Les prix de l’énergie vers leur plus forte flambée mondiale en quatre ans

Les prix de l’énergie vers leur plus forte flambée mondiale en quatre ans

De graves répercussions sur l’emploi et le développement Mauvaise nouvelle pour les économies fortement dépendantes de l’énergie importée. Selon un rapport de la Banque mondiale, « Commodity Markets Outlook », la guerre au Moyen-Orient est en passe de provoquer la plus forte flambée des prix de l’énergie en quatre ans. D’après l’institution financière internationale, «les prix de l’énergie devraient bondir de 24 % cette année pour atteindre leur niveau le plus élevé depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022, alors que la guerre au Moyen-Orient provoque un choc violent sur les marchés mondiaux des produits de base». S’agissant des produits de base, ledit rapport explique que leurs prix devraient augmenter de 16 % en 2026, sous l’effet de la flambée des prix de l’énergie et des engrais ainsi que des niveaux record atteints par les prix de plusieurs métaux clés. La Banque mondiale alerte sur un choc inflationniste et un ralentissement de la croissance C’est assez pour s’en inquiéter et comprendre que les jours à venir risquent d’être sombres pour de nombreuses économies. Et pour cause, comme le relève le document, ce choc aura de graves répercussions sur la création d’emplois et le développement. Comme l’explique Indermit Gill, économiste en chef et premier vice-président du Groupe de la Banque mondiale pour l’economie du développement, «la guerre frappe l’économie mondiale en vagues qui s’accumulent : d’abord par la hausse des prix de l’énergie, puis par celle des prix alimentaires, et enfin par une inflation accrue qui fera monter les taux d’intérêt et renchérira encore davantage le coût de la dette ». De l’avis de cet économiste, «les populations les plus pauvres, qui consacrent la plus grande part de leurs revenus à l’alimentation et aux combustibles, seront les plus durement touchées, tout comme les économies en développement déjà aux prises avec un lourd endettement. Tout cela nous rappelle une vérité implacable : la guerre, c’est le développement à l’envers». Dans le détail, le rapport s’attend à une hausse de 31% des prix des engrais en 2026, en raison d’une envolée de 60 % des prix de l’urée. Pour bien mesurer la gravité de la situation, l’institution rappelle que les engrais n’auront jamais été aussi peu abordables depuis 2022. Ce qui érode les revenus des agriculteurs et menace les rendements agricoles à venir. Par ailleurs, « si le conflit devait se prolonger, ces pressions sur l’approvisionnement et l’accessibilité financière des denrées pourraient plonger jusqu’à 45 millions de personnes supplémentaires dans une situation d’insécurité alimentaire aiguë cette année, selon le Programme alimentaire mondial », prévient la Banque mondiale. Concernant les prix des métaux de base, le rapport estime que l’aluminium, le cuivre et l’étain devraient également atteindre des sommets historiques, en raison de la forte demande liée au développement des centres de données, des véhicules électriques et des énergies renouvelables. L’institution s’inquiète déjà du fait que «les métaux précieux continuent de battre des records de cours et de volatilité, avec une hausse moyenne des prix de 42% attendue en 2026, l’incertitude géopolitique alimentant la ruée vers les valeurs refuges». Tout aussi préoccupant : le renchérissement des produits de base induit par ces chocs va alimenter l’inflation et freiner la croissance mondiale. Et selon les prévisions de la Banque mondiale, l’inflation dans les économies en développement devrait atteindre 5,1% en moyenne en 2026, soit un point de pourcentage de plus qu’anticipé avant la guerre et une progression par rapport au taux de 4,7% enregistré l’année dernière. Selon les perspectives de l’institution, « la croissance des économies en développement se dégradera également, la flambée des prix des produits de première nécessité amputant les revenus et les exportations du Moyen-Orient se heurtant à de sévères restrictions». Le rapport prévoit que ces économies devraient croître de 3,6 % en 2026, soit une révision à la baisse de 0,4 point de pourcentage par rapport aux prévisions établies au mois de janvier. Quant aux économies directement touchées par le conflit, l’organisme estime qu’elles «seront les plus durement affectées ; 70% des pays importateurs de produits de base ainsi que plus de 60% des pays exportateurs pourraient voir leurs taux de croissance revus à la baisse par rapport aux projections de janvier». Toujours selon la Banque mondiale, les prix des matières premières pourraient grimper encore davantage si les hostilités s’intensifient ou si les perturbations de l’approvisionnement dues à la guerre persistent plus longtemps que prévu. Dans ce cas, «les prix du Brent pourraient atteindre en moyenne 115 dollars le baril en 2026 dans un scénario où les infrastructures pétrolières et gazières critiques subiraient davantage de dommages et où les volumes d’exportation mettraient du temps à se redresser », craint l’institution précisant qu’une telle hausse aurait des effets en cascade sur les prix des engrais et des sources d’énergie alternatives telles que les biocarburants. Par ailleurs, l’inflation dans les économies en développement pourrait grimper à 5,8 % cette année, ce qui en ferait le deuxième niveau le plus élevé de la décennie, après 2022. Quoi que réserve l’avenir, «la succession de chocs qu’a connue cette décennie a considérablement réduit les marges de manœuvre budgétaires disponibles pour faire face à la crise d’approvisionnement énergétique historique qui sévit actuellement», note Ayhan Kose, économiste en chef adjoint de la Banque mondiale. De l’avis de ce dernier, par ailleurs directeur de la cellule Perspectives, «les gouvernements doivent résister à la tentation de mesures de soutien larges et non ciblées, qui risqueraient de fausser les marchés et d’éroder les réserves budgétaires ». Selon lui, ils devraient plutôt privilégier un soutien rapide et temporaire, ciblé sur les ménages les plus vulnérables.  Alain Bouithy Le baril de Brent devrait s’établir en moyenne à 86 dollars en 2026 : «Les attaques contre les infrastructures énergétiques et les fortes perturbations du transport maritime dans le détroit d’Ormuz, qui concentre environ 35% du commerce mondial de brut par navire, ont provoqué le plus important choc d’approvisionnement pétrolier jamais enregistré, avec une réduction initiale de l’offre de quelque 10 millions de barils par jour. Même après avoir reflué depuis leur récent pic, les cours du Brent restaient supérieurs à la mi-avril de plus de 50% à leur niveau du début de l’année. Le baril

