Maroc/ Marché des carburants : Des marges brutes en évolution à double vitesse au premier trimestre 2025

Maroc/ Marché des carburants : Des marges brutes en évolution à double vitesse au premier trimestre 2025

Le Conseil de la concurrence a rendu public un nouveau rapport mettant en avant une évolution contrastée des marges brutes par litre du gasoil et de l’essence au titre du premier trimestre   2025. D’après l’institution publique dirigée par Ahmed Rahhou, au cours du premier trimestre de l’année 2025, les neuf sociétés de distribution en gros de gasoil et d’essence – concernées par les accords transactionnels conclus avec le Conseil de la concurrence – ont dégagé une marge brute commerciale moyenne (pondérée en fonction du poids de chaque opérateur sur le segment de la distribution) de 1,24 DH/L pour le gasoil et de 1,95 DH/L pour l’essence. «Les marges brutes réalisées sur la vente de gasoil ont oscillé entre un maximum de 1,46 DH/L (atteint lors de la première quinzaine de février) et un minimum de 0,86 DH/L à la deuxième quinzaine de mars, soit un écart de 60 centimes », précise le document qui analyse également des indicateurs de performance financière au titre de l’année 2024 de ces sociétés de distribution. En ce qui concerne l’essence, les données relatives à l’activité des neuf sociétés sur le marché montrent que «les marges brutes sont nettement plus élevées, dépassant en moyenne celles du gasoil d’environ 72 centimes». Comme le fait remarquer le rapport, elles ont varié entre un maximum de 2,11 DH/L à la première quinzaine de février et un minimum de 1,66 DH/L enregistré à la fin du trimestre. Poursuivant son analyse des données du marché des carburants, le Conseil de la concurrence note que l’évolution des marges brutes sur le trimestre fait apparaître deux périodes distinctes pour les deux carburants. De l’avis de l’institution, la première phase, allant du début janvier jusqu’à la première quinzaine de février, a été marquée par une tendance haussière. En effet, les marges du gasoil sont passées de 1,30 DH/L à 1,46 DH/L, tandis que celles de l’essence ont progressé de 1,95 DH/L à 2,11 DH/L. Dans la deuxième phase, qui s’étend de la deuxième quinzaine de février jusqu’à la fin du mois de mars, il apparaît que les marges ont suivi une tendance baissière. Ainsi que le montrent les données, le gasoil a enregistré une baisse de 60 centimes (de 1,46 à 0,86 DH/L) tandis que pour l’essence, elle s’est établie à 45 centimes (de 2,11 à 1,66 DH/L). Il est important de noter que les ventes totales de gasoil et d’essence réalisées par les neuf sociétés est d’environ 1,67 milliard de litres, ce qui correspond à une baisse de 2% par rapport à la même période de 2024. Dans son rapport, le Conseil de la concurrence fait état, en outre, d’une hausse de 10,4% du volume des importations de gasoil et d’essence, atteignant environ 1,62 million de tonnes, et une baisse de près de 6,9% de la valeur correspondante, totalisant 12 MMDH, en comparaison avec la même période un an auparavant. Par ailleurs, les chiffres suggèrent  que les neuf sociétés de distribution passées au crible ont réalisé près de 82% de ces importations, tant en volume qu‘en valeur. Toujours selon l’institution, les données relatives aux recettes fiscales (TIC et TVA) liées à l’importation de ces deux carburants indiquent qu’elles ont progressé de 6,4% (+412 MDH) par rapport à leur niveau de l’année précédente, atteignant environ 6,86 MMDH. De l’avis du Conseil de la concurrence, «cette amélioration s’explique principalement par l’augmentation des volumes importés de ces deux carburants, en hausse de 10%, ce qui a entraîné une progression notable des recettes issues de la TIC». Quant à l’évolution des capacités de stockage du gasoil et de l’essence, il ressort que la capacité totale disponible à fin mars de l’année 2025 s’élève à 1,57 million de tonnes. Elle traduit ainsi une stagnation par rapport au niveau relevé à la fin du quatrième trimestre de l’année écoulée. Il est important de noter que les neuf sociétés concernées par le reporting détiennent une capacité de stockage combinée d’environ 1,27 million de tonnes, représentant ainsi 81% de la capacité totale du marché. S’agissant du segment de la distribution, le nombre d’opérateurs disposant de l’agrément provisoire pour la reprise en raffinerie de produits pétroliers liquides pour exercer l’activité de distribution s’élève à 36, soit un opérateur de plus par rapport à la fin de l’année 2024. Alain Bouithy

