SAHAM BANK obtient 55 millions d’euros de la BERD pour accélérer la finance verte au Maroc

SAHAM BANK obtient 55 millions d’euros de la BERD pour accélérer la finance verte au Maroc

SAHAM BANK renforce son engagement en faveur de la transition écologique en concluant un partenariat stratégique avec la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD). Ce partenariat s’inscrit dans le cadre du nouveau programme GEFF Plus (Green Economy Financing Facility), destiné à promouvoir une économie verte. Grâce au soutien du Fonds Vert pour le Climat (GCF), de l’Union européenne (UE) et du gouvernement du Canada (à travers le fonds HIPCA), une enveloppe globale de 55 millions d’euros sera mobilisée au profit de SAHAM BANK. Elle se traduira par deux lignes de crédit dédiées au financement de projets privés marocains orientés vers la transition énergétique et le développement durable. En complément de ces financements, une assistance technique financée par l’UE et le GCF accompagnera SAHAM BANK. Intégrée au Programme de décarbonation et de résilience climatique du Maroc, cette assistance vise à renforcer les compétences internes de la banque en matière de finance verte et à structurer une offre adaptée aux enjeux climatiques. Ce partenariat marque une étape déterminante dans la stratégie de durabilité de SAHAM BANK. Il consolide sa volonté de bâtir un modèle bancaire responsable, résolument tourné vers la croissance verte et la création de valeur durable pour l’économie nationale. Cette opération illustre la dynamique de transformation engagée par la banque depuis son changement d’actionnaire. Sa trajectoire s’inscrit dans la vision portée par SAHAM GROUP, présidé par Moulay Hafid Elalamy, également Président du Conseil de Surveillance de SAHAM BANK. Acteur économique marocain influent, alliant enracinement local et ouverture internationale, SAHAM GROUP intervient aujourd’hui dans des secteurs à fort potentiel tels que la finance, l’expérience client, l’éducation, l’agriculture ou encore l’immobilier.  À propos de Saham Bank Fondée en 1913, Saham Bank, anciennement Société Générale Marocaine de Banques (SGMB) est l’une des institutions bancaires les plus anciennes et les plus respectées du Maroc. A ce titre, elle a joué un rôle central dans le développement économique du pays pendant plus d’un siècle. Saham Bank sert une clientèle diversifiée, comprenant des particuliers, des professionnels et des entreprises, en offrant une gamme complète de produits et services financiers adaptés à leurs besoins. La banque maintient son engagement envers l’innovation, la qualité de service et le développement durable, tout en renforçant sa position en tant qu’acteur majeur du secteur bancaire marocain.

Égypte : la Banque africaine de développement, British International Investment et la BERD soutiennent un projet pionnier dans l’énergie solaire et le stockage par batterie avec un prêt de 479,1 millions de dollars

Égypte : la Banque africaine de développement, British International Investment et la BERD soutiennent un projet pionnier dans l’énergie solaire et le stockage par batterie avec un prêt de 479,1 millions de dollars

