RDC/ Page d’histoire : QUI EST LE COLONEL JUSTIN KOKOLO ?

RETRO. Né dans le Mayombe le 23septembre 1913, Justin Kokolo a eu 10 enfants dont cinq fils et cinq filles. En 1936, il s’est enrôlé dans la force publique à Mbanza-Ngungu puis il est allé à l’Equateur où sa femme l’avait rejoint en 1940. Il est allé en guerre de 1940 à 1945 laissant son épouse et ses enfants. Il fut Adjudant fantassin avant l’indépendance. De la tribu Yombe. Après l’indépendance de la RDC, le Président Kasa-Vubu le nomma comme de chef de sa sécurité rapprochée. Justin Kokolo fut doté d’une force physique impressionnante, et un vaillant soldat. Quatre jours seulement après la proclamation de l’indépendance, soit le 4 juillet 1960, survint une mutinerie au sein de la Force publique, ce qui amènera le jeune gouvernement congolais à crée l’Armée nationale Congolaise (ANC), sous le commandement des officiers congolais. Suite à cette décision, l’Adjudant Justin Kokolo fut promu au grade de Lieutenant-Colonel le 8 juillet 1960. En principe, en tant qu’un des anciens Adjudants congolais de la Force publique, il aurait pu occuper les fonctions de commandant en chef ou chef d’état-major de l’ANC. Mais le Président Kasa-Vubu se contenta de nommer commandant du Camp Léopold II (actuel Camp Kokolo), le 8 juillet 1960, dans la mesure où ce fut le plus grand camp des fantassins au Congo à l’époque. Il aurait fallu le placer directement dans le commandement de l’Armée. Le Président Kasa-Vubu jugea que sa position du commandant de camp suffisait et laissa la latitude au 1er Ministre Lumumba de nommer Lundula comme le commandant en chef, et Mobutu comme chef d’état-major général de l’ANC. En juillet 1960, le Lt-Col Justin Kokolo fut dépêché en mission à Luluabourg (Kananga) et à Elisabethville (Lubumbashi) avant le début de la sécession. En guise de réaction, Moïse Tshombe lui demanda d’informer les autorités du gouvernement central de Léopoldville (Kinshasa) de ne point se rendre au Katanga, sous peine d’arrestation. Le Lt-col Kokolo fut un officier très proche du Président Kasa-Vubu comme le fut le colonel Mobutu auprès du 1er Ministre Lumumba. C’est ainsi qu’il (Kokolo) reçut la délicate mission de se rendre à l’intérieur du pays en vue de tenter de calmer les soldats hostiles au gouvernement central. Le 21 Novembre 1960, le Lt-Col Kokolo reçut l’ordre du chef d’état-major, le col Joseph Mobutu, de dépêcher un détachement militaire à l’ambassade du Ghana à Léopoldville afin de procéder à l’expulsion de Nathaniel Welbeck, le chargé d’Affaires ad intérim du Ghana, accusé d’ingérence dans les affaires intérieures du Congo, contrairement au respect des usages et règles diplomatiques entre les Etas, et pour avoir manifesté sa tendance pro-Lumumba. En fait, le diplomate Ghanéen était devenu » un politicien congolais de nationalité Ghanéenne ». Rappelons que c’est la dispute sur l’officialisation de la délégation congolaise envoyée à l’ONU qui fut à l’origine de ce conflit. La délégation du Président Kasa-Vubu fut conduite par le Commissaire général aux Affaires étrangères, Justin Marie Bomboko, tandis que la délégation du premier Ministre Lumumba fut conduite par Thomas Kanza. Avant que le Lt-Col Kokolo ne se rende à l’ambassade du Ghana, le commissaire général de l’Intérieur, José Nussbaumer, avait reçu l’ordre de mettre en exécution la décision du Président Kas-Vubu déclarant le chargé d’Affaires a.i Ghanéen persona non grata. En réalité, il revenait au commissaire des Affaires étrangères, Justin Marie Bomboko d’exécuter ce décret. Ce dernier étant en ce moment à New-York, il revenait à son Adjoint, Ernest Kashemwa de l’exécuter. Et non au commissaire de l’Intérieur ! José