Salon international de l’entrepreneuriat de l’AES : Le Premier ministre Abdoulaye MAÏGA invite les acteurs à renforcer les capacités et les stratégies face aux défis

Salon international de l’entrepreneuriat de l’AES : Le Premier ministre Abdoulaye MAÏGA invite les acteurs à renforcer les capacités et les stratégies face aux défis

Avec plus de 70 millions d’habitants et un taux de croissance positive, les Pays de l’AES possèdent de nombreuses opportunités dans le domaine de l’entrepreneuriat permettant la création d’emplois et de revenus pour les populations, notamment les jeunes et les femmes. Dans cette dynamique, le Premier ministre, sous l’impulsion du Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi GOÏTA a présidé, ce mardi 18 novembre 2025, la cérémonie d’ouverture du Salon International de l’Entrepreneuriat National. En effet, le Salon International de l’Entrepreneuriat de l’AES constitue une initiative stratégique au service de la souveraineté économique, de la coopération régionale et du développement inclusif. Il s’agit de promouvoir un entrepreneuriat national inclusif et innovant comme moteur de développement économique dans l’Espace confédéral ; d’offrir une plateforme régionale de valorisation de l’initiative privée ; de mobilisation des partenaires techniques et des investisseurs privés autour de projets structurants ; de contribution à la création d’emplois durables et de richesses. Selon la Ministre de l’Entrepreneuriat National, de l’Emploi et de la Formation Professionnelle, Oumou SALL SECK, l’entrepreneuriat est une clé, notamment, du développement économique, de la gestion durable de l’environnement, de l’adaptation aux changements climatiques et de la résilience. En droite ligne du thème retenu « Entrepreneuriat, facteur d’intégration et de développement économique des pays de la confédération AES », le Premier ministre a soulevé l’opportunité de faire le diagnostic de la création et du développement des entreprises, de renforcer les capacités des jeunes et des femmes en entrepreneuriat et de proposer des mesures palliatives adaptées à notre contexte en privilégiant l’innovation et le réseautage. Pour le Premier ministre, il s’agit d’acquérir les capacités et les stratégies pour surmonter les défis dans un contexte international difficile marqué par des entreprises de déstabilisation et des pressions sous diverses formes pour tenter de saper le développement légitime des populations. D’où l’intérêt de renforcer les outils locaux de développement, dont l’entrepreneuriat. Le Chef du Gouvernement a salué la présence de délégations de l’AES et du Ghana, comme pour rappeler que le Mali reste un pays très fréquentable, « un pays non isolé, en paix avec lui-même et avec les autres, un pays, qui avance, n’en déplaise aux oiseaux de mauvais augure, qui cherchent, vainement, à saper le moral des Maliens par la désinformation et l’intoxication ». Durant quatre jours, le Salon International de l’Entrepreneuriat, servira de cadre de formation, de panels, de concours d’idées et de rencontres BtoB.

Les acteurs et réalisateurs de la diaspora africaine en Europe cherchent leur place

Les acteurs et réalisateurs de la diaspora africaine en Europe cherchent leur place

Le Festival de Cinéma Africain de Tarifa-Tanger donne la parole à des artistes noirs de l’Espagne, du Portugal, du Royaume-Uni et de l’Italie. Modérés par la journaliste espagnole Lucia Mbomio, plusieurs des artistes noirs les plus renommés d’Europe se sont réunis à Tarifa, ville espagnole située à 14 kilomètres de la côte marocaine, pour discuter de leur situation dans différents contextes géographiques. Samedi dernier neuf acteurs ont mis en commun des expériences, des problématiques et des défis dans le but de revendiquer la visibilité et la normalisation de la présence de comédiens d’origine africaine dans la production audiovisuelle de chaque pays représenté dans l’espace de formation et réflexion l’Arbre à Palabres du Festival de Cinéma Africain de Tarifa-Tanger 2018, célébré cette semaine. Les afro-descendants espagnols ont eu une participation considérable au festival, comme illustré sur l’affiche de la 15ème édition du FCAT. Le protagoniste : Emilio Buale, le premier acteur espagnol d’origine africaine à avoir un rôle significatif dans un film Bwana (1996) du réalisateur Imanol Uribe. D’ailleurs, Lucia Mbomio a rompu la glace du débat dénonçant que la plupart des acteurs noirs en Espagne sont attachés à représenter « des personnages hypersexualisés, des pauvres ou des soigneurs, entre autres ». Mbomio a dénoncé les productions espagnoles se déroulant dans une Afrique rurale qui ignore la vie urbaine des années de la lutte pour l’indépendance. Ensuite, l’actrice hispano-marocaine Farah Hamed, née à Tétouan et grandie à Algésiras, a affirmé que: « la plupart des rôles que nous devons jouer représentent une réalité caduque ». Cependant, Hamed a reconnu que les choses ont changé dernièrement et les rôles deviennent plus réels et moins stéréotypés. Astrid Jones, espagnole d’origine de la Guinée Equatoriale, a avoué qu’elle a refusé de devoir être toujours attachée à « jouer l’immigrante, la prostituée ou la domestique », des personnages stéréotypés très éloignés de la réalité. D’autre part, Iris Peynado, actrice dominicaine de 60 ans résidant en Italie, a mis en lumière l’aggravant de la couleur de la peau et du genre pour les artistes d’origine afro. Peynado avoue avoir eu une carrière couronnée de succès jusqu’au moment où elle est devenue plus âgée. Elle a déclaré que le seul espace pour les acteurs noirs dans ce pays est borné à représenter « la brésilienne ou la roumaine » et qu’il est ardu de convaincre les italiens qu’il « devrait y avoir d’autres rôles pour nous ». Finalement, Ângelo Torres, acteur de São Tomé-et-Principe, résidant à Lisbonne, a proclamé que « le Portugal accepte que les noires restent dans l’exploitation agricole mais quand il faut les inviter à la casa grande (maison du maître), les problèmes arrivent ». En revanche, il a souligné que la situation des acteurs noirs au Portugal est très différente par rapport à d’autres pays européens. Torres a admis que les comédiens afro-descendants ont un lien plus étroit avec la production théâtrale ou cinématographique des pays lusophones que les espagnols ou les italiens. Les réalisateurs afrodescendants en Europe Newton I. Awaka, réalisateur nigérian, auteur de Rage, le premier film réalisé par un cinéaste noir dans l’histoire du cinéma britannique, affirme que l’Europe et les grands producteurs de l’industrie audiovisuelle et les systèmes publiques de financement du cinéma ont peur des cinéastes afro-descendants : « Ils craignent la voix des noirs, ils craignent qu’on dévoile notre vérité ». Il a expliqué également qu’il ne s’agit pas d’un groupe de blancs conspirant pour empêcher que les noirs se fassent entendre, mais plutôt d’un racisme institutionnel qui se trouve dans l’inconscient des élites européennes du domaine de l’art et de la culture. « Ils ont peur simplement de notre regard sur la réalité ». A son tour, Santiago Zannou, réalisateur de El truco del manco, lauréat de trois prix Goyas en 2009, a expliqué que « l’industrie est juste intéressée par la vision de la réalité des blancs ». Zannou a critiqué le long-métrage espagnol El cuaderno de Sara, inadmissible et offensif pour les africains par sa vision paternaliste et réductionniste sur l’Afrique, un monstre qui menace les blancs. Zannou a parlé de l’ignorance et du cynisme des grands groupes médiatiques espagnols. « J’ai présenté à une dame un projet d’un film que je voulais faire et la première des choses qu’elle m’a demandé : Mais penses-tu vraiment qu’il y-a-t-il du racisme en Espagne ? ». Finalement, Fred Kudjo Kuornu, réalisateur italo-ghanéen, a expliqué qu’il a trouvé plus facile de tourner aux États-Unis qu’en Italie. Selon le réalisateur de Blaxploitalian, il est ardu d’obtenir des fonds du système publique de financement italien et qu’il est obligé d’autoproduire ses œuvres. Il a assuré également que les producteurs préfèrent des projets de cinéastes blancs et quand ils reçoivent ceux d’un cinéaste noir parfois ils ne les lisent même pas. Cette édition de l’Arbre à Palabres se déroule dans le cadre du Programme ACERCA de l’Agence Espagnole de Coopération et Développement, AECID. Avec FCAT