Maroc. Le secteur des assurances retrouve son dynamisme

Maroc. Le secteur des assurances retrouve son dynamisme

Le secteur des assurances a connu une reprise de sa dynamique en 2024, selon le 12ème rapport annuel sur la stabilité financière publié récemment soulignant un contexte de croissance économique modérée. Une performance portée par les bons résultats des branches vie et non-vie en 2024   « Le secteur des assurances a affiché en 2024 une bonne dynamique », souligne le document publié conjointement par Bank Al-Maghrib (BAM), l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS) et l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC). Cette progression réaffirme son rôle essentiel dans la protection des populations et le financement de l’économie. Porté par la performance des branches vie et non-vie, le chiffre d’affaires du secteur a enregistré une croissance de 5,1% au terme de l’année 2024, atteignant 58,8 milliards de dirhams. La collecte épargne, principal moteur de la branche « Assurance vie » Selon les données recueillies, « l’assurance vie a atteint un volume de primes de 27,1 milliards de dirhams, en hausse de 5% par rapport à 2023 », a fait savoir le rapport précisant que cette évolution a renoué ainsi avec un rythme de croissance plus soutenu après une forte décélération constatée une année auparavant (+1,8%). Les données recueillies montrent que la collecte épargne, qui occupe un poids important dans l’assurance vie (87,3%), a été le principal moteur de progression de cette branche. En effet, en dépit d’un contexte marqué par la dégradation du pouvoir d’achat des ménages liée au récent choc inflationniste, elle a drainé 23,7 milliards de chiffres d’affaires au cours de l’année écoulée avec un taux de croissance de 5,3%. D’après le rapport, « la dynamique de l’épargne a notamment profité de la bonne tenue des supports en unités de compte, dont les primes ont crû de 24,4% bénéficiant de l’embellie des marchés financiers ». En dépit de leur modeste poids estimé à 5,8%, « les supports en unités de compte présentent un fort potentiel de développement porté par des perspectives de rendement attractives et par la volonté des assureurs à maîtriser leur risque financier, en particulier dans un environnement empreint d’incertitudes », ont noté BAM, ACAPS et AMMC. Poursuivant une croissance comparable à celle de l’année précédente, l’assurance Décès a enregistré une hausse de 3,2% portant le volume des primes à 3,4 milliards de dirhams. De l’avis des trois institutions, cette catégorie reste majoritairement tirée par l’assurance décès emprunteur (57,9%) qui joue un rôle essentiel dans la sécurisation des crédits. L’assurance automobile conserve sa position dominante Toujours selon le rapport, avec un taux de 5,2%, l’assurance non vie a poursuivi sa trajectoire de croissance pour atteindre un volume de primes de 31,6 milliards de dirhams en 2024. En progression de 5,6% par rapport à l’année précédente, l’assurance automobile a conservé sa position dominante avec un chiffre d’affaires de 15,2 milliards de dirhams. Elle a été suivie de la catégorie «Accidents corporels / Maladie / Maternité» avec une hausse de 4,3% et un volume de primes estimé à 5,6 milliards de dirhams. Avec un volume de primes de 2,8 milliards de dirhams, la catégorie «Accidents du travail et maladies professionnelles» a enregistré une croissance de 7,7%, a indiqué le rapport précisant que ces catégories représentent 74,4% du chiffre d’affaires de la non vie. Quant aux autres catégories de cette branche, les chiffres suggèrent qu’elles ont totalisé un volume de 8,1 milliards de dirhams, avec un taux de croissance de 4,3% en 2024. Le rapport fait, par ailleurs, état de l’augmentation de 9,4% des acceptations en réassurance pour atteindre un montant de 4,2 milliards de dirhams. Principalement axée sur la branche non vie (95,2%), cette activité reste largement dominée par le réassureur exclusif qui capte environ 80% de part de marché, a fait savoir la même source. Assurance Takaful : forte hausse des primes émises En générant un total de 94,9 millions de dirhams de primes, l’activité Takaful a enregistré une hausse de 44,1% par rapport à 2023, grâce principalement aux branches décès (+38,3%) et incendie (+33,8%). Ces deux branches ont généré respectivement un total de 80,8 et 8,1 millions de dirhams de primes. A noter que les acceptations, pour ce qui est de la réassurance de l’activité Takaful,  ont enregistré un chiffre d’affaires de 18 millions de dirhams en 2024 contre 5 millions de dirhams un an auparavant. Signalons également que « le chiffre d’affaires global du secteur des assurances, incluant l’activité Takaful ainsi que les acceptations en réassurance, s’est élevé à 63,1 milliards de dirhams en 2024, affichant une progression de 5,4% par rapport à l’année 2023 », comme l’ont relevé BAM, ACAPS et AMMC dans leur rapport. Tenant compte de l’évolution des primes (hors acceptation en réassurance), conjuguée à une progression plus marquée du PIB en valeur, les trois institutions concluent que « le taux de pénétration a légèrement reculé pour atteindre 3,7% contre 3,8% un an auparavant ». Alain Bouithy