Nussbaumer se rendit personnellement à l’ambassade du Ghana en menaçant Nathaniel Welbeck de quitter le Congo dans 24 heures. Ce dernier ne l’entendit pas cette oreille, étant donné que le Ghana ne reconnaissait pas le gouvernement des Commissaires généraux en lieu et place du gouvernement légal de Patrice Lumumba. Suites à ces menaces, l’Onu renforça la sécurité de l’ambassade du Ghana avec les troupes Tunisiennes. En face de l’ambassade du Ghana campaient les éléments de la Police militaire congolaise, commandés par Henri Ngampo. Lorsque le Lt-Col Kokolo se rendit le 21 novembre 1960 avec 200 fantassins à l’ambassade du Ghana, il fut déterminé d’arrêter Nathaniel Welbeck, et de pénétrer dans l’enceinte de l’ambassade. Mais il avait oublié que selon les normes diplomatiques, l’ambassade du Ghana était un territoire Ghanéen, et que les troupes Ghanéennes et Tunisiennes ne pouvaient pas lui permettre d’y pénétrer. Suite à cette confusion, il y eut échange de tirs et le Lt-Col Kokolo fut atteint à la poitrine et décéda sur le champ. En guise de riposte, les troupes congolaises répliquèrent, entraînant les coups de feu durant toute la journée. Le gouvernement Ghanéen envoya le commandant en chef de leur Armée, le général Henry Alexander afin d’exfiltrer Nathaniel Welbeck. Conformément à la volonté de son gouvernement qui ne voulait pas l’effusion du sang, Nathaniel Welbeck accepta enfin de quitter le Congo. Le décès du Colonel Kokolo avait consterné beaucoup de Congolais à Léopoldville (Kinshasa), et avait par conséquent attisée l’animosité des éléments de l’ANC à l’égard de Patrice Lumumba, dans la mesure où à cette époque, les Baluba, Bangala, et Bakongo étaient majoritaires dans l’Armée. Le 28 novembre 1960, de grandioses funérailles présidées par le Président Joseph Kasa-Vubu eurent lieu au Camp Léopold et le même jour le président Joseph Kasa Vubu décida de rebaptiser le camp Léopold en CAMP KOKOLO qui va immortaliser sa mémoire jusqu’à ce jour. Par Germain Nzinga
L’Afrique du Sud. Davantage Nation Arc En Ciel

PARLONS-EN. La reconduction à la Présidence de la République d’Afrique du Sud de M. Cyril Ramaphosa, au terme d’une coalition gouvernementale inédite, composée d’opposants historiques à la politique raciale de l’apartheid et du parti considéré comme l’expression des « blancs » marque un tournant décisif du symbole que caractérise la Nation Arc En Ciel qu’est l’Afrique du Sud. Le Gouvernement qui en sortira, qualifié d’inclusif confirme le symbolisme de l’Arc En Ciel. Outre l’ANC, la coalition sera constituée de l’Alliance Démocratique (DA), représentant les intérêts des Sud Africains, d’origine européenne et des milieux financiers et industriels, ainsi que l’Inkatha Freedom Party, un parti Zoulou conservateur, et l’Alliance Patriotique, tout aussi conservatrice. Toutefois, le Président Cyril Ramaphosa devra faire face à une opposition au sein de l’ANC qui rejette le rapprochement avec l’Alliance Démocratique. En Afrique du Sud, le Chef de l’Etat n’est pas élu au suffrage universel, mais par l’Assemblée Nationale. La formation politique de l’ancien Président Jacob Zuma n’a pas pris au vote pour désigner le Président de la République. Inventée par l’Archevêque Desmond Tutu afin de matérialiser son rêve de voir construire une société sud africaine post raciale, la Nation Arc En Ciel est également une façon métaphorique de penser la cohabitation des groupes, non par leur fusion, mais par leur juxtaposition. Puisse les Sud Africains, toutes races et couleurs confondues, construire leur pays, pour perpétuer le rêve du Président Nelson Mandela. Bons vents à la coalition gouvernementale autour du Président Cyril Ramaphosa. Coalition, ici construite, dans un élan de quête de cohésion et d’unité nationales en Afrique du Sud. Brazzaville 19 juin 2024 Ouabari Mariotti