La Banque africaine de développement, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) et British International Investment (BII), l’institution de financement du développement et investisseur d’impact du Royaume-Uni, accordent un financement de 479,1 millions de dollars à Obelisk Solar Power SAE, un véhicule ad hoc enregistré en Égypte et détenu par Scatec ASA. Ce financement soutiendra le développement d’une centrale solaire photovoltaïque (PV) d’un gigawatt (GW) équipée d’un système de stockage d’énergie par batterie (BESS) de 200 MWh dans la région de Nagaa Hammadi, en Égypte. Le financement du Groupe de la Banque africaine de développement, d’un montant de 184,1 millions de dollars, comprend 125,5 millions de dollars de prêts commerciaux, ainsi qu’un financement concessionnel provenant de deux fonds spéciaux gérés par le Groupe de la Banque, le Fonds pour l’énergie durable en Afrique (SEFA) à hauteur de 20 millions de dollars, et le Fonds climatique Canada-Banque africaine de développement, un partenariat entre la Banque africaine de développement et le gouvernement du Canada, à hauteur de 18,6 millions de dollars. Un montant supplémentaire de 20 millions de dollars sera canalisé par le Fonds pour les technologies propres des Fonds d’investissement climatiques, par l’intermédiaire de la Banque africaine de développement. Le Conseil d’administration de la Banque a approuvé le financement le 11 juin 2025. La BERD fournira un financement pouvant atteindre 173,5 millions de dollars, dont 101,9 millions de dollars bénéficieront d’une garantie de couverture des premières pertes du Fonds européen pour le développement durable (FEDD+) pendant les 18 premières années, en plus d’un don de 6,5 millions de dollars provenant du Fonds spécial des actionnaires de la BERD. Le financement de la BII comprend un prêt concessionnel de 100 millions de dollars et un don remboursable de 15 millions de dollars qui contribue à réduire le coût global du volet BESS du projet, le rendant ainsi plus viable et abordable financièrement, tout en attirant la participation du secteur privé et en créant des modèles pour de futurs investissements. Le financement de la BII est soumis à des conditions de décaissement. Le financement mixte du projet, d’un montant de 475,6 millions de dollars, correspond à environ 80 % du total des dépenses d’investissement estimées à 590 millions de dollars. La centrale électrique intégrée sera développée par Scatec, fournisseur leader de solutions d’énergie renouvelable, et construite en deux phases. La première phase, d’une capacité de 561 MW d’énergie solaire et de 100 MW/200 MWh de stockage par batterie, devrait être opérationnelle au premier semestre 2026. La seconde phase, d’une capacité de 564 MW d’énergie solaire, devrait être opérationnelle au second semestre 2026. L’énergie sera vendue dans le cadre d’un contrat d’achat d’électricité (CAE) de 25 ans, libellé en dollars américains, avec la Compagnie égyptienne de transport d’électricité, assorti d’une garantie souveraine. Une fois achevé, ce projet sera le premier projet intégré d’énergie solaire photovoltaïque et de stockage par batterie de cette envergure en Égypte, ce qui représente une étape importante dans la transition énergétique du pays. L’Égypte vise à atteindre 42 % d’énergies renouvelables dans son mix énergétique d’ici 2030. La centrale solaire devrait produire environ 3 000 GWh par an d’électricité renouvelable supplémentaire, ce qui améliorera la stabilité du réseau et permettra de gérer les pics de demande. Elle permettra également de réduire jusqu’à 1,4 million de tonnes par an les émissions de dioxyde de carbone. Cette installation favorisera la diversification du mix énergétique de l’Égypte et accroîtra la part des énergies renouvelables, contribuant ainsi à la réduction des émissions de gaz à effet de serre et à la réalisation des objectifs de décarbonisation du pays. Pour la ministre égyptienne de la Planification, du Développement économique et de la Coopération internationale, Mme Rania A. Al-Mashat, « le projet Obelisk Solar Power marque une étape importante dans la transition de l’Égypte vers une énergie propre, non seulement en tant que première installation intégrée d’énergie solaire et de stockage par batterie, mais aussi en tant que modèle de financement innovant grâce à des partenariats multilatéraux efficaces. Il reflète nos efforts continus pour développer les énergies renouvelables, renforcer la résilience du réseau et faire progresser la mise en œuvre de la plateforme nationale égyptienne Nexus Eau – Sécurité Alimentaire – Énergie (NWFE), faisant ainsi progresser nos ambitions climatiques et créant de nouvelles opportunités pour l’engagement du secteur privé et le développement durable. » « Ce projet illustre l’ampleur du potentiel des énergies renouvelables en Afrique et démontre comment des partenariats solides et des solutions innovantes peuvent faire progresser la transition énergétique et favoriser un développement économique durable », a souligné Wale Shonibare, directeur des solutions financières, de la politique et de la régulation de l’énergie à la Banque africaine de développement. « Il présente un fort potentiel de démonstration et de reproduction pour des initiatives similaires à travers le continent. » Selon Iain Macaulay, directeur à la BII et responsable du financement de projets en Afrique et au Pakistan, « cet accord souligne l’engagement de la BII en faveur de solutions énergétiques innovantes et durables. L’intégration du stockage par batterie à l’énergie solaire photovoltaïque change la donne pour le secteur énergétique égyptien, en fournissant une énergie renouvelable fiable et répartissable, tout en réduisant la dépendance aux combustibles fossiles. Ce projet répond non seulement aux besoins énergétiques actuels de l’Égypte, mais il crée également un précédent pour de futurs projets d’énergie renouvelable hybride répartissable dans la région. » « Nous sommes ravis de travailler avec nos partenaires de longue date, SCATEC, la Banque africaine de développement et la BII, pour soutenir ce projet transformateur, qui fait passer la transition énergétique de l’Égypte à un niveau supérieur en exploitant l’énergie solaire non seulement pendant la journée, mais aussi pendant la nuit, grâce à la combinaison de l’énergie solaire et du stockage par batterie. Il répond à la demande croissante d’électricité et réduit la nécessité d’importer des combustibles fossiles coûteux. Le projet contribue aux objectifs du programme phare égyptien “Nexus Eau – Sécurité Alimentaire – Énergie”, lancé lors de la COP27 à Charm el Cheikh, et pour lequel la BERD est le principal partenaire

