Soudan : des familles ayant fui El Fasher racontent la violence et leurs conditions de vie insoutenables

Soudan : des familles ayant fui El Fasher racontent la violence et leurs conditions de vie insoutenables

Après des mois de violents combats, des milliers de familles fuient la ville d’El Fasher depuis plusieurs semaines et se réfugient à Tawila, où elles arrivent épuisées, affamées et démunies. Les équipes du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) qui leur viennent en aide indiquent que leur nombre ne cesse d’augmenter chaque jour, la violence, le manque de nourriture et l’effondrement des services de santé poussant toujours plus de civils à fuir. Les personnes qui arrivent d’El Fasher racontent les attaques et les scènes de panique dont elles ont été témoins tandis qu’elles quittaient la ville. Jamila Ismail, une mère de sept enfants, explique avoir désespérément cherché son fils Ibrahim à la suite d’une attaque au cœur d’un marché local : « Je craignais qu’il ait été tué », raconte-t-elle. « Je l’ai cherché parmi les corps. Il y avait des cadavres partout. Le chaos régnait. C’était horrible. Des blessés gémissaient et appelaient à l’aide, mais personne ne leur prêtait attention. Chacun s’occupait en priorité des personnes qu’il connaissait. J’ai continué à chercher mon fils. En vain. » Elle l’a finalement retrouvé, en vie mais gravement blessé. Il avait été transporté dans l’une des rares structures médicales encore opérationnelles de la ville. Avec l’aide d’un voisin, Jamila et les siens ont réussi à quitter El Fasher. Ils ont trouvé refuge à Tawila, comme des milliers d’autres civils eux aussi confrontés à la mort, à la violence et à l’angoisse d’être sans nouvelles de leurs proches. Tawila est rapidement devenue l’épicentre de la réponse humanitaire dans l’État du Darfour Nord, les camps de fortune de la ville absorbant chaque jour des centaines de nouveaux arrivants originaires d’El Fasher. Les conditions de vie à Tawila sont très difficiles : s’approvisionner en eau et en nourriture, trouver un abri, se soigner est un combat quotidien pour les familles. Hussein Ibrahim Rasool, coordinateur adjoint « sécurité économique » du CICR au Soudan, témoigne de l’ampleur de la crise : « Des milliers de familles ont été contraintes d’abandonner leur foyer à cause du conflit. Elles ont trouvé refuge ici, à Tawila, et d’autres continuent d’affluer chaque jour. Il s’agit essentiellement de femmes, d’enfants et de personnes âgées. Toutes ces personnes sont en situation d’extrême vulnérabilité, dans l’impossibilité de subvenir à leurs besoins essentiels. Elles sont affamées, déshydratées, traumatisées et épuisées. Certaines sont blessées ou malades, et n’ont parfois plus de nouvelles de leurs proches. » À Tawila, le CICR a intensifié ses activités humanitaires afin de répondre aux besoins essentiels des communautés affectées. En coopération avec le Croissant-Rouge soudanais, les équipes du CICR ont déjà fourni une aide financière à 10 000 familles déplacées – soit près de 60 000 personnes au total – et renforcent actuellement l’assistance destinée aux nouveaux arrivants de manière à venir en aide à 12 000 ménages supplémentaires – soit environ 72 000 personnes. Cette assistance consiste également à fournir des articles médicaux essentiels et une aide opérationnelle à l’hôpital soutenu par MSF ainsi qu’aux centres médicaux des environs (matériel de pansement, incitations financières et contributions aux coûts de fonctionnement). Le CICR a enregistré près de 7000 cas de disparition dans le cadre du conflit en cours au Soudan. Avec l’aide du Croissant-Rouge soudanais, il a facilité des centaines d’appels téléphoniques entre des familles réfugiées à Tawila et leurs proches, les aidant ainsi à maintenir le contact. CICR

Pour la présidente du CICR, si les États n’agissent pas maintenant, la barbarie des guerres actuelles deviendra la norme des conflits de demain

Pour la présidente du CICR, si les États n’agissent pas maintenant, la barbarie des guerres actuelles deviendra la norme des conflits de demain

