Global Witness: 2017 détient la triste palme de l’année la plus meurtrière pour les défenseurs des droits à la terre et les défenseurs environnementaux

Global Witness: 2017 détient la triste palme de l’année la plus meurtrière pour les défenseurs des droits à la terre et les défenseurs environnementaux

Global Witness a révélé récemment qu’au moins 207 défenseurs des droits à la terre et défenseurs environnementaux ont été tues l’année dernière – des chefs autochtones, des activistes de la communauté et des activistes environnementaux ont été assassinés alors qu’ils tentaient de protéger leurs domiciles et leurs communautés contre l’extraction minière, l’agrobusiness et d’autres industries destructrices. La collecte d’informations étant particulièrement complexe, le chiffre réel est sans doute bien plus élevé. Le meurtre est l’exemple le plus choquant parmi la batterie de tactiques utilisée pour faire taire les défenseurs – ces tactiques comprennent menaces de mort, arrestations, intimidations,cyberattaques, agressions sexuelles et attaques juridiques. C’est l’agrobusiness, et non plus l’extraction minière, qui est désormais devenue l’industrie dans laquelle les défenseurs sont le plus menacés, selon le rapport « At What Cost ? » de (Le prix à payer). Ainsi, en Colombie, Hernán Bedoya a été abattu de 14 balles par un groupe paramilitaire parce qu’il protestait contre l’extraction de l’huile de palme et les plantations de bananiers sur des terres volées à sa communauté. Aux Philippines, l’armée a massacré huit villageois qui s’étaient opposés à une plantation de café sur leurs terres. Enfin, au Brésil 22 amérindiens de la tribu Gamela ont été blessés grièvement – certains s’étant fait couper les mains – par des agriculteurs qui les ont attaqués sauvagement avec des machettes et des armes à feu. Le rapport « At What Cost ? » montre bien que cette violence est directement liée aux produits que nous stockons dans nos placards. En effet,l’agriculture à grande échelle, l’extraction minière, le braconnage et l’abattage produisent des matériaux et ingrédients qui entrent dans la fabrication de produits vendus en supermarché comme l’huile de palme pour les shampooings, le soja pour nourrir les bovins, et le bois pour les meubles. Le rapport indique par ailleurs que certains gouvernements et certaines entreprises sont complices des assassinats. Global Witness appelle donc à une action urgente pour renverser la tendance. Aujourd’hui les gouvernements et les entreprises sont responsables, mais ils peuvent décider au contraire de trouver des solutions. Ils doivent s’attaquer aux causes mêmes de ces violences, en s’assurant par exemple que les communautés aient le droit derefuser des projets sur leurs terres – l’extraction minière notamment – ; mais aussi en soutenant et en protégeant les défenseurs menacés et en s’assurant que justice soit rendue pour ceux qui subissent cette violence. Ben Leather, Responsable de campagne Senior chez Global Witness : « On assassine des activistes locaux parce que les gouvernements et les entreprises accordent plus de poids au profit rapide qu’aux vies humaines.Les étagères de nos supermarchés sont remplies de produits issus de ce carnage. Or les communautés courageuses qui résistent aux fonctionnaires corrompus, aux industries destructrices et à la dévastation environnementale sont brutalement réduites au silence. C’en est assez. Les gouvernements, les entreprises et les investisseurs ont le devoir et le pouvoir de soutenir et de protéger les défenseurs en danger. Ils doiventgarantir qu’il y aura des comptes à rendre, ils doivent garantir le principe de responsabilité à chaque fois que des attaques se produisent. De plus – et c’est là le plus important – ils ont le pouvoir, en amont, d’empêcher ces menaces d’exister – en étant à l’écoute des communautés locales, en respectant leurs droits, et en s’assurant que le commerce se déroule de façon responsable. Malgré les risques très élevés, la communauté mondiale des défenseurs des droits à la terre et des défenseurs environnementaux ne fléchit pas – au contraire, elle gagne en force et en visibilité. Nous invitons les consommateurs à se joindre à nous pour faire campagne aux côtés des défenseurs,pour mener leurs combats jusqu’aux couloirs du pouvoir et dans les salles du conseil des grandes entreprises. Nous ferons en sorte que leurs voix soient entendues. Et nous serons là pour nous assurer que les défenseurs, leurs terres, et l’environnement – dont nous dépendons tous – sont protégés comme il se doit. Des chiffres clés supplémentaires: Le Brésil a enregistré la pire année documentée dans le monde entier, avec 57 meurtres commis en 2017. 48 défenseurs ont été tués aux Philippines en 2017 – c’est le chiffre le plus élevé qu’on ait jamais enregistré dans un pays asiatique. 60 % des meurtres enregistrés ont eu lieu en Amérique Latine. Au Mexique et au Pérou il y a eu une très nette augmentation du nombre d’assassinats – de 3 à 15 et de 2 à 8, respectivement. Le Nicaragua s’est avéré être le lieu le plus dangereux par habitant – avec quatre meurtres par habitant. Pour la première fois, c’est l’agrobusiness qui a été l’industrie la plus meurtrière – avec au moins 46 meurtres associés à ce secteur. Les assassinats liés à l’extraction minière ont augmenté de 33 à 40, tandis que 23 meurtres étaient liés à l’abattage. Défier les braconniers est devenu une activité encore plus dangereuse en 2017 qu’auparavant – en effet Global Witness a enregistré un chiffre record de 24 personnes assassinées pour avoir pris position contre le commerce illégal de la faune – surtout des gardes forestiers en Afrique. Global Witness a découvert que les forces de sécurité gouvernementales sont associées à 53 des meurtres commis l’année dernière ; tandis que 90 meurtres avaient été commis par des acteurs non-étatiques comme des gangs criminels. Il y a eu une forte baisse des assassinats des défenseurs des droits à la terre et des défenseurs environnementaux au Honduras, mais la répression de la société civile en général s’est aggravée. Depuis quelques années les gouvernements et les entreprises ont commencé à reconnaître que la situation était critique et se sont mis à agir,mais il est impératif et urgent de faire beaucoup plus et beaucoup mieux pour gérer ce grave problème. La campagne est soutenue par nombre de militants environnementaux médiatisés dont Yuri Herrera, Margaret Atwood, Lily Cole, George Monbiot, Ben Fogle, Paloma Faith et Martin Freeman.

