CONGO. Bienvenue Gertrude Hobain Mongo : une ascension qui a défié tous les déterminismes

ZOOM. Certains événements laissent une empreinte indélébile dans notre mémoire collective et dans l’histoire de la République du Congo. Parmi eux, la nomination de la première femme à la tête de la Télévision Nationale Congolaise demeure sans doute l’un des moments les plus marquants. Née le 2 mars 1969 à Dolisie, dans le département du Niari, Bienvenue Gertrude Hobain Mongo est l’une des pionnières de l’audiovisuel public congolais. Comptable de formation, journaliste de métier, écrivaine et mère de quatre enfants, elle demeure à ce jour la seule femme à avoir occupé la fonction de Directrice Générale de la Télévision Nationale Congolaise, depuis la création de l’institution, le 28 novembre 1962. Un parcours professionnel marqué par la détermination Pendant plus de vingt ans, cette femme d’une cinquantaine d’années s’est imposée comme une figure influente dans les sphères administrative, politique et sociale du pays. Après avoir obtenu son baccalauréat série D en 1990, Bienvenue Gertrude Hobain Mongo a très tôt découvert le monde du travail. En 1992, elle a commencé à aiguiser ses compétences administratives en tant qu’agent de liaison (réceptionniste) chez TRANSLO-CONGO, une société dirigée par M. Paul Obambi. Elle exerçait à temps partiel tout en poursuivant une licence en gestion d’entreprise au C.U.F.C.A.E (actuel SGEAE). Les premières initiatives entrepreneuriales Pour des raisons familiales, elle interrompit ses études et enchaîna des contrats à durée déterminée dans le secteur privé. En août 1994, elle lança sa première activité commerciale en ouvrant une boutique de mode nommée « Winners » (Les Vainqueurs). Pendant deux ans, elle parcourut le monde, découvrant plusieurs pays africains, européens et américains, avec pour seul objectif la satisfaction d’une clientèle grandissante. Le retour à la passion et la création d’entreprises En 1996, elle retrouva sa passion pour le travail en répondant à un appel à candidatures, ce qui lui permit d’obtenir un contrat à durée indéterminée en tant qu’assistante de direction. Malheureusement, cet emploi fut de courte durée, suite à la guerre du 5 juin 1997.En 1999, Bienvenue s’envola pour Montréal, au Canada, pour poursuivre ses études à l’Institut de Brossard, où elle obtint en 2000 une Attestation d’Études Collégiales (A.E.C) en commerce international. L’année suivante, elle s’inscrivit au Collège supérieur de Montréal (CSM) et décrocha un Diplôme Professionnel (DEP) en comptabilité. À la fin de cette année-là, elle rentra au Congo avec un projet concret : la création de « Les Établissements Winners », qui donna naissance à d’autres unités commerciales telles que ELLEM Boutique, Winners Food, Win’s Fashion, HM Business Center ou encore Win’ Resto. Une carrière dans la fonction publique et la communication Recrutée dans la fonction publique en 2002, elle fut mise à disposition du Ministère de la Communication, affectée à la Direction d’équipements et de la planification. En avril 2005, elle passa à la Direction de l’information de la Télévision Nationale Congolaise. En mai 2006, elle devint chef de division information au Ministère des Affaires Étrangères et de la Francophonie. La même année, elle obtint une licence en gestion financière, option comptabilité, à l’Institut Supérieur de Gestion (UMNG). L’ascension vers la direction En juillet 2007, Bienvenue fut nommée Directrice des Affaires Administratives et Financières de la Télévision nationale. En janvier 2008, tout en conservant cette fonction, elle fut promue Directrice Générale par intérim, poste qu’elle occupa jusqu’en décembre 2009. Une reconnaissance institutionnelle majeure En juin 2012, elle fut nommée par décret présidentiel au Conseil Supérieur de la Liberté de Communication (CSLC), représentant la Présidence de la République. Elle fut ensuite élue Secrétaire-Comptable et rapporteur de cette instance, poste qu’elle occupa jusqu’en septembre 2016. La première femme à la tête de la Télévision nationale Ce jour-là, une étape décisive de sa vie se transforma en une véritable histoire. La nomination de Bienvenue Gertrude Hobain Mongo à la tête de la Télévision Nationale Congolaise ne fut pas un simple changement officiel. Elle fut une rupture dans une longue tradition institutionnelle, une avancée symbolique majeure : la première femme à occuper ce poste.Ce changement