Côte d’Ivoire. Déclaration N° 008 de Générations et Peuples Solidaires (GPS) relative à la vie de la Nation

ACTUALITES. À l’occasion de sa réunion du samedi 07 septembre 2024, plusieurs sujets ont retenu l’attention du Cadre restreint de Générations et Peuples Solidaires (GPS) dans le cadre du volet consacré à l’analyse de l’actualité socio-politique internationale et nationale. 𝗗𝗲𝘀 𝗲𝗻𝗷𝗲𝘂𝘅 𝗱𝘂 𝟵𝗲 𝘀𝗼𝗺𝗺𝗲𝘁 𝗱𝘂 𝗙𝗼𝗿𝘂𝗺 𝘀𝘂𝗿 𝗹𝗮 𝗰𝗼𝗼𝗽𝗲́𝗿𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝘀𝗶𝗻𝗼-𝗮𝗳𝗿𝗶𝗰𝗮𝗶𝗻𝗲 (𝗙𝗢𝗖𝗔𝗖) Le 9e sommet du Forum sur la Coopération Sino-Africaine (FOCAC) s’est tenu à Pékin du 4 au 6 septembre 2024, marquant une étape cruciale dans les relations entre la Chine et l’Afrique. Axé sur le thème : « Travailler ensemble à promouvoir la modernisation et à construire une communauté d’avenir partagé Chine-Afrique de haut niveau », ce sommet a rassemblé autour du président chinois Xi Jinping, les chefs d’État et de gouvernement de 53 pays africains, le président de la Commission de l’Union africaine, ainsi que des chefs d’entreprises et experts des deux continents. Les principaux objectifs étaient de : • renforcer la coopération stratégique sino-africaine ; • promouvoir le développement et la modernisation de l’Afrique ; • consolider la solidarité entre les pays du Sud face aux défis mondiaux ; • rééquilibrer les relations commerciales entre la Chine et l’Afrique. Ce sommet a abouti à la Déclaration de Pékin dans laquelle les engagements suivants ont été pris : • la Chine a réaffirmé son respect des choix politiques des États africains et son principe de non-ingérence dans leurs affaires intérieures ; • les pays africains ont renouvelé leur attachement au principe d’une seule Chine ; • les deux parties ont exprimé leur opposition à la « politisation de l’agenda des droits de l’Homme » et se sont engagées à lutter contre l’utilisation abusive des sanctions unilatérales. La Chine s’est également engagée à octroyer 50 milliards de dollars de nouveaux financements à l’Afrique sur les trois prochaines années. Ce soutien sera dirigé vers des secteurs clés tels que : • les infrastructures ; • l’agriculture ; • les énergies vertes ; • le transfert de technologies ; • la modernisation industrielle ; • la lutte contre les changements climatiques. En résumé, ce 9e sommet du FOCAC marque un tournant dans les relations sino-africaines en consolidant les bases d’une coopération renforcée dans les domaines économiques, de la modernisation et de la solidarité Sud-Sud. Créé en 2000, ce sommet diplomatique, qui se tient tous les trois ans, a connu un regain de dynamisme ces dernières années. Il est important de rappeler que les relations entre la Chine et l’Afrique remontent à la deuxième moitié du XXe siècle, notamment à la suite de la Conférence de Bandung en 1955, où les pays dits du « tiers-monde » ont refusé de s’aligner sur l’un ou l’autre des blocs de la Guerre froide. Cette conférence a été le point de départ d’engagements réciproques entre la Chine et les États africains, matérialisés par l’envoi de missions économiques simultanées. Ces relations ont pris une nouvelle dimension à partir de la fin des années 1990, lorsque la Chine a lancé une politique africaine visant à répondre à ses besoins économiques croissants et à renforcer son influence mondiale. Deuxième économie mondiale, la Chine est devenue le principal partenaire commercial de l’Afrique au cours des 20 dernières années avec des échanges bilatéraux atteignant 167,8 milliards de dollars au premier semestre 2024, selon les médias officiels chinois. Le positionnement de la Chine vis-à-vis de l’Afrique se distingue par son principe de non-ingérence qui préserve la souveraineté et l’autonomie décisionnelle des pays africains. Cela constitue une alternative aux pressions et chantages politiques des partenaires occidentaux. De plus, la Chine apporte un soutien diplomatique significatif à l’Afrique sur la scène internationale, notamment à l’ONU, défendant les intérêts africains face aux pressions occidentales sur divers dossiers. Sa coopération avec l’Afrique repose davantage sur des priorités économiques et pragmatiques, ce qui permet aux pays africains de diversifier leurs alliances, de réduire leur dépendance vis-à-vis des anciennes puissances coloniales et de renforcer leur position dans les négociations internationales. Enfin, GPS relève que des sommets comme le FOCAC permettent à la Chine de contribuer à l’émergence d’un ordre mondial plus multipolaire. Ce cadre renforce son rôle dans les affaires internationales, amplifie la voix du Sud global sur les grands enjeux mondiaux et contribue à rééquilibrer les rapports de force avec les puissances occidentales. 𝗗𝗲 𝗹’𝗶𝗺𝗺𝗶𝘅𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗱𝗲𝘀 𝗰𝗵𝗲𝗳𝘀 𝘁𝗿𝗮𝗱𝗶𝘁𝗶𝗼𝗻𝗻𝗲𝗹𝘀 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗹𝗲 𝗰𝗵𝗼𝗶𝘅 𝗱𝗲𝘀 𝗰𝗮𝗻𝗱𝗶𝗱𝗮𝘁𝘀 𝗮̀ 𝗹’𝗲́𝗹𝗲𝗰𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗽𝗿𝗲́𝘀𝗶𝗱𝗲𝗻𝘁𝗶𝗲𝗹𝗹𝗲 𝗱𝗲 𝟮𝟬𝟮𝟱 GPS note avec préoccupation une implication de plus en plus marquée des rois et chefs traditionnels dans les activités des partis politiques en Côte d’Ivoire, notamment au sein du parti au pouvoir. Ce phénomène, qui s’intensifie à l’approche des élections générales, suscite des interrogations sur la neutralité des chefs coutumiers et les risques de tensions sociales qu’il pourrait engendrer. Cette situation regrettable compromet l’intégrité de la fonction des rois et des chefs traditionnels, brouillant ainsi la ligne entre tradition et politique. Pourtant, leur neutralité est indispensable pour qu’ils puissent continuer à jouer leur rôle de médiateurs impartiaux au sein de la société. Il est indéniable que l’engagement politique des chefs traditionnels a des répercussions négatives sur la cohésion sociale. En effet, en s’ingérant dans la politique, ces figures coutumières perdent leur impartialité, ce qui affaiblit leur autorité morale et leur capacité à intervenir efficacement dans les conflits. De plus, leur participation active dans la sphère politique risque de diviser les communautés qu’ils ont en charge, puisque leur alignement avec certaines forces politiques peut créer des fractures internes et exacerber les tensions. La politisation de la chefferie menace également de saper le lien social, en les détournant de leur mission essentielle de médiation et de cohésion pour devenir des agents d’influence au service d’un camp. Enfin, leur implication dans les affaires politiques remet en cause la neutralité de l’État et l’équilibre nécessaire entre le pouvoir spirituel et le pouvoir politique, deux principes fondamentaux d’une démocratie moderne. GPS appelle donc les rois, chefs de province, chefs de canton, chefs de tribu et chefs de village de Côte d’Ivoire à se maintenir en dehors de l’arène politique, conformément à la