Maroc: Cérémonie de signature de la documentation juridique relative à un prêt de 110 M€ accordé par la BERD à la Société Nador West Med

Maroc: Cérémonie de signature de la documentation juridique relative à un prêt de 110 M€ accordé par la BERD à la Société Nador West Med

Madame Nadia FETTAH – Ministre de l’Economie et des Finances a présidé, le 17 mars 2025, au siège de son Département, la cérémonie de signature de la documentation juridique relative au financement par la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement (BERD) des travaux d’aménagement de la zone d’activité du complexe industrialo- portuaire de Nador West Med. ​A cette occasion, Monsieur Antoine SALLE DE CHOU – Directeur de la BERD au Maroc et Monsieur Mohamed Jamal BENJELLOUN –  Directeur Général de la Société Nador West Med (NWM), ont procédé à la signature d’un contrat de financement de 110 M€. Ce financement constitue la troisième contribution de la Banque en faveur de NWM, confirmant son engagement à soutenir le Royaume dans le déploiement de ses projets stratégiques. Les deux responsables ont procédé également à la signature de trois contrats de dons d’un montant global d’environ 10 M€, mobilisés respectivement auprès du Fonds multi-donateurs « Partenariat à Fort Impact sur l’Action pour le Climat » du Royaume-Uni, représenté à cette cérémonie par la Chargée d’affaires auprès de l’Ambassade, du Fonds Spécial des Actionnaires de la BERD et du Fonds pour l’Environnement Mondial. Lors de son intervention, Madame Nadia FETTAH a mis en avant l’importance du lancement des travaux de la zone d’activités, qui marque une nouvelle étape clé après l’achèvement du port en eau profonde. Cette infrastructure, conçue selon les standards internationaux, ambitionne de créer un écosystème propice à l’investissement et aux échanges commerciaux, contribuant ainsi à l’essor économique de la Région de l’Oriental. Au terme de la cérémonie, Madame Nadia FETTAH et les responsables de la BERD se sont réjouis de la solidité et de la qualité des relations de coopération entre le Maroc et l’institution. Ils ont également réaffirmé leur engagement commun à renforcer et à approfondir davantage ce partenariat.

