Mali. L’HOMME DU MOIS…

TRIBUNE. 1. Le président de la transition malienne, le colonel Assimi Goïta, a opposé un refus catégorique à la proposition de l’ONU de renforcer son effectif de plus de 2000 militaires supplémentaires. Même mis au défi par la note du Département d’Etat américain exprimant sa frustration face au refus des autorités maliennes, le colonel tient tête et considère que le Mali comme pays souverain est libre de lever de nouvelles options stratégiques pour rétablir l’ordre et la sécurité sur tout le territoire malien. 2. Le voyage d’Emmanuel Macron à Bamako prévu le lundi 20 décembre a été tout simplement annulé. Suivant un communiqué de l’Elysée, c’est suite aux raisons de la pandémie de Covid. Pourtant les véritables raisons sont ailleurs. C’est plutôt pour motif de protocole et de cahier de charge. Le colonel Goïta a refusé d’aller accueillir personnellement le président français à l’aéroport et a exigé que leur rencontre se tienne loin de caméras et des journalistes. Il a également posé cette condition que les échanges tournent uniquement autour de la question de Sahel et pas au-delà.. Contrairement au gouvernement français qui tenait à mettre sur la table de discussion la question de l’arrivée imminente des mercenaires russes de la compagnie Wagner que Paris considère comme un casus belli. 3. Le colonel a envoyé promener ses pairs de la CEDEAO qui appellent les autorités maliennes à respecter le calendrier électoral. Le dirigeant malien sait que cette exigence faite de la part d’une organisation sous-régionale dont 3/4 de dirigeants sont dans l’illégalité électorale obéit à d’autres motivations, bien loin de la restauration de l’ordre démocratique au Mali. Il sait pour qui roule la CEDEAO et cette exigence de respect du calendrier électoral va de pair avec la volonté de le voir disparaître de la scène politique pour faire revenir le Mali dans le giron des forces impérialistes. L’avenir s’annonce plein de turbulences dans cette ex-colonie française. On croise donc les doigts… Par Germain Nzinga
Mali : les sanctions de l’UA et de la Cédéao divisent
Les sanctions politiques de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et de l’Union africaine mettent les militaires putschistes sous pression. Après la Cédéao dimanche dernier (30.05), c’était en effet au tour de l’Union africaine hier mardi (01.06) de suspendre le Mali de toutes ses instances jusqu’à ce que l’ordre constitutionnel normal soit rétabli dans le pays. L’UA demande également aux militaires maliens au pouvoir de regagner d’urgence, « sans conditions » leurs casernes et de s’abstenir de toute nouvelle ingérence dans le processus politique au Mali. « Des mesures d’amélioration de la gouvernance » Amadou Maiga, premier secrétaire parlementaire au Conseil national de transition, refuse de parler d’isolement du Mali et accuse les deux institutions… Lire la suite sur DW