Congo. Décès de Mama Véronique DATHET alias « MANOLA »

DISPARITION. « MANOLA » ou « MANOLITA « , une rare danseuse étoile au dancing-bar Chez Faignond et animatrice de quelques associations féminines dans les années 60, est décédée le jeudi 20 novembre à Brazzaville. On sait qu’elle a été immortalisée par le chanteur Célestin Kouka et Les Bantous de la capitale (1964) par la chanson « Manolita » On retient de Manola , la citation ci- après : « Ma plus grande expérience, ça été d’apprendre la Rumba en tournant avec quelques groupes de Kin et de Brazza, particulièrement avec Les Bantous de la capitale ». Adieu Mama MANOLA.! Les enfants de Poto-poto, Les Bantous de la capitale te rendront un vibrant hommage. Clément Ossinondé/Starducongo
Les Faignond, des gens de culture, de père en fils.

TRIBUNE. La fille, Emilie Flore Faignond. Grande dame. Grand esprit. Écrivain de talent. Le père, Émile Joachim Faignond, synthèse des cultures africaines et européennes, avec son mythique bar « Chez Faignond » sur la rue Mbaka, à Brazzaville, au Congo, a contribué à l’épanouissement de la musique congolaise. C’est dans ce bar que l’orchestre Bantou de la Capitale de Jean Serge Essou, Edo Nganga, Nino Malapet voit le jour. C’est là, également, que les grands orchestres des deux rives du Congo se sont produits, en leur temps. Sur les hauts murs de clôture de Faigond Bar est née la première génération des Nguembo, ces jeunes congolais, fans de la musique qui, faute d’avoir accès au bar, s’accrochaient sur ses murs pour écouter les Bantou de la Capitale. Une génération des Nguembo qui date des années du succès de Moulamba Moujos dans les Bantou, avec la chanson Ba Nguembo bo juger. Le garçon, Bienvenu Faignond, mon collègue étudiant à Rennes, chef de l’orchestre Bana Poto Poto, Maire d’arrondissement de Poto Poto dont les conditions de la disparition n’ont jamais été élucidées. Alors que, pour sa mémoire, une rue de Poto Poto devrait au moins porter son nom. Proposition que j’avais faite à l’époque, dans les années 2002, pour debaptiser l’avenue de France. Mais jamais prise en compte par le conseil municipal de Brazzaville. Viendra le jour où la patrie reconnaissante réparera. Les Faignond, une famille d’hommes et de femmes de culture.Je salue. Ouabari Mariotti –Ancien Ministre
« Chez Faignond » (O Mboka Faignond) , premier sanctuaire congolais de la Rumba et des danses du monde, au cœur de Poto-Poto – Brazzaville