La BERD anticipe une croissance de 3% pour le Maroc en 2024

La BERD anticipe une croissance de 3% pour le Maroc en 2024

La croissance de l’économie marocaine atteindrait 3% au terme de l’année 2024, selon les nouvelles estimations de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD). D’après le dernier rapport de l’institution financière portant sur les perspectives économiques régionales, qui passent en revue les derniers développements économiques dans les régions de la Banque européenne, la croissance économique du Maroc devrait être suivie d’une hausse estimée à 3,6% en 2025. Dans ce document fournissant également une analyse des performances de croissance récentes et des dernières prévisions préparées par les économistes et les analystes de l’institution financière, la BERD a indiqué que l’expansion de l’économie marocaine serait boostée par une reprise anticipée de la demande étrangère et une augmentation de l’investissement public. « Cependant, la forte dépendance du Maroc aux importations énergétiques et la production agricole saisonnière rendent l’économie vulnérable aux risques climatiques », a-t-elle prévenu. Après avoir marqué un ralentissement en 2022, la croissance du PIB du Maroc a rebondi pour atteindre 3,2% en 2023, a rappelé l’institution dans son rapport. La Banque rappelle également que ce regain a été principalement soutenu par le secteur agricole, en plein redressement après une sévère crise due à la sécheresse l’année précédente, ainsi que par un tourisme dynamique, entraînant des recettes solides et une croissance notable dans le secteur des transports. En outre, l’économie nationale « a fait preuve de résilience face au séisme de magnitude 6,8 qui a provoqué des dégâts  dans la région d’Al Haouz près de Marrakech en septembre 2023 », a-t-elle fait remarquer. Bien que des dépenses supplémentaires aient été engagées pour la reconstruction post-séisme et l’expansion, après le tremblement de terre qui a frappé la province d’Al Haouz, et en dépit de la hausse des dépenses ciblées de protection sociale, le gouvernement s’efforce de consolider progressivement ses finances tout en exploitant les ressources nationales pour mobiliser les fonds nécessaires, a estimé la BERD constatant toutefois que le chômage a légèrement augmenté à 13%, tandis que l’inflation est revenue à 0,3%. D’après la BERD, « la région Sud et Est de la Méditerranée a globalement fait preuve de résilience face à la guerre à Gaza et la montée des tensions politiques et sécuritaires dans la région au cours des derniers mois, même si la Jordanie a connu une baisse du tourisme et des investissements tandis que la Tunisie continue de rencontrer des difficultés de financement ». L’inflation s’est atténuée dans l’ensemble de la région, bien que dans le cas de l’Égypte, elle demeure supérieure à 30%. La région progresse globalement vers un assainissement budgétaire en 2024, tout en visant à maintenir des activités propices à la croissance, telles que les investissements et la protection sociale ciblée. Le taux de croissance moyen de la région devrait atteindre 3,4% en 2024 alors que les économies, les programmes de stabilisation et les réformes commencent à porter leurs fruits – bien que des risques importants de baisse persistent en raison d’une éventuelle escalade des tensions au Moyen-Orient. Pour rappel, les perspectives économiques régionales fournissent également des analyses sur des questions d’actualité telles que l’impact de la guerre en Ukraine et la forte inflation sur les économies des régions de la BERD et les implications pour les politiques. Comme le relève la Banque sur son site, ils complètent ainsi le Transition Report, le rapport économique annuel de la BERD publié en novembre, qui met davantage l’accent sur les évolutions dans le domaine des réformes structurelles et sur les questions structurelles transversales telles que les inégalités ou la gouvernance. Alain Bouithy 

Transition énergétique: Le Maroc et la BERD unissent leurs forces pour accélérer la décarbonation

Transition énergétique: Le Maroc et la BERD unissent leurs forces pour accélérer la décarbonation

Dans un Mémorandum d’entente, signé à Marrakech le 11 octobre 2023, par Mme Leila Benali, Ministre de la Transition énergétique et du Développement durable et Mme Nandita Parshad, Directrice générale des Infrastructures Durables à la BERD, la Banque et le MTEDD ont convenu d’approfondir leur coopération pour aider à faire progresser la transition énergétique verte au Maroc. La coopération visera à accélérer le déploiement des énergies renouvelables, à renforcer le réseau électrique, à déployer des solutions d’efficacité énergétique dans tous les secteurs et à développer un marché de l’électricité ouvert et fonctionnel. Dans le cadre de ce Mémorandum d’entente, la BERD et le MTEDD ont convenu de soutenir l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) dans ses efforts de décarbonation et de renforcer la résilience de l’ONEE, notamment en accélérant la digitalisation de l’entreprise et à travers la mise en œuvre de la loi 48-15 relative à la régulation du marché de l’électricité. La portée de la coopération couvrira un certain nombre de domaines d’intérêt stratégique commun à long terme, notamment la mise en œuvre d’une trajectoire neutre en carbone et l’élimination progressive des actifs fossiles au cours des prochaines décennies. Le Maroc est reconnu comme étant un pays qui dispose d’une des stratégies les plus ambitieuses de la région en matière de développement des énergies renouvelables et de nouvelles technologies vertes pionnières. Depuis plus d’une décennie, la BERD soutient la décarbonation du secteur énergétique marocain et sa transition énergétique verte à travers des initiatives de financement direct et indirect et de dialogue politique, faisant aujourd’hui de la BERD l’institution financière internationale la plus active en faveur des investissements verts dans le secteur privé marocain. Madame Leila Benali, Ministre de la Transition Energétique et du Développement Durable a déclaré : « Nous sommes très heureux d’annoncer aujourd’hui ce partenariat avec notre partenaire de longue date, la BERD, qui intervient à un moment crucial de notre relation avec nos partenaires européens, avec la signature du partenariat vert par le Maroc. Cela est d’autant plus important compte tenu de l’ambitieux programme d’investissement lancé par l’ONEE et de sa transformation. Ce protocole d’accord soutiendra un élément clé de notre stratégie : renforcer les réseaux et assurer un financement durable à long terme dans des systèmes énergétiques agiles et robustes. ». Madame Nandita Parshad, Directrice Générale du Groupe Infrastructures Durables à la BERD, a déclaré : « Face à l’urgence climatique, le Maroc a été à l’avant-garde de l’effort climatique du continent et prends désormais de nouvelles mesures pour mettre le pays sur une voie durable aussi bien en matière d’adaptation et d’atténuation des effets du changement climatique ». Et d’ajouter: « Aujourd’hui, en signant ce Protocole d’Accord, nous renforçons une coopération déjà dynamique en matière de transition énergétique. Nous saluons l’engagement du Ministère en faveur de la décarbonation du secteur de l’électricité».