Maroc. Le secteur bancaire maintient sa capacité de résilience face aux chocs macroéconomiques 

Maroc. Le secteur bancaire maintient sa capacité de résilience face aux chocs macroéconomiques 

Le secteur bancaire conserve sa capacité à faire face aux perturbations macroéconomiques, sans compromettre le respect des normes réglementaires, selon le 12ème rapport annuel sur la stabilité financière – Exercice 2024. D’après le document publié conjointement par Bank Al-Maghrib (BAM), l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS) et l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC), les tests de résistance macroéconomiques de solvabilité, menés par la Banque centrale sur la base de ses prévisions de juin 2025, ont réaffirmé la capacité des établissements bancaires « à absorber les chocs économiques tout en continuant de satisfaire les exigences réglementaires ». En générant un résultat net sur base sociale de 15,7 milliards de dirhams, le  secteur bancaire a poursuivi la consolidation de son assise financière a fait remarquer ledit rapport notant que le rendement de ses actifs est ressorti ainsi à 0,9% et celui de ses fonds propres à 9,5%. De l’avis des experts des trois institutions, «cette évolution lui a permis de renforcer le niveau d’adéquation de ses fonds propres, avec un ratio de solvabilité global de 16,2% et un ratio de fonds propres de base moyen de 13,5% ». Et de préciser que, sur base consolidée, ces ratios ressortent respectivement à 14,1% et 12,3% ». Il est important de noter qu’en termes de liquidité, les banques ont clôturé l’année 2024 avec un ratio à court terme (LCR) de 182%. Ce qui est bien au-dessus du minimum réglementaire de 100% et ce, en dépit de la hausse des besoins de liquidité en lien avec l’augmentation de la circulation fiduciaire. Le secteur des assurances a continué d’évoluer dans une dynamique favorable, son chiffre d’affaires global s’étant établi à 58,8 milliards de dirhams. Ce qui correspond à une hausse de 5,1%, répartie de manière équilibrée entre la branche non-vie (+5,2%) et la branche vie (+5%) qui « a renoué avec un rythme de croissance plus soutenu après une forte décélération constatée une année auparavant (+1,8%) ». Sur le plan de la rentabilité, le secteur a généré un résultat net comptable en hausse de 2,9% par rapport à 2023, à 4,4 milliards de dirhams, reflétant principalement les bonnes performances des activités non techniques et financières. Dans ces conditions, le rapport indique que le rendement des fonds propres (ROE) est resté quasi-stable à 9,6%. Et de constater une nette appréciation de +70% des plus-values dans le sillage de la bonne tenue du marché boursier et de la baisse des taux. Autre constat rapporté : les exercices de stress tests ont fait ressortir la résilience globale des entreprises d’assurances face aux conditions macroéconomiques et techniques défavorables. Dans un tout autre registre, et en dépit de l’amélioration temporaire de certains indicateurs financiers, notamment pour les régimes du secteur public, il ressort que les régimes de retraite de base ont continué d’enregistrer des déséquilibres structurels. BAM, ACAPS et AMMC constatent toutefois que la viabilité à long terme de ces régimes n’a pas connu d’amélioration significative. Toujours selon ledit rapport, « sur le marché boursier, l’indice MASI a enregistré une performance annuelle de 22,16% et la capitalisation boursière a progressé de 20% ». Alain Bouithy

