Mali. Abdoulaye MAIGA : « la MINUSMA n’a pas été capable de réaliser son mandat »

Mali. Abdoulaye MAIGA : « la MINUSMA n’a pas été capable de réaliser son mandat »

ACTUALITE. « Après dix ans de présence, les populations du Mali ont réalisé que les interventions militaires étrangères n’ont pas permis d’aider le pays à rétablir son autorité sur l’ensemble du territoire, ni à lutter contre les groupes terroristes », a déclaré le Ministre d’État malien, Ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Porte-Parole du Gouvernement, Abdoulaye MAIGA, dans un discours prononcé au Sommet des Chefs d’État et de Gouvernement du Mouvement des non-alignés. Nous publions ci-dessous l’intégralité de son discours: • Excellence Monsieur Yoweri Kaguta Museveni, Président de la République d’Ouganda ; • Excellences Mesdames et Messieurs, les Chefs d’État et de Gouvernement ; • Monsieur le Secrétaire général des Nations Unies ; • Distingués délégués ; • Mesdames et Messieurs, Avant tout propos, qu’il me soit permis de transmettre à Son Excellence Monsieur le Président Yoweri Kaguta Museveni et au peuple ougandais frère et ami, les salutations cordiales et fraternelles de Son Excellence Le Colonel Assimi GOÏTA, Président de la Transition, Chef de l’État du Mali, au nom du Peuple et du Gouvernement maliens. Ensuite, voudrais-je vous adresser les chaleureuses félicitations de la délégation du Mali pour l’organisation remarquable de ce Sommet et, en même temps, vous exprimer nos sincères remerciements pour l’accueil fraternel et l’attention toute particulière dont ma délégation et moi-même sommes l’objet depuis notre arrivée en Ouganda, pays frère et ami qui entretient avec le mien d’excellentes relations de coopération dans divers domaines. Je tiens également à exprimer notre satisfaction à l’endroit de la présidence azerbaïdjanaise du Mouvement des non-alignés, pour le leadership et le travail accompli durant les quatre dernières années. • Monsieur le Président, • Mesdames et Messieurs, Notre Sommet se tient dans un contexte marqué par la complexité des multiples défis auxquels nos États font face. Les différentes crises qui n’épargnent aucune région du monde, mettent en péril nos efforts de développement et compromettent l’avenir des générations futures. Le traitement adéquat de ces nombreux défis nécessite une synergie d’actions et le renforcement de la solidarité entre nos États. En cela, le thème proposé pour cette session, à savoir « Approfondir la coopération pour une richesse mondiale partagée », exprime pleinement nos aspirations. Il nous invite également à puiser, d’une part dans les valeurs fondatrices de notre Mouvement pour fournir une réponse appropriée aux attentes légitimes de nos peuples, et d’autre part dans notre culture et notre histoire. Au Mali, le partage et la solidarité font partie de notre patrimoine national. En mettant l’accent sur le partage, ce thème rappelle l’importance d’une action collective et surtout l’urgence d’une sincère solidarité afin de mieux répartir les ressources mondiales. Nous vivons dans un monde profondément divisé, où la confiance entre les acteurs internationaux est fortement entamée. Aussi, il est important, pour notre Mouvement, de veiller à privilégier les acquis du multilatéralisme et de la coopération internationale, qui demeurent des cadres efficaces de règlement des multiples foyers de tension dans plusieurs régions du monde. Comme vous le savez, mon pays, le Mali ainsi que plusieurs autres États du Sahel, suite à l’intervention militaire de l’OTAN en Libye en 2011, ont été des victimes d’une approche cavalière de défense des intérêts nationaux, en dehors des cadres multilatéraux appropriés et en violation des règles internationales, entrainant une prolifération des activités criminelles des groupes terroristes et autres réseaux du crime organisé. Ces derniers ont semé la mort, la destruction, les violences et les déplacements massifs de populations sans précédent dans une région jadis havre de paix, de stabilité, de vivre-ensemble. Pour aider à relever ces défis sécuritaires imposés, le Gouvernement du Mali a bénéficié de l’appui de la Communauté internationale, qui s’est entre autres manifestée par le déploiement, en juillet 2013, de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la Stabilisation au Mali (MINUSMA). Après dix ans de présence, les populations du Mali ont réalisé que les interventions militaires étrangères n’ont pas permis d’aider le pays à rétablir son autorité sur l’ensemble du territoire, ni à lutter contre les groupes terroristes. Au contraire, la situation sécuritaire s’était davantage détériorée, en dépit de la présence de forces internationales. Tirant les conséquences de cet échec, le Conseil de Sécurité des Nations unies a décidé, par la résolution 2690 du 30 juin 2023, à la demande du Mali, de retirer, sans délai, la MINUSMA à compter du 1er juillet. Le processus de retrait du personnel de la MINUSMA vient de se terminer le 31 décembre 2023 et nous sommes dans la phase de liquidation de la Mission. C’est l’occasion pour moi, du haut de cette tribune, d’adresser la profonde gratitude du Gouvernement et du peuple du Mali à l’endroit des pays membres du Mouvement des non-alignés pour leur soutien multiforme, notamment humain, financier et matériel à la Mission des Nations unies au Mali. Certes, la MINUSMA n’a pas été capable de réaliser son mandat, mais le peuple malien sait gré de la présence à ses côtés des États amis. C’est le lieu, au nom du Gouvernement de la République du Mali, de rendre hommage à la mémoire de toutes les victimes, civiles comme militaires, maliennes comme étrangères, tombées au champ d’honneur au Mali. Je salue le travail accompli par les Casques bleus, venus pour la plupart de pays africains frères et d’autres pays amis du Mali, avec l’intention d’aider mon pays à sortir d’une crise, créée et entretenue. Cette ambition louable des soldats de la paix a hélas été entravée par des acteurs dont l’agenda était tout autre. Il n’est en effet désormais plus un secret que la junte française, aveuglée par les réflexes coloniaux, demeure le principal promoteur du terrorisme dans le Sahel. A cet égard, le Mali réitère sa demande du 15 août 2022, sollicitant la tenue d’une session spéciale du Conseil de Sécurité des Nations unies, en vue de présenter les preuves irréfutables de l’implication de ce pays dans la promotion du terrorisme. A ce jour, l’Armée malienne a récupéré et occupé, conformément aux normes nationales et internationales en vigueur, les camps et autres emprises précédemment occupés par la MINUSMA, malgré