Maroc. La BERD table sur une croissance de l’économie nationale de 3,1% en 2023

Maroc. La BERD table sur une croissance de l’économie nationale de 3,1% en 2023

Dans son dernier rapport sur les perspectives économiques régionales, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) anticipe une accélération de la croissance du produit intérieur brut (PIB) de 3,1% pour le Maroc en 2023. Selon le document rendu public mardi 16, le PIB sera tiré par «la reprise de l’agriculture et la modération de l’inflation, ainsi que par l’amélioration de la confiance des investisseurs suite au retrait du pays de la liste grise du Groupe d’action financière internationale (GAFI)». La croissance devrait être conforme aux niveaux antérieurs à la pandémie à partir de 2024, d’après la BERD. Elle devrait s’accélérer pour atteindre 3,2%, a poursuivi la Banque européenne de même source, estimant que «les progrès réalisés en matière de réformes pourraient lui donner un élan supplémentaire». Prudente, la Banque européenne prévient toutefois que l’économie marocaine reste vulnérable aux augmentations des prix des hydrocarbures, rappelant que le pays importe la majeure partie de son énergie. Les perturbations de la chaîne d’approvisionnement mondiale pourraient constituer un nouveau frein à la croissance Par ailleurs, selon l’institution financière fondée en 1991, « les perturbations de la chaîne d’approvisionnement mondiale pourraient constituer un nouveau frein à la croissance, tandis qu’une détérioration de la situation mondiale pourrait affecter le Maroc par le biais d’une baisse de la demande en Europe et d’un resserrement des conditions financières ». A titre de rappel, l’économie marocaine s’est contractée en 2022 affichant une croissance de 1,1%, après un fort rebond de 7,9 % en 2021. Comme le rappelle la BERD dans son rapport, le secteur agricole s’est contracté en raison d’une grave sécheresse, tandis que la croissance non agricole a été de 3,1%, principalement tirée par le tourisme et le commerce. L’inflation s’étant accélérée pour atteindre 6,6% en 2022 en moyenne (contre 1,4 % en 2021), en raison de la hausse des prix des denrées alimentaires et des transports, Bank Al-Maghrib a relevé à trois fois son taux directeur de 150 points de base cumulés pour le porter à 3%. Dans l’ensemble de la région du sud et de l’est de la Méditerranée (SEMED), la BERD table sur une croissance économique modeste en 2023. «La Banque s’attend à une légère reprise de la croissance du produit intérieur brut (PIB) à 3,6% en 2023, contre 3,1% en 2022, alors que les économies de la région SEMED s’adaptent à l’impact de la guerre en Ukraine, que le secteur agricole rebondit et que les réformes progressent ».  L’institution financière, qui a pour vocation de «favoriser la transition vers des économies de marché » et de «promouvoir l’initiative privée et l’esprit d’entreprise», estime toutefois que les perspectives d’inflation mondiale difficiles et l’incertitude politique restent des risques à la baisse. Avec une croissance moyenne du PIB de plus de 4%, la reprise devrait s’accélérer en 2024, à mesure que les réformes progressent dans toutes les économies de la région. Rappelons que la BERD se concentre au Maroc sur le développement du potentiel entrepreneurial du Maroc, la promotion de l’entrepreneuriat féminin et l’accroissement des financements en direction des petites et moyennes entreprises. La Banque européenne apporte aussi un soutien au développement économique régional et à l’intégration des femmes en améliorant l’environnement entrepreneurial et en soutenant l’égalité des chances en matière d’emploi pour les hommes et les femmes dans les zones rurales. Elle s’intéresse aussi au caractère durable de l’économie et à l’amélioration de l’efficacité et de la qualité des infrastructures et des biens publics par la commercialisation des services et des infrastructures publics. La BERD est en outre présente dans l’approfondissement et le développement des marchés des capitaux en élargissant la gamme des instruments financiers et en promouvant des solutions financières innovantes. Alain Bouithy

