveraineté avec sa soumission volontaire aux diktats des pays tiers. Là où les fanatiques crient à une victoire diplomatique, les bien censés y voient la mésaventure de tout un grand pays tombé dans un énième piège américain. Avec les lourdes conséquences que l’on sait… Par Germain Nzinga