Retrait de la MINUSMA du Mali: le Col. Abdoulaye MAIGA reçoit une délégation onusienne de haut niveau

Retrait de la MINUSMA du Mali: le Col. Abdoulaye MAIGA reçoit une délégation onusienne de haut niveau

Le Colonel Abdoulaye MAIGA, Ministre d’Etat, Ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Porte-parole du Gouvernement, a eu une séance de travail, vendredi 1er décembre 2023, avec une délégation onusienne de haut niveau, conduite par Monsieur Jean-Pierre LACROIX, Secrétaire général adjoint aux opérations de paix des Nations Unies, dans le cadre du suivi du processus de retrait de la MINUSMA du Mali. L’ordre du jour de la rencontre s’est articulé principalement autour de l’évaluation de la deuxième phase du désengagement, les échanges étaient particulièrement focalisés sur le retrait précipité de la MINUSMA des emprises de Tessalit, Aguelhok et Kidal, y compris le sabotage du système d’adduction d’eau du camp de Tessalit, la gestion des déchets abandonnés dans les camps, l’étape de la liquidation ainsi que la poursuite de la coopération avec le Système des Nations Unies à travers les Agences, Fonds et Programmes de développement, indique un communiqué du ministère malien des Affaires étrangères. S’agissant du retrait non coordonné de ces emprises, si la délégation onusienne a évoqué la dégradation de la situation sécuritaire sur le terrain pour justifier ce retrait précipité, le Ministre MAIGA a, quant à lui, déploré cette situation qui a mis en danger la stabilité des localités et causé de grave menace sur le processus de paix avec l’abandon des éléments du Bataillon des Forces Armées Maliennes reconstituées, ainsi que l’abandon d’équipements létaux et non létaux récupérés par des terroristes. La sécurité des casques bleus relevant de la responsabilité première du Mali, conformément à ses obligations de pays hôte, le Ministre d’Etat a rappelé le lourd tribut payé par les forces de défense et de sécurité de notre pays dans l’accomplissement de cette obligation de sécurisation du personnel, des installations et des biens des Nations Unies. Saluant la convergence de vues sur l’objectif d’achever le processus de retrait de la MINUSMA le 31 décembre 2023, le Ministre d’Etat et ses hôtes de marque ont souligné la nécessité de poursuivre les efforts de coordination, de coopération et de concertation en vue du parachèvement heureux du processus, conformément aux dispositions pertinentes de la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies.

Mali: Discours du Col. Abdoulaye Maïga à la 77e session de l’Assemblée générale des Nations Unies

Mali: Discours du Col. Abdoulaye Maïga à la 77e session de l’Assemblée générale des Nations Unies