ne s’est pas fait dans l’éclat d’un coup de théâtre, mais dans la sobriété d’une décision administrative. Pourtant, derrière cette simplicité apparente se cache une portée exceptionnelle. Elle représentait une véritable révolution, fruit de la volonté et du courage politique d’un visionnaire, le ministre de la Communication de l’époque, Alain Akouala Atipault, qui avait brisé le plafond de verre qui pesait depuis près d’un demi-siècle sur la carrière des femmes dans cette institution. Un héritage concret dans la gestion de la télévision L’héritage de Bienvenue Gertrude Hobain Mongo ne se limite pas seulement à cette symbolique. Son passage à la direction a été marqué par des actions concrètes et innovantes : amélioration des conditions de travail, formations pour accompagner la transition numérique, renforcement des capacités des journalistes et opérateurs, acquisition d’équipements modernes, augmentation des moyens de transport, émancipation des opératrices de vue (OPV) féminines, signature de partenariats avec Deutsche Welle et Euro News, révision des contrats avec les opérateurs de téléphonie mobile, ou encore installation de Télé-Congo dans le bouquet de Canal+.Elle a aussi mis à profit son expérience conjugale de journaliste pour réduire le temps de production d’un reportage, en accélérant la mise en place de stations de montage. Engagements en faveur des médias et de la société En mars 2015, lors de la Journée internationale des droits de la femme, Bienvenue, alors Secrétaire-Comptable du Conseil supérieur de la liberté de communication, fit une donation de matériels techniques, de fournitures et de motos aux médias publics et privés, contribuant ainsi à renforcer le secteur. Une formation continue et l’expansion entrepreneuriale En 2018, elle obtint un Master I en comptabilité, audit, finance et management à l’Institut de Formation Comptable Européen (IFCE) à Strasbourg, en France. De retour au Congo en 2019, elle développa ses entreprises en créant « HMB Corporation », une société regroupant plusieurs secteurs : voyages, immobilier, communication, informatique, restauration, habillement. Une vie politique et sociale engagée Candidate indépendante aux élections législatives de juillet 2022 dans le district de Banda, dans le Niari, elle fut désinvestie par le Parti congolais
Pool : entre le buffle, le chasseur et l’épine — lecture stratégique et morale des violences politiques

LIBRES PROPOS. Denis Sassou Nguesso, ou l’État qu’il incarne, n’a pas un problème spécifique avec Ntumi en tant qu’individu, mais plutôt avec les populations du Pool, qu’il a souvent perçues comme étant en opposition à son autorité. Que cela soit clairement établi. Une incompréhension récurrente du débat sur le Pool Chaque fois que les violences politiques dont sont victimes les filles et fils du Pool sont dénoncées, une réponse revient de manière presque automatique dans les échanges publics : « débarrassez-vous de Ntumi ». Cette réaction, répétée au fil des années, traduit une lecture réductrice d’une situation pourtant profondément complexe. Dans une précédente publication, nous avions déjà tenté d’aborder cette question en refusant les simplifications faciles. Car réduire les tensions du Pool à un seul acteur revient souvent à masquer les dynamiques structurelles, les responsabilités multiples et surtout les conséquences humaines durables de ces violences. C’est dans cette logique que nous proposons aujourd’hui une relecture à travers une métaphore, non pas pour caricaturer, mais pour mieux éclairer les rapports de force, les logiques politiques et les responsabilités morales en présence. La métaphore du buffle, du chasseur et de l’épine Pour comprendre les violences politiques dans le Pool, nous utilisons l’image du buffle, du chasseur et de l’épine. Dans cette représentation, le buffle incarne Denis Sassou Nguesso, symbole de la puissance de l’État, de sa force institutionnelle et militaire, et de sa capacité de contrainte. Le buffle avance avec lourdeur et détermination, parfois sans percevoir les conséquences de sa course sur le terrain humain qu’il traverse. Le chasseur représente les populations du Pool. Il incarne la vie quotidienne, la survie, la mobilité contrainte, mais aussi la résilience. Le chasseur avance dans un environnement instable, marqué par les tensions, les déplacements forcés et la recherche permanente de sécurité. L’épine, enfin, représente Ntumi, perçu