Maroc. Le portefeuille des créances en souffrance des banques atteint 85 milliards de dirhams en 2021

Maroc. Le portefeuille des créances en souffrance des banques atteint 85 milliards de dirhams en 2021

Le portefeuille des créances en souffrance détenu par les banques a  enregistré une hausse de 6,7% en 2021 contre une progression de 14% un an auparavant, ont annoncé Bank Al-Maghrib (BAM), l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS) et l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC). Selon le dernier rapport annuel sur la stabilité financière- Exercice 2021, publié conjointement par ces trois institutions publiques, il a ainsi décéléré pour atteindre près de 85 milliards de dirhams au terme de l’année écoulée. Ce ralentissement de la sinistralité serait lié à la reprise de l’activité économique, ont indiqué BAM, l’ACAPS et l’AMMC précisant qu’il a concerné à la fois les prêts accordés aux ménages et ceux destinés aux entreprises non financières. Selon le rapport rendu public récemment, les créances non performantes des ménages, détenues par les banques, sont passées d’une progression de 19,3% en  2020 à 7,8% au terme de l’année 2021.  Elles ont ainsi décéléré par rapport à l’année précédente pour atteindre plus de 30 milliards de dirhams. La même source indique que les créances en défaut des entreprises non financières ont augmenté de 6,6% contre 11,3% une année auparavant. A noter que « les secteurs d’activité les plus sinistrés sont ceux du BTP, des industries manufacturières et de l’hôtellerie, enregistrant respectivement des hausses de 17,3%, 9,1% et 30,1%, soit des créances additionnelles de 1,5 milliard, 1,3 milliard et 1,1 milliard de dirhams d’une année à l’autre », a souligné le rapport. « Dans l’ensemble, le taux de sinistralité moyen du secteur bancaire s’est établi à 8,5% contre 8,2% une année auparavant », d’après les trois organismes publics qui précisent que pour les trois banques systémiques ensemble, ce ratio s’est établi à 7,9% en 2021 après 7,5% en 2020. Représentant plus de 83% des créances en souffrance, l’encours des créances compromises a connu une décélération au titre de l’année écoulée, rapportent BAM, l’ACAPS et l’AMMC dans leur rapport. Les trois institutions constatent qu’il est revenu à 8,7%, après une progression de 13,8% observée une année auparavant, pour s’établir à 70,8 milliards de dirhams. Représentant respectivement 8% et 9% du total des créances en souffrance,  les créances pré-douteuses ont augmenté de 12,8%, tandis que celles dites douteuses ont enregistré une contraction de 12,5%. Dans ce contexte d’augmentation de la sinistralité, la Banque centrale, l’ACAPS et l’AMMC rapportent que les provisions spécifiques ont enregistré une hausse de 4,9% contre 12,9% en 2020. Ce qui ramène le taux de couverture moyen à près de 68% après 69%. Comme le précise le rapport, « ce taux ressort à 74,8% pour les créances compromises, 50,7% pour les créances douteuses, et 9,4% pour les créances pré-douteuses » ajoutant que pour les trois banques systémiques, le taux de couverture s’est établi autour de 67%. Notons enfin qu’au terme de l’année 2021, les banques ont également constitué des provisions à caractère général, d’un montant de 13,5 milliards de dirhams, en légère baisse de près de 1,9% par rapport à 2020. Ainsi que le relèvent les trois organismes publics dans leur rapport, « ces provisions constituent pour les banques un volant de sécurité permettant de couvrir les risques latents ». Alain Bouithy