Monsieur le Président de l’Assemblée générale, Mesdames et Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement, Monsieur le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, Mesdames et Messieurs, De prime à bord, je voudrais m’acquitter de l’agréable devoir de vous adresser les chaleureuses salutations du peuple malien riche de sa diversité culturelle, religieuse et ethnique, ainsi que celles de Son Excellence le Colonel Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’Etat. Enfin, permettez-moi de réitérer à notre Secrétaire général, M. António GUTERRES, notre haute appréciation des efforts louables qu’il continue de déployer pour la réalisation des nobles objectifs de notre Organisation commune. Nous sommes convaincus que vous êtes un ami du Mali et du Sahel. L’amitié reposant sur la sincérité, souffrez que je vous exprime mon profond désaccord suite à votre récente sortie médiatique, au cours de laquelle vous prenez position et vous vous exprimez sur l’affaire des 46 mercenaires ivoiriens, qui est une affaire bilatérale et judiciaire, entre deux pays frères. C’est évident, que la qualification judiciaire des infractions liées à cette affaire ne relève pas des attributions du Secrétaire Général des Nations Unies. Au Mali, notre administration ne travaille pas sur la base de l’oralité, ni des déclarations par voie de presse, par conséquent, nous nous en tenons scrupuleusement à la Note Verbale de la MINUSMA, référence : MINUSMA/PROT/NV/226/2022 du 22 Juillet 2022, dans laquelle, il ressort clairement qu’il n’existe pas de liens entre les 46 mercenaires et les Nations Unies. Les récentes synchronisations des actions et l’harmonisation des éléments de langage consistant à faire passer le Mali de statut de victime à celui de coupable dans cette affaire des mercenaires, sont sans effets. Excellence M. le Secrétaire Général, Votre position sur l’affaire des mercenaires a été suivie par certains responsables d’Afrique de l’Ouest, donc c’est sous votre couvert, que nous leur adresserons des messages. A l’endroit du Président en exercice de la CEDEAO, M. Umaro Sissoco Embalo qui affirme : « on vient de voir avant-hier, la déclaration du Secrétaire Général des Nations Unies qui dit que ce ne sont pas des mercenaires. Moi à la place des Maliens, j’aurai relâché ces 49 soldats ». Je voudrais très respectueusement signifier à ce dernier qu’il existe un principe de subsidiarité, d’ailleurs aux contours flous, entre la CEDEAO et les Nations Unies et non un principe de mimétisme. Egalement, il est important de lui préciser que le Secrétaire Général des Nations Unies n’est pas un Chef d’Etat et le Président en exercice de la CEDEAO n’est pas un fonctionnaire. Par conséquent, il serait indiqué qu’il ne banalise pas la CEDEAO. Enfin, il est utile de rappeler, au Président en exercice de la CEDEAO, qu’au Mali, les autorités n’interfèrent pas dans les dossiers judiciaires et respectent l’indépendance de la Justice. Donc, nous n’avons pas vocation à interpeller ou relâcher, ceci relève de la fonction judiciaire. Aussi, M. Umaro Sissoco Embalo doit être conscient du fait qu’il est le dépositaire d’un lourd héritage et de plusieurs sacrifices qui ont fait la renommée de cette Organisation. La dynamique ayant fait la grandeur de la CEDEAO ne doit pas être brisée. Par ailleurs, nous avons pris acte de la menace de sanctions proférée contre le Mali, et loin d’être impressionné par des sanctions, je voudrais signaler au Président en exercice de la CEDEAO, qu’à la fin de son mandat, les peuples ouest-africains le jugeront sur les efforts qu’il a fournis pour améliorer les conditions de vie des populations et non des show médiatiques servant des agendas étrangers. A l’endroit de M. Bazoum, il remarquera que le Gouvernement de la Transition n’a pour le moment jamais réagi à ses propos injurieux pour deux raisons cumulatives. La première raison tient au respect de l’héritage laissé par nos ancêtres, qui consiste à ne pas répondre aux injures par des injures. La seconde raison relève de l’identité de M. Bazoum, l’étranger qui se réclame du Niger. Nous savons que le peuple nigérien frère du Mali, se distingue par des valeurs sociétales, culturelles et religieuses très riches. M. Bazoum n’est pas un Nigérien, son comportement nous réconforte totalement dans notre constat. Excellence M. le Secrétaire Général, le Mali tirera toutes les conséquences de droit de vos agissements. Devant Dieu et en leur âme et conscience, nous demandons à ceux qui réfutent notre version, d’indiquer s’ils accepteront que des militaires ayant dissimulé leurs identités, en mettant sur leurs passeports qu’ils sont peintres, maçons etc… avec des armes, débarquent dans leur aéroport, sans que le pays de destination n’ait été au préalable informé et dans le dessein funeste de déstabiliser ce pays. S’ils ne l’acceptent pas, en tant qu’Etat, si cela n’est pas possible à Lisbonne ou ailleurs, le Mali non plus ne l’acceptera pas en tant qu’Etat et ce ne sera pas non plus possible à Bamako ou dans une autre localité malienne. Monsieur le Président, « Une nouvelle ère : des solutions porteuses de changement pour relever des défis interdépendants » le thème de cette 77ème session ordinaire de l’Assemblée générale suscitera l’espoir de meilleurs jours pour le Mali, à la condition que le bilan sans complaisance de l’ancienne ère soit établi, que les enseignements soient tirés et que des recommandations objectives soient formulées. Une fois cette étape franchie, je ne doute pas, qu’à travers notre action collective : nous réussirons à pacifier les multiples foyers de tension dans le monde, mais aussi à promouvoir un développement harmonieux et lutter efficacement contre les pandémies, la dégradation de l’environnement et le réchauffement climatique, les inégalités, les politiques de domination et de prédation de ressources. Depuis le mois d’août 2020, le Mali se trouve dans un processus de transition, qui prendra fin le 26 mars 2024, par le transfert de pouvoir aux autorités élues. D’ici à cette échéance et conformément aux recommandations des Assises nationales de la refondation, les autorités de la Transition se sont engagées, dans deux chronogrammes convenus avec la CEDEAO (la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest), à faire des réformes politiques et institutionnelles, avant