Trump attaque l’Iran pour sauver la face

TRIBUNE. Contrairement aux prévisions de mes analyses d’hier, Trump mis sous pressions de puissants lobbies a poussé les États-Unis à lancerune attaque directe contre l’Iran : Fordow, Ispahan, Natanz. Tout est classique : d’abord, des déclarations audacieuses sur les tueurs de bunkers, les tomahawks, « le tyran du Moyen-Orient ». Puis, il s’avère que les superbombes ont percé des trous à l’entrée et à la sortie, mais que la cible elle-même est intacte. Téhéran considère les attaques américaines comme une entrée directe de Washington dans la guerre, et que la décision d’une riposte ultérieure « reviendra à Téhéran lui-même ». Les États-Unis assumeront la responsabilité des conséquences des frappes contre l’Iran, a déclaré un membre de la direction houthie au Yémen. L’Iran n’étant pas tombé, Fordow tenant bon : le programme nucléaire deviendra désormais une idée nationale. Les Iraniens ne se contentent plus de construire des réacteurs : ils se vengent des martyrs du nucléaire, d’une génération qui a grandi sous les sanctions et a appris à ne pas avoir peur. Que retenir? Les États-Unis sont officiellement entrés en guerre, et il ne s’agit plus d’un conflit israélo-iranien, mais d’une guerre directe entre les États-Unis et l’Iran, avec tous les effets collatéraux énumérés dans mon analyse d’hier. Israël se replie dans l’ombre. Mais les risques potentiels sont là : Les Houthis, les chiites irakiens, les Yéménites et leurs alliés en Syrie et au Liban risquent d’entrer en scène. Le détroit d’Ormuz risque d’être menacé de fermeture. Et les bases du Koweït et de Bahreïn devenir des cibles faciles. Le marché mondial risque d’entrer en arrêt maladie et la paix mondiale ne tient plus qu’à un petit fil.. Par Germain Nzinga
RDC: un kamikaze tue cinq personnes dans l’est en faisant exploser sa bombe
Un kamikaze a tué au moins cinq personnes en faisant exploser sa bombe samedi à Beni, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), où les autorités provinciales accusent les rebelles du groupe Forces démocratiques alliées (ADF). Groupe le plus meurtrier en RDC, les ADF sont aussi accusées par l’Ouganda d’être responsables de récents attentats sur son sol, revendiqués par l’organisation jihadiste Etat islamique, qui présente ce groupe comme « sa province d’Afrique centrale » (Etat islamique en Afrique centrale, ISCAP). « Le kamikaze, empêché par les vigiles d’accéder au bar bondé de clients, a activé la bombe à l’entrée. Le bilan encore provisoire fait état de six morts, dont le kamikaze, et 13 blessés admis dans les hôpitaux », a écrit le général de brigade Sylvain Ekenge, porte-parole du gouverneur militaire du Nord-Kivu, dans un communiqué attribuant l’attaque aux ADF. Quelques minutes après l’explosion, un correspondant de l’AFP avait vu trois corps déchiquetés. La mairie avait appelé les habitants à rentrer chez eux, par crainte d’autres attaques. Une source de la mairie de Beni a indiqué à l’AFP que parmi les personnes tuées, « il y a deux enfants ». « Parmi les blessés se trouvent les deux bourgmestres adjoints des communes de Mulekera et de Ruwenzori », a-t-elle ajouté, indiquant que « les terroristes ADF aux abois ont actionné leurs cellules dormantes dans la ville de Beni en vue de déclencher des actions contre les paisibles citoyens ». La bombe a explosé à l’intérieur du restaurant « In Box », situé dans le centre de la ville de Beni, où plus d’une trentaine de personnes célébraient Noël, selon deux témoins interrogés par l’AFP. Des débris de chaises, des tables, des verres et des bouteilles sont éparpillés dans le restaurant, a constaté un correspondant de l’AFP. « J’étais assis là. Il y avait une moto en stationnement. Subitement, la moto est partie en trombe, puis il y a eu un bruit assourdissant », a témoigné auprès de l’AFP Nicolas Ekila, animateur d’une radio de Beni. Un véhicule de police a emmené les blessés dans un centre médical proche, qui a immédiatement été fermé au public. Le 27 juin, l’explosion d’une bombe artisanale dans une église catholique a blessé deux femmes. Le même jour, le porteur d’une bombe a été tué dans l’explosion de son engin près d’un bar et non loin d’une mosquée. La veille un autre engin avait explosé non loin d’une station-services, sans faire de dégâts. Les autorités avaient déjà accusé les rebelles ADF d’être responsables de ces attentats à Beni. Le Nord-Kivu et l’Ituri sont depuis début mai sous état de siège, une mesure exceptionnelle qui a donné les pleins pouvoirs aux militaires mais qui n’a pas permis, jusqu’à présent, de stopper les exactions des groupes armés. Dans ces deux provinces de la RDC, les armées congolaise et ougandaise mènent depuis le 30 novembre des opérations militaires conjointes contre des positions des ADF. Ce groupe est historiquement une coalition rebelle d’origine ougandaise, dont le groupe le plus important était musulman, qui s’opposait au président ougandais Yoweri Museveni. Mais il s’est établi dans l’est de la RDC en 1995, devenant le plus meurtrier des nombreux groupes rebelles de la région. La mort de milliers de civils leur est attribuée durant la dernière décennie en RDC, ainsi que des attentats à la bombe dans la capitale ougandaise Kampala. Les Etats-Unis ont placé le 11 mars les ADF sur leur liste de « groupes terroristes » affiliés aux jihadistes de l’EI. AFP