Maroc/Marché du gasoil et d’essence : Légère baisse du chiffre d’affaires des sociétés de distribution au troisième trimestre 2024

Maroc/Marché du gasoil et d’essence : Légère baisse du chiffre d’affaires des sociétés de distribution au troisième trimestre 2024

Le chiffre d’affaires (CA) des neuf sociétés de distribution en gros du gasoil et d’essence a accusé une baisse au troisième trimestre de l’année 2024, selon le Conseil de la concurrence. Il s’est établi à 20,16 milliards de dirhams (MMDH) au neuvième mois de l’année écoulée contre 21,4 MMDH au troisième trimestre 2023, enregistrant ainsi une baisse de près de 5,8% par rapport à la même période de l’année précédente, a indiqué l’institution publique dans son reporting du troisième trimestre de l’année 2024. D’après le document relatif au suivi des engagements pris par les sociétés de distribution en gros du gasoil et d’essence dans le cadre des accords transactionnels conclus avec le Conseil, au troisième trimestre de l’année 2024, les ventes totales de gasoil et d’essence en termes de volume ont augmenté de près de 4,8% en glissement annuel pour atteindre près de 2,33 milliards de litres. « Les ventes réalisées durant cette période par les neuf sociétés concernées par le reporting sont de l’ordre de 1,9 milliard de litres, en baisse de 1,6% par rapport au 3ème trimestre de l’année 2023 », selon la même source précisant que le gasoil a représenté plus de 1,59 milliard de litres vendus, soit plus de 83,8% des ventes totales. L’analyse de l’évolution de la répartition des ventes par segment de clientèle au titre du troisième trimestre 2024 montre que le réseau des stations-services (B to C) constitue la part la plus prépondérante des ventes de gasoil et d’essence sur le marché national. Il représente en moyenne, «les neuf sociétés confondues, près de 72,5% du volume et 76% de la valeur globale», a fait savoir le Conseil notant que le solde restant est réalisé au niveau du réseau B to B, porté principalement par les ventes aux industriels et les ventes sous douane et pêche. Dans son rapport, le Conseil s’est également intéressé à l’évolution du réseau de distribution faisant remarquer que le nombre total des stations-services est passé de 3447 à la fin du deuxième trimestre de l’année 2024 à 3478 à la fin du troisième trimestre de cette année, soit 31 nouvelles stations-services opérant sur le marché. Et l’institution de préciser : «Sur ces 3478 stations-services, les neuf sociétés concernées en  disposent de 2520 (72,5% du nombre total), en baisse de 23 stations par rapport au chiffre de 2543 stations-services, relevé à la fin du deuxième trimestre 2024 ». Alain Bouithy

Maroc. Le Conseil de la concurrence carbure enfin à fond !

Maroc. Le Conseil de la concurrence carbure enfin à fond !