comme un élément de friction, une source de blessure dans le parcours du chasseur. En marchant dessus, celui-ci se blesse, saigne et souffre, ajoutant une douleur supplémentaire à un contexte déjà difficile. Lecture stratégique : comprendre les rapports de force Au-delà de la métaphore, une lecture stratégique s’impose. Dans toute configuration de conflit, il existe des niveaux de danger différents. L’épine est visible, localisée, et peut être contournée ou retirée avec des moyens adaptés, dans un environnement sécurisé. C’est souvent en fuyant la furie du buffle que le chasseur perd le contrôle de sa trajectoire et finit par marcher sur l’épine. Elle représente un problème tactique, souvent circonscrit. Le buffle, en revanche, incarne une force systémique. Il agit à grande échelle, avec un impact direct sur l’ensemble de l’espace traversé. Sa trajectoire, sa puissance et sa dynamique déterminent l’état général du terrain. Dans cette logique, réduire toute la problématique du Pool à l’épine revient à ignorer la structure du danger principal. Le chasseur peut survivre à une blessure, se soigner, s’adapter et même résoudre ce problème dans un cadre apaisé. Mais face au buffle en mouvement, sans espace de protection ni de médiation, les marges de manœuvre se réduisent considérablement. Lecture politique : la confusion des responsabilités Sur le plan politique, cette métaphore met en lumière une confusion fréquente dans les débats publics : celle qui consiste à confondre cause structurelle et facteur déclencheur. En désignant uniquement l’épine comme problème central, on occulte la question de l’environnement global dans lequel elle existe. Or, aucune épine ne peut être analysée indépendamment du terrain dans lequel elle s’inscrit, ni des forces qui l’écrasent ou la renforcent. Ainsi, limiter la lecture des violences dans le Pool à une seule figure revient souvent à déplacer le débat et à éviter les questions de gouvernance, de gestion des conflits et de responsabilité de l’État dans la protection des populations. Lecture stratégique : sortir du piège de la focalisation D’un point de vue stratégique, toute approche durable d’un conflit suppose une hiérarchisation claire des problèmes. Une erreur fréquente consiste à traiter les symptômes comme des causes principales. Dans le cas du Pool, la focalisation exclusive sur l’épine détourne l’attention des dynamiques plus larges. Or, tant que le cadre global reste instable, toute tentative de traitement localisé reste fragile et souvent temporaire. La véritable stratégie de paix ne peut donc pas reposer sur la seule élimination d’un acteur, mais sur la transformation de l’environnement qui produit les tensions et les violences. Lecture morale : responsabilité et conscience Au-delà de la stratégie, une dimension morale essentielle doit être prise en compte. La question centrale est celle de la protection de la vie humaine. Quelle que soit la lecture que l’on adopte des responsabilités individuelles ou collectives, aucune justification ne peut rendre acceptable la souffrance prolongée des populations civiles. La morale impose donc une hiérarchie claire : la protection des vies humaines doit toujours primer sur les considérations politiques, sécuritaires ou symboliques. Dans cette perspective, continuer à exposer durablement les populations du Pool à des logiques de violence, quelles qu’en soient les justifications, pose une question éthique fondamentale. Conclusion : vers une sortie par le haut Ainsi, que le buffle laisse le Pool en paix. Les filles et fils du Pool, en tant que chasseur, sauront eux-mêmes, dans un cadre apaisé, comment gérer l’épine, traiter les blessures et reconstruire leur trajectoire. Mais aucune solution durable ne peut émerger dans un environnement dominé par la peur, la contrainte et la répétition des violences. La paix véritable ne naît pas de la disparition d’un seul élément du problème, mais de la transformation de l’ensemble du cadre qui produit ces déséquilibres. Et c’est à cette condition seulement que le chasseur pourra marcher sans blessure, et que le terrain pourra enfin redevenir un espace de vie et non de survie. Serge Armand Zanzala Écrivain, chercheur, citoyen engagé, Directeur de La Société Littéraire, Initiateur du projet Kongo Ya Sika
Fès El Bali : Le défi d’une cité millénaire face à la « muséification »

