Maroc/Chômage des jeunes. Cette épine que l’Exécutif peine trop à retirer

Célébration ce lundi de la Journée internationale de la jeunesse SPÉCIAL EMPLOI & POUVOIR D’ACHAT. Il n’est jamais trop tard pour se remettre en question. Contredit par les derniers chiffres du chômage publiés par le Haut-commissariat au plan (HCP), le gouvernement tente vaille que vaille de corriger les nombreuses failles de sa politique en la matière, autrefois vantée, en remettant à nouveau l’emploi au cœur de ses priorités. En effet, dans une note d’orientation du projet de Loi de Finances (PLF) au titre de l’exercice 2025 adressée par le Chef du gouvernement aux départements ministériels, l’Exécutif annonce placer l’emploi au cœur de ses priorités. Il faut croire que les résultats obtenus sur ce volet laissent penser que cela n’a vraisemblablement pas été le cas jusqu’à ce jour. Une nième promesse vouée à un nouvel échec ? On s’interdit de le souhaiter. Une chose est cependant certaine, c’est que la hausse consécutive du taux de chômage, qui est passé de 12,9% au premier à 13,1% au deuxième trimestre 2024, n’a pas arrangé les choses du côté de l’équipe gouvernementale contraint de faire profil bas et d’espérer trouver en ce nouveau défi la recette magique qui lui permettrait d’inverser la courbe du chômage sur la durée et ainsi sortir la tête hôte au terme de sa mandature. Douche froide. Pour le moment, rien n’indique qu’il y parviendra. Il faut dire que les chiffres du HCP, chargé de la production, de l’analyse et de la publication des statistiques officielles au Maroc, sont frustrants à bien des égards pour toutes les catégories en quête de travail et insupportables pour les autorités qui doivent bien malgré elles avaler des couleuvres. Mis à part le fait qu’ils n’ont cessé de progresser, au grand dam des jeunes et des diplômés qui en paient encore plus le prix, les chiffres du chômage publiés récemment remettent à terre toute la stratégie du gouvernement sur ce volet. Pire, ils viennent confirmer une tendance fâcheuse qui semble prendre corps depuis l’avènement de l’actuel gouvernement: plus les stratégies sont élaborées puis déployées moins sont probants les résultats. A rappeler qu’entre 2022 et 2023, l’économie nationale a perdu 157.000 postes d’emploi, résultat d’une diminution de 198.000 postes en milieu rural et d’une augmentation de 41.000 en milieu urbain, après avoir perdu 24.000 postes une année auparavant. Un avenir de plus en plus incertain du marché du travail Selon les statistiques du Haut-commissariat, au cours de cette période, le taux de chômage est passé de 11,8% à 13% au niveau national, de 15,8% à 16,8% en milieu urbain et de 5,2% à 6,3% en milieu rural. Et sans grande surprise, il est resté élevé parmi les jeunes de 15 à 24 ans (35,8%), les diplômés (19,7%) et les femmes (18,3%). Mais alors que les premiers, assommés par ces sombres chiffres, s’attendaient à un répit, voire une amélioration de la situation du marché du travail, le même scénario va se répéter au premier trimestre 2024 ; le volume du chômage s’étant accru cette fois-ci de 96.000 personnes, 59.000 en milieu urbain et 38.000 en milieu rural pour s’établir à 1.645.000 personnes, au niveau national. Ainsi, le taux de chômage est passé de 12,9% à 13,7% au niveau national (+0,8 point), de 17,1 % à 17,6% en milieu urbain (+0,5 point) et de 5,7% à 6,8% en milieu rural (+1,1 point). Et comme si cela était devenu une fatalité, il demeure une fois encore particulièrement élevé parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans (35,9%), les diplômés (20,3%) et les femmes (20,1%). Tout aussi inquiétant, les données relatives au deuxième trimestre 2024 qui font état d’une augmentation de 6% du nombre de chômeurs (90.000 personnes) en glissement annuel, passant de 1.543.000 à 1.633.000 chômeurs. Comme