La communauté internationale se trouve confrontée à une dure réalité : les règles de la guerre sont bafouées en toute impunité alors que les conflits armés se multiplient et s’intensifient. Des atrocités sont commises à la vue de tous, montrant une banalisation croissante de l’inacceptable. Si le monde ne réagit pas, la barbarie dont nous sommes témoins aujourd’hui deviendra la norme des conflits de demain. Le pouvoir protecteur du droit international humanitaire (DIH) ne tient qu’à la volonté politique des dirigeants de l’appliquer. Conformément aux Conventions de Genève, tous les États ont l’obligation non seulement de respecter le DIH, mais aussi de le faire respecter. C’est le moment ou jamais de se battre pour ce droit. Si les États ne restaurent pas le respect des règles de la guerre, notre monde risque de sombrer dans des cycles de violence sans fin. Aujourd’hui, des conflits simultanés font rage dans plusieurs régions, semant les graines des guerres futures et menaçant la paix et la sécurité mondiales. Au Soudan, les civils font face à des attaques meurtrières, des actes de violence sexuelle généralisés et la destruction délibérée de services vitaux comme les soins de santé et l’approvisionnement en eau, tandis que le monde reste indifférent à leur sort. Dans la ville de Gaza, de nombreux civils sont tués, privés de nourriture et déplacés de force – sans aucun endroit sûr où aller – alors que les habitations et les infrastructures essentielles sont systématiquement détruites. En Cisjordanie, les Palestiniens subissent des violences constantes et sont expulsés de leur maison sous l’effet de l’expansion des colonies. Dans le cadre du conflit armé entre la Russie et l’Ukraine, des milliers de familles restent sans aucune nouvelle de leurs proches disparus. Des attaques de drones tuent et blessent des civils à des centaines de kilomètres du front. Les règles de la guerre sont l’un des outils les plus puissants pour lutter en faveur de la vie humaine, la sécurité, la dignité et, au bout du compte, la paix. Le non‑respect de ces règles trahit les fondements mêmes de l’humanité. En respectant le DIH, les États protègent leur propre population. Enfreindre ces règles, ou laisser d’autres les ignorer, revient à alimenter l’instabilité. En septembre dernier, le CICR a lancé, conjointement avec l’Afrique du Sud, le Brésil, la Chine, la France, la Jordanie et le Kazakhstan, une initiative mondiale visant à revitaliser l’engagement politique en faveur du droit humanitaire. Je me félicite que 89 États aient depuis rejoint l’Initiative et que ce nombre ne cesse d’augmenter. Hier, les dirigeants des six États à l’origine de l’Initiative ont publié une déclaration pour défendre les règles de la guerre. Ils ont appelé les autres pays à investir dans le DIH, à intégrer ce corps de droit dans leur législation nationale et leur formation militaire, ainsi qu’à se joindre à l’Initiative. Les six États co‑organiseront en 2026 une réunion de haut niveau visant à préserver l’humanité en temps de guerre. Chaque État a le devoir moral et l’obligation juridique de mettre fin à l’érosion du DIH partout sur la planète. Le sort des millions de victimes des conflits d’aujourd’hui et de demain dépendra des choix faits par les dirigeants du monde entier pour préserver – ou nier – l’humanité dans la guerre.

Israël et les territoires occupés : le CICR facilite la libération d’un otage et appelle à un nouvel accord de cessez-le-feu durable

Israël et les territoires occupés : le CICR facilite la libération d’un otage et appelle à un nouvel accord de cessez-le-feu durable

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a facilité aujourd’hui le transfert en toute sécurité d’un otage de Gaza et sa remise aux autorités israéliennes. Cette opération met en évidence le rôle déterminant que peut jouer un intermédiaire neutre de confiance. « Nous sommes soulagés qu’une famille supplémentaire ait pu être réunie aujourd’hui. Mais le cauchemar continue pour les personnes encore retenues en otage, leurs proches et des centaines de milliers de civils dans toute la bande de Gaza », a déclaré la présidente du CICR, Mirjana Spoljaric. « Nous avons besoin de toute urgence de volonté politique pour sauver des vies et rétablir le cessez-le-feu. Il est essentiel que les civils soient épargnés par les hostilités, que l’aide humanitaire entre à Gaza et que davantage de familles soient réunies. » Les otages ont passé près de 600 jours en captivité dans des conditions effroyables. Comme l’a souligné à maintes reprises le CICR, le droit international humanitaire exige leur libération inconditionnelle, en toute sécurité et dans le plein respect de leur dignité. La situation humanitaire qui prévaut actuellement à Gaza est catastrophique. Conformément au droit international humanitaire, le passage rapide et sans entrave de l’aide humanitaire destinée aux civils doit être autorisé et facilité. Le CICR réaffirme en outre qu’il doit pouvoir accéder aux Palestiniens détenus par Israël. Si le cessez-le-feu précédent avait apporté un peu de répit aux civils et de l’espoir aux familles, sa rupture a entraîné encore davantage de destructions, de déplacements et de pertes en vies humaines. Il est urgent que le cessez-le-feu soit rétabli et que toutes les parties s’engagent à trouver des solutions durables pour l’avenir. Le CICR reste déterminé à mener à bien des activités de protection et d’assistance à Gaza en conformité avec son mandat humanitaire, notamment pour faciliter de nouvelles libérations ainsi que pour fournir une aide médicale et humanitaire vitale.