Maroc. Baisse des prix de l’immobilier sur l’ensemble de l’année 2021

Maroc. Baisse des prix de l’immobilier sur l’ensemble de l’année 2021

Les prix des actifs immobiliers se sont inscrits en baisse de 3,3% sur l’ensemble de l’année 2021, par rapport au niveau de l’année précédente, selon BankAl-Maghrib (BAM), l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS) et l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC). « Cette dépréciation recouvre des replis de 4% des prix des actifs résidentiels, de 1,9% de ceux des terrains et de 4,6% de ceux des biens à usage professionnel », ont indiqué ces trois institutions publiques dans un rapport annuel sur la stabilité financière –Exercice 2021. Après avoir accusé une baisse de 13,6% en 2020 consécutive à l’impact de la crise de la Covid-19, le nombre de transactions immobilières a enregistré une forte hausse de 33,1% en 2021, ont souligné BAM, l’ACAPS et l’AMMC dans ce document qui retrace les événements survenus au niveau macroéconomique sur la scène internationale et nationale, les risques y afférents ainsi que leurs impacts potentiels ou avérés sur le système financier. Selon le rapport conjoint rendu public dernièrement, ce rebond a concerné l’ensemble des catégories de biens immobiliers, avec des taux de progression de 26,4% pour le résidentiel, de 50,3% pour le foncier et de 46,3% pour les biens à usage professionnel. Notons qu’au terme de l’année écoulée, l’encours des crédits immobiliers s’est, pour sa part, apprécié de 2,4% pour s’établir à 291,1 milliards de dirhams. Dans leur rapport, les trois organismes publics attribuent cette évolution notamment à la progression des crédits à l’habitat (+4,7%), lesquels ont été encouragés par le tassement des taux d’intérêt immobiliers et le maintien au titre du 1er semestre de l’année 2021 de certains avantages fiscaux sur les droits d’enregistrement. D’après la même source, l’encours des crédits à la promotion immobilière a accusé une baisse de 8% au titre de l’année 2021. Pour BAM, l’ACAPS et l’AMMC, ce recul traduit particulièrement la poursuite de l’écoulement des stocks des invendus amenant les promoteurs à limiter leur endettement. Au niveau mondial, les données recueillies font état du redressement graduel des marchés immobiliers au terme de l’année dernière. En effet, comme le relève le rapport, un renchérissement quasi-généralisé des biens immobiliers résidentiels a été constaté au cours de l’année dernière, notamment dans les pays avancés qui ont enregistré une hausse des prix de 8,2% après 4,3% en 2020. Selon les explications des auteurs dudit rapport, cet accroissement de la valeur des logements immobiliers résulte de la forte demande, elle-même stimulée par le niveau relativement bas des taux s’intérêt et la recherche d’un lieu de résidence plus spacieux. Dans le détail, les données recueillies montrent que les évolutions les plus marquées ont concerné principalement la Nouvelle-Zélande (21,5%, après, 8,3%), les Pays-Bas (11,9%, après 6,3%) et les Etats- Unis (10,6%, après 5,1%). Le rapport relève en revanche, que « la hausse des prix s’est limitée à 2,2% dans les pays émergents, couvrant des évolutions contrastées entre les pays, allant d’un repli en Malaisie (-1,8%) et aux Philippines (-4,3%) à une forte croissance en Chili (7,1%) et en Turquie (16,3%) ». Il est à souligner que l’immobilier commercial a commencé à se remettre des répercussions de la pandémie au cours de la même année, grâce au retour graduel de l’activité économique. Dans ce contexte, « plusieurs pays ont enregistré une atténuation des baisses des prix, voire un accroissement de la valeur des biens à usage professionnel », ont fait savoir les trois institutions dans leur rapport. Alain Bouithy