Promotion de l’agrobusiness au Togo: la BAD accorde 7,47 milliards de FCFA au PAGPA

Promotion de l’agrobusiness au Togo: la BAD accorde 7,47 milliards de FCFA au PAGPA

La Banque africaine de développement (BAD) a annoncé avoir accordé au Togo un appui budgétaire au titre d’un don du Fonds africain de développement (FAD) d’un montant de 1,82 milliards de FCFA et un autre au titre de la Facilité d’appui à la transition (FAT) d’un montant de 5,65 milliards de FCFA. Ce sont au total environ 7,47 milliards de FCFA qui ont été octroyés au titre du Programme d’Appui à la Promotion de l’Agrobusiness (PAGPA), a indiqué la BAD dans un communiqué. A noter que les protocoles de don ont été signés au ministère de l’Economie et des Finances du Tog, le jeudi 21 décembre dernier par la Responsable pays de la BAD au Togo, Khadidia Diabi, et le Ministre togolais de l’Economie et des Finances, Sani Yaya. Dans son communiqué, la BAD a expliqué que l’objectif principal du programme est de contribuer à la création des conditions favorisant une croissance économique inclusive. Il s’attachera à soutenir l’essor d’un environnement favorable aux investissements, dont principalement le développement de l’agrobusiness. La même source ajoute que ce programme permettra aussi de renforcer la capacité de mobilisation des ressources internes, afin de soutenir les investissements publics requis pour le développement de l’agriculture et ses chaines de valeurs. A en croire l’institution financière, « le programme répond aux défis majeurs auxquels le Togo continue à faire face pour sortir de la situation de fragilité et juguler sa vulnérabilité aux crises d’ordre social». Il permettra également à la Banque de contribuer aux réformes visant la prise en compte du genre dans les actions publiques et en particulier dans le secteur agricole, indique-t-on. Soulignons que la BAD a salué non seulement l’engagement soutenu des autorités togolaises dans la conception de ce programme, mais aussi les efforts importants déjà consentis par le gouvernement dans la recherche d’une croissance inclusive au bénéfice de toute la population togolaise.

