Lettre de fin d’année aux actionnaires du continent Africain

SANS DETOUR. L’Afrique ne peut pas être abordée comme un objet de commentaire extérieur. Elle constitue un espace politique et social auquel nous sommes liés par des intérêts, des droits et des obligations. En ce sens, il est utile d’adopter une logique d’actionnariat civique, qui consiste à considérer chaque citoyen et chaque membre de la diaspora comme partie prenante, donc légitime à demander des comptes, à contribuer aux efforts collectifs, et à se soucier de la trajectoire institutionnelle, économique et morale du continent sur le long terme. Cette image de l’actionnariat n’a rien d’un effet de style : elle impose une discipline. Un actionnaire ne se contente pas d’espérer des jours meilleurs, puis de déplorer l’effondrement lorsque les choses tournent mal. Il s’informe sérieusement, suit les décisions, exige des comptes, protège ce qui doit l’être, et investit dans le long terme, parce qu’il sait qu’une maison ne se transmet pas intacte si l’on s’habitue à l’abandon, à l’excuse permanente, ou à la résignation. Selon les projections des Nations Unies, l’Afrique comptera autour de 2,5 milliards d’habitants à l’horizon 2050, soit plus d’un quart de l’humanité. Cette poussée démographique ne garantit rien par elle-même. Elle devient une puissance lorsque les institutions tiennent, lorsque la justice est crédible, lorsque l’économie récompense le travail plutôt que la prédation, et lorsque la vie publique repose sur le respect de la personne. Elle devient, au contraire, une vulnérabilité lorsque l’injustice, l’arbitraire, l’impunité et l’incompétence restent les règles. Notre actif est menacé, et il l’est de manière concrète. La confiscation politique, d’abord, lorsque le pouvoir cesse d’être un mandat et se transforme en propriété, ce qui fait reculer la loi, installe la peur, punit la vérité, et ferme l’avenir. La répression ne réduit pas seulement des individus au silence. Elle désorganise la société, brise la confiance, fragilise les solidarités, et finit par affaiblir durablement les nations. La confiscation économique, ensuite, lorsque les ressources sont gérées sans transparence, lorsque l’argent public sert des intérêts privés, lorsque les marchés sont capturés, et lorsque la monnaie ou les prix rendent la vie quotidienne instable. On présente souvent cette réalité comme une fatalité ou une crise abstraite, alors qu’elle découle de choix politiques, de règles injustes, et d’une impunité organisée. Ce qui a été construit par des décisions humaines peut être défait par d’autres décisions humaines, à condition de refuser l’habitude de l’impuissance. L’insécurité, enfin, doit être comprise comme une manifestation d’attaques prédatoires menées par des acteurs qui cherchent à dominer des territoires, des populations et des ressources. Lorsque l’état abdique, ces forces occupent l’espace, installent des systèmes de contrainte et d’extorsion, imposent leurs règles, leurs taxes et leurs violences, et transforment la peur en mode de gouvernement. La dignité recule alors à mesure que les conditions ordinaires de la vie sociale se défont, puisque l’école, le commerce, la mobilité, la confiance et l’investissement deviennent impossibles, ce qui compromet durablement toute capacité de construction. À ces menaces s’ajoute une réalité plus récente, souvent sous-estimée, celle de la capture numérique, lorsque nos données, nos infrastructures, nos moyens de communication et de paiement deviennent des leviers contrôlés ailleurs. Un continent dont les systèmes vitaux échappent à tout contrôle démocratique s’expose à une dépendance redoutable. Face à ce tableau, beaucoup se réfugient dans la fatigue, le cynisme, ou une forme d’exil intérieur. Je comprends ces réflexes, parce qu’ils naissent de blessures réelles. Je refuse cependant d’en faire une philosophie collective, car un continent ne se relève pas avec des consciences démissionnaires. C’est ici que la foi prend sa place, non comme un refuge mais comme un devoir. La foi, lorsqu’elle est authentique, n’est pas une anesthésie mais une discipline. Elle nous rappelle que la dignité n’est pas négociable, que l’injustice appelle une réponse, que la peur n’a pas le dernier mot, et que chacun porte une part du fardeau commun. La foi nous apprend le courage. Si nous voulons nous comporter comme des actionnaires responsables, trois exigences doivent structurer notre effort. 