Maroc. La consommation des ménages devrait rester sur une tendance baissière au premier semestre

Après un rebond de 6,9% en 2021 et une contraction de 0,7% en 2022, la consommation des ménages devrait rester orientée à la baisse au premier semestre 2023, selon Bank Al-Maghrib. Pour rappel, en 2022, la contribution de la consommation des ménages à la croissance est « ressortie négative de 0,4 point de pourcentage après une participation positive de 4 points », comme le relève la Banque centrale dans son dernier rapport sur la politique monétaire. D’après les prévisions de l’organisme public, publiées à l’issue de la deuxième réunion trimestrielle de son Conseil au titre de l’année 2023, « au premier semestre de 2023, cette orientation baissière devrait se poursuivre comme le laisse présager l’évolution de l’indice de confiance des ménages ». Il faut dire que cet indice (ICM) « s’est fortement dégradé au premier trimestre de l’année en cours, se situant à son niveau le plus bas depuis la mise en place, par le HCP, de l’enquête de conjoncture auprès des ménages en 2008 », comme le rappelle l’Institution dans son rapport. Après 5,2% un an auparavant, les transferts des MRE se sont améliorés de 12,8% à fin avril, a en revanche fait savoir Bank Al-Maghrib tandis que les crédits à la consommation se sont accrus de 2,6% au lieu de 2,3%, il y a un an. Toujours selon l’organisme public, en 2022, la consommation des administrations publiques s’est pour sa part accrue de 3,3%, après 7,2% en 2021, et sa contribution à la croissance s’est établie à 0,6 point au lieu de 1,4 point de pourcentage. Selon les prévisions de la Banque centrale, « au cours du premier semestre de 2023, elle devrait décélérer à environ 2,9%, traduisant un ralentissement, à fin mai, des dépenses de fonctionnement de 9,4% à 6,3% ». En ce qui concerne l’investissement, et après un bond de 13,8% en 2021, l’Institution indique qu’il a accusé un recul de 6,5% en 2022 et que sa participation à la croissance a été négative de 2 points de pourcentage après une contribution positive de 4 points. Dans son rapport, il ressort également que les indicateurs infra-annuels à fin avril indiquent qu’il devrait s’améliorer de 1,9% en moyenne au premier semestre de 2023. D’après les explications de BAM, cette évolution serait justifiée en particulier par les augmentations des importations de biens d’équipement de 19,1% et des crédits à l’équipement de 5,3%. Après avoir cru de 16,7% à la même période une année auparavant, l’investissement du Trésor a connu une progression de 16,4% à fin mai, a fait remarquer l’Institution. Enfin, en lien également avec cette rubrique, les résultats trimestriels de l’enquête de conjoncture de Bank Al-Maghrib au titre du premier trimestre 2023 montrent que le climat des affaires a été qualifié de « normal » par 71% des entreprises et de « défavorable» par 26% d’entre elles, rappelle par ailleurs la Banque centrale. A noter qu’à la faveur d’une récolte céréalière de 55,1 millions de quintaux, la valeur ajoutée agricole devrait s’accroître de 1,9% en moyenne au premier semestre de 2023. Quant aux activités non agricoles, leur rythme de progression devrait s’améliorer de 2,6%. Bank Al-Maghrib estime ainsi que la croissance devrait s’établir à 2,5%. Alain Bouithy
Etats-Unis : l’expansion économique se confirme

«Soutenue par les coupes d’impôts de l’administration Trump, l’économie américaine a progressé de +3,5% en glissement trimestriel au troisième trimestre, contre +4,2% au deuxième trimestre ». C’est ce qu’a relevé la Direction des études et des prévisions financières (DEPF) dans sa note de conjoncture du mois de novembre N°261. Selon la DEPF, la forte croissance de la consommation des ménages a été soutenue par des gains importants dans les services (soins de santé) et les biens non durables (véhicules de loisirs). A en croire ce département relevant du ministère marocain de l’Economie et des Finances, « une forte reprise des stocks a engendré plus de 2 points supplémentaires à la croissance trimestrielle, tandis que la consommation et l’investissement publics ont augmenté de 3,3%, soit le taux le plus élevé depuis le premier trimestre 2016 ». Et de souligner, en outre, que les exportations nettes ont réduit la croissance du PIB de 1,8 point de pourcentage contre une contribution positive (+1,2 point) sur le second trimestre. D’après les données récoltées, l’économie américaine continue de créer des emplois. Le taux de chômage en octobre 2018 s’est établi à 3,7%, en baisse de 0,4 point par rapport à octobre 2017. Le salaire horaire moyen a augmenté en octobre par rapport à l’année précédente au rythme le plus élevé durant près d’une décennie. Dans sa note, la DEPF pense que les entreprises pourraient devoir augmenter les prix pour compenser les coûts liés à la hausse des salaires, ce qui risque accroître l’inflation. Autre enseignement: l’indice Markit PMI composite américain pour octobre 2018 s’est établi à 54,9 contre 53,9 en septembre, traduisant une nouvelle accélération de l’expansion de l’activité dans l’industrie manufacturière et les services aux États-Unis. Quant aux entreprises du secteur industriel, la DEPF observe qu’elles ont enregistré une forte hausse de la production en octobre, la plus rapide depuis juin. « Les entrées de commandes ont été solides, laissant présager des perspectives positives, malgré les inquiétudes quant à la hausse des coûts due aux tarifs douaniers. L’indice de confiance des consommateurs de l’Université du Michigan a légèrement baissé, passant à 98,3 en lecture préliminaire en novembre ». En ce qui concerne l’inflation aux États-Unis, elle a connu une hausse en octobre. Les prix de l’essence et de l’électricité se sont accrus drastiquement, en parallèle avec le coût du logement et des soins médicaux. S’agissant de l’indice des prix à la consommation, il ressort qu’il a augmenté de 0,3% en octobre, après une légère hausse de 0,1% en septembre. « Le taux annuel de croissance des prix à la consommation s’est accéléré, passant de 2,3% en septembre à 2,5% en octobre. Plus du tiers de l’augmentation des prix à la consommation est attribuable à une flambée des prix de l’essence, qui a grimpé de 3% en octobre après avoir chuté de 0,2% en septembre », apprend-on. Martin KAM