l’explique l’institution publique dans sa dernière note sur l’évolution du marché du travail, « cette hausse est le résultat d’une augmentation de 48.000 chômeurs en milieu urbain et de 42.000 en milieu rural ». En conséquence, le taux de chômage s’est accru de 0,7 point entre le deuxième trimestre de 2023 et celui de 2024, passant de 12,4% à 13,1%, de 16,3% à 16,7% en milieu urbain (+0,4 point) et de 5,7% à 6,7% en milieu rural (+1 point). Evidemment, « le taux de chômage a connu une hausse de 2,5 points parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans, passant de 33,6% à 36,1%, de 1,6 point parmi les personnes âgées de 25 à 34 ans, de 19,8% à 21,4%, de 0,1 point parmi celles âgées de 35 à 44 ans, de 7,2% à 7,3%, et de 0,1 point pour celles âgées de 45 ans et plus, de 3,6% à 3,7%», note le HCP. Alain Bouithy Lire également: Maroc/Observations de la Cour des comptes : L’action publique en matière d’emploi pointée du doigt Ni en emploi, ni en éducation, ni en formation: La situation des jeunes NEET au Maroc
Zone euro: le taux de chômage s’est établi à 7,8% en février 2019

Selon des chiffres publiés par l’Office statistique de l’Union européenne (Eurostat), le taux de chômage corrigé des variations saisonnières s’est établi à 7,8% en février 2019 dans la zone euro (ZE19). Dans un communiqué rendu public récemment, l’institution chargée de l’information statistique à l’échelle communautaire précise qu’il est stable par rapport à janvier 2019 et en baisse par rapport au taux de 8,5% de février 2018 et notant que cela demeure le taux le plus faible enregistré dans la zone euro depuis octobre 2008. La même source indique, par ailleurs, que le taux de chômage s’est établi à 6,5% durant cette même période dans l’UE28 et qu’il est stable par rapport à janvier 2019 et en baisse par rapport au taux de 7,1% de février 2018. Ce taux demeure le plus faible enregistré dans l’UE28 depuis le début de la série mensuelle sur le chômage en janvier 2000, a relevé Eurostat estimant qu’en février 2019, 16,012 millions d’hommes et de femmes étaient au chômage dans l’UE28, dont 12,730 millions dans la zone euro. « Par rapport à janvier 2019, le nombre de chômeurs a diminué de 102 000 dans l’UE28 et de 77 000 dans la zone euro. Comparé à février 2018, le chômage a baissé de 1,469 million de personnes dans l’UE28 et de 1,169 million dans la zone euro », a souligné l’Office. Selon elle, « parmi les États membres, les taux de chômage les plus faibles en février 2019 ont été enregistrés en Tchéquie (1,9%), en Allemagne (3,1%) et aux Pays-Bas (3,4%). Les taux de chômage les plus élevés ont quant à eux été relevés en Grèce (18,0% en décembre 2018), en Espagne (13,9%) et en Italie (10,7%) », peut-on lire dans le communiqué notant que sur un an, le taux de chômage a baissé dans tous les États membres, à l’exception du Danemark et de l’Autriche où il est resté stable. Dans son communiqué, Eurostat fait également observer que « les baisses les plus marquées ont été observées en Grèce (de 20,8% à 18,0% entre décembre 2017 et décembre 2018), à Chypre (de 9,4% à 7,1%), en Espagne (de 16,2% à 13,9%) et en Estonie (de 6,4% à 4,2% entre janvier 2018 et janvier 2019) ». S’agissant du chômage des jeunes, il apparait que durant la même période, 3,309 millions de jeunes de moins de 25 ans étaient au chômage dans l’UE28, dont 2,337 millions dans la zone euro. En glissement annuel, l’Office note que le nombre de jeunes chômeurs a diminué de 222 000 dans l’UE28 et de 181 000 dans la zone euro. Signalons également que le taux de chômage des jeunes s’est établi à 14,6% dans l’UE28 et à 16,1% dans la zone euro en février 2019, contre respectivement 15,7% et 17,7% en février 2018. Quant aux taux les plus faibles en février 2019, ils ont « été observés en Allemagne (5,6%), en Tchéquie (6,0%) et aux Pays-Bas (6,4%), tandis que les plus élevés ont été enregistrés en Grèce (39,5% en décembre 2018), en Italie (32,8%) et en Espagne (32,4%) », d’après l’Office. Martin Kam