Entre héritage idriside et exigences de la modernité, la plus ancienne médina du Maroc cherche l’équilibre parfait. Comment préserver l’authenticité d’un chef-d’œuvre de l’art islamique sans le figer dans le passé ? Voyage au cœur d’un patrimoine vivant. Un carrefour d’identités Fondée en 789 par Idris Ier, Fès est le fruit d’une alliance historique entre une élite arabe et les tribus amazighes. Ce mélange fondateur a donné naissance à une capitale spirituelle qui, dès le Moyen Âge, attirait érudits et artisans du monde entier. Si Casablanca est économique et Rabat politique, Fès demeure l’âme du pays. Plonger dans Fès el-Bali, c’est s’aventurer dans un labyrinthe de 9 000 ruelles. Ici, l’urbanisme n’est pas le fruit du hasard : l’étroitesse des rues offre une ombre naturelle contre la chaleur accablante et constituait jadis une défense impénétrable. Avec ses 350 mosquées et ses 200 fondouks, la médina s’étend sur 280 hectares de savoir-faire séculaire. Le dilemme de la conservation : Un équilibre fragile La reconnaissance de l’UNESCO en 1981 a révélé des visions divergentes. D’un côté, l’organisation internationale exige une authenticité stricte, refusant le béton au profit du mortier de chaux ou du bois de cèdre. De l’autre, les autorités marocaines doivent répondre aux besoins de 156 000 habitants réclamant des infrastructures modernes. Le cas des tanneries de Chouara est emblématique. Si l’UNESCO s’inquiète des rejets chimiques et de la pollution de l’oued Fès, le Maroc défend un processus artisanal manuel inchangé depuis le XIe siècle. Pour les autorités, fermer ces ateliers reviendrait à rompre une tradition économique vitale qui utilise encore le safran pour le jaune ou l’indigo pour le bleu. Le coût humain du patrimoine La vie dans un site classé impose des contraintes lourdes. Les habitants, souvent économiquement fragilisés, peinent à financer des restaurations traditionnelles coûteuses. Le tragique effondrement d’un immeuble en décembre 2025, ayant fait 22 victimes, a cruellement rappelé que la protection du patrimoine ne doit pas devenir un obstacle à la sécurité de base. Le défi est là : adapter les structures historiques (électricité, isolation, plomberie) pour qu’elles restent habitables, évitant ainsi l’exode des populations vers les quartiers modernes. Le tourisme : Sauveur et catalyseur Loin d’être une simple activité commerciale, le tourisme est le moteur de la renaissance de Fès. Il rend économiquement viable le travail des maalems (maîtres artisans). Un sac en cuir tanné végétalement ne peut rivaliser avec l’industrie de masse sans une clientèle en quête d’authenticité. Les succès sont réels : la restauration minutieuse de l’Université Al Quaraouiyine (fondée en 859) ou la réhabilitation du Fondouk Nejjarine en musée des arts du bois démontrent que le patrimoine peut générer ses propres revenus. Des initiatives comme le Festival des Musiques sacrées du monde transforment la médina en une scène culturelle globale, renforçant la fierté des jeunes générations pour leur héritage. Vers une authenticité dynamique Éviter la muséification signifie accepter que la médina est un « patrimoine vivant ». L’authenticité ne doit pas consister à figer les bâtiments dans le temps, mais à préserver les qualités essentielles — le tissu urbain dense, les zelliges, les cours fermées — tout en autorisant les adaptations nécessaires à la vie contemporaine. En fin de compte, Fès nous enseigne que la conservation la plus réussie est celle qui sert l’épanouissement humain. Ce n’est qu’à travers une approche équilibrée que la cité idriside pourra rester à la fois un chef-d’œuvre de l’histoire et une ville vibrante de modernité. Par Imane Leliège Traduit de l’anglais par Pr Mifdal Mohamed Professeur titulaire Études des médias, traduction et littérature Chef de département (langues et compétences transversales) Université Chouaib Doukkali -El Jadida Focus : La Restauration de Bab Boujloud Exemple parfait de restauration idéale, la célèbre porte bleue a été remise en état par des maîtres artisans utilisant les techniques séculaires du zellige, garantissant une stabilité structurelle sans trahir l’esthétique d’origine. Imane Leliège. Étudiante en Licence de Science Politique à l’UCO Angers, cet article est issu d’un travail d’analyse réalisé dans le cadre d’un échange Erasmus à l’Université de Zagreb, sous la direction de Mme Mirela Hrovatin. Imane explore ici les politiques mondiales du patrimoine appliquées à la réalité vivante de la médina de Fès.