RD Congo : le CICR condamne les attaques récentes ayant tué et blessé des civils dans le Nord-Kivu

RD Congo : le CICR condamne les attaques récentes ayant tué et blessé des civils dans le Nord-Kivu

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) s’alarme de l’impact dévastateur sur les populations civiles des affrontements armés en cours autour et dans la ville de Goma. Parmi les lourdes conséquences humanitaires, on déplore l’afflux massif de blessés par balles et par munitions explosives dans les structures soutenues par le CICR, notamment l’hôpital CBCA Ndosho à Goma. Le CICR a ainsi pris en charge plus de 600 blessés depuis le début du mois de janvier, dont près d’une moitié de civils. Parmi eux se trouvaient des femmes et des enfants en grand nombre. En dépit des affrontements intenses et des bombardements continus, les équipes chirurgicales du CICR parviennent encore à prendre en charge les victimes qui continuent d’affluer par dizaines. « Les blessés sont transportés à moto, d’autres par bus, ou avec l’aide des volontaires de la Croix-Rouge congolaise. Des civils arrivent grièvement blessés par balles ou par des éclats d’obus. Tout l’hôpital est mobilisé et les trois équipes chirurgicales travaillent sans relâche pour soigner des patients qui attendent parfois couchés à même le sol faute d’espace suffisant », explique Myriam Favier, cheffe de la sous-délégation du CICR à Goma. Cette situation résulte de l’utilisation de l’artillerie dans des zones densément peuplées – notamment dans les grands centres urbains comme la ville de Goma ou les camps de déplacés –, ainsi que de l’intensité de combats dévastateurs pour les populations prises au piège. Le dernier grave incident en date aura couté la vie à des dizaines de civils qui avaient cherché refuge dans le camp de déplacés de Rusayo, pourtant protégé par le droit international humanitaire. « Il est impératif que les parties au conflit respectent le droit international humanitaire en veillant constamment à épargner les civils ainsi que leurs biens et en prenant toutes les mesures possibles pour minimiser les conséquences humanitaires des opérations militaires qu’ils dirigent », affirme François Moreillon, chef de la délégation du CICR en RDC. « Nous recevons un grand nombre d’appels de personnes blessées, désemparées et livrées à elles-mêmes. Un accès humanitaire sécurisé est indispensable pour répondre aux besoins les plus urgents comme l’accès à l’eau potable, à l’électricité, à la nourriture et aux soins de santé », conclut-il. Enfin, plusieurs incidents graves affectant la mission médicale ont été portés à la connaissance de nos équipes. Le CICR demande instamment aux parties au conflit de respecter et de protéger le personnel médical et les structures sanitaires, et de faciliter les mouvements des ambulances et des blessés qui cherchent à se rendre dans les hôpitaux de la ville de Goma.

Israël et les territoires occupés : le CICR achève la deuxième phase des opérations de libération, permettant à davantage de familles d’être réunies

Israël et les territoires occupés : le CICR achève la deuxième phase des opérations de libération, permettant à davantage de familles d’être réunies