Le Conseil de la concurrence a livré son verdict dans l’affaire des pratiques anticoncurrentielles observées dans le marché des hydrocarbures, après la conclusion des accords de transaction mettant l’ensemble des sociétés épinglées et leur organisation professionnelle à l’amende. « Ces accords portent sur le paiement, à titre de règlement transactionnel, d’un montant global de 1.840.410.426 DH (un milliard, huit cent quarante millions, quatre cents dix mille, quatre cent vingt-six dirhams) pour l’ensemble des sociétés concernées et leur organisation professionnelle », a indiqué l’institution constitutionnelle. D’après l’instance dirigée par Ahmed Rahhou, « conformément à la législation en vigueur, le Conseil s’est réuni pour statuer sur les procès-verbaux de transaction qui lui ont été soumis et a décidé, à l’unanimité de ses membres, de valider les accords de transaction conclus ». Ces accords mettent fin ainsi aux procédures contentieuses ouvertes à l’encontre des sociétés épinglées, opérant dans les marchés de l’approvisionnement, du stockage et de la distribution du gasoil et de l’essence, et leur organisation professionnelle, a souligné le Conseil dans un communiqué précisant que les sociétés concernées ont été notifiées de cette décision en date du 23 novembre. A noter que ces accords portent également sur « la souscription d’un ensemble d’engagements comportementaux auxquels ces sociétés ainsi que leur organisation professionnelle ont souscrit afin d’améliorer le fonctionnement concurrentiel du marché des hydrocarbures à l’avenir, de prévenir les risques d’atteinte à la concurrence au bénéfice des consommateurs », a expliqué  l’instance. Il est important de relever que les engagements souscrits dans le cadre de cette procédure transactionnelle revêtent un caractère obligatoire et que le suivi de leur exécution sera assuré par les services du Conseil, comme cela a été convenu. Le Conseil précise qu’ils concernent la mise en place d’un programme de conformité au droit de la concurrence qui traduira l’engagement des sociétés exprimé au plus haut niveau de leur hiérarchie, à respecter les règles de la concurrence. Selon les explications de l’institution, « ce programme intégrera notamment une cartographie des risques concurrentiels au sein de ces sociétés, des systèmes d’alerte internes efficaces, ainsi que la désignation, par leurs instances dirigeantes, d’un responsable en interne chargé de la mise en place et du suivi du programme de conformité ». A noter que les engagements pris dans le cadre de ces accords prévoient l’établissement et l’envoi d’un état détaillé permettant le suivi de l’activité d’approvisionnement, de stockage et de distribution du gasoil et de l’essence par chaque société. Ce qui va permettre au Conseil d’assurer le suivi du fonctionnement concurrentiel des marchés concernés, notamment en ce qui concerne la corrélation entre les prix de vente publics du gasoil et de l’essence et les cours internationaux de ces produits raffinés. Etalé sur une période de trois années avec une remontée d’information trimestrielle, « ce reporting comprendra notamment les achats et ventes mensuels aux stations réalisés par chaque société, ainsi que leurs niveaux de stocks en gasoil et essence », a poursuivi le  Conseil de la concurrence dans sa note. La même source annonce par ailleurs que les sociétés concernées se sont engagées, également, à changer leurs prix, autant que de besoin, en fonction de l’évolution de l’offre et de la demande sur le marché, et selon le cycle d’approvisionnement, les contraintes de stockage, et la politique commerciale propre à chaque société. Elles s’engagent à veiller également à ce que leur système de changement des prix donne directement aux stations-services indépendantes de leur réseau, toute la latitude pour changer les prix de vente publics à leur niveau, immédiatement, à tout moment et sans homologation préalable. Dans le même sens, poursuit le Conseil, les sociétés concernées « se sont engagées à ne pas lier, de quelque manière que ce soit, directe ou indirecte, le bénéfice des programmes de remises ou de discounts ou tout autre programme similaire dont peuvent bénéficier les stations-services, au respect par la station-services des prix recommandés par ces dernières ». Dans le but de prévenir les risques de pratiques anticoncurrentielles liées à l’échange d’informations sensibles, l’institution annonce par ailleurs que les engagements souscrits prévoient l’adoption et l’implémentation des meilleures pratiques relatives à la collecte, l’échange ou le partage de ces informations, et particulièrement au niveau de la gestion des infrastructures communes de stockage, et des opérations d’approvisionnement en commun en gasoil et essence. Pour garantir la mise en œuvre effective des engagements précités, l’instance ajoute qu’elle en assurera le suivi conformément à la législation en vigueur et, qu’à cet effet, des rapports d’évaluation périodiques lui seront communiqués par les sociétés concernées et leur groupement, a-t-elle conclu. Alain Bouithy