Fort recul des prix des produits de base à l’échelle mondiale

Fort recul des prix des produits de base à l’échelle mondiale

Les prix des produits de base ont enregistré leur plus forte baisse depuis la pandémie de Covid-19, a indiqué la Banque mondiale dans la dernière édition de son rapport Commodity Markets Outlook. Selon ce document rendu public récemment, « les cours mondiaux des produits de base devraient refluer cette année à un rythme sans précédent depuis le début de la pandémie de COVID-19, assombrissant les perspectives de croissance de près de deux tiers des économies en développement qui dépendent de l’exportation de ces produits ». La Banque mondiale prévient toutefois que la baisse des prix ne devrait guère soulager les quelque 350 millions de personnes qui souffrent d’insécurité alimentaire dans le monde. En effet, quand bien même les cours des denrées devraient reculer de 8 % en 2023, l’institution internationale estime qu’ils atteindront un record qui n’a été dépassé qu’une seule fois depuis 1975. Les auteurs dudit rapport rappellent, en outre, que l’inflation annuelle des prix alimentaires ressortait à 20 % à l’échelle mondiale au mois de février, ce qui correspond au « niveau le plus élevé de ces vingt dernières années ». Pour Indermit Gill, économiste en chef et premier vice-président de la Banque mondiale pour l’Économie du développement, « la flambée des prix de l’alimentation et de l’énergie après l’invasion de l’Ukraine par la Russie s’est largement dissipée en raison du ralentissement de la croissance économique, d’un hiver peu rigoureux et des réallocations dans le commerce des matières premières ». Il faut cependant garder à l’esprit que, dans bien des pays, cela ne soulagera pas vraiment les consommateurs. Et pour cause : « en termes réels, les prix des denrées alimentaires resteront à un niveau parmi les plus élevés de ces cinq dernières décennies », a-t-il expliqué. Ainsi que l’estime Indermit Gill, « les gouvernements devraient éviter les restrictions commerciales et protéger les populations les plus pauvres en recourant à des programmes ciblés de soutien aux revenus plutôt qu’à des mesures de régulation des prix. » Toujours selon le rapport, en 2023, les prix des produits de base devraient globalement reculer de 21 % par rapport à 2022 ; tandis que ceux de l’énergie devraient refluer de 26 %. Quant au cours du pétrole brut (Brent), tout porte à croire qu’il devrait s’établir en moyenne à 84 dollars le baril cette année, soit une baisse de 16 % par rapport à la moyenne de 2022. Selon les prévisions de la Banque mondiale, « en Europe et aux États-Unis, les prix du gaz naturel devraient être divisés par deux entre 2022 et 2023, tandis que ceux du charbon devraient perdre 42 % en 2023 ». Dans son rapport, l’institution internationale prévoit en outre que les prix des engrais devraient pour leur part chuter de 37 % cette année. « Ce qui constituerait la plus forte baisse sur un an depuis 1974 », a fait savoir la Banque mondiale précisant qu’ils sont toutefois encore proches du niveau record atteint lors de la crise alimentaire de 2008-2009. Quoi qu’il advienne, Ayhan Kose, économiste en chef adjoint de la Banque mondiale et directeur de la cellule Perspectives, constate que « la baisse des prix des produits de base au cours de l’année écoulée a permis de réduire l’inflation globale dans le monde ». Ce dernier estime néanmoins que «les banques centrales doivent rester vigilantes car de nombreux facteurs pourraient faire grimper les prix et raviver les pressions inflationnistes. L’économiste fait allusion notamment à « une offre de pétrole plus limitée que prévu, une reprise de l’économie chinoise plus consommatrice de matières premières, une intensification des tensions géopolitiques ou des conditions météorologiques défavorables. » Il est important de savoir qu’en dépit des baisses marquées attendues cette année, « les prix de toutes les principales catégories de produits de base resteront nettement supérieurs à leurs niveaux moyens sur la période 2015-2019 », selon les estimations de la Banque mondiale. L’institution financière prévoit également que « les prix du gaz naturel en Europe seront près de trois fois supérieurs à la moyenne de 2015-2019 », et que ceux de l’énergie et du charbon resteront tout aussi plus élevés que la moyenne pré-COVID. Sous l’effet de la faiblesse de la demande mondiale et de l’amélioration de l’offre, « les prix des métaux, qui ont légèrement augmenté en début d’année devraient chuter de 8 % par rapport à l’année dernière ». C’est du moins l’avis de Valerie Mercer-Blackman, économiste principale au sein de la cellule Perspectives de la Banque mondiale qui estime cependant qu’à plus long terme, «la transition énergétique pourrait faire grimper de manière significative la demande de certains métaux, notamment le lithium, le cuivre et le nickel.» Alain Bouithy