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a facilité la deuxième phase des opérations de libération, permettant ainsi à davantage de familles d’être réunies dans le cadre de l’accord convenu par les parties. Cette phase a commencé par le transfert de quatre otages de Gaza aux autorités israéliennes. Pendant cette opération, le CICR a avant tout veillé à ce que ces personnes soient transférées en toute sécurité. C’est une responsabilité qui est prise très au sérieux. Le CICR a également facilité la libération de 128 détenus et leur transfert des lieux de détention israéliens vers Gaza et la Cisjordanie, après avoir mené des entretiens visant à confirmer leur identité et évaluer leur état de santé ainsi que leur aptitude à voyager. Dans le même temps, des équipes du CICR se sont entretenues avec des détenus avant leur libération et leur transfert, qui ont été organisés séparément par les autorités. Au total, 200 détenus ont été libérés aujourd’hui. Ces activités suivent les procédures de travail habituelles du CICR en milieu carcéral partout dans le monde. Le CICR a mené ces activités à la demande de toutes les parties concernées et en étroite coordination avec celles‑ci. Pour lui, s’agissait en priorité de compléter chaque opération de façon la plus sûre et efficace, en veillant à protéger les personnes placées sous sa responsabilité. Dans le cadre du dialogue actuel entre le CICR et les parties concernées, l’importance de créer des conditions propices à ces opérations afin qu’elles se déroulent de façon la plus sûre et digne possible a été soulignée. Des mesures strictes de sécurité ont été élaborées et mises en place pour réduire au minimum les risques encourus, tout en reconnaissant que certains aspects de ces opérations ne sont pas sous le contrôle du CICR. L’organisation – notamment l’heure, l’endroit et les procédures employées – a été décidée par les parties elles‑mêmes. Des équipes spécialisées du CICR, dont des médecins, ont été mobilisées pour prodiguer des soins immédiats en cas de nécessité. Outre ces opérations de libération, le CICR travaille en collaboration avec ses partenaires du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge en vue d’intensifier l’acheminement de l’aide humanitaire à Gaza. Il s’agit notamment de vivres, d’articles médicaux et de matériel destiné aux infrastructures d’assainissement et d’approvisionnement en eau et en électricité. Le CICR continue de demander aux parties de respecter leurs engagements afin de s’assurer que les prochaines opérations se déroulent de manière sécurisée. Les équipes du CICR restent prêtes à faciliter de nouvelles opérations de libération afin que d’autres familles soient réunies en Israël et dans le territoire palestinien occupé, et qu’une aide humanitaire essentielle soit acheminée à Gaza.

Déclaration conjointe du CICR et de la Fédération internationale en clôture de la Conférence internationale

Déclaration conjointe du CICR et de la Fédération internationale en clôture de la Conférence internationale

