Centrafrique : l’un des présumés assassins d’une mère et son bébé de nouveau arrêté à Bria

A Bria, dans la Haute-Kotto, l’un des deux présumés auteurs de l’assassinat d’une femme et de son bébé, qui se sont évadés de la prison le 25 novembre 2023, a été de nouveau arrêté. Il a été appréhendé, samedi dernier, grâce à la vigilance des jeunes du quartier Bornou. La nouvelle arrestation de ce présumé meurtrier a eu lieu en plein jour au quartier Bornou alors qu’il voulait s’approvisionner en nourriture et en cigarettes au marché. Il a été repéré et capturé par les jeunes de la localité avant d’être remis aux forces de sécurité. « Aider notre justice » « Ils ont tué une femme avec son bébé et cela nous a beaucoup affligé. C’est pourquoi, nous nous sommes mobilisés pour aider notre justice. Il est venu tranquillement s’approvisionner au marché est nous l’avons attrapé avant d’appeler la police et la gendarmerie qui sont venues le récupérer », a témoigné un jeune de Bornou sous couvert de l’anonymat. Le fait de capturer ce prisonnier évadé a été apprécié par de nombreux habitants et les proches des victimes. « Nous sommes satisfaits » « Au moment où nous avons appris l’évasion de ces deux criminels, la famille était vraiment mécontente. Nous sommes satisfaits de ce que les forces de l’ordre ont fait. Je remercie également les jeunes qui se sont mobilisés pour déceler ces criminels », a complimenté Abdel Karim Djarass, un proche des victimes. Le procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Bria a, lui aussi, salué l’acte de bravoure de ces jeunes tout en promettant une réponse judiciaire. Double infraction « J’apprécie à sa juste valeur la contribution de la population qui nous a permis de mettre la main sur l’un des évadés. J’encourage fortement ce sens de patriotisme. En plus de l’infraction initiale d’assassinat, il sera encore poursuivi pour infraction d’évasion », a précisé Rodrigue Jacquemair Yagoua, procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Bria. En guise de rappel, le corps sans vie d’une femme et celui de son bébé ont été respectivement retrouvés les 3 et 4 novembre dernier dans la rivière Kotto par des pêcheurs. Cinq présumés auteurs de ces crimes ont été arrêtés et détenus à la prison centrale. Le 25 novembre 2023, deux des cinq présumés auteurs se sont évadés. Si l’un vient à nouveau d’être arrêté, l’autre est toujours en cavale. Face aux cas d’évasion des prisonniers devenus récurrents, les habitants de Bria souhaitent que des mesures appropriées soient prises pour que les mêmes actes ne se reproduisent pas.
Centrafrique : l’extraction et la vente du sable, une activité lucrative à Bria

A Bria, ils sont plusieurs dizaines, hommes et femmes, à s’adonner à l’extraction et à la vente du sable. Une activité qui leur permet de subvenir à leurs besoins malgré le risque que cela représente. Dans la préfecture de la Haute Kotto, notamment à Bria, des jeunes désœuvrés font du métier d’extraction du sable, une source de revenus pour lutter contre la pauvreté. Plusieurs dizaines des sans-emploi s’adonnent à cette activité pour leur autonomie financière et contribuer efficacement au relèvement de la localité. Parmi les acteurs qui œuvrent dans ce domaine, il y a aussi l’association « Guigui ti Zokwé ». Créée en 2012, elle compte 26 membres dont la principale mission est la lutte contre la pauvreté. Ils se sont fixé comme objectif de valoriser l’extraction du sable dans la rivière Kotto. Selon ces derniers, ils bravent de multiples risques pour mener cette activité. Les risques « Nous courons beaucoup de risques en faisant ce travail. Des fois, on peut se noyer si on ne sait pas nager. La pirogue peut se disloquer avec le chargement. Souvent, des morceaux de bois dans l’eau peuvent te blesser », explique Thierry Ndezamé, président de l’association Guigui ti Zokwé. Malgré les risques liés à ce métier, Bruno Kozoma, un exploitant avec une décennie d’expérience à son actif, met en exergue les avantages y relatifs. « Je vis grâce à ce travail » « Ce travail me fait du bien parce que grâce à ce métier, je me suis marié et j’ai eu des enfants que j’ai envoyés à l’école. Avec ce travail, je m’occupe normalement de mon foyer. Je prends aussi ma vieille mère en charge. J’ai payé une parcelle sur laquelle j’ai construit. Je vis chez moi grâce à ce travail », témoigne Bruno Kozoma. Pour faciliter l’évacuation de leurs produits, les membres de cette association ont noué des relations avec plusieurs clients mais aussi avec des organisations humanitaires dans la localité. Bravoure des femmes « Ils peuvent se rendre en pirogues à 4 ou 5 kilomètres pour extraire du sable. J’apprécie particulièrement les femmes. Elles peuvent, depuis leurs pirogues, plonger et extraire du sable fin par exemple. Je leur ai déjà acheté plusieurs bennes de sable », salue Timothée Ngaba, un client. Selon les pratiquants de ce métier, les prix de 4 mètres cubes de sable varient de 15.000 à 20.000 francs CFA, puis le 6 mètres cubes de 20.000 à 30.000 francs CFA. Cette tarification évolue en fonction des saisons.
Centrafrique : une centaine d’enfants retirés des groupes armés à Bria