Les prix de l’énergie et de l’alimentation devraient rester élevés jusqu’à la fin de 2024

Les prix de l’énergie et de l’alimentation devraient rester élevés jusqu’à la fin de 2024

Les tensions sur les prix de l’énergie et de l’alimentation dues à la guerre en Ukraine pourraient durer plusieurs années, prévient la Banque mondiale dans la dernière édition de son rapport « Commodity Markets Outlook ». Dans ce document, publié mardi 26 avril, l’institution financière internationale estime que  les prix vont se maintenir à des niveaux historiquement élevés jusqu’à la fin de 2024. Les prix de l’énergie vont probablement grimper de plus de 50% en 2022 avant de baisser en 2023 et 2024, indique la Banque mondiale expliquant que la guerre en Ukraine a provoqué un choc majeur sur les marchés des produits de base et modifié la physionomie des échanges, de la production et de la consommation dans le monde. S’agissant des biens non énergétiques, notamment les produits agricoles et les métaux, l’institution spécialisée des Nations unies estime qu’ils devraient augmenter de près de 20% en 2022, puis diminuer également au cours des années suivantes. L’organisation internationale relève en revanche que « les prix des produits de base devraient rester bien supérieurs à la moyenne des cinq dernières années et, en cas de guerre prolongée ou de nouvelles sanctions contre la Russie, ils pourraient devenir encore plus élevés et plus volatils que ce qui est actuellement prévu ». Parallèlement, et en raison des perturbations du commerce et de la production consécutives à la guerre, le cours du pétrole brut (Brent) devrait de son côté atteindre une moyenne de 100 dollars le baril en 2022, soulignent les auteurs dudit rapport précisant qu’il correspondra dans ce cas à son plus haut niveau depuis 2013 et à une augmentation de plus de 40% par rapport à 2021. Dans son rapport, la Banque mondiale assure toutefois qu’« il devrait baisser à 92 dollars en 2023, ce qui sera bien au-dessus de la moyenne sur cinq ans de 60 dollars le baril ». Selon les prévisions de l’institution de Bretton Woods, l’analyse de la situation tend à montrer que « les cours du gaz naturel (européen) devraient être deux fois plus élevés en 2022 qu’en 2021, tandis que les prix du charbon devraient être 80% plus élevés, soit des sommets historiques dans les deux cas ». Il est à noter que les cours du blé devraient au cours de cette même période  augmenter de plus de 40% et atteindre un niveau record en valeur nominale cette année. Ainsi que le craint la Banque mondiale, une telle hausse « pénalisera les économies en développement qui dépendent des importations de blé, notamment en provenance de Russie et d’Ukraine ». Quant aux prix des métaux, ils devraient de leur côté progresser de 16% en 2022 avant de s’atténuer en 2023, mais en se maintenant à des niveaux élevés, explique l’institution. Comme le craignaient bon nombre d’économistes et de conjoncturistes, tout porte à croire que la hausse des prix de l’énergie au cours des deux dernières années a été la plus importante depuis la crise pétrolière de 1973. Aussi, selon les analystes de la Banque mondiale, celle des matières premières alimentaires – dont la Russie et l’Ukraine sont de grands producteurs – et des engrais, dont la production dépend du gaz naturel, n’a jamais été aussi forte depuis 2008. Pour Indermit Gill, vice-président de la Banque mondiale pour le pôle Croissance équitable, finances et institutions, il ne fait aucun doute que « globalement, il s’agit du plus grand choc sur les produits de base que nous ayons connu depuis les années 70 ». Cité dans un communiqué de l’institution financière, ce dernier fait un constat : «Comme c’était le cas à l’époque, ce choc est aggravé par une recrudescence des restrictions au commerce des denrées alimentaires, du carburant et des engrais ». Parce que ces phénomènes ont commencé à faire planer le spectre de la stagflation, Indermit Gill estime que « les décideurs politiques devraient saisir toutes les occasions de stimuler la croissance économique au niveau national et éviter toute action néfaste pour l’économie mondiale. » Car, comme le craint Ayhan Kose, directeur de la division Perspectives de la Banque mondiale, qui produit le rapport, « la hausse des prix des denrées alimentaires et de l’énergie a un coût humain et économique considérable et risque de freiner les progrès en matière de réduction de la pauvreté ». Il y a vraiment de quoi s’inquiéter d’autant plus que « cette augmentation des prix des matières premières exacerbe les pressions inflationnistes déjà élevées partout dans le monde », rappelle-t-il. Les marchés des produits de base étant soumis à une pression énorme, « cela aura des répercussions durables », indique pour sa part John Baffes, économiste senior au sein de la division Perspectives de la Banque mondiale. Selon lui, « la forte hausse des prix des intrants tels que l’énergie et les engrais pourrait provoquer une baisse de la production alimentaire, notamment dans les économies en développement. L’utilisation réduite d’intrants pèsera sur la production et la qualité des aliments, ce qui affectera les disponibilités alimentaires, les revenus des populations rurales et les moyens de subsistance des pauvres. » Alain Bouithy