Afrique du Sud : les dirigeants de l’ANC discutent du sort du président Ramaphosa
Le président sud-africain ne démissionnera pas: les caciques du parti historique au pouvoir, l’ANC, sont réunis lundi 5 décembre pour discuter du sort de Cyril Ramaphosa. Ce dernier risque encore un vote au Parlement en vue d’une possible destitution. Le chef de l’État est arrivé dans la matinée au centre de conférences d’une banlieue de Johannesburg où se tient la réunion du tout-puissant Comité exécutif national (NEC) à la tête du Congrès national africain (ANC). Il ne s’est pas exprimé mais il a déjà clairement écarté au cours du weekend la possibilité de jeter l’éponge. « Nous allons nous assurer que la réunion du NEC se conclue dans l’unité« , a déclaré à la presse le porte-parole du parti, Pule Mabe… Lire la suite sur TV5Monde
Nelson Mandela alias Madiba: Une icône du Muntuïsme d’après le Président des Etats-Unis Barack Obama

A l’occasion des obsèques de l’ancien leader de l’A.N.C. qui n’est autre que l’illustre combattant contre l’Apartheid et du premier président d’une Afrique du Sud Arc-en-ciel, Nelson Mandela alias Madiba, le président des Etats-Unis Barack Obama, lui a rendu, à travers son discours, un vibrant hommage. Un vibrant hommage par un discours de haut niveau qui restera sans doute dans les annales de l’Histoire et certainement l’un des meilleurs du président américain depuis son accession au pouvoir en novembre 2008. Et au-delà, une des plus belles occasions d’une reconnaissance à l’échelle planétaire des principes fondamentaux d’Ubu-Ntu ou de Ki-Mu-Ntu voire du Muntuïsme. En effet, si le président Obama à relever d’innombrables qualités humaines de Madiba ou Nelson Mandela qui, de facto, l’ont grandement élevé au firmament des grandes figures de l’Histoire de l’Humanité, force est de relever que, beaucoup d’entre elles, sont de l’ordre d’Ubu-Ntu ou de Ki-Mu-Ntu.A titre définitionnel, science et religion, l’Ubu-Ntu ou le Ki-Mu-Ntu voire le Muntuïsme est l’ensemble des valeurs qui concourent à la manifestation de l’être intelligible ou Ntu ou/et à l’équilibre de l’être ou du Mu-Ntu voire à son épanouissement. C’est la somme ou l’union de tous les éléments dont le Mu-Ntu ou l’Homme a nécessairement besoin pour sa survie, son bien-être, son équilibre, son développement et son épanouissement. Au final, l’UbuNtu est, à la fois, science et religion qui aboutissent à l’enfantement du Mu-Ntu. De cet être qui est porteur d’humanité en matière sociale, morale, politique et spirituelle. Et à l’occasion des obsèques de Madiba, le président des Etats Unis Barack Oboma a déclaré : « ….Nelson Mandela comprenait les liens qui unissent l’esprit humain. Il y a un mot en Afrique du Sud (Ubuntu), un mot qui incarne le plus grand don de Mandela, celui d’avoir reconnu que nous sommes tous unis par des liens invisibles, que l’humanité repose sur un même fondement que nous nous réalisons en donnant de nous-mêmes aux autres et en veillant à leurs besoins. Nous ne saurons jamais jusqu’à quel point ce sens était inné, ou bien forgé dans une cellule de prison, sombre et solitaire…..Non seulement il incarnait l’Ubuntu, mais il avait aussi appris à des millions d’autres à découvrir cette vérité en eux. » Il ressort ainsi du discours du président des Etats Unis que, Mandela disposait du plus grand don que véhicule le Muntuïsme ou l’Ubu-Ntu à savoir : Le sens du principe de l’Unité qui ne peut être effectif ou réalisable que, si l’on accepte que tous les hommes, ici-bas, sont tous frères, unis par des liens invisibles, en