Maroc. Ahmed Rahhou : «On est là pour appuyer les entreprises et répondre à leurs sollicitations et leurs besoins juridiques»

Maroc. Ahmed Rahhou : «On est là pour appuyer les entreprises et répondre à leurs sollicitations et leurs besoins juridiques»

ENTREPRISE. «Les opérations de concentrations économiques constituent des sources potentielles de création de situation monopolistique ou d’abus de position dominante », a déclaré le président du Conseil de la concurrence, Ahmed Rahhou. La loi 104-12 relative à la liberté des prix et de la concurrence, qui régule donc les prix, la concurrence et par conséquent les concentrations, n’étant  pas très bien connue, le Conseil de la concurrence a été «amené à lancer une opération de pédagogie au profit des entreprises pour respecter les orientations en matière de concurrence et de liberté des prix mais aussi les opérations de concentrations», a-t-il indiqué dans un entretien accordé à la MAP. Opération de régularisation à l’amiable des concentrations économiques non notifiées Dans un esprit de conciliation et de pédagogie, «nous avons ouvert la voie de la régularisation à l’amiable sans atteindre le maximum des pénalités prévues par la loi avec un arrangement qui permet à tout un chacun d’être conforme à la loi », a expliqué Ahmed Rahhou. L’objectif du Conseil de la concurrence n’est pas de sanctionner mais d’encourager les entreprises à la respecter, d’autant plus que bien de concentrations ont été faites sans son aval, a-t-il fait savoir affirmant que cette possibilité de régulation importante est ouverte dans «un sens vraiment amiable». Pour rappel, la loi 104-12 prévoit un contrôle a priori lorsque deux entreprises différentes créent une société commune. Ainsi que l’a relevé le président du Conseil de la concurrence,  «conformément à cette loi, qui s’applique à tous, il faut avoir l’accord préalable du Conseil de la concurrence». Concrètement, la procédure consiste à analyser d’emblée si l’opération de concentration annoncée peut avoir un effet de nuisance sur le marché ou pas. Puis, «à chaque opération qui nous est notifiée, nous publions un communiqué pour informer toutes les parties prenantes et leur demander si cette opération peut créer des nuisances sur un marché, dans le sens de la loi et des règles de la concurrence, car il ne s’agit pas de défendre les intérêts d’une partie ou d’une autre», a expliqué Ahmed Rahhou. Par la suite, les parties prenantes ont en général 10 jours après la publication du communiqué pour informer le Conseil de la concurrence de leurs doléances et de leurs remarques. Suite à quoi, l’organisme public va écouter «tout le monde, ensuite nous décidons si cette concentration peut avoir lieu ou pas». Mais comme l’a relevé le président du Conseil de la concurrence dans cet entretien, l’institution dont il a la charge «peut soit refuser ou accepter l’opération en question». Dans tous les cas, le Conseil mènera une enquête approfondie qui aboutira soit à « une décision positive ou négative, soit il donne son accord mais avec des conditions ». Pour rappel, le Conseil de la concurrence a apporté récemment des modifications à la procédure de régularisation concernant certaines concentrations économiques, non notifiées auprès du Conseil afin d’éviter toute dérive et recadrer ces opérations. C’est ainsi qu’il a été rendu publique la décision n°104/D/2022, qui modifie et complète les décisions n°68/D/2022 du 24 dou al kaâda 1443 (24 juin 2022) et n°90/D/2022 du 3 safar 1444 (31 août 2022). Comme l’explique Ahmed Rahhou, la loi prévoit 5% du chiffre d’affaires, en cas de concentrations économiques non notifiées. «Dans le cadre de cette opération de régularisation amiable, nous avons mis 1% plafonné, c’est-à-dire que ça ne dépasse pas un certain montant même lorsqu’une entreprise ou un groupe a plusieurs opérations». Aussi, dans le cas d’une création d’entreprises communes, sans réalisation de chiffre d’affaires, «la pénalité n’est pas calculée sur le CA des deux entreprises mais sur un plafond de 500.000DH pour régulariser la situation», a-t-il ajouté. Par ailleurs, «nous avons créé les plafonds pour sécuriser les opérateurs. Pour un groupe qui a un grand nombre d’opérations le montant total des pénalités peut être relativement important, donc nous avons mis un plafond de 4 millions de dirhams (MDH) pour une opération unique et de 10 MDH quel que soit le nombre d’opérations», a conclu le président du Conseil de la concurrence. Alain Bouithy