1. La lucidité, d’abord, qui consiste à nommer les faits sans détour, sans haine, et sans complaisance, en refusant la propagande comme le mensonge confortable. Une société qui perd l’amour de la vérité devient une proie, parce que le mensonge finit toujours par servir le plus fort. 2. L’organisation, ensuite, parce que la liberté ne s’obtient pas par accident. Elle se conquiert par méthode, par continuité, par alliances, par formation, et par protection mutuelle. Les peuples échouent rarement par manque de courage. Ils échouent plus souvent par dispersion. 3. L’action quotidienne, enfin, car les grandes bascules historiques naissent d’une discipline collective tenue dans le temps, jusqu’au jour où l’on découvre que l’ancien ordre, que l’on croyait invincible, ne tient plus. En cette fin d’année, il convient de nous rappeler que notre avenir ne dépend ni de la chance, ni de la bonne volonté de ceux qui nous dominent, ni d’une promesse extérieure qui viendrait enfin réparer ce que nous subissons. Il dépend de notre capacité à nous organiser, à former nos forces, à protéger nos voix, et à établir des règles qui rendent la vie vivable pour le plus grand nombre. L’année qui s’ouvre ne demande pas des miracles. Elle demande une discipline collective, une solidarité sans ostentation, et une fidélité à la dignité humaine, jusque dans les actes les plus ordinaires. Je souhaite que 2026 soit une année de clarté, de cohésion et de courage, une année où chacun, à son échelle, choisit de servir la valeur humaine de notre continent, au lieu de s’habituer à l’inacceptable. Nous avons le devoir de transmettre une Afrique plus juste que celle que nous avons reçue. Je termine par une phrase qui doit rester dans nos esprits, parce qu’elle résume la condition des peuples qui refusent de disparaître, et parce qu’elle ouvre l’année qui vient avec une force intérieure. « Ils ont essayé de nous enterrer. Ils ne savaient pas que nous étions des graines. » (proverbe vénézuélien). Bonne et Heureuse Année! Par Farida Bemba Nabourema Citoyenne africaine Désabusée!
TotalEnergies: les actionnaires approuvent la stratégie du groupe pétrolier

L’Assemblée générale mixte des actionnaires de TotalEnergies SE s’est réunie le 26 mai 2023 sous la présidence de M. Patrick Pouyanné. Les actionnaires ont adopté l’ensemble des résolutions agréées par le Conseil d’administration. Il s’agit notamment de l’approbation des comptes de l’exercice 2022 et la distribution d’un dividende total de 3,81 euros par action (dividende ordinaire et dividende exceptionnel), du renouvellement pour une période de trois ans des mandats d’administrateur de Mme Marie-Christine Coisne-Roquette et de Mark Cutifani, de la nomination pour une période de trois ans de Dierk Paskert et d’Anelise Lara en qualité d’administrateurs ainsi que de l’approbation des éléments de rémunération versés au cours de l’exercice 2022 ou attribués au titre de cet exercice ainsi que la politique de rémunération applicable en 2023 au Président-directeur général. Les actionnaires ont également adopté d’autres résolutions : diverses délégations de compétences et autorisations financières consenties au Conseil d’administration et la suppression des droits de vote double soutenue par la quasi-totalité des actionnaires (>99%). En outre, l’Assemblée générale a émis un avis consultatif favorable sur le rapport Sustainability & Climate – Progress Report 2023, rendant compte des progrès réalisés dans la mise en œuvre de l’ambition de la Société en matière de développement durable et de transition énergétique vers la neutralité carbone et de ses objectifs en la matière à horizon 2030, et complétant cette ambition. Les actionnaires ont ainsi voté en faveur de la résolution consultative proposée par le Conseil d’administration à une très large majorité, avec 89% des voix exprimées, confortant le vote exprimé par les actionnaires en 2022 ainsi que la stratégie de la Compagnie. A l’inverse, la résolution consultative déposée par un groupe d’actionnaires concernant les émissions indirectes dites de scope 3 a été rejetée par 70 % des voix exprimées, suivant ainsi la recommandation du Conseil. Le Conseil d’administration poursuivra son dialogue avec tous les actionnaires concernant la stratégie Climat de la Compagnie.