À la lisière du Sahara, les Nigériennes de retour au pays reconstruisent leur vie

ZOOM. L’odeur sucrée des arachides grillées embaume l’air jusque dans la rue. Il est à peine huit heures du matin dans le quartier Sabon Gari de Tahoua, mais les femmes sont déjà au travail et ont commencé à décharger la moto bleue à trois roues. Amina observe le ballet des travailleuses, les yeux brillants, et slalome aisément entre les ouvrières et les sacs de cacahuètes empilés contre le mur. Elle n’est plus cette femme dont la vie tenait autrefois dans quelques valises sur un trottoir de Tripoli. Aujourd’hui, elle est connue dans le quartier sous un autre titre : la Présidente. Ici, à la lisière du Sahara, au sud du Niger, là où les terres agricoles cèdent peu à peu la place aux vastes pâturages du nord, l’inattendu s’est produit. Tahoua est depuis longtemps une étape sur les routes migratoires qui mènent vers la Libye et au-delà. Pendant des décennies, la cité était surtout connue comme un lieu de passage vers le nord. Mais dans cette ville située au cœur de la région d’Ader, des femmes comme Amina commencent à faire de ce lieu autre chose. Leurs histoires parlent de retour, de reconstruction et d’avenir, un avenir qui ne repose pas sur le risque de tout perdre en empruntant des routes migratoires dangereuses. La vie d’Amina a toujours été marquée par la migration. Aînée d’une fratrie de trois enfants, elle est née en Libye après que ses parents aient quitté le Niger au début des années 1990 à la recherche d’un emploi. « Ils sont partis parce qu’il n’y avait pas d’opportunités ici à l’époque », explique Amina. Pendant trente ans, la famille a reconstruit sa vie en Libye. Puis, en 2015, tout a basculé. Son père est décédé de manière inattendue, emportant avec lui la stabilité qui maintenait la famille unie. « Quand mon père est décédé, tout s’est effondré », se souvient Amina d’une voix calme. « C’était lui qui subvenait aux besoins de la famille. Après cela, nous n’avions même plus de quoi payer le loyer. Nous avons fini par vivre dans la rue. » Luttant pour survivre, la famille a pris la difficile décision de retourner au Niger. C’était un retour dans un pays qu’Amina n’avait jamais vraiment connu, un endroit que ses parents avaient quitté bien avant sa naissance. Ce retour a apporté un certain soulagement. Le fait d’être entourés par leur famille élargie les a aidés à se sentir moins seuls. Mais ce soulagement n’a pas résolu leur problématique la plus urgente : ils devaient reconstruire leur vie. Partout au Niger, la migration continue de façonner d’innombrables vies. Rien qu’en 2025, environ 4,4 millions de migrants ont été recensés dans les dix points de suivi des flux migratoires gérés par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) dans le cadre de sa Matrice de suivi des déplacements (DTM) dans le pays. Ces chiffres impressionnants restent souvent abstraits pour beaucoup. Pourtant, derrière ces chiffres se cachent des histoires comme celle d’Amina : une famille à la recherche d’opportunités, confrontée à des risques inattendus et qui tente quand même de se reconstruire. Dans la région de Tahoua, l’OIM a aidé plus de 3 000 personnes grâce à des programmes de protection et de réintégration. Ces initiatives comprennent un soutien psychosocial, des formations et des activités génératrices de revenus qui aident les personnes de retour à recommencer leur vie. Et la vie d’Amina a changé lorsqu’elle a rejoint la coopérative Tatalin Jarin Mata. Au début, elle y a trouvé quelque chose de simple : un lieu où travailler et apprendre aux côtés d’autres femmes qui étaient également revenues après un parcours de migration. Mais ce travail l’a marquée plus profondément. Elle a pu se former à la gestion budgétaire, aux systèmes d’épargne et la prise de décision collective. Peu après, la coopérative a pu s’équiper de motos à trois roues, de bétail et d’outils