Maroc : L’AMMC et le Conseil de la Concurrence co-organisent une rencontre d’échange avec les acteurs du marché des capitaux

Maroc : L’AMMC et le Conseil de la Concurrence co-organisent une rencontre d’échange avec les acteurs du marché des capitaux

La Présidente de l’Autorité marocaine du marché des capitaux, Nezha HAYAT a reçu vendredi matin le Président du Conseil de la Concurrence, Ahmed RAHHOU pour une rencontre d’échange avec les acteurs du marché des capitaux. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre des actions communes  prévues par la convention de partenariat conclue entre les deux institutions en novembre dernier. Elle vise à accompagner les opérateurs du secteur du marché des capitaux dans l’adoption des meilleures normes et pratiques concurrentielles à un moment où le marché des capitaux est appelé à jouer un rôle plus important dans le financement de la relance économique et du nouveau modèle de développement. Mme Nezha HAYAT a souligné qu’une concurrence libre et efficace dans le marché des capitaux produit des gains d’efficience, des produits et services de meilleure qualité pour les utilisateurs, qu’ils soient épargnants, investisseurs, émetteurs, etc., favorise la recherche de la créativité et de l’innovation, et améliore la compétitivité internationale.  Le Président du Conseil a, de son côté, exposé les domaines d’interaction entre le Conseil de la Concurrence et l’AMMC, soulignant l’importance de la coordination entre ces deux institutions et la nécessité d’adopter une démarche préventive permettant aux acteurs d’éviter les risques liés au non-respect des règles de la concurrence. La rencontre d’aujourd’hui a été l’occasion de présenter aux acteurs du marché présents les missions et attributions du Conseil de la Concurrence.  M. RAHHOU a ainsi rappelé l’importance de la libre concurrence comme mode de fonctionnement du marché des capitaux et sa contribution à l’efficience du secteur. La libre concurrence favorise la liberté d’entreprendre et l’émergence d’acteurs innovants et compétitifs. M. RAHHOU, a également rappelé que le Conseil de la Concurrence a mis en place un guide en faveur des acteurs économiques pour l’élaboration de leurs propres programmes de conformité. Ont pris part à cette rencontre, des représentants des principaux opérateurs du marché des capitaux et des associations professionnelles.

Maroc: Le Conseil de la Concurrence et l’AMMC signent une convention de coopération

Maroc: Le Conseil de la Concurrence et l’AMMC signent une convention de coopération

Le Conseil de la Concurrence et l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) ont signé, mardi 9, à Rabat, une convention de coopération portant sur l’instauration d’un cadre de concertation autour des aspects liés à la régulation concurrentielle dans le marché des capitaux. Cette convention a été signée par la Présidente de l’AMMC, Nezha Hayat et le Président du Conseil de la Concurrence, Ahmed Rahhou. Elle s’inscrit dans le cadre de la volonté des deux institutions de créer une dynamique de coopération, d’échange et de complémentarité qui garantit l’effectivité et la pérennité de leurs actions communes, pour une bonne gouvernance, conformément au cadre légal régissant les deux parties. Cette coopération permettra de communiquer et d’échanger les informations et les documents utiles ainsi que l’expertise, concernant les sujets d’intérêt commun. Ainsi, les deux instances œuvreront à initier des actions de sensibilisation et d’accompagnement des opérateurs du secteur du marché des capitaux, en vue de favoriser le respect des meilleures normes et pratiques concurrentielles et in fine, promouvoir une concurrence libre et loyale. Le rapprochement entre l’AMMC et le Conseil de la Concurrence donnera lieu, également, à la co-organisation de manifestations scientifiques, permettant d’asseoir des visions communes sur les problématiques touchant les règles de la concurrence. La première de ces manifestations est prévue pour le premier trimestre 2022, avec l’organisation d’un colloque réunissant les principaux acteurs du marché. Il est à rappeler que le Conseil de la Concurrence est une institution constitutionnelle indépendante chargée de la régulation concurrentielle, de la transparence et de l’équité des relations économiques, qui aspire à convaincre et à orienter les comportements des acteurs de la concurrence, en contribuant au raffermissement de la bonne gouvernance, de l’État de droit dans le monde économique et de la protection du consommateur. L’AMMC est l’autorité de régulation du marché marocain des capitaux. L’Institution a pour missions de veiller à la protection de l’épargne investie en instruments financiers et au bon fonctionnement et à la transparence du marché des capitaux au Maroc.