Maroc/Lutte contre la corruption : Bank Al-Maghrib, l’AMMC, l’ACAPS et l’INPPLC approuvent la feuille de route 2022

Maroc/Lutte contre la corruption : Bank Al-Maghrib, l’AMMC, l’ACAPS et l’INPPLC approuvent la feuille de route 2022

En partenariat avec l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption (INPPLC), les autorités du secteur financier que sont Bank Al-Maghrib, l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) et l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS) ont tenu, le 25 février dernier, leur deuxième réunion annuelle de haut niveau dans le cadre de la Convention de Coopération dans le domaine de la prévention et de la lutte contre la corruption dans le secteur financier, signée entre les quatre institutions en novembre 2019. Cette réunion a été consacrée à l’examen du bilan de la mise en œuvre de ladite Convention au titre de l’année 2021, et à l’approbation de la feuille de route pour l’année 2022. L’année 2021 a été marquée par la réalisation de plusieurs actions visant à soutenir la dynamique sectorielle dans le domaine de la prévention et de la lutte contre la corruption. Ainsi, la campagne de sensibilisation à grande échelle, entamée en 2020, a été poursuivie en 2021 au profit de plus de 160 cadres et dirigeants, représentant près de 120 acteurs du secteur financier (établissements de paiement, intervenants du marché des capitaux, sociétés d’assurances et de réassurance, et organismes de la prévoyance sociale). Elle a été couronnée par l’élaboration d’un guide destiné à l’ensemble des acteurs du secteur pour une meilleure appropriation desconcepts et méthodes liés aux dispositifs anticorruption. Parallèlement, la finalisation d’une cartographie des risques de corruption dans le secteur bancaire devrait permettre une définition adaptée des actions de maîtrise associées. La feuille de route pour l’année 2022 vise le renforcement des actions de sensibilisation et de formation spécialisées, le développement des opportunités de partage d’expertise avec les acteurs nationaux et internationaux, l’accompagnement à la mise en place de dispositifs anticorruption en ligne avec la norme ISO 37001 et l’élaboration de directives en vue de les encadrer. Les quatre autorités renouvellent ainsi leur engagement à consolider et à renforcer la coopération sectorielle dans la prévention et la lutte contre la corruption, dans le sillage de la stratégie nationale en la matière. Avec CP

