Grande manifestation à Genève : Appel à la paix au Soudan et à la fin de l’utilisation d’armes chimiques contre les civils

Grande manifestation à Genève : Appel à la paix au Soudan et à la fin de l’utilisation d’armes chimiques contre les civils

Une grande mobilisation de solidarité avec le peuple soudanais, victime des armes chimiques, a eu lieu, samedi 29 mars 2025, devant la Chaise Cassée, près du Siège des Nations Unies à Genève, en Suisse, à laquelle a pris part une foule nombreuse, issue de différentes organisations de l’UE et de l’ONU, ainsi que d’une Coalition d’ONG soudanaises de Défense des Droits Humains, réunies au sein du « Forum pour la Paix au Soudan ». Dans un élan de solidarité et de soutien, les participants ont appelé à une action immédiate pour mettre fin à la guerre au Soudan et poursuivre l’armée soudanaise pour violations des Droits Humains. Lors de cette manifestation, des représentants des Organisations de Défense des Droits Humains de l’ECOSOC, à Genève, ont invité la communauté internationale à défendre les droits du peuple soudanais, à mettre fin à la guerre et aux souffrances des civils. Dans son allocution, Angelina Tkachenko, Défenseure des Droits Humains et Représentante de « Peace for Asia », a souligné que la situation au Soudan exige l’attention du monde entier. « Nous avons été témoins d’un conflit dévastateur, marqué par des déplacements massifs de population, une famine menaçant des millions de personnes et la perte tragique de vies innocentes », a-t-elle relevé. Et d’ajouter : « Au cœur de cette profonde crise humanitaire, des allégations profondément troublantes ont émergé : les forces militaires soudanaises auraient eu recours à des armes chimiques. En tant que communauté internationale, nous devons répondre à ces accusations avec le sérieux et l’urgence qu’elles méritent. L’idée même d’utiliser des armes chimiques évoque une horreur unique, une transgression des principes fondamentaux de notre humanité commune. » Pour sa part, Charlotte Zehrer, Avocate Spécialisée dans les Droits Humains chez Global Human RightsDefence et intervenante à l’Assemblée générale des Nations Unies, a indiqué que l’importance cruciale de ce rassemblement est de donner la parole à ceux qui n’en ont pas ou qui n’ont pas l’opportunité. « Aujourd’hui, nous sommes réunis ici pour faire la lumière sur l’une des crises des droits humains les plus dévastatrices de notre époque. Le Soudan est en proie à une catastrophe humanitaire : des millions de personnes sont déplacées, les services essentiels sont anéantis et la société civile est assiégée. Mais parmi les innombrables atrocités, une se distingue par sa brutalité et son inhumanité : la violence systématique et ciblée contre les femmes et les filles. Il ne s’agit pas seulement de dommages collatéraux, mais d’une arme de guerre délibérée », a-t-elle fait savoir. De son côté, Ramon Rahangmetan, Co-Fondateur du Cercle pour une Europe Durable, une organisation européenne de défense des droits humains, a déclaré : « Les principes qui nous guident en vertu du droit international doivent être plus que de simples mots sur le papier. » dans ce sens, il a appelé la communauté internationale et européenne à aider les civils soudanais victimes de la famine et des massacres causés par les armes chimiques massives utilisées par les forces armées soudanaises. Concernant ElrahimGrein Adam, Directeur de l’Organisation pour la Paix et la Transition Démocratique et Militant soudanais des Droits Humains et de la Paix, il a souligné la nécessité de s’unir pour soutenir la population soudanaise victime des armes chimiques et de l’agression des forces armées soudanaises. « Nous voulons la paix au Soudan et condamnons les massacres de civils pour des motifs ethniques et religieux. Nous voulons mettre fin au régime des Frères musulmans au Soudan, aux bombardements aériens et à l’utilisation d’armes chimiques contre les civils. Cette position est partagée par de nombreuses organisations internationales, organisations non gouvernementales et citoyens, qui exigent responsabilité et respect des normes humanitaires afin d’éviter des souffrances inutiles et des violations des droits humains subies par le peuple soudanais », a-t-il insisté. Quant à Mohamed Bebeker Mohamed,Représentant du Centre Africain pour la Démocratie et le Développement, il a invité la communauté internationale à soutenir les efforts de paix au Soudan et à mettre fin à la guerre. « Nous sommes convaincus que le dialogue est le seul moyen de mettre fin à la violence et que la justice ne peut être instaurée que par l’égalité entre tous les Soudanais. Nous appelons toutes les parties à privilégier la sagesse, à privilégier la négociation aux conflits et à privilégier l’unité à la division. Nous exhortons la communauté internationale à ne pas rester passive, mais à assumer ses responsabilités en soutenant les efforts de paix et en contribuant à mettre fin aux souffrances », a-t-il martelé. Dans son intervention, M. Bebeker Mohamedaappelé, également, chaque Soudanais, où qu’il se trouve, à être des ambassadeurs de la paix et à rejeter toute forme de haine et de violence. Avant de conclure : « Le Soudan mérite la paix. Le peuple soudanais mérite de vivre dans la dignité et la sécurité. Faisons de nos voix un appel incessant à la paix jusqu’à ce que le rêve devienne réalité ». Enfin, au terme du rassemblement, les participants, composés d’organisations de Défense des Droits Humains, d’Avocats, de Journalistes et Universitaires ont condamné l’utilisation d’armes non conventionnelles, les violences contre les femmes et les enfants, ainsi que la discrimination envers les minorités ethniques et religieuses. Il s’agit principalement de la minorité chrétienne séquestrée par les forces armées soudanaises. Toutes ces personnes présentes ont, in  fine, appelé à une action immédiate pour mettre fin à la guerre et une invite à la paix et au dialogue entre les différents groupes ethniques, religieux et politiques afin de mettre fin à l’une des plus grandes crises humanitaires. Laquelle a fait plus de 11 millions de déplacés, de victimes de la famine et de massacres.