dépit de leurs différences culturelles, religieuses, sociales, morales et autres et que par ailleurs, il requiert pour son plein accomplissement la consécration de son corolaire qui n’est autre que le principe de l’altérité qui, pour ce faire, intègre obligatoirement la raison d’être de l’autre que soi-même. C’est ainsi que, vouloir être soi-même tout en s’inscrivant dans la reconnaissance de l’autre ou d’autrui parce qu’il doit en être ainsi, fait, par voie de conséquence, naître ce que les Koòngo appellent par exemple « boòle bantu », c’est-à-dire l’humanité qui, en l’espèce, ne peut véritablement écrire ses plus belles lettres de noblesse que, si elle se construit non pas dans l’homogénéité existentielle mais plutôt dans la différence, c’est-à-dire dans l’union et la communion des êtres tels qu’ils sont et non tels qu’on aurait voulu qu’ils soient. Ici, la différence n’est guère un handicap mais beaucoup plus une belle opportunité d’accomplissement existentiel parce qu’elle est cause ou source de complémentarité et donc de développement voire d’épanouissement. C’est au nom de tous ces principes que véhicule, entre autres, le Muntuïsme ou l’Ubu-Ntu voire le Ki-Mu-Ntu que le président des Etats-Unis d’Amérique Barack Obama a noté en effet qu’ « Il fallut un homme comme Madiba, pour libérer non seulement le prisonnier, mais aussi le geôlier, pour montrer que nous devons faire confiance aux autres, afin qu’ils puissent nous rendre la pareille, pour apprendre à tous que la réconciliation ne signifie pas seulement ignorer un passé cruel mais aussi y faire face, en le contrant par l’inclusion, la générosité et la vérité. Madiba changea les lois autant qu’il changea les esprits. ». A dire vrai, Madiba changea les lois autant qu’il changea les esprits. C’est l’illustration même d’un des principes majeurs du Muntuïsme d’après lequel, « wa dia fwa yikadio », c’est-à-dire, qu’il incombe aux bénéficiaires de l’héritage des anciens de perpétuer leur mémoire en ayant toutefois l’intelligence et la sagesse d’œuvrer intégralement à l’accroissement de ce qu’ils leur ont légué. Par sa façon d’être et de faire Madiba a parfaitement exécuté les dispositions testamentaires ancestrales d’Ubuntu ou du Muntuïsme. En somme, Nelson Mandela, est certainement l’un des meilleurs fils spirituels que l’Ubu-ntu ou le Muntuïsme ait enfanté pour la marche, la libération et l’épanouissement du continent africain. C’est dire qu’il avait réussi très habilement à faire comprendre à l’étranger oppresseur qu’ils étaient, comme le souligne à juste titre le président Obama, unis par des liens invisibles, que l’humanité repose sur un même fondement que nous nous réalisons en donnant de nous-mêmes aux autres et en veillant à leurs besoins. Il s’agit là d’une grande école philosophique et sociale qui n’est ni maçonnique, ni rosicrucienne ni quoi que ce soit d’autre qui ne découlerait nullement d’Ubu-ntu que malheureusement beaucoup d’Africains ont abandonné. Oubliant même parfois que la charité bien ordonnée commence par soi-même ou encore, comme le dispose un adage bantu, Buzitu bwa mvuùmbi kiloòni nge beni, c’est-à-dire le respect que l’on doit au corps du défunt commence par celui que lui doivent avant tout les membres de sa propre famille. En somme toute libération, comme l’avait compris Madiba est avant et doit être spirituelle et elle l’est encore davantage lorsqu’elle est en parfaite harmonie avec le capital de civilisation dont est doté un peuple qui s’y engage. C’est à ce titre qu’il devint, lui Madiba, naturellement un Muùntu, un Nguùla Muùntu, c’est-à-dire, un véritable fils digne de la Nation africaine qui demain, nous l’espérons inspirera, de nombreux