Maroc. L’endettement financier des entreprises non financières décélère en 2020

Maroc. L’endettement financier des entreprises non financières décélère en 2020

Le rythme d’évolution annuelle de la dette financière des entreprises non financières a ralenti à 2,4% au terme de l’année 2020, après une progression de 3,9% en 2019, pour s’établir à près de 807,7 milliards de dirhams. « Ce ralentissement s’expliquerait par la baisse voire l’arrêt d’activité résultant des effets de la pandémie », indiquent Bank Al-Maghrib (BAM), l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS) et l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC). Dans un rapport sur la stabilité financière 2020, rendu public récemment, ces trois institutions publiques précisent que ce ralentissement concerne à la fois la croissance de la dette financière des entreprises privées (3,5% après 5% une année auparavant) et celle des entreprises publiques (0,3% à fin 2020 contre 1,9% en 2019). Pour rappel, plus de 16% des entreprises ont été en arrêt définitif ou temporaire au terme du second semestre de 2020, comme l’avait révélé le Haut-commissariat au plan (HCP) au terme d’une enquête menée en début d’année dans le cadre du suivi des effets de la crise Covid-19 sur l’activité des entreprises. Dans leur rapport, BAM, l’ACAPS et l’AMMC soulignent qu’en dépit de la décélération de l’endettement financier des entreprises, le ratio de leur dette rapportée au PIB s’est inscrit en hausse de 74,1% à fin 2020 après son maintien à 68,4% en 2018 et 2019. A en croire ces trois organismes, « cette évolution est imputable à la forte contraction du PIB en 2020 dans le sillage de la crise sanitaire». Dans le détail, il ressort du rapport que l’endettement financier des entreprises privées, qui constitue les deux tiers de la dette financière globale des entreprises non financières, s’est chiffré à 531,4 milliards de dirhams au terme de l’année écoulée, ce qui représente 49,6% du PIB. Selon les auteurs dudit rapport, « cette évolution s’explique essentiellement par le ralentissement de leur dette bancaire, passant de 6,1% à 3,3% d’une année à l’autre, qui continue de constituer leur principale source de financement (89%) ». Poursuivant sa tendance baissière entamée depuis 2015, le rythme de progression de la dette financière des entreprises publiques  a marqué un léger accroissement de 0,3% en 2020 pour atteindre 276,3 milliards de dirhams, soit 25,8% du PIB après 23,9% à fin 2019. D’après BAM, l’ACAPS et l’AMMC,  « cette décélération est imputable au recul de la composante extérieure de leur endettement financier qui s’est repliée de 2% après une baisse de 1,1% en 2019 ». A noter également le ralentissement à 2,8% des emprunts bancaires des entreprises non financières qui se sont établis à 525,4 milliards de dirhams, après une croissance de 5,4% enregistrée en 2019. Ces emprunts ont ainsi représenté 48,2% du PIB, correspondant à un bond de 3,9 points de pourcentage par rapport à 2019, selon la même source qui indique, par ailleurs, que la part de la dette bancaire des entreprises s’est maintenue autour de 65% de leur endettement financier global. D’après le rapport, « dans le contexte de crise sanitaire, l’examen de la structure de l’endettement bancaire fait ressortir que les crédits additionnels contractés par les entreprises non financières ont été essentiellement destinés à couvrir leurs besoins de trésorerie, comme l’illustre la progression notable de 12,5% de l’encours des crédits de trésorerie, totalisant 215 milliards de dirhams, soit une part de 41% de la dette bancaire». La même source poursuit attribuant la dynamique qu’ont connue les crédits de trésorerie aux mesures de soutien et de relance déployées par les autorités, particulièrement, le dispositif de garantie par l’Etat (notamment le produit «Damane Oxygène»). Notons que « les crédits accordés dans le cadre des programmes «Damane Relance» et «Damane Oxygène» ont culminé  à près de 53 milliards de dirhams à fin 2020 et ont bénéficié à près de 66.200 entreprises, comme le souligne le rapport notant, par ailleurs, que la dette bancaire contractée pour des besoins de financement des biens d’équipement et celle destinée à financer la promotion immobilière ont marqué respectivement un recul de 2,6% et 0,5%, après des hausses de 4,2% et 3,2% en 2019. Représentant une part de 25% de leur dette financière globale, la composante extérieure de l’endettement des entreprises non financières a, de son côté, poursuivi sa tendance baissière avec une contraction en 2020 de 2,9%, pour s’établir à 198 milliards de dirhams. Alain Bouithy

De nouvelles armes contre la corruption dans le secteur financier (Maroc)

De nouvelles armes contre la corruption dans le secteur financier (Maroc)