Stabilisation attendue des prix des produits de base à l’échelle mondiale

Stabilisation attendue des prix des produits de base à l’échelle mondiale

Les prix des produits de base devraient se stabiliser à la faveur de la reprise économique mondiale, a annoncé la Banque mondiale dans un nouveau rapport précisant que cette évolution dépendra du rythme de la reprise et de l’endiguement de la Covid-19. « Les prix des produits de base ont continué à se redresser au premier trimestre 2021 et devraient rester proches de leurs niveaux actuels jusqu’à la fin de l’année, à la faveur du rebond de l’économie mondiale et de l’amélioration des perspectives de croissance », a indiqué l’institution internationale dans la dernière édition semestrielle de son Commodity Markets Outlook. Prudents, les auteurs du rapport, rendu public récemment, préviennent toutefois que ces prévisions demeurent fortement tributaires des progrès de la lutte contre la pandémie de Covid-19 et des mesures de soutien mises en place dans les économies avancées. Comme l’a également relevé la Banque mondiale dans un communiqué, ces pronostics dépendent aussi des décisions de production prises par les principaux producteurs de matières premières. « La croissance mondiale est plus vigoureuse que prévu jusqu’ici et les campagnes de vaccination sont en cours, et ces tendances dopent les prix des produits de base », analyse Ayhan Kose, vice-président par intérim du Groupe de la Banque mondiale pour la division Croissance équitable, finance et institutions et directeur du groupe Perspectives. La durabilité de la reprise étant très incertaine, il estime que « les économies émergentes et en développement, qu’elles soient exportatrices ou importatrices de matières premières, doivent améliorer leur capacité de résistance à court terme et se préparer à l’éventualité d’un ralentissement de la croissance». Il est à noter qu’avec un baril de pétrole s’établissant en moyenne à 56 dollars, les prix de l’énergie devraient atteindre cette année des niveaux globalement supérieurs de plus d’un tiers par rapport à ceux de l’année écoulée. Des estimations publiées dans la dernière livraison du Commodity Markets Outlook de la Banque mondiale, il ressort que les cours des métaux devraient pour leur part augmenter de 30% et les prix agricoles de près de 14%. Sous l’effet de la reprise de l’activité économique et, dans certains cas, de facteurs liés à l’offre, en particulier en ce qui concerne le pétrole, le cuivre et certains produits alimentaires, la Banque mondiale relève que « les prix de la quasi-totalité des produits de base sont désormais supérieurs aux niveaux précédant la crise ». Soulignons que les cours du pétrole brut, qui avaient atteint des planchers record pendant la pandémie, ont, de leur côté, rebondi. Cette hausse intervient « à la faveur d’une reprise économique mondiale rapide et de la poursuite des réductions de production par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et ses partenaires », a expliqué l’institution internationale. Dans son rapport, la Banque mondiale prévoit un raffermissement de la demande au cours de cette année, « avec l’arrivée massive de vaccins, notamment dans les économies avancées, l’assouplissement des restrictions liées à la pandémie et la continuation de la reprise mondiale ». La même source soutient que « le baril devrait atteindre 60 dollars en moyenne en 2022 ». Elle prévient cependant qu’une nouvelle détérioration de la demande pourrait exercer des pressions sur les prix, si l’endiguement de la pandémie faiblit. A en croire les auteurs dudit rapport, les prix des métaux devraient céder une partie des gains enregistrés cette année à mesure que la croissance induite par les mesures de relance se tassera en 2022. Comme, l’explique la Banque mondiale, « un abandon plus rapide de ces mesures dans certaines grandes économies émergentes pourrait tirer les prix à la baisse, tandis qu’un vaste programme de modernisation des infrastructures aux Etats-Unis pourrait soutenir les cours des métaux, notamment l’aluminium, le cuivre et le minerai de fer », fait-elle savoir affirmant que l’intensification de la transition énergétique mondiale vers la décarbonation pourrait elle aussi accroître la demande de métaux. En ce qui concerne les prix des matières premières agricoles, le rapport indique qu’ils ont enregistré une hausse soutenue cette année, en particulier en ce qui concerne les produits alimentaires, en raison de l’insuffisance de l’offre en Amérique du Sud et de la forte demande de la Chine. Le document estime cependant que « l’approvisionnement est suffisant pour la plupart des marchés mondiaux de produits alimentaires au regard des niveaux historiques, et les prix devraient se stabiliser en 2022 ». Signalons que la dernière livraison du Commodity Markets Outlook consacre un dossier spécial aux conséquences des fortes variations des prix des métaux sur les pays exportateurs. Le rapport s’intéresse particulièrement au cuivre et à l’aluminium qui, comme le relève la Banque mondiale dans sa note, « constituent une source majeure de revenus d’exportation pour 35 % des économies émergentes et en développement ». Alain Bouithy

Révision à la baisse des prévisions des prix des produits de base à l’échelle mondiale

Révision à la baisse des prévisions des prix des produits de base à l’échelle mondiale