1 – Les premières années fabuleuses du populaire dancing « Chez Faignond » Les spécialistes et les anciens chroniqueurs de la musique congolaise s’accordent pour qualifier le Bar-Dancing « Chez Faignond » comme étant à partir de 1948 – année de sa création – le premier lieu de prédilection de tous les amoureux de la gaieté, de la musique et de la danse, à l’image des sanctuaires caribéens à Cuba et à Porto-Rico à cette époque. De l’ambiance vers la danse moderne au n° 29 rue Mbaka à Poto-Poto est alors à son apogée. La Rumba, la Polka-Piké, la Biguine, le Tango et le Boléro envahissent la grande piste qui présente de superbes chorégraphiques et les dernières chansons à la mode. Sur les deux rives du fleuve Congo. En effet, la situation artistique, entre Brazzaville et Kinshasa, les deux capitales les plus rapprochés au monde est absolument favorable aux échanges et au développement de la danse, de la musique et de la vie mondaine « Chez Faignond » à Brazzaville et « Chez Air France » de Samuel Ebongue, rue Itaga à Kinshasa. Certes, avant « Air France », il a surtout existé le bar Siluvangi (avenue Croix Rouge – Kin), un peu l’homologue en âge avec « Chez Faignond ». Mr Faignond raconte, que c’était son bar préféré, avant la création de « Chez Faignond », et il s’y est rendu régulièrement, pour danser, mais aussi bien après pour faire la comparaison. On peut citer aussi des bars comme Amuzu ( rue Kitega), OK Bar rue (Itaga), et autres qui régnaient également à Léopoldville, à cette époque. Le dynamisme et le savoir faire de Mr Faignond à Poto-Poto contribuent à l’essor de spectacles et de divertissements. Les mélomanes parviennent à s’accorder de ses situations de plaisir et d’ambiance qui alternent dans le dancing depuis sa création. A partir de 1953, une puissante alliée de la musique, la sonorisation de grande portée dotée d’une excellente qualité acoustique a vu le jour et va passionner de nombreux danseuses et danseurs – La sonorisation avec amplificateur et quatre grands hauts parleur, permettent surtout aux formations musicales une pleine effervescence rythmique. Le bar « Chez Faignond » est effectivement le premier dancing sur les deux rives du Congo à se doter d’une sonorisation amplifiée, précisément en 1949, lorsqu’il reçu pour la première fois le duo Jhimmy na Mwanga. En semaine et avant les grands concerts, pendant les week-ends la musique congolaise à travers le disque s’offre le plaisir d’égailler la clientèle installée sur la grande terrasse du bar en plein air. On observe le succès vestimentaire des femmes libres (« Ndumba ») sans accompagnement masculine. Notons également l’organisation en semaine des séances de cinéma, au grand bonheur du public de Poto-Poto. 2 – L’ambiance nocturne des années 50/60 « Chez Faignond » Pour situer le centre de la vie nocturne « Chez Faignond », il faut porter le regard sur les associations féminines et masculines dont l’influence sur la vie artistique et sociale à mobiliser de nombreuses femmes sur la base de mutuelle et qui ont rivalisé dans tous les actes mondains dans l’habillement et la danse. Cela au cours des différentes manifestations, comme Anniversaire, Baptême, Retrait de deuil, Noël, Nouvel an, etc. Au nombre des associations qui ont fait la gloire du dancing « Chez Faignond », on compte : « La Violetta », « La Mode », La Rosette » pour les femmes, « Les Existentialistes » (Exito Tabou), « Le Club des Six », « Le Club Bellage », Cabaret de grand Jazz », etc. Pour les hommes. Le dancing « Chez Faignond » devient à son niveau le plus élevé lorsqu’il réussit à créer un lieu élitiste, qui fait se rencontrer les brazzavillois « évolués » comme la thermologie coloniale qualifiait les congolais ayant adopté les us et coutumes françaises des colons. Il réussit l’exploit d’attirer hors du centre ville, les Blancs et de créer un lieu festif cosmopolite. « Chez Faignond constitue aussi le point de ralliement des congolais des deux principales agglomérations de Poto-Poto et Bacongo, dits « Cités africaine ». Avec l’animation tous les week-ends des orchestres ou groupe de renom, comme Victoria Brazza de Paul Kamba, Victoria Kin, d’Antoine Nkalosoy Wendo, le groupe Opika avec son leader Joseph Kabaselle, et l’African Jazz, et autres Jacques Eboma, François Boyimbo « Gobi », le duo Jhimmy na Mwanga Tanko et Basile, le groupe Bana Loningisa avec à sa tête l’incontournable Henri Bowane, musicien impresario avec dans la foulée Pembellot « Tino Mab », les groupes Watam et LOPADI (Loningisa de Papadimitriou). Puis en 1954, voit le jour dans les entrailles du dancing « Chez Faignond » ; le groupe Negro Jazz, appelé à sa naissance le « Groupe Faignond ». En 1954, précisément Joseph Kabaselle et son African Jazz se produisent « Chez Faignond ». Ils sont précédés, en guise de prélude par le Negro Jazz, qui bénéficie d’un excellent répertoire et d’une bonne section rythmique, au point, d’impressionner Joseph Kabaselle et son groupe. Henri Bowane est plus que ravi, et enfonce le » clou. Il saisit l’occasion pour introduire le Negro Jazz de Brazzaville à Kinshasa où il est considéré comme le groupe le plus accompli et de le fixer dans le cadre idéal et de grande renommée, qu’est le dancing-bar « Air France », un peu comme l’équivalent de « Chez Faignond » à Brazzaville. La renommée des deux dancings, « Chez Faignond » à Brazzaville, et « Air France » à Kinshasa sont en plein essor et rivalisent le nombre de mélomanes des deux capitales respectifs. Signalons aussi l’influence du dancing « Chez Faignond » sur la clientèle des lieux comme les restaurants « Congo Océan » au Plateau, ou « Chez Madame ALATA » sur la route de Linzolo, lieux exclusivement réservés à la classe bourgeoise européenne de Brazzaville. 3 – La nature des divertissements « Chez Faignond » La principale activité du dancing « Chez Faignond » est demeurée les bals. Les bals dans le dancing, ont été un véritable défoulement fondamental auquel tous les habitués ont trouvé leur