qui leur ont permis de commencer à produire de l’huile et de la pâte d’arachide. « Au début, nous n’étions pas rassurées », raconte Amina. « Mais petit à petit, nous avons compris que nous pouvions y arriver ensemble. » La coopérative a démarré avec huit femmes. Aujourd’hui, elle a doublé de taille et compte seize membres qui travaillent dans plusieurs domaines d’activité. Outre la production d’huile d’arachide, les employées gèrent des services de livraison et organisent des petites ventes au détail. Le groupe emploie également quatre chauffeurs pour faire les livraisons à moto. « Regardez-nous maintenant ! », s’exclame Amina. « Avant, notre subsistance dépendait toujours de quelqu’un. Aujourd’hui, nous vivons dans une maison en dur, nous payons notre loyer, et si un de nos enfants tombe malade, nous allons directement à la pharmacie sans avoir besoin de personne. » Longtemps invisibles, elles font entendre leur voix, reprennent confiance en elles et retrouvent leur place dans des sociétés profondément régies par des normes patriarcales. La petite boutique de la coopérative est progressivement devenue un lieu de rencontre dans le quartier. Les chauffeurs viennent y chercher leurs livraisons et des jeunes femmes s’arrêtent pour poser des questions sur le fonctionnement de l’entreprise. Pour beaucoup à Tahoua, la coopérative est devenue la preuve que le retour au pays peut ouvrir de nouvelles possibilités. Le rôle d’Amina a également évolué. Au sein du groupe, elle a été élue présidente, et elle est désormais chargée de prendre certaines décisions et de représenter la coopérative lors des réunions avec les autorités locales et les partenaires. Elle n’est plus « la migrante ». Elle est devenue « la présidente ». Lors des réunions de quartier, on lui donne la parole. Et lorsqu’elle s’exprime, en particulier devant les jeunes tentés par ce qu’elle appelle le mirage libyen, on l’écoute. « Lorsque des jeunes me disent qu’ils veulent partir pour la Libye, je leur explique à quoi ressemble vraiment la vie là-bas », dit-elle. « Parfois, la réalité est très différente de ce qu’on imagine. » Elle les encourage plutôt à envisager de trouver un travail plus proche de chez eux. La coopérative est devenue une véritable école pour ces jeunes femmes : elles acquièrent des compétences techniques et y trouvent quelque chose de moins tangible
Amina Bensouda, une voix marocaine entre confidences et traversées musicales

ZOOM. Amina Bensouda est une chanteuse, autrice-compositrice-interprète marocaine. Elle chante en français, en anglais et en arabe, trois langues qui traversent son écriture et reflètent la pluralité de son identité et de ses influences. Née à Rabat, elle grandit au Maroc avant de s’installer en France à l’âge de 17 ans, où elle poursuit des études de management tout en développant en parallèle son univers musical. Toujours accompagnée de sa guitare, elle affine son écriture sur les scènes parisiennes dans une forme dépouillée et intime, où la voix et le texte occupent une place centrale. En 2019, elle se produit pour la première fois à Dubaï dans le cadre du Quoz Arts Fest, où elle est invitée à nouveau en 2020, 2022 et 2023. Ces expériences marquent un tournant et ouvrent son travail à une dimension plus internationale. La même année, elle renoue avec son premier amour, le théâtre, en suivant une année de formation aux Cours Florent à Paris. Cette étape marque un moment décisif dans son parcours créatif : elle y redécouvre le rapport au texte, à la parole et à la présence, et décide à la suite de cette expérience de se lancer dans l’écriture et l’auto-production de son premier projet musical. En 2020, elle sort son premier EP Confidences, un projet autobiographique, sensible et épuré. Ce premier opus pose les fondations de son écriture : une parole directe et vulnérable, où se mêlent introspection, mémoire, amour, deuil et émancipation. En