Maroc: Le Conseil de la Concurrence et la CGEM renforcent leur coopération pour une concurrence économique saine et loyale

Maroc: Le Conseil de la Concurrence et la CGEM renforcent leur coopération pour une concurrence économique saine et loyale

Suite à une série d’échanges organisés entre les équipes du Conseil de la Concurrence et des entreprises membres de la Confédération Générale des Entreprises du Maroc (CGEM), Ahmed RAHHOU et Chakib ALJ, respectivement Président du Conseil de la Concurrence et Président de la CGEM ont tenu, mardi 13, au siège de la CGEM, une séance de travail pour échanger sur les enjeux du cadre juridique et légal concernant la concurrence, la liberté des prix et la protection du consommateur. Lors de cette rencontre, le Président du Conseil de la Concurrence a insisté sur le fait qu’une concurrence saine est un pilier essentiel pour la construction d’une économie solide et efficiente. Le libre jeu de la concurrence et de la liberté des prix est à même d’assurer au consommateur la meilleure disponibilité des produits et des services à des prix raisonnables. Le bon respect par les entreprises du cadre légal concernant la liberté des prix et de la concurrence est le garant de la protection et de la pérennité de leurs investissements. Le Conseil de la Concurrence veillera avec fermeté au respect de ces règles, tout en restant dans un esprit d’ouverture et de pédagogie pour aider les entreprises à aller vers les meilleures pratiques en la matière. Pour sa part, le Président de la CGEM a réitéré l’adhésion totale de la Confédération aux principes de la libre concurrence. Il a également rappelé l’enjeu majeur que constitue pour notre économie en plein dynamisme, une application claire, transparente et équitable des règles de concurrence et de contrôle des concentrations. L’impact néfaste du secteur informel sur l’économie nationale a aussi été soulevé par M. ALJ, qui considère l’intégration de l’informel structuré comme une urgence qu’il faut traiter en adoptant une approche progressive, incitative et inclusive. À cette occasion, M. ALJ et M. RAHHOU ont affirmé leur volonté de renforcer la coopération entre la CGEM et le Conseil de la Concurrence et de travailler conjointement pour faire inscrire plus de parties prenantes dans la démarche vers un marché libre, transparent et accessible à tous. Cette collaboration s’inscrit dans le cadre de l’engagement des deux institutions en faveur d’un développement économique sain et durable, créateur de croissance et d’emplois pérennes.

Au suivant ! Après les médocs, le Conseil de la concurrence lorgne du côté des carburants (Maroc)

Au suivant ! Après les médocs, le Conseil de la concurrence lorgne du côté des carburants (Maroc)