La Conférence internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge s’est terminée (jeudi 31 octobre, Dnr) par l’adoption de cinq résolutions importantes qui jettent les bases des actions à mener pour répondre aux défis humanitaires mondiaux. Mirjana Spoljaric, présidente du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), a déclaré : « Dans les conflits actuels, les souffrances humaines atteignent des niveaux effroyables en raison du non-respect du droit international humanitaire (DIH). La Conférence a réaffirmé qu’il est de notre responsabilité collective de défendre les règles essentielles de ce droit. Dans le monde hautement polarisé d’aujourd’hui, c’est un signal fort, sur lequel il nous faut maintenant prendre appui pour continuer d’œuvrer à une culture de respect du DIH et pour traduire ces résolutions en actions concrètes en faveur des personnes touchées par les conflits. » Kate Forbes, présidente de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (Fédération internationale), a déclaré : « La Conférence qui s’est tenue cette semaine a mis en évidence le rôle déterminant des initiatives locales dans notre action à travers le monde. Cette localisation permet aux personnes auxquelles nous venons en aide de répondre au mieux aux défis qui les attendent. Je tiens à remercier les Sociétés nationales, nos collègues du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ainsi que les autorités pour l’esprit de solidarité dont ils ont fait preuve et l’important travail qu’ils ont accompli pendant cette Conférence. Alors que nous nous tournons vers l’avenir, il nous incombe de donner corps à ces résolutions avec une détermination et un engagement renouvelés. » La Conférence internationale a réuni 191 États signataires des Conventions de Genève, ainsi que les représentants de 186 Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, du CICR et de la Fédération internationale. Organisé tous les quatre ans, ce forum apolitique a donné lieu, depuis sa création, à de nombreuses avancées humanitaires majeures, telles que l’élaboration des Conventions de Genève de 1949, la campagne mondiale pour l’interdiction des mines antipersonnel, ou encore diverses initiatives en matière de préparation aux pandémies. Voici un récapitulatif des résolutions adoptées par la XXXIVe Conférence internationale : 1. Instaurer une culture universelle de respect du droit international humanitaire Cette résolution réaffirme l’engagement des États à respecter le DIH, l’objectif étant de réduire les souffrances humaines grâce à une meilleure application de ce droit. La résolution insiste sur le fait que les États doivent œuvrer pour promouvoir le respect du DIH, notamment en convainquant les parties aux conflits de mettre fin aux violations, en encourageant les autres États à prendre des engagements au plus haut niveau en faveur du respect du DIH et des obligations qui leur incombent en matière de transferts d’armes. Elle préconise aussi des mesures concrètes telles que l’intégration plus avant du DIH dans le droit interne, l’amélioration de la formation des forces armées, l’universalisation de la ratification des traités ou encore le renforcement des commissions nationales de DIH de telle sorte que les protections essentielles conférées par le DIH demeurent efficaces dans les conflits armés complexes d’aujourd’hui. 2. Protéger les civils, ainsi que les autres personnes et biens protégés, contre le coût humain potentiel des activités numériques menées dans les conflits armés Cette nouvelle résolution est porteuse d’un message fort puisqu’elle traduit l’engagement de tous les États et de toutes les Sociétés nationales à protéger les populations civiles contre les activités numériques malveillantes. Cette large adhésion en faveur de la protection des civils et l’avis unanimement partagé que les activités numériques doivent être menées dans le respect du DIH sont des signes encourageants. Fort de cette avancée, le CICR s’attachera en priorité à faire en sorte que la résolution soit mise en œuvre de manière effective, en s’appuyant aussi sur la volonté affichée par les membres de la Conférence d’instaurer une culture universelle de respect du DIH. 3. Renforcer la gouvernance des risques de catastrophe au moyen de cadres juridiques et réglementaires globaux Dans un monde de plus en plus dangereux, cette résolution favorisera le renforcement continu, à l’échelle mondiale, des lois et des politiques relatives aux catastrophes, en mettant l’accent sur les pays à revenu faible ou intermédiaire, et en s’appuyant sur les nouvelles lignes directrices de la Fédération internationale en matière de gouvernance des risques de catastrophe, qui ont un rôle essentiel à jouer. 4. Favoriser le leadership, les capacités et la mise en œuvre au niveau local de l’action humanitaire fondée sur des principes et renforcer la résilience Cette résolution porte sur la localisation au sein du Mouvement, l’objectif étant de mieux soutenir les Sociétés nationales et les acteurs locaux dans le monde entier afin de renforcer l’efficacité des réponses humanitaires apportées par les communautés dans les domaines de la réduction des risques de catastrophe, de l’adaptation face au changement climatique, de la préparation aux pandémies et du relèvement après une crise. 5. Protéger les personnes contre les conséquences des phénomènes climatiques et météorologiques extrêmes sur le plan humanitaire : travailler ensemble pour renforcer l’action anticipative Face à l’intensification des catastrophes liées au climat, dont les effets viennent s’ajouter aux autres défis humanitaires, cette résolution fournit un cadre de collaboration entre les États parties et le Mouvement, qui permettra de renforcer l’action anticipative ainsi que d’assurer une meilleure préparation aux catastrophes et une réponse humanitaire plus efficace.

CICR/Mirjana Spoljaric: l’acheminement de l’aide dans le sud du Liban continuent de se heurter à des obstacles

CICR/Mirjana Spoljaric: l’acheminement de l’aide dans le sud du Liban continuent de se heurter à des obstacles