Afrique : Les actionnaires de la Société islamique d’assurance des investissements et des crédits à l’exportation approuvent une augmentation substantielle de capital
Le Conseil des gouverneurs de la Société islamique d’assurance des investissements et des crédits à l’exportation (SIACE) a approuvé une augmentation de capital de 600 millions de DI (environ 805 millions de dollars des Etats Unis) pour le principal assureur multilatéral conforme à la charia lors de sa 29ème réunion annuelle tenue à Sharm El Sheikh, en Egypte le 4 juin 2022. Les gouverneurs ont approuvé une augmentation de 150% du capital autorisé de la SIACE pour en faire 1 milliard de DI (environ 1,35 milliard de dollars des Etats Unis), l’augmentation la plus importante de son histoire. Basé sur cette approbation, le capital souscrit devrait être augmenté de 168%, passant de 297 millions de DI (environ 398 millions de Dollars des Etats Unis) à 797 millions de DI (environ 1,08 milliard de Dollars des Etats Unis). En plus, une catégorie spéciale d’actions comprenant 100 millions de DI (environ 135 millions de dollars des Etats Unis) du capital augmenté a été allouée à la souscription par des institutions financières détenues par les États membres de la SIACE. La réunion du Conseil des gouverneurs de la SIACE s’est tenue lors des 47e Assemblées annuelles du Groupe de la Banque islamique de développement (BID) du 1er au 4 juin 2022 à Sharm El Sheikh, en Égypte, au cours desquelles le Conseil a également approuvé le rapport annuel de 2021 et les états financiers audités de la Société. L’approbation de l’augmentation de capital souligne le soutien solide dont jouit la SIACE de la part de ses États membres et un appui de ses plans de croissance stratégique dans la réalisation des objectifs de développement durable de ses États membres. En outre, l’approbation met en évidence la variété des ressources en capital, avec l’inclusion des institutions financières, tout en accordant la priorité à son mandat aux États membres. Selon le DG de la SIACE, M. Oussama Kaissi, « le capital est important pour un assureur multilatéral, car il détermine notre capacité à souscrire davantage d’affaires et à renforcer la capacité de réassurance pour soutenir nos États membres. Le président du conseil d’administration de la SIACE, S.E. Dr. Muhammad Sulaiman Al Jasser, et l’ensemble du Conseil d’administration ont considérablement soutenu la direction de la SIACE. Le Conseil d’administration a reconnu la nécessité d’augmenter le capital de la SIACE afin de continuer à mener efficacement son mandat de développement. Par ailleurs, cette augmentation de capital renforcera la solidité financière de la SIACE et ses ressources en fonds propres porteurs de pertes, et améliorera sa position concurrentielle sur le marché et sa capacité de génération de capital interne, renforçant ainsi ses fondamentaux de crédit. » Malgré une année difficile aggravée par l’impact économique mondial de la pandémie du COVID-19, la SIACE a annoncé des affaires assurées totalisant 9,8 milliards de dollars américains en 2021. L’environnement commercial de la SIACE en 2021 a été marqué par des risques sans précédent, par des priorités changeantes et par les initiatives de réponse du Groupe BID au COVID-19. Malgré l’impact de la pandémie sur les opérations d’assurance et la forte baisse des taux d’investissement de trésorerie du marché, les résultats nets des entreprises pour 2021 sont restés solides avec un excédent de 9,3 millions de dollars des Etats Unis, soit l’équivalent d’une réalisation de 182% de l’objectif du plan d’affaires pour l’année.