La prévision de croissance pour le Maroc maintenue à 3,3%

La prévision de croissance pour le Maroc maintenue à 3,3%

Selon les nouvelles prévisions de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), la croissance économique du Maroc devrait s’établir à 3,3% au titre de l’année 2023. Moins d’un semestre après sa précédente estimation, l’institution financière annonce qu’elle a maintenu sa prévision de croissance pour le Maroc au taux indiqué en septembre 2022. La Banque européenne dont les investissements au Maroc ont plus que doublé au cours de l’année écoulée, après avoir accordé plus de 528 millions d’euros de financement à 14 projets, contre 211 millions d’euros en 2021, avait annoncé en septembre dernier que la croissance du produit intérieur brut (PIB) du Maroc devrait bondir cette année à mesure que l’agriculture se redresserait et que le rythme de croissance d’autres secteurs reviendraient aux niveaux d’avant la pandémie. Dans son rapport sur les perspectives économiques régionales, l’institution financière, qui a réalisé un investissement record de 360 ​​millions d’euros dans le secteur privé et de 170 millions d’euros en faveur de l’économie verte du Maroc (dont 58% étaient axés sur le genre et l’inclusion), a toutefois estimé que la croissance du PIB devrait ralentir à 1,1% en 2022, après un rebond record de 7,4% enregistré au terme de l’année  2021. En plus d’une demande, des exportations et un tourisme faibles, la BERD a aussi indiqué que le Maroc reste  vulnérable aux fortes augmentations des prix des hydrocarbures du fait qu’il importe la plupart de ses besoins énergétiques. Ceci, malgré l’augmentation de la production d’électricité renouvelable. D’après l’institution basée à Londres, la production dans l’ensemble des régions de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement devrait augmenter cette année de 2,1%, au lieu des 3% prévus dans son dernier rapport rendu public en septembre dernier.Dans une mise à jour de ses prévisions économiques régionales, la BERD a ajusté à la baisse les perspectives de croissance dans plus de la moitié des 36 économies dans lesquelles elle travaille, pointant du doigt notamment les prix élevés du gaz et l’inflation persistante, rapporte la MAP. Selon la même source, les estimations de la Banque font état d’une progression de la production de 3,2% en glissement annuel de janvier à septembre 2022 et d’environ 2,4% sur l’ensemble de l’année. Et la BERD de qualifier ce rythme plus lent qu’en 2021. La Banque européenne justifie ce résultat par la guerre en Ukraine et l’essoufflement de la reprise post-Covid. L’impact de la guerre contre l’Ukraine sur la région se fait sentir par la hausse des prix du pétrole et des denrées alimentaires pour consommateurs, avec des retombées importantes pour les budgets, la sécurité alimentaire et la croissance à moyen terme, fait-elle remarquer. Faut-il également rappeler, comme le relève la BERD dans son rapport, que tous les pays dépendent de l’importation de produits alimentaires (notamment l’Égypte, la Tunisie et la Jordanie) et que la plupart d’entre eux sont également des importateurs nets de carburant. La conjoncture est telle que l’inflation a grimpé en flèche en 2022 et les pressions sur les réserves de change ont augmenté au cours de la même année, alors que l’impact sur le tourisme a varié mais a globalement pesé sur la reprise dans la plupart des pays de la région. Alain Bouithy

Beata Javorcik : « Nous prévoyons une croissance de 3% pour le Maroc en 2023 »

Beata Javorcik : « Nous prévoyons une croissance de 3% pour le Maroc en 2023 »