Appel de l’OIT en faveur de l’emploi des jeunes en Afrique du Nord

Les pays de l’Afrique du Nord doivent adopter une réponse globale plus concertée pour remédier à la crise de l’emploi des jeunes dans cette région, a estimé tout dernièrement l’Organisation internationale du travail (OIT). Selon des chiffrés avancés par l’agence onusienne, le taux de chômage des jeunes dans cette région a atteint 28,8%. Ce qui représente le double de la moyenne mondiale et confirme l’urgence d’une « réponse politique forte » afin d’inverser les tendances, a indiqué Deborah Greenfield, directrice générale adjointe de l’OIT pour les politiques. A en croire l’organisation, l’Afrique du Nord continue de souffrir de niveaux de chômage insupportables et d’une trop faible participation économique de sa jeunesse. Cette situation demeure ainsi préoccupante à bien des égards d’autant plus que, selon les données statistiques relatives à cette tranche de la société, seuls 16,6% des jeunes femmes et 46,8% des jeunes hommes sont économiquement actifs. C’est-à-dire, travaillent ou cherchent un emploi. L’autre préoccupation, c’est que « parmi ces actifs, 29,3% (24,1% des jeunes hommes et 44,4% des jeunes femmes) sont au chômage et on estime qu’environ 25% des jeunes travailleurs vivent dans la pauvreté», a noté l’OIT. Selon l’agence, les jeunes travailleurs ont trois fois plus de risque d’être au chômage que les adultes. En outre, l’Afrique du Nord se caractérise par l’un des plus grands déséquilibres entre hommes et femmes en matière de taux d’activité. Pour combler le déficit d’emploi pour les jeunes en Afrique du Nord, l’OIT a lancé un appel aux partenaires sociaux, aux gouvernements, aux organisations d’employeurs et de travailleurs, ainsi qu’aux partenaires du développement dans lequel il leur a été demandé de renouveler «leur engagement et leur action en faveur de l’emploi des jeunes». Un appel lancé lors de la conférence internationale organisée par l’OIT le mois dernier à Genève et qui visait à traiter des problèmes les plus urgents concernant les jeunes et le travail décent en Afrique du Nord. «La formulation et la mise en œuvre de réponses politiques globales et coordonnées, des mesures basées sur des données factuelles, le dialogue social et les partenariats mondiaux» devraient aboutir à une action internationale volontariste, a estimé Deborah Greenfield. L’objectif étant de répondre aux niveaux élevés de chômage et de sous-emploi chez les jeunes, à l’informalité grandissante, et à la faible croissance de la productivité», a-t-elle soutenu lors de cette rencontre de deux jours portée sur le thème «Amplifier les actions en faveur de l’emploi des jeunes». Pour l’OIT, il est urgent que les gouvernements, les organisations d’employeurs et de travailleurs, et d’autres acteurs de la région, ainsi que les partenaires au développement définissent, à partir de données empiriques, «une stratégie sur l’emploi des jeunes pour les cinq prochaines années». Dans un communiqué, l’OIT a affirmé que les ministres et ministres délégués d’Algérie, d’Egypte, du Maroc, du Soudan et de Tunisie ayant participé au panel de haut niveau sur les défis et les perspectives pour l’emploi des jeunes en Afrique du Nord ont réaffirmé que l’enjeu de l’emploi des jeunes exigeait une stratégie coordonnée. Egalement présent à cette conférence, le Directeur général de l’OIT, Guy Ryder, s’est fondu d’un rappel à l’adresse des participants : «Le plus grand défi pour le développement mondial au cours des prochaines décennies sera vraisemblablement d’intégrer des centaines de millions de jeunes gens sur le marché du travail», a précisé la même source.