RD Congo. APPEL A LA PAIX

RD Congo. APPEL A LA PAIX

TRIBUNE. Depuis mon tweet du dimanche 26 juillet dénonçant le récent massacre survenu à Kipupu en territoire de Mwenga au Sud Kivu, j’ai reçu diverses correspondances haineuses et des membres de ma famille ont été intimidés et menacés. Il y a 22 ans, je découvrais les conséquences dramatiques de la guerre sur le sol congolais, dans la région des Kivus et dans d’autres provinces de notre pays. Depuis, je n’ai cessé de militer pour la recherche de la vérité et l’application de la justice, sans lesquelles nous ne pouvons espérer une paix durable. Peu importe la période, peu importe la région du monde, aucun mensonge, aucune construction falsifiée de l’Histoire n’a jamais réussi à pérenniser la paix. Bourreaux et victimes n’ont aucun avenir s’ils sont condamnés à vivre dans le mensonge. Je demande depuis bientôt 10 ans, l’examen du rapport Mapping réalisé par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les Droits de l’Homme. Ce rapport contient une compilation de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de crimes de génocide détaillés de 1993 à 2003. Sans que l’on analyse ces crimes qui jalonnent l’Histoire du Congo, sans que justice ne soit rendue pour ces crimes, aucun peuple impliqué dans ces conflits ne pourra se relever ou ne pourra vivre en paix. Il semble que préconiser la création d’une juridiction spéciale pour juger les crimes au Congo fasse peur à certaines personnes qui déversent leur haine sur les réseaux sociaux en opposant les uns aux autres, souvent sur la base de mensonges. La réconciliation entre les peuples et l’instauration de réparations pour les victimes ne peuvent se faire sans que nous recherchions, sans relâche, la vérité. « Dire la vérité, c’est le début du changement ». Ceci est valable pour une victime de violences sexuelles comme pour une victime de guerre, de génocide ou de n’importe quel traumatisme. Aucune malversation intellectuelle, aucune menace, aucune utilisation de la peur, ne m’empêchera de m’exprimer sur la réalité des atrocités que vivent les populations de mon pays et dont je soigne les séquelles tous les jours dans mon hôpital à Bukavu. Depuis 2012, après deux tentatives d’assassinat, je continue de recevoir des menaces de mort. Je vis dans mon hôpital sans pouvoir en sortir sauf lors de mes voyages à l’étranger. Qui a intérêt à m’assassiner ? Pourquoi ma recherche de la vérité et mon désir de justice dérangent ? La recherche de la vérité est un processus extrêmement difficile, je comprends que je sois attaqué et menacé par des gens qui ont choisi un camp, ce n’est pas mon cas, mon combat est la disparition de tous les massacres dans mon pays. Chaque massacre est un massacre de trop. Aucune vie n’a plus de valeur qu’une autre. Par le serment d’Hippocrate, j’ai décidé de dédier ma vie à aider mon prochain sans distinction de classes sociales, de genre ou d’origines ethniques. Nous continuerons toujours à répondre à la violence par l’amour. Face à ces cycles de violences et de représailles qui ne profitent qu’à ceux qui cherchent à maintenir le chaos dans notre pays pour mieux le piller, nous lançons un appel à la justice, à la coexistence pacifique et à la paix. Bukavu le 30/07/2020.Denis Mukwege.Prix Nobel de la Paix 2018