
LIBRES PROPOS. La une de l’actualité est dominée par la signature de l’accord de Doha entre Félix Tshisekedi et Corneille Nangaa en prélude de la signature imminente de l’Accord de Washington entre la partie congolaise et celle Rwandaise.
Depuis le début de ces tractations diplomatiques, j’avais toujours émis de sérieux doutes sur l’efficacité d’une telle démarche diplomatique avec un Paul Kagame qui depuis 25 ans a prouvé sa mauvaise foi en se servant des accords signés avec la RDC juste pour avancer ses pions et conforter sa politique prédatrice sur les richesses du Congo et son maillage du microcosme politique de ce vaste pays.
Toute réussite de politique interne et externe de Kagame est strictement liée à l’agression du Congo et aux énormes bénéfices économiques et politiques qu’il en tire. Ceci dit, Kagame ne peut JAMAIS changer ni reculer sa doctrine militaire en RD Congo car cela équivaudrait à sa mort politique. C’est précisément pour ce rôle qu’il a été placé à ce poste par … la puissance-là même qui joue ooh ironie du sort! le rôle de médiation de “paix”..
Pour ceux de mes lecteurs qui ne me croient pas, je les invite à suivre de près quelques déclarations choc du président rwandais lors du tout récent 18 e Forum Unity Club sur cet accord de Washington que le leader rwandais qualifie publiquement être truffé de fraudes. “Quant à ces accords, dit-il, ils sont pleins de fraudes. Dans ce que nous faisons, dans ce que nous disons, la façon dont nous vivons avec les autres, quand nous combattons avec les autres (Dans cette guerre avec la RDC), nous avons déjà pris notre décision et avons déjà tracé la limite. Cela signifie que nous ne pouvons tolérer ce qui déstabilise le Rwanda. » En d’autres mots plus simples, Kagame a déjà renié AUJOURD’HUI ce qui sera signé DEMAIN.
À Doha comme à Washington, Paul Kagame a déjà obtenu ce qu’il cherchait, à savoir l’implication directe de l’AFC et de M23 dans le game avrc Tshisekedi en vue de requalifier de congolo-congolaise la crise qui secoue le pays et de là casser la dynamique du protocole de Nairobi et de celui de Luanda. Il ne se sent plus concerné par les autres clauses de l’Accord, sauf celles qui lui octroient la légitimité d’exploiter les ressources du Congo.
Malheur aux naïfs qui y voient une victoire diplomatique du Congo ou encore un début de pacification du pays. Car, aux yeux de Kagame, c’est la stratégie de chaos total du Congo qui lui est payante et par conséquent la guerre va continuer après la signature à Washington et personne ne pourra lui dicter quoi que ce soit. À ce propos, le compte officiel de la présidence rwandaise a mis clairement en évidence la conviction de Paul Kagame : « L’idée que quelqu’un puisse venir nous dicter, ou que nous devrions vivre sous le contrôle de quelqu’un ; zéro. Nous devons avoir la politique définie par un but, une vision, un engagement.”
Et ce but c’est le contrôle politique et militaire du Congo. Et cette vision, c’est l’engagement à reconstruire et à moderniser le Rwanda grâce aux juteux bénéfices engrangés sur les pillages du Congo. Que ceci soit bien clair pour les congolais: sans la guerre au Congo, Paul Kagame ne vaut plus un penny ni à l’interne de son pays qui s’organise à trois quart sur base de pillages de la RDC et ni à l’externe vis-à-vis de ses puissants parrains qui agissent en commanditaires l’ayant choisi depuis un quart de siècle pour sous-traiter leur entreprise prédatrice du Congo.
Par Germain Nzinga