Le Conseil de la concurrence se penchera dans les trois prochaines semaines sur la saisine contentieuse en rapport avec le marché sensible des carburants au Maroc. Un dossier très attendu par l’opinion publique qui pourrait s’annoncer explosif, si l’on en croit les dernières indiscrétions autour de ce sujet. Après son diagnostic sans concession de la situation du marché du médicament au Maroc qui a révélé l’existence de plusieurs dysfonctionnements, l’instance dirigée par Driss Guerraoui a cette fois-ci décidé de s’attaquer à l’épineux et brûlant dossier des hydrocarbures au cœur d’une enquête lancée en 2016 dans l’objectif de déceler d’éventuelles pratiques anticoncurrentielles dans le marché des carburants liquides. Dans une note d’information rendue publique récemment, le Conseil a, ainsi, annoncé la tenue d’une « séance consacrée à l’examen de la saisine enregistrée sous le numéro 112/S/16 relative à l’existence d’éventuelles pratiques anticoncurrentielles dans le marché des carburants ». Ce, en application des dispositions des articles 30 et 33 de la loi 104.12 relative à la liberté des prix et concurrence, précise la même source. Selon cette institution constitutionnelle indépendante, réactivée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI le 17 novembre 2018, la date de la tenue de la séance consacrée à l’examen de la saisine concernant les carburants liquides a été fixée au mardi 21 juillet 2020 à 9 heures à son siège à Rabat. Le Conseil, qui a un pouvoir décisionnel en matière de lutte contre les pratiques anticoncurrentielles et de contrôle des opérations de concentration économique, telles que définies dans la loi relative à la liberté des prix et de la concurrence, s’apprête ainsi à livrer son verdit après quatre ans d’une enquête qui se veut fouillée. Soit autant d’années après la plainte conjointe du Syndicat national des professionnels du transport et de la Confédération démocratique du travail (CDT) faisant état d’éventuelles pratiques anticoncurrentielles, au lendemain de la libéralisation des prix intervenue en décembre 2015. L’occasion pour l’opinion publique d’en savoir un peu plus sur le fameux cartel de distributeurs de carburant qui serait soupçonné de pratiques anticonstitutionnelles. Selon certaines indiscrétions proches du dossier, 10 opérateurs de carburants dont Afriquia Gaz, Total, Vivo Energy (Shell) représentant 60% des parts de marché seraient sur le banc des accusés. A en croire notre confrère L’Economiste, ces distributeurs dont ceux affiliés au Groupement des pétroliers au Maroc (GPM) seraient accusés de «l’existence d’une décision d’association d’entreprises et de pratiques concertées ainsi que de la collecte, l’échange et la diffusion d’informations commerciales sensibles». Par ailleurs, on apprend sur le même sujet que l’organisation professionnelle pourrait écoper d’une sanction de 4 millions de dirhams. Si cela venait à être confirmé, le Conseil infligerait ainsi la sanction maximum autorisée par la législation. A propos de l’enquête, rappelons qu’elle avait permis d’établir 9 griefs qui donneront lieu à une suspicion d’entente laissant apparaître des actions concertées et coalitions anticoncurrentielles. Ce qui avait amené le Conseil à les transmettre aux 10 distributeurs de carburant concernés par ces accusations. Soulignons également que cette histoire des carburants avait fait l’objet d’un rapport parlementaire en mai 2018 qui s’était interrogé sur les prix pratiqués sur le marché. Selon les conclusions de ce document, les marges engrangées par les distributeurs avaient atteint 17 milliards de dirhams de plus que celles encaissées avant la libéralisation. La mission parlementaire conclura que les consommateurs n’ont pas été les gagnants de cette libéralisation. Comme il le rappelle dans ses textes, « le Conseil de la concurrence est chargé, dans le cadre de l’organisation d’une concurrence libre et loyale, d’assurer la transparence et l’équité dans les relations économiques, notamment à travers l’analyse et la régulation de la concurrence sur les marchés, le contrôle des pratiques anticoncurrentielles, des pratiques commerciales déloyales et des opérations de concentration économique et de monopole ». Sur son site Internet, on peut aussi lire que la loi n° 20-13 du 30 juin 2014 a élargi et renforcé ses attributions lui conférant de larges pouvoirs décisionnel, consultatif, et d’auto-saisine visant l’amélioration du fonctionnement concurrentiel des marchés. Soulignons que l’objectif du Conseil « est de faire de la concurrence libre et loyale un levier majeur de la création de la richesse, la promotion de l’emploi, la sécurisation de l’approvisionnement du marché intérieur, la protection du consommateur et de son pouvoir d’achat, la compétitivité des entreprises et des territoires et de l’attractivité de l’économie nationale ». Alain Bouithy