La croissance de l’économie nationale devrait atteindre 1,2% en 2022, avait récemment annoncé la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) qui a tenu son Assemblée générale annuelle du 10 au 12 mai à Marrakech. Selon les prévisions de cette institution financière internationale, chargée de faciliter le passage à une économie de marché dans les pays d’Europe centrale et orientale, elle devrait rebondir à 3% en 2023. Dans un entretien accordé à la MAP, Beata Javorcik, économiste en chef à la BERD, est revenue sur  les prévisions de croissance de la Banque européenne pour le Maroc apportant au passage des éclaircissements pour mieux comprendre les pronostics de l’organisation financière. « La modification majeure des prévisions de la BERD par rapport au mois de mars concerne essentiellement le changement d’hypothèses », a-t-elle d’emblée déclaré. « En ce moment, nos prévisions prennent en considération le conflit entre la Russie et l’Ukraine et la hausse des prix du pétrole, mais il n’y aura pas d’interruption de l’approvisionnement en hydrocarbures de la Russie vers l’Europe », a expliqué l’économiste.Beata Javorcik a toutefois précisé que « ces changements de prévisions concernent particulièrement l’Ukraine et les pays des autres régions où nous opérons, et n’affectent pas assez les prévisions dans les pays d’Afrique du Nord ». Ainsi, s’agissant du Maroc, elle a indiqué que « nous n’avons pas changé nos prévisions par rapport à mars et nous tablons sur une croissance du PIB en 2022 de seulement 1,2%, soit une baisse de 2% par rapport à ce que nous attendions pour novembre 2021 ». Selon les explications de l’économiste, « ce repli est dû à plusieurs facteurs, dont notamment les conditions météorologiques défavorables, en l’occurrence la sécheresse qui affecte les productions agricoles ainsi que la guerre en Ukraine ». Et d’ajouter que cette dernière impacte le Maroc à travers deux canaux, à savoir les prix alimentaires et la hausse des prix de l’énergie. Dans son analyse, Beata Javorcik prévient également que « nous nous attendons à des situations plus difficiles en raison du ralentissement de l’économie mondiale, en particulier en Europe ». Selon elle, «l’année prochaine, nos hypothèses dans la base de prévision stipulent que la guerre sera terminée d’ici la fin de l’été. A cet effet, nous prévoyons une croissance de 3% pour le Maroc en 2023». A titre de rappel, d’autres institutions internationales et nationales se sont également livrées à l’exercice de la prévision de croissance pour le Maroc au titre de l’année en cours. Ainsi, à titre de comparaison, en avril dernier, la Banque mondiale indiquait dans son dernier « Bulletin d’information économique de la région MENA », que l’économie marocaine devrait enregistrer une croissance de 1,1% cette année avant de bondir à 4,3% en 2023. Dans son dernier rapport sur les « Perspectives de l’économie mondiale », rendu public le 19 avril dernier, le Fonds monétaire international (FMI) avait pour sa part prévu que le taux de croissance de l’économie marocaine se situerait également à 1,1% en 2022. Lequel taux devrait s’élever à 4,6% l’année suivante, selon l’institution internationale. Après un rebond qui aurait atteint 7,3% en 2021, la croissance nationale devrait atteindre 0,7% en 2022, avait de son côté relevé Bank Al-Maghrib à l’issue de la première session de l’année de son Conseil. « Pâtissant de conditions climatiques particulièrement défavorables, la campagne agricole devrait enregistrer, selon les prévisions de BAM, une production céréalière autour de 25 millions de quintaux et ce, après 103,2 millions de quintaux un an auparavant. La valeur ajoutée agricole devrait ainsi baisser de 19,8%, avait souligné BAM lors de cette rencontre, tenue mardi 22 mars 2022.  Autres prévisions, celles du Haut-commissariat au plan (HCP). Un aperçu des tendances conjoncturelles relevées par l’institution publique montre qu’« au premier trimestre 2022, l’activité économique aurait affiché une progression de 1,2%, en variation annuelle, au lieu de 1% une année plus tôt, tirée principalement par un accroissement de 3,3% de la valeur ajoutée hors agriculture ». Dans une note de conjoncture (N°40) rendue publique en avril  dernier, le HCP ajoutait qu’au deuxième trimestre 2022, la croissance des activités hors agriculture évoluerait à un rythme plus soutenu, portée par la poursuite de la reprise des branches tertiaires. Ainsi, selon l’organisme public et « compte tenu d’une baisse de 12,9% de la valeur ajoutée agricole, la croissance de l’économie nationale se situerait à 1,8%, au deuxième trimestre 2022, au lieu de 15,2% au même trimestre de 2021 ». A titre de rappel, le Budget économique prévisionnel 2022, élaboré par le Haut-commissariat, avait annoncé en début d’année que « l’année 2022 devrait connaître un ralentissement de la croissance économique nationale attribuable à l’atténuation de l’effet de base dont aurait profité le rythme de la croissance en 2021 et à la baisse de la valeur ajoutée agricole après une année exceptionnelle marquée par une production record en 2021 ». Pour cette année, il sied de rappeler également que le gouvernement conduit par Aziz Akhannouch table sur un taux de croissance oscillant entre 1,5% et 1,7%. Alain Bouithy