ACTUALITE. «  L’acheminement de l’aide et la distribution des secours dans le sud du Liban continuent de se heurter à des obstacles », a déclaré la présidente du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Mirjana Spoljaric, dans un discours prononcé lors de la conférence internationale sur le Liban à Paris le 24 octobre. que nous reproduisons ci-dessous: « Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les ministres, chers collègues, Quand les efforts politiques échouent, les acteurs humanitaires se retrouvent à tenter de recoller les morceaux. Or l’action humanitaire ne peut jamais remédier pleinement aux souffrances inouïes causées par la guerre lorsque les hostilités sont menées au mépris de la vie et de la dignité des civils. Nous avons été témoins du coût humain dramatique engendré par les 12 derniers mois de conflit à Gaza. Les États ne peuvent pas laisser ce scénario tragique se répéter au Liban. Laissez-moi le dire clairement : premièrement, la population et les infrastructures civiles sont protégées par le droit international humanitaire, y compris les civils qui restent dans les zones d’évacuation. Les personnes âgées, les personnes en situation de handicap, les blessés et les malades sont souvent dans l’incapacité de se conformer aux ordres d’évacuation, en particulier lorsque ces ordres sont donnés avec un préavis très court. Il faut veiller en permanence à épargner ces personnes. Il faut également qu’elles puissent accéder aux services essentiels et recevoir l’aide vitale dont elles ont besoin. Les habitants qui quittent leur foyer doivent pouvoir partir en toute sécurité, et les secours humanitaires doivent être à la hauteur des besoins que génèrent ces déplacements à large échelle. Les parties au conflit ne sont pas dégagées des obligations que leur impose le droit international humanitaire lorsque les civils ne peuvent pas partir ou choisissent de rester. Deuxièmement, chaque fois qu’un hôpital est utilisé de manière abusive, endommagé ou détruit, chaque fois qu’une ambulance est prise pour cible, des soignants sont mis en danger, tout comme les patients dont ils ont la charge. Les hôpitaux doivent être protégés, y compris ceux qui se trouvent dans les zones d’évacuation. Les hôpitaux et les structures de santé sont et doivent rester des sanctuaires destinés à préserver la vie humaine. L’effondrement systématique de systèmes de santé auparavant opérationnels auquel nous assistons aujourd’hui à Gaza et ailleurs soulève de graves préoccupations quant aux interprétations laxistes du droit international humanitaire. Troisièmement, l’acheminement de l’aide et la distribution des secours dans le sud du Liban continuent de se heurter à des obstacles. Les parties au conflit doivent permettre et faciliter le passage rapide et sans encombre de l’aide humanitaire destinée aux civils. Pour pouvoir atteindre les personnes qui ont besoin d’aide, les travailleurs humanitaires doivent pouvoir s’appuyer sur des mécanismes de coordination et des garanties de sécurité fournies en temps réel. Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les ministres, chers collègues, Imaginez quels seraient les bienfaits pour les civils si ces trois appels étaient entendus sur le champ de bataille. Il est grand temps qu’une action politique résolue vienne mettre fin aux effusions de sang, aux souffrances indescriptibles et aux destructions massives. Le droit international humanitaire exige que les otages soient libérés, que les détenus soient traités avec humanité, que les populations déplacées puissent regagner leurs foyers, et que les habitants du Liban, de Gaza et d’Israël puissent à nouveau vivre en sécurité et dans la dignité. Et plus important encore : rien de tout cela n’est négociable. Chacune des parties est tenue de se conformer au droit international humanitaire indépendamment de ce que l’autre fait. L’actuelle dérive vers une guerre sans limite est en passe d’atteindre un point de non-retour. Nous appelons une fois de plus à la désescalade et engageons les États à assumer leurs responsabilités juridiques – et morales – en respectant et en faisant respecter le droit international humanitaire. Je vous remercie ».

CICR – Moyen-Orient : appel urgent à la désescalade et à la protection des civils

CICR – Moyen-Orient : appel urgent à la désescalade et à la protection des civils

Les attaques qui se multiplient dans diverses parties du Moyen-Orient aggravent les souffrances des civils et font craindre une extension du conflit à toute la région, ce qui entraînerait des conséquences humanitaires dévastatrices. Dans ce contexte, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) lance un appel urgent à la désescalade et à la protection des vies civiles. La vague d’attaques meurtrières qui ont frappé ces dernières semaines Israël et les territoires occupés, le sud du Liban et le Yémen, combinées aux hostilités qui continuent de briser d’innombrables vies à Gaza, font de nouvelles victimes civiles presque chaque jour. Ces événements dramatiques doivent nous inciter à agir pour faire de la protection des civils une priorité dans les conflits armés. « Nous sommes vivement préoccupés par la menace croissante d’un conflit généralisé dans toute la région, et nous demandons instamment à l’ensemble des parties ainsi qu’à la communauté internationale de s’employer de toute urgence à désamorcer les tensions », déclare Éloi Fillion, directeur régional par intérim du CICR pour le Proche et le Moyen-Orient. « Le droit international humanitaire accorde des protections importantes à la population civile, et toutes les parties doivent respecter les obligations que leur impose cette branche du droit. Le CICR exhorte tous les acteurs concernés à prendre des mesures concrètes pour limiter l’impact des hostilités sur les civils. Nous appelons par ailleurs la communauté internationale à faire tout ce qui est en son pouvoir pour éviter que ces cycles de violence alarmants ne dégénèrent en conflit régional de grande ampleur. »