Congo. Financiers et économistes, aidez-nous à comprendre

Congo. Financiers et économistes, aidez-nous à comprendre

TRIBUNE. Il circule, sur les réseaux sociaux, un Ordre de virement, N.DGT 000180/20.BEAC, daté du 11 février 2020. Signé du Directeur Général du Trésor, à Brazzaville, Mr Albert Ngondo, toujours en fonction, alors qu’il devrait être retraite, comme ses collègues de sa génération, l’Ordre de virement est adressé au Directeur National de la Banque des États d’Afrique Centrale Brazzaville – BEAC. Par cet Ordre, Mr Albert Ngondo demande qu’il soit débité de son compte courant et versé la somme de 1. 250.000.000 frs cfa à AF. Nora pour l’approvisionnement du compte P/C Mairie de Brazzaville. Il ressort de l’Ordre de virement, quelques faits troublants. Le Directeur Général du Trésor est il en droit d’ouvrir à la BEAC un compte en son propre nom, tel que cela apparaît dans son courrier, ou bien à celui de la Trésorerie Générale du Congo ? N’est il pas plus adéquat, pour quelque transparence, que le compte de la Tresorie Générale du Congo à la BEAC soit créé au titre de cette institution? En l’état actuel des choses, une indisponibilité de Mr Albert Ngondo handicape un besoin urgent de liquidités provenant de la BEAC. Par ailleurs, pour une sortie d’argent, aussi volumineuse, à la BEAC, la réglementation financière fait elle du Directeur Général du Trésor, l’unique signataire de l’Ordre de virement?Alors que, de manière générale, les services du contrôle du ministère des finances contresignent les décaissements de fonds, même pour des montants insignifiants. Nous voudrions comprendre. Au cas où, comme le murmure la rue, AF. Nora, bénéficiaire du transfert, serait une entité liée à Mr Christian Okemba, Maire de Brazzaville, le Procureur de la République, près du Tribunal de Grande Instance de Brazzaville, doit se saisir du dossier pour conflit d’intérêt. Enfin, au regard des récriminations des conseillers municipaux de la ville de Brazzaville contre leur Maire, est opportune la suspension de la session budgétaire. de l’année 2020, prévue en février. Suspension arrêtée par Mr Pierre Cebert Ibocko Onangha, Préfet du Département de Brazzaville. Pourvu que la décision débouche sur des objectifs patriotiques sains. Tels la modernisation du fonctionnement de la Mairie de Brazzaville, l’appel à une gestion orthodoxe des finances municipales et la priorisation des projets qui touchent de près la vie des Brazzavillois. Des cibles qui pourraient être atteintes. Avec des hommes d’éthique, formés. Autres que Mr Christian Okemba. Paris le 27 février 2020 Ouabari Mariotti Membre de l’UPADS.

" La morgue, poumon de la Mairie". A clamé Mr Christian Okemba, Maire de Brazzaville. Des paroles ahurissantes, insupportables. Indignes d'un Maire.

" La morgue, poumon de la Mairie". A clamé Mr Christian Okemba, Maire de Brazzaville. Des paroles ahurissantes, insupportables. Indignes d'un Maire.

TRIBUNE. En biologie, c’est grâce aux poumons que l’Homme respire. Au cas où ce serait par le fait de la morgue, poumon de la Mairie de Brazzaville, comme l’affirme son Maire, que celle-ci respire, autrement dit, vit, il y a lieu de déduire que le Maire, par ces mots, a commis une grave faute d’appréciation politique, économique et sociale. Plusieurs années passées, les pompes funèbres étaient un secteur libéralisé.La nationalisation de ces activités est intervenue parce que le pouvoir du Président Marien Ngouabi estimait, de par son orientation socialiste, qu’il fallait travailler, sur l’ensemble des domaines de la vie socio économique nationale, à ne pas alourdir les charges des populations. Une généreuse ligne politique. Ainsi, depuis lors, les pompes funèbres sont du domaine public. Gérées par les municipalités. Maintenant, si elles deviennent des outils majeurs permettant aux Mairies de faire face à leurs charges dont on ne comprend pas toujours les tenants et les aboutissants, l’orientation initiale du President Marien Ngouabi a perdu son sens. Il est à redouter que la non modernisation des structures hospitalières au CHU, entraînant décès sur décès, soit considérée comme une manière complice de faire engranger de grosses recettes à la Mairie de Brazzaville, suite à ces morts qu’enregistre la morgue municipale. Le Conseil Municipal de Brazzaville devrait être convoquée, en session spéciale, pour obtenir du Maire Christian Okemba des explications sur une telle déclaration, tout à la fois, inhumaine et honteuse. En tout état de cause, au point où se renchérissent les enterrements au Congo, alors que le pouvoir d’achat des populations s’est considérablement fragilisé, il est utile de réétudier un retour intelligent à la libéralisation de la filière des pompes funèbres pour faire jouer, à fond, la règle de la concurrence entre opérateurs qui s’y engageraient. Et ainsi, créer l’effet d’entraînement de la baisse de leurs coûts. Par filière des pompes funèbres, entendre morgues, cercueils, corbillards et autres accessoires y afférents. Les cimetières étant déjà privatisés.Des morgues pourraient être rattachées aux hôpitaux où surviennent les décès, cliniques médicales privées assermentées comprises. Il reste compris qu’une instance paritaire de régulation, pouvoirs publics- secteur privé, assurerait la surveillance du respect du cahier de charges des parties contractantes. Paris le 11 décembre 2019Ouabari Mariotti