Le 12ème SIAM ouvre ses portes à Meknès

Le 12ème SIAM ouvre ses portes à Meknès

Le coup d’envoi de la 12ème édition du très attendu Salon international de l’agriculture au Maroc (SIAM) sera donné aujourd’hui à Meknès. Vitrine annuelle de l’agriculture marocaine, le SIAM est aussi considéré comme le plus important rendez-vous consacré à l’agriculture en Afrique. Organisée par le ministère de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, l’Association du Salon international de l’agriculture au Maroc et le Commissariat Général du SIAM, cette manifestation se tient du 18 au 23 avril courant dans la capitale ismaélienne sous le thème « Agrobusiness et chaînes de valeur agricole durables ». La thématique de cette année répond à l’impératif mondial de concilier économie, sécurité alimentaire et durabilité des systèmes agricoles, ont souligné les organisateurs. « L’évolution du marché mondial du secteur de l’agroalimentaire et les risques liés à la sécurité alimentaire, en particulier sur le continent africain, créent des impératifs de durabilité de toute la chaîne de valeur. Ainsi, le modèle de développement basé sur l’agriculture familiale est en train d’évoluer au profit de la promotion de l’agrobusiness et de l’intégration de l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur agroalimentaire, selon une démarche inclusive permettant l’accès aux marchés des petits exploitants », ont relevé les organisateurs dans un communiqué. « Désormais, une intégration réussie et durable dans l’agrobusiness passe par l’union des producteurs, des transformateurs, des spécialistes en commercialisation, des entreprises de services alimentaires, des détaillants, des logisticiens pour les intégrer dans une chaîne de création de valeur agricole et industrielle vertueuse et bénéfique pour tous offrant, au final, un avantage concurrentiel collectif permettant de protéger les petits producteurs, tout en préservant la qualité des terres agricoles selon des méthodes de production responsables, équitables, et respectueuses de la bio-diversité et des ressources naturelles », a-t-on souligné de même source. Etendu sur une superficie globale de 170.000 m2, dont 80.000 m2 couverte avec 3.000 places de parking, le Salon accueille cette année 930 exposants nationaux et 300 internationaux représentant 65 pays. Cette édition, organisée sous le Haut patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, prévoit plus d’une vingtaine de conférences thématiques, plusieurs signatures de conventions et propose des espaces de mise en relation (B&B). Il est à signaler que les trois premières journées du Salon, mardi 18, mercredi 19 et jeudi 20 avril, sont consacrées aux seuls professionnels. Le grand public ne se joindra aux professionnels qu’à l’occasion des journées mixtes (professionnels et grand public) prévues les vendredi 21, samedi 22 et dimanche 23 avril courant. Soulignons qu’en marge de cet événement, une cérémonie de remise des trophées sera organisée le vendredi 21 avril courant. Notons, par ailleurs, que le ministère de l’Agriculture et de la Pêche maritime organise un programme scientifique comprenant notamment des conférences et ateliers auxquels sont conviées toutes les parties prenantes, en l’occurrence les enseignants-chercheurs, les chercheurs, les professionnels et les ONG en vue d’enrichir les débats. L’Italie, considérée comme étant l’un des leaders de l’agriculture biologique en Europe et dans le monde, est à l’honneur lors de cette 12ème édition. Troisième pays agricole de l’Union européenne, ce pays est très impliqué dans les productions sous signes d’identification de la qualité et de l’origine. L’Italie occupe le 17ème rang des partenaires commerciaux du Royaume. Comme le rappellent les organisateurs, plusieurs volets de coopération ont été initiés dans différentes filières du domaine agricole et agroalimentaire, avec des accords spécifiques en 2008 et plus récemment des perspectives intéressantes avec une signature de MOU (mémorandum d’entente) et la mise en place d’un cadre légal de coopération bilatérale. Le SIAM 2017 devrait drainer plus d’un million de visiteurs, selon les prévisions des organisateurs.