parallèle, Amina développe son expérience scénique en assurant notamment les premières parties de Hoba Hoba Spirit, de Jalil Tijani et de Karim Duval, croisant ainsi les univers de la musique et de la scène parlée. Depuis, elle poursuit un travail artistique nourri par la scène et la recherche musicale, notamment à travers une résidence au Berklee College of Music dans le cadre du Berklee Gnawa Festival 2025. Elle fait de la scène un espace essentiel de son parcours : un lieu de présence et de rencontre, où tout se joue dans l’instant, dans le lien direct avec le public. Aujourd’hui, avec Traversées, Amina Bensouda propose un concert pensé comme un chemin intérieur : un récit musical en deux actes, chanté en trois langues, où l’intime devient progressivement collectif. Un projet à la frontière de la musique et du récit, porté par une voix qui cherche moins à séduire qu’à dire ce qui nous traverse.
République du Congo/Election présidentielle de mars 2026. Un l’emportera, mais convaincra t-il les Congolais?

SANS DETOUR. Le 28 février 2026, s’est ouverte, en République du Congo, la campagne électorale pour le scrutin présidentiel des 12 et 15 mars 2026. Y sont en lice, l’actuel Chef de l’Etat, le Président Denis Sassou Nguesso et six autres compétiteurs que sont MM. Melaine Destin Gavet Elongo, Joseph Kignoumbi Kia Mboungou, Anguios Nganguia Egambé, Mabio Mavoungou Zinga, Uphrem Dave Mafoula et Vivien Romain Manangou. Pour l’opinion congolaise, la presse internationale le soulignant également, c’est une élection sans enjeu véritable. Le Président Denis Sassou Nguesso afftontera des concurrents aux moyens limités, au regard des contraintes financières et autres impératifs logistiques qu’impose une campagne difficile, sur un territoire d’accès pas toujours facile, en certains espaces. Si l’élection du Président Denis Sassou Nguesso semble profiler à l’horizon, une question majeure se pose à propos. Qu’apportera de mieux sa manière de gouverner, en cas de victoire? Sous son mandat qui se termine, la République du Congo, riche en ressources naturelles, notamment pétrolières et forestières, peine à se moderniser et à offrir une meilleure qualité de vie à ses citoyens. Les séquences présidentielles du Chef d’Etat Congolais, à la suite du 5 février 1979 exclues, le Président Denis Sassou Nguesso, au pouvoir, depuis le 25 octobre 1997, promet de poursuivre les réformes. De même qu’il s’engage à renforcer le processus systématique d’optimisation des capacités, de la responsabilité et de l’efficacité des institutions du pays. Cependant, les critiques soulignent que le Congo manque de transparence et de rigueur dans la gestion et la définition d’objectifs et d’attentes précis ainsi que les dispositions d’adaptation aux environnements changeants. Ce à quoi s’ajoute un respect non affirmé des lois et règlements établis par le pays lui même. Pour tout dire, le Congo traine le pas dans son développement, au sens plein du terme, et les richesses du pays profitent plus à une minorité qu’a l’ensemble de la population nationale. Il est vrai que le Président Denis Sassou Nguesso a lancé des projets d’infrastructures, telles la modernisation du port de Pointe-Noire et du Chemin de Fer Congo Océan ainsi que la construction de routes. Mais, il reste beaucoup à faire pour améliorer le quotidien du plus grand nombre des Congolais. La problématique de la modernisation du pays est d’autant plus cruciale que la population congolaise est majoritairement jeune et en croissance rapide. Il est donc essentiel de créer des opportunités d’emplois et de formation pour ces jeunes aux fins d’assurer leur avenir et celui du pays. Ceci dit, la question qui taraude l’esprit des Congolais est de savoir si le Président Denis Sassou Nguesso, une fois réélu, serait à mesure d’imposer une autre manière de diriger, plus juste, plus stricte, plus diaphane et moins parentale. En clair, changer