La Banque mondiale annonce avoir revu à la baisse ses prévisions concernant les prix des produits de base, dans un contexte de détérioration de la croissance mondiale et d’offre suffisante. Ainsi, « après le déclin important enregistré en 2019, les prix de l’énergie et des métaux devraient continuer à baisser en 2020 », a indiqué l’institution internationale dans sa livraison d’octobre du Commodity Markets Outlook.A en croire les analystes de la Banque mondiale, cette situation s’explique par la croissance mondiale plus faible qu’anticipé et par le relâchement de la demande en découlant. Selon les nouvelles prévisions de la Banque mondiale, « le prix du baril de pétrole brut devrait s’établir en moyenne à 60 dollars en 2019, avant de fléchir à 58 dollars en 2020, soit un niveau inférieur de 6 et 7 dollars respectivement par rapport aux prévisions du mois d’avril dernier ». L’institution de Bretton Woods a en outre annoncé que la consommation de pétrole devrait progresser à un rythme bien plus faible qu’anticipé auparavant, à la suite du ralentissement de la croissance mondiale. Elle devrait « croître modérément l’année prochaine », relevant que le principal risque de dégradation pesant sur ces prévisions réside dans une détérioration plus forte que prévu de la conjoncture économique. « En tenant compte également du gaz naturel et du charbon, les prix de l’énergie devraient afficher en 2019 un niveau de près de 15 % inférieur à la moyenne enregistrée en 2018, et poursuivre leur baisse en 2020 », a-t-elle ajouté. En ce qui concerne les cours des métaux, l’institution internationale a fait état d’une tendance également à la baisse du côté des cours des métaux. Selon elle, ceux-ci devraient perdre 5 % en 2019 et continuer de décliner l’année prochaine sous l’effet du ralentissement de la demande mondiale. Après leur montée en flèche cette année, « les prix des métaux précieux devraient continuer à progresser en 2020 dans un contexte d’incertitudes grandissantes au niveau mondial et de politiques monétaires accommodantes », a prévenu la Banque mondiale. Quant aux cours des matières premières agricoles, il ressort des mêmes prévisions qu’ils devraient également baisser cette année, avant de se stabiliser l’année prochaine. La BM reste toutefois prudente. Et pour cause, elle prévient que l’assouplissement des tensions commerciales pourrait entraîner à la hausse les prix de certains produits agricoles, comme le soja et le maïs. Par ailleurs, elle est persuadée qu’«une baisse des prix énergétiques aurait pour conséquence de réduire le coût du carburant et des engrais et pourrait ainsi contribuer à une diminution du prix des cultures très consommatrices d’énergie comme les oléagineux ». Vice-présidente du Groupe de la Banque mondiale pour la division Croissance équitable, finance et institutions, Ceyla Pazarbasioglu pense que «le ralentissement de la demande de matières premières représente un défi pour les pays exportateurs et une source d’opportunités pour les pays importateurs ». Mais alors que la fluctuation des prix et le progrès technologique vont amener les pays à se détourner d’un produit de base au profit d’un autre, elle appelle à « veiller à ce que ces ressources soient produites et consommées d’une manière écologiquement durable». Ayhan Kose, directeur du Groupe d’étude des perspectives à la Banque mondiale, affirme pour sa part que «les économies en développement qui sont tributaires des recettes d’exportation provenant d’un petit groupe de produits de base sont vulnérables». Pour elle, «la poussée de la demande et la hausse des prix sont des facteurs susceptibles de stimuler l’innovation et de faciliter la substitution d’un produit de base par un autre». A propos de la substitution d’un produit de base par un autre chez les consommateurs, le rapport de la Banque mondiale a relevé que «ces choix de substitution mettent en évidence les risques qui menacent les perspectives de croissance à long terme des pays qui dépendent massivement de l’exportation d’un nombre réduit de produits de base ». Alain Bouithy

Les prix des matières premières enregistrent une hausse plus importante que prévu

Les prix des matières premières enregistrent une hausse plus importante que prévu

Les dernières prévisions de la Banque mondiale annoncées dans l’édition d’avril du « Commodity Markets Outlook » font état d’une hausse plus importante que prévu du prix des matières premières. Directeur principal de la Banque mondiale pour l’économie du développement et économiste en chef par intérim, Shantayanan Devarajan attribue cette hausse à l’accélération de la croissance mondiale et l’amélioration de la demande. Dans ce rapport rendu public récemment, il explique que ces deux éléments « jouent un rôle important dans cette augmentation générale des prix de la plupart des matières premières ». En détail, et selon les prévisions de l’institution de Bretton Woods, le baril de pétrole devrait atteindre 65 dollars en moyenne en 2018, contre 53 dollars en 2017, sous l’effet d’une demande soutenue et du contrôle des volumes de production. A en croire la BM, il devrait également tourner autour de 65 dollars en 2019. En effet, « même si une baisse des cours est attendue par rapport aux niveaux d’avril 2018, le maintien des accords de diminution des volumes de production par les pays de l’OPEP et les autres pays producteurs et la solidité de la demande soutiendront les prix », explique l’institution financière internationale. Dans ce rapport rendu public récemment, la Banque mondiale prévient toutefois que les contraintes du côté de la production d’huile de schiste aux États-Unis, les tensions géopolitiques dans certains pays producteurs et les hypothèques relatives à la levée des sanctions contre l’Iran par les États-Unis pourraient orienter ces prévisions à la hausse. En revanche, elle soutient que ces prévisions pourraient être inférieures aux annonces «en cas de délitement de l’accord entre pays exportateurs de pétrole ou la fin pure et simple de cet accord, mais aussi de reprise de la production en Libye et au Nigeria et de montée en puissance plus rapide que prévu de la production d’huile de schiste ». Portés par une reprise de la demande et des contraintes du côté de l’offre, les prix des métaux devraient gagner 9 %, indique la BM soulignant que les prévisions pourraient être revues à la hausse si la demande mondiale se révèle plus soutenue qu’anticipé. Dans ce cas, « l’offre pourrait être contrainte par la lente intégration des nouvelles capacités, les sanctions commerciales contre les exportateurs et la politique menée par la Chine », affirme-t-elle. Et de préciser qu’une révision à la baisse pourrait survenir en cas de croissance moins solide qu’attendu sur les principaux marchés émergents, la remise en service de capacités inutilisées et l’assouplissement de la politique environnementale de la Chine. S’agissant des métaux précieux, le rapport estime que leurs prix devraient connaître un rebond de 3 % cette année, « étant donné le relèvement attendu des taux d’intérêt aux États-Unis et des scénarios plus inflationnistes ». En ce qui concerne les prix des produits énergétiques (pétrole, gaz naturel et charbon), la Banque mondiale relève à la hausse de 16 points de pourcentage par rapport à octobre de leurs prix, soulignant qu’ils devraient s’envoler de 20 % au cours de cette année. A noter que les prévisions du rapport sur les matières premières agricoles (produits alimentaires et non alimentaires) annoncent un redressement de plus de 2 % en 2018, « avec l’amenuisement des perspectives d’ensemencement ». BM assure, par ailleurs, que les perturbations liées aux conditions météorologiques devraient être minimes. A propos des prix des céréales, huiles et tourteaux, le rapport fait état d’un redressement en 2018, sous l’effet d’anticipations d’ensemencement moins fortes qu’attendu. « La faiblesse du phénomène La Niña qui s’est prolongé durant les premiers mois de l’année 2018 aura uniquement perturbé la production de banane en Amérique centrale et celle de soja en Argentine, sans répercussions notoires sur les marchés mondiaux », assure-t-on. Cependant, la Banque mondiale estime que « l’introduction possible par la Chine de droits compensatoires en réponse au relèvement des tarifs douaniers par les États-Unis pourrait pénaliser le marché du soja ». Alain Bouithy

La hausse des prix des matières premières devrait se poursuivre en 2018

La hausse des prix des matières premières devrait se poursuivre en 2018

La hausse des prix des matières premières devrait se poursuivre en 2018, a annoncé la Banque mondiale dans un récent rapport, indiquant que le baril de pétrole devrait atteindre 56 dollars l’année prochaine alors que les prix des métaux devraient se tasser. Le prix du baril de pétrole dont le coût moyen est à 53 dollars cette année devrait augmenter en 2018 «sous l’effet de l’augmentation constante de la demande, des accords entre exportateurs sur une diminution des volumes de production et de la stabilisation de l’extraction d’huile de schiste aux Etats-Unis», a expliqué l’organisation. Après une envolée de 28% en 2017, les prix des produits énergétiques (pétrole, gaz naturel et charbon) devraient progresser de 4% l’année prochaine, a prévenu l’institution de Bretton Woods. Selon les prévisions annoncées dans l’édition d’octobre du Commodity Markets Outlook (une publication périodique qui analyse en détail les marchés des principaux groupes de matières premières), «il faut s’attendre à une stabilisation de l’indice des métaux, qui a bondi de 22% en 2017, le renchérissement d’autres métaux de base compensant une correction du prix du minerai de fer». S’agissant des matières premières agricoles (produits alimentaires et non alimentaires confondus), le rapport prévoit un modeste fléchissement en 2017, puis un redressement l’année prochaine. A en croire l’économiste senior et auteur principal de la publication, John Baffes, «les prix de l’énergie remontent du fait de la stabilité de la demande et de la contraction des stocks, mais beaucoup dépendra de la décision des producteurs de pétrole de prolonger ou non les coupes de production». En ce qui concerne les métaux, cet expert est persuadé que les évolutions en Chine vont jouer un rôle essentiel dans la trajectoire des prix. En comparaison avec les prévisions du cours du pétrole publiées au mois d’avril dernier, on notera que celles rendues publiques récemment ont été légèrement revues à la baisse. Elles tiennent, par ailleurs, compte d’un certain nombre de risques. En effet, les auteurs du rapport estiment que «des incertitudes entourent notamment la production de la Libye, du Nigeria et du Venezuela, tandis que les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et d’autres producteurs pourraient s’entendre afin de continuer à limiter l’extraction, ce qui maintiendrait les pressions à la hausse sur les prix». Cela dit, il n’est pas exclu que les prix reculent à nouveau «si cet accord n’est pas reconduit ou si les Etats-Unis produisent davantage d’huile de schiste», a prévenu l’organisation dans un communiqué, notant, par ailleurs, que les cours du gaz naturel devraient augmenter de 3% en 2018. Si le charbon devrait coûter probablement moins cher après s’être envolé de près de 30% sur 2017, elle a estimé que «la politique environnementale de la Chine devrait constituer l’un des principaux déterminants des tendances à venir sur les marchés du charbon». Selon ses prévisions, les prix du minerai de fer devraient chuter, de leur côté, de 10% en 2018, alors que le resserrement de l’offre tirera probablement vers le haut ceux des métaux de base (plomb, nickel et zinc). La Banque mondiale a toutefois prévenu que «cette prévision pourrait être revue à la baisse si, notamment, la demande de la Chine se révèle plus faible qu’anticipé, ou si les restrictions sur la production des industries lourdes de ce pays sont assouplies». Etant donné le relèvement attendu des taux d’intérêt aux Etats-Unis, les auteurs du rapport s’attendent à un repli de l’or l’année prochaine. A l’inverse, ils ont soutenu que les prix agricoles devraient se redresser en 2018, à la suite de la dégradation de l’offre, avec une légère appréciation des céréales, huiles et tourteaux. «Les marchés des matières premières agricoles sont bien approvisionnés et, pour certaines céréales, les ratios stocks/utilisation (un indicateur du degré d’approvisionnement) devraient atteindre leur plus haut niveau depuis plusieurs années», rapporte la Banque sur son site web officiel.

Economie : La Banque mondiale prévoit une augmentation des prix des matières premières industrielles en 2017

Economie : La Banque mondiale prévoit une augmentation des prix des matières premières industrielles en 2017

La Banque mondiale prévoit un redressement sensible des matières premières industrielles comme l’énergie et les métaux en 2017, en raison d’un resserrement de l’offre et de l’augmentation de la demande, rapporte un communiqué de presse parvenu à la rédaction de pagesafrik.info. Dans l’édition 2017 de sa publication sur les perspectives des marchés de matières premières, Commodity Markets Outlook, la Banque mondiale maintient ses prévisions concernant les prix du pétrole brut pour l’année à 55 dollars le baril, soit un bond de 29 % par rapport à 2016. Les prévisions pour les prix de l’énergie reposent sur l’hypothèse selon laquelle les pays membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et d’autres pays producteurs de pétrole se conformeront en partie à l’accord de limitation de la production après une longue période de production effrénée. La Banque revoit à la hausse ses prévisions de croissance des prix des métaux et anticipe une augmentation de 11 % contre les 4 % annoncés dans ses prévisions d’octobre, compte tenu d’un nouveau resserrement de l’offre et de la forte demande de la Chine et des économies avancées. « Les prix de la plupart des matières premières semblent avoir atteint leur plus bas niveau l’année dernière et sont en bonne voie pour remonter en 2017 », fait remarquer John Baffes, économiste senior et auteur principal du périodique Commodity Markets Outlook. «Des revirements dans les politiques pourraient toutefois infléchir cette tendance ». Les prix des produits agricoles dans leur ensemble devraient augmenter de moins de 1 % en 2017. De légères augmentations sont prévues pour les huiles et les produits oléagineux et d’autres matières premières agricoles, mais les prix des céréales devraient diminuer de près de 3 % à la faveur des perspectives plus favorables de l’offre. On observe une contraction des prix des métaux précieux de 7 % avec l’augmentation des taux d’intérêt de référence et le ralentissement des placements refuges. La section Special Focus de ce rapport montre comment les économies émergentes ou en développement exportatrices de matières premières ont été durement frappées par le ralentissement de la croissance des investissements, de 7,1 % en 2010 à 1,6 % en 2015. «La faiblesse des investissements, aussi bien publics que privés, freine tout un éventail d’activités dans les pays émergents ou dans les économies en développement qui exportent des matières premières », constate Ayhan Kose, directeur du groupe chargé des perspectives de développement à la Banque mondiale. « La plupart de ces économies dispose de peu de marge de manœuvre pour contrer le ralentissement de la croissance des investissements et doivent donc recourir à des mesures visant améliorer l’environnement des affaires, promouvoir la diversification économique et améliorer la gouvernance pour ouvrir de meilleures perspectives de croissance à long terme». Le périodique Commodity Markets Outlook est publié tous les trimestres, en janvier, avril, juillet et octobre. Il propose une analyse détaillée des marchés des principaux groupes de matières premières, dont les produits énergétiques, les métaux, les produits agricoles, les métaux précieux et les engrais. Dans l’édition qui vient de paraître, les prévisions des prix couvrent 46 produits de base sur la période allant jusqu’en 2030. On y trouve également des données historiques sur les prix.