La prévention et la lutte contre la corruption dans le secteur financier s’intensifient avec la signature, jeudi 28 novembre dernier à Rabat, d’une convention de coopération entre quatre grandes institutions opérant dans le monde de la finance. En effet, à la veille des Journées internationale et nationale de lutte contre la corruption, célébrées respectivement les 9 décembre et 10 janvier prochains, Bank Al-Maghrib, l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption (INPPLC), l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) et l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS) ont procédé à la signature d’une convention de coopération qui fixe les domaines et les modalités de coopération entre les parties signataires, en matière de prévention et de lutte contre la corruption dans le secteur financier. «Cette action qui s’inscrit dans le sillage de la stratégie nationale de lutte contre la corruption, traduit la volonté commune des quatre institutions de renforcer le cadre de gouvernance régissant l’accomplissement de leurs missions respectives, en la matière», ont souligné les parties signataires dans un communiqué conjoint. L’échange d’expériences et d’expertises dans le domaine de la prévention et de la lutte contre la corruption, l’organisation d’actions de sensibilisation et de formation au profit de leur personnel et des acteurs du secteur financier, ainsi que l’élaboration d’études et d’analyses permettant de renforcer la maîtrise du risque de corruption. Tels sont les principaux domaines couverts par cette convention dont la mise en œuvre se traduira par l’élaboration d’un plan d’action dédié et la publication d’un bilan annuel de sa réalisation. Si le fléau de la corruption n’est plus considéré comme un tabou, «les principales institutions internationales s’accordent pour le reconnaître comme une entrave au développement, dans la mesure où il fragilise les institutions, compromet la confiance entre les acteurs sociaux et menace l’économie et la paix sociale», a déclaré le wali de Bank Al- Maghrib, Abdellatif Jouahri, lors de la cérémonie de remise du certificat ISO 37001 à BAM. A ce propos, il est à noter que Bank Al-Maghrib a obtenu la certification à la norme ISO 37001 de son Système de management anti-corruption, pour l’ensemble de ses processus métier et support, au terme de l’audit effectué par le Cabinet Euro-Compliance, en octobre 2019. La cérémonie de remise du certificat a eu lieu le 28 novembre, à Rabat, en présence des membres du Conseil de la banque, de ses partenaires institutionnels et de représentants de la société civile. «Cette certification vient renforcer les actions entreprises par Bank Al-Maghrib, en matière d’éthique et de déontologie, en dotant la banque d’un dispositif de lutte anti-corruption intégré et structuré», a indiqué BAM dans une note rendue publique le jour même. Piloté par le haut management de BAM, le système est construit autour des principales composantes. A savoir : une politique anti-corruption, publiée en interne et en externe ; un dispositif de gestion des risques spécifiques aux activités de la banque ; des actions continues de sensibilisation et de formation ainsi qu’un système d’alerte éthique ouvert au personnel et aux partenaires. «A travers ce système, Bank Al-Maghrib a également pour ambition de contribuer activement, aux côtés de l’ensemble des acteurs du secteur financier, à la dynamique de lutte anti-corruption et ce, dans le sillage de la stratégie nationale adoptée en la matière», souligne la banque centrale dans sa note. Pour Abdellatif Jouahri, «la confiance que notre institution doit inspirer pour mener les missions qui lui sont dévolues et qui ont été récemment élargies par son nouveau statut, exige de nous un ancrage sans faille à l’éthique et un engagement permanent, empreint de rigueur et d’intégrité». Alain Bouithy