son style de gouvernance pour mieux répondre aux attentes congolaises. Ce qui nécessiterait une volonté politique forte de la part du Président Denis Sassou Nguesso et de tous les acteurs politiques du pays qui l’accompagnent dans sa campagne électorale. Des voix s’élèvent pour souhaiter un dialogue, au sortir de l’élection présidentielle, quel qu’en soit le vainqueur. Au gagnant de ce scrutin, donc Chef d’Etat en chaire, d’organiser un tel dialogue. Mais ce sera un rendez-vous sans grand intérêt. Deux motifs à cela. Le Président entrant mettra plutôt en œuvre son projet de société à la base duquel il a été voté. Ensuite, ceux de ses alliés voudront que leur schéma soit intégralement appliqué plutôt qu’une kyrielle de réformes qui sortiraient des contributions populaires rassemblées dans une salle, au risque de perdre les raisons pour lesquelles ils ont soutenu leur champion. Sans compter qu’un dialogue après les élections pourrait être vu comme un moyen pour le nouveau Président de la République de légitimer son mandat. C’est pourquoi, pour beaucoup de Congolais, dans le contexte politique actuel, un dialogue national inclusif, avant les élections, aurait été plus pertinent, pour définir un cadre commun et des priorités nationales, plutôt que de laisser le nouveau Président imposer sa propre vision. Cela n’a pas été possible. Il faut avancer. Quitte à s’en tenir à la manière dont les choses se dérouleront après les élections, une fois installé dans ses fonctions le Président rentrant. Même un gouvernement d’union nationale n’est pas la solution idéale au changement qu’appellent les Congolais de leurs voeux. Ce sera un ordinaire placement des figures de divers horizons qui tableront sur le programme du nouveau Président. Le gouvernement d’union nationale est une clé de façade. Au cas où les parties rassemblées ne partageraient pas une identité de vue, la coalition pourrait se transformer en une simple répartition de postes et de ministères. L’opportunisme politique aura joué, avec tout ce qu’il comporte de manière d’utiliser au mieux les circonstances mettant à profit les occasions favorables, au détriment de l’éthique, de la morale et des causes nationales justes. A tout prendre, un programme commun de gouvernement pourrait être une approche plus intéressante. Mais cela nécessite un niveau de consensus et de compromis très élevé entre les camps concernés. Et même là, les crises pourraient naître, car les intérêts divergeant, les ambitions personnelles pourraient prendre le dessus. C’est pourquoi, il est essentiel que les acteurs politiques congolais soient capables de mettre de côté leurs intérêts personnels, leurs appétits et leurs basses envies de s’enrichir pour le bien du pays. Mais c’est un défi de taille. Que faire alors? Il faudra probablement que les forces de l’opposition et la société civile, mieux organisées, continuent à pousser pour des réformes, même si cela se fait dans des circonstances non aisées. Au demeurant, une prise de conscience des citoyens congolais qui exigeraient des nouveaux dirigeants plus de transparence, plus de responsabilité, plus de sens civique et plus de réussite dans leur action. Ce qui impliquerait une mobilisation et une organisation, pas encore là, mais qui sont à construire. Le Congo est immortel. Paris 28 février 2026 Ouabari Mariotti Ancien Ministre – République du Congo
Semou Diouf à l’ANIDA : quand le CV traverse l’Atlantique et atterrit dans les champs

ZOOM. Il n’est pas arrivé par effraction, encore moins par piston anonyme. Semou Diouf débarque à la direction générale de l’ANIDA avec un CV qui a pris l’avion, fait escale dans les amphithéâtres canadiens et revient, tamponné, s’écraser dans la poussière fertile des terroirs sénégalais. Un homme qu’on ne découvre pas, mais qu’on observe désormais à la loupe. Ingénieur des travaux agricoles, Diouf connaît bien la terre. Plus de dix ans passés à arpