Maroc. Le marché du travail reste miné par le sous-emploi et la baisse de l’activité

Malgré un léger recul du chômage au 3ème trimestre de 2025 La nouvelle aurait pu être bonne pour le marché du travail. Mais avec la hausse du sous-emploi et le recul du taux d’activité et d’emploi, la baisse de 0,5 point du taux de chômage au troisième trimestre de 2025 ne change pas grand-chose à une situation qui demeure préoccupante à bien des égards. Selon les statistiques publiées par le Haut-commissariat au plan (HCP), entre le troisième trimestre de l’année 2024 et celui de 2025, le nombre de chômeurs a baissé de 55.000 personnes. Après une diminution de 29.000 chômeurs en milieu urbain et de 25.000 en milieu rural, il est passé de 1.683.000 à 1.629.000 chômeurs. «Ce qui correspond à une diminution de 3%», a précisé l’institution publique. Ainsi, «le taux de chômage a reculé de 0,5 point, passant de 13,6% à 13,1%, de 0,7 point en milieu urbain, passant de 17% à 16,3%, et de 0,5 point en milieu rural, de 7,4% à 6,9%», a fait savoir le HCP dans sa note d’information relative à la situation du marché du travail au troisième trimestre de 2025. D’après la même source, toutes les catégories de la population ont connu une baisse du taux de chômage, à l’exception des femmes, pour lesquelles le taux de chômage a enregistré une hausse de 0,8 point, passant de 20,8% à 21,6%. Entre le troisième trimestre de 2024 et la même période de 2025, le chômage a reculé d’un point parmi les hommes, passant de 11,6% à 10,6%, a poursuivi l’organisme ajoutant qu’« il a également baissé de 1,1 point parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans, passant de 39,5% à 38,4%, de 0,8 point parmi les personnes âgées de 35 à 44 ans, de 7,7% à 6,9% ». Mais en dépit de ces reculs, le sous-emploi et le taux d’activité et d’emploi continuent de gangrener le marché du travail. En effet, au cours de cette période, le volume des actifs occupés en situation de sous-emploi a augmenté de 133.000 personnes. Les données recueillies montrent qu’il est passé de 1.066.000 à 1.199.000 personnes au niveau national, de 590.000 à 651.000 personnes en milieu urbain et de 476.000 à 549.000 en milieu rural. Ainsi, «le taux de sous-emploi est ainsi passé de 10% à 11,1% au niveau national, de 8,8% à 9,5% en milieu urbain et de 12% à 13,8% en milieu rural», a fait remarquer l’institution. Le taux d’activité a de son côté baissé, au niveau national, de 43,6% à 43,3%. Selon les chiffres, il est passé de 45,7% à 45,2% en milieu rural et de 42,5% à 42,3% en milieu urbain. Le taux d’activité des hommes est passé de 68,6% à 68,1% et celui des femmes de 19,2% à 19,1%. Quant au taux d’emploi, les chiffres suggèrent qu’il a stagné à 37,6% au niveau national. Ce taux a connu une légère baisse de 0,2 point en milieu rural (de 42,3% à 42,1%) et une quasi-stagnation (+0,1 point) en milieu urbain (de 35,3% à 35,4%). De plus, ce taux a augmenté de 0,2 point parmi les hommes, passant de 60,7% à 60,9%, et a baissé de 0,2 point parmi les femmes, de 15,2% à 15%. Alain Bouithy
Maroc. Le secteur de la construction s’attend à une baisse de l’activité au troisième trimestre

L’activité dans le secteur de la construction devrait globalement ressortir en baisse au troisième trimestre 2022, selon les pronostics des patrons sondés par le Haut-commissariat au plan (HCP). «Les anticipations avancées par les chefs d’entreprise du secteur de la Construction, pour le troisième trimestre 2022, font ressortir, globalement, une diminution de l’activité», a en effet récemment annoncé l’organisme public. D’après le Haut-commissariat, qui s’appuie sur les résultats des enquêtes de conjoncture qu’il a réalisées au titre du troisième trimestre 2022 auprès de ces entreprises, cette évolution résulterait, principalement, de la baisse d’activité attendue dans le «génie civil» et serait accompagnée par une stabilité des effectifs employés. Les informations recueillies dans le cadre de ces enquêtes de conjoncture révèlent, par ailleurs, que 42% des entreprises de ce secteur ont rencontré des difficultés d’approvisionnement en matières premières. Concernant la trésorerie, 66% des chefs d’entreprise la jugent difficile. Il est à noter qu’en dépit d’une légère atténuation, observée au titre du mois d’août 2022, la Direction des études et des prévisions financières (DEPF) a de son côté fait état de la poursuite de la baisse de l’activité du secteur de construction au cours du mois précédent. Principal indicateur de l’activité du secteur des BTP, les ventes de ciment ont poursuivi globalement leur tendance à la baisse au terme du mois d’août, bien qu’en atténuation, a relevé récemment cette Direction relevant du ministère de l’Economie et des Finances. Une baisse entamée à partir du mois de mars de cette année suite notamment aux perturbations conjoncturelles internationales, a-t-elle souligné dans sa note de conjoncture de septembre 2022 (N°307). Selon les analystes de la DEPF, les ventes de ciment ont diminué de 5,4% au cours du mois d’août, après avoir enregistré une baisse de 12,4%, durant la période de mars à juillet 2022. Compte tenu d’une hausse de 5,8% à fin février 2022, les ventes de ciment se sont ainsi repliées de 7,2% au terme des huit premiers mois de 2022, a indiqué la DEPF dans sa note de conjoncture rappelant qu’elles avaient enregistré une croissance de 19,3% à fin août 2021 et que, comparativement à leur niveau pré-crise, elles sont en retrait de 7,7%. La même source explique que « l’atténuation de la baisse, en glissement annuel, enregistrée au cours du mois d’août 2022, tient notamment à la bonne performance enregistrée au niveau des ventes des segments du bêton prêt à l’emploi (+31%), du bâtiment (+17,6%) et de l’infrastructure (+11%), en atténuation des reculs constatés au niveau des ventes des segments de distribution et du préfabriqué de 15,7% et de 2,7% respectivement ». Ainsi, les ventes du segment du bêton prêt à l’emploi et de celui de l’infrastructure se sont renforcées respectivement de 5,4% et 6,7% au terme des huit premiers mois de 2022. Il est important de relever le fait que les estimations des patrons opérant dans le secteur de la construction font état d’une stabilité de l’activité au deuxième trimestre 2022. Selon les chefs d’entreprise sondés, cette évolution aurait été due, d’une part, à la stabilité d’activité dans le «génie civil» et, d’autre part, à la hausse d’activité dans la «construction de bâtiments», rapporte le Haut-commissariat. Des enquêtes de conjoncture de l’organisme public, il ressort également que « les carnets de commandes dans la construction se seraient situés à un niveau inférieur à la normale et l’emploi aurait connu une stabilité ». Ainsi, le taux d’utilisation des capacités de production (TUC) dans le secteur de la construction se serait établi à 75%, selon le HCP. Alain Bouithy