100 enfants soldats ont regagné leurs parents samedi 06 novembre à Bria. Il s’agit des enfants enrôlés par le Front Populaire pour la Renaissance de Centrafrique FPRC et l’Unité pour la Paix en Centrafrique, UPC. Ils ont retrouvé la vie civile grâce à un programme de l’ONG nationale dénommée Espérance qui a permis leur libération. L’organisation a remis à chacun d’eux quelques outils pour leur accompagnement. Ces enfants ont été retirés de ces groupes armés dans le cadre du projet de protection de l’enfance financé par le Fonds Humanitaire. Initié en juillet 2021, l’ONG Espérance a procédé, le 06 novembre, au retrait de 100 enfants soldats dont 16 filles et 84 garçons. Les 100 enfants démobilisés ont opté pour de différentes activités pour leur réinsertion dans la société. 58 d’entre eux ont choisi le petit commerce, 36 optent pour le retour à l’école, tandis que 04 pour le transfert de crédit téléphonique, et 02 pour la vente d’essence en détail. Satisfaction partagée entre ex-enfants soldats et parents Noella, une de ces ex enfants soldats se réjouit d’avoir retrouvé la liberté : « Je suis très contente d’avoir regagné mes parents. Je ne peux pas encore réintégrer les groupes armés. Je suis sortie déjà et j’ai choisi de commencer des activités génératrices de revenu ». Mariam, mère d’une autre fille, se dit également satisfaite du retour de son enfant à la maison. « C’est une joie immense pour une mère de retrouver son enfant. Je suis tellement heureuse. Je vais l’aider à reprendre les cours pour qu’elle ne reparte pas encore dans ces groupes armés », fait-elle savoir. « Les parents doivent bien accompagner les enfants démobilisés » Kevin Ker Gosngar, Chef de base de l’ONG Espérance, exhorte les parents à bien encadrer ces enfants pour faciliter leur réintégration au sein de leurs communautés. « Ce processus vise à garantir aux enfants la possibilité d’exercer leur droit à l’éducation, l’unité familiale et le droit d’être à l’abri du danger. Les parents doivent bien encadrer ou accompagner les enfants dans la gestion de leurs activités » exhorte le Chef de base de l’ONG Espérance. La remise des kits d’accompagnement à ces enfants a été faite en présence des autorités administratives et locales et des représentants de la Minusca, section protection de l’enfance. Cette opération est la troisième du genre à Bria après celle de mars 2019 et d’avril 2020, où respectivement 155 et 110 enfants avaient été retirés des groupes armés grâce aux programmes de l’ONG nationale Esperance.
RCA: une trentaine d’ex combattants déposent les armes à Bria

Au moins 31 ex-combattants du Front populaire pour la renaissance de Centrafrique (FPRC) ont restitué le mardi 27 juillet 2021 à Bria dans la Haute-Kotto, leurs armes, minutions et autres effets de guerre. Ils les ont remis à l’équipe du DDRR en mission dans la localité. Il s’agit de la branche dirigée par Ousta Ali, qui est restée attaché à l’Accord politique pour la paix et la réconciliation, signé à Bangui, le 06 février 2019. Ces éléments du FPRC avaient quitté la ville de Bria pour se refugier en brousse devant l’arrivée en avril 2021, des Forces armées centrafricaines (FACA) et leurs alliés russes. Après plusieurs mois de retranchement, ces ex-combattants ont décidé de rendre leurs armes. Ils ont été conduits à Bria par des éléments de l’armée nationale et leurs alliés. « L’équipe du désarmement a été envoyée par le gouvernement. C’est la raison pour laquelle nous avons pris contact avec elle. C’est notamment d’essayer de voir comment on peut procéder à notre désarmement. Nous avions également pris contact avec nos éléments qui sont éloignés. Mais vu qu’on est en saison de pluies, il va falloir du temps pour qu’ils nous rejoignent » a fait savoir Voungaba Mahamoud, un des ex-combattants du FPRC. A cet effet, les responsables de cette opération demandent aux éléments qui traînent encore les pas de saisir cette occasion pour restituer leurs armes. « Tout le monde les a rassurés qu’il y aura aucune chasse aux sorcières. Ils seront paisiblement chez eux après avoir rendu les armes en attendant les opérations de désarmement. Rien ne va leur arriver » a rassuré Guy Silvère Ngoni, responsable des opérations du DDRR dans le Nord-est. Pour les autorités locales qui louent l’initiative, elles appellent et encouragent leurs administrés, qui posséderaient encore des armes, à les remettre aux forces légales. « Les armes sont faites pour les militaires et non pour les civils. Maintenant, c’est l’heure de la paix. Il ne faut pas qu’ils continuent de garder ces armes par devers eux. S’ils les détiennent encore, qu’ils viennent vers moi. Ils peuvent aussi aller vers les forces de défense et de sécurité, présentes ici. On va récupérer ces armes et après, ils seront sécurisés » a rassuré Thierry Evariste Binguinindji, préfet de la Haute-Kotto. Selon les responsables de ce groupe armé, le mouvement reste attaché à l’Accord de paix du 06 février 2019, signé à Bangui entre le gouvernement centrafricain et 14 groupes armés actifs dans le pays.