L’ACAPS dresse le bilan de la prévoyance sociale au Maroc

L’ACAPS dresse le bilan de la prévoyance sociale au Maroc

L’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS) a publié récemment des chiffres très éloquents sur l’évolution du secteur de la prévoyance sociale au Maroc. Dans son rapport annuel sur le secteur de la prévoyance sociale au titre de 2017, riche en enseignements pour qui veut comprendre l’avenir du système de couverture sociale, l’organisme public a relevé quelques améliorations dont celle du montant des cotisations et contributions collectées par les régimes de retraite de base qui a progressé de 5,8% à 45,1 milliards de dirhams (MMDH). Constituant 73,6% du total de leurs ressources, ces cotisations et contributions ont connu une hausse annuelle moyenne de 7% sur la période 2013-2017, a indiqué l’ACAPS. Ainsi, selon le rapport, entre 2016 et 2017, le montant de ces cotisations et contributions est passé de 42,6 à 45,1 milliards de dirhams. Et de préciser que la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) et la Caisse marocaine de retraite – régime des pensions civiles (CMR-RPC) ont collecté respectivement 52,1% et 41,4% de ces cotisations et contributions contre seulement 5,9% pour le Régime collectif d’allocation de retraite – régime général (RCAR-RG) et 0,7% pour les régimes spéciaux, selon la MAP. D’après la même source, les ressources des régimes de base ont atteint 61,3 MMDH à fin 2017, soit une hausse de 5,4% par rapport à celles de l’année précédente, alors que les produits générés par les placements ont atteint 15,6 MMDH, soit un accroissement de 19,7% par rapport à 2016, représentant 25,4% du total des ressources des régimes de base. En ce qui concerne le nombre des bénéficiaires des régimes de base, il a connu une évolution annuelle moyenne de 5,5% entre 2013-2017 ; ce qui correspond à plus d’un million de personnes dont 69,6% de retraités principaux, 28% de conjoints et 2,4% d’ayants droit. Il ressort également du rapport que la population des retraités principaux est passée de 560.900 en 2013 à 722.900 en 2017, soit une augmentation annuelle moyenne de 6,6% sur la période analysée. Tandis que la deuxième catégorie de bénéficiaires des régimes de retraite (représentant les veuves et les veufs qui perçoivent une pension de réversion) a atteint un total de 291.500 personnes. Ce qui représente une augmentation de 6,5% par rapport à 2016, a souligné le document. A noter aussi que la moitié des retraités de la CNSS ont touché une pension mensuelle inférieure à 1.534,5 dirhams (valeur médiane), alors que ce montant se situe à 5.234,5 dirhams au CMR-RPC et à 3.833,9 dirhams au RCAR-RG. Sachant que les flux des nouveaux retraités de la CNSS, du CMR-RPC et du RCAR-RG représentent respectivement 61,1%, 28,4% et 10,5%. Comparativement à l’année précédente, il ressort également que le nombre des nouveaux retraités des régimes de base a enregistré une baisse de 21,0%. L’ACAPS l’attribue principalement au recul du CMR-RPC de 46,8% (14.200 nouveaux retraités en 2017 contre 26.600 en 2016) suite notamment au relèvement de l’âge de retraite de 6 mois pour les sorties qui étaient prévues en 2017, ainsi qu’au changement des conditions de sortie en retraite anticipée. Le rapport a, par ailleurs, noté des diminutions de l’effectif des nouveaux retraités du RCAR-RG et de la CNSS respectives de 5,3% et 1,6%. A propos des établissements adhérents aux régimes complémentaires au cours de la période analysée, il apparaît que le nombre de souscrits auprès de la Caisse interprofessionnelle marocaine de retraites (CIMR) et du Régime collectif d’allocation de retraite – régime complémentaire (RCAR-RC) a atteint 7.151 unités en 2017, soit une timide progression de 1,2% par rapport à 2016. En détail, le nombre d’adhérents de la CIMR est passé à 6.700 établissements, correspondant à une augmentation de 2%. Ce qui équivaut à 94% de l’ensemble des adhérents des régimes complémentaires. Des données recueillies par l’organisme public, il ressort que les entreprises des secteurs du commerce ont représenté 41,6% des entités du secteur privé adhérentes à la CIMR. Elles sont suivies de celles opérant dans les industries manufacturières et les services avec respectivement 15,8% et 13,5%, apprend-on de même source. Toujours à propos de ce même volet, le rapport fait état d’une hausse de 4,4% du nombre des actifs cotisants de la CIMR à 333.600, représentant ainsi 92,7% de l’effectif global. Analysant l’évolution du nombre des actifs cotisants du RCAR-RC et d’Attakmili, l’ACAPS a noté une évolution annuelle moyenne sur la période de 8% et 6,6% respectivement avec des parts respectives de 6,6% et moins de 1%. En évolution annuelle moyenne de 3,7% sur la période 2013-2017, l’effectif global des bénéficiaires du RCAR-RC et de la CIMR a atteint 176.100 personnes, dont 72,8% de retraités principaux, 26,9% de conjoints et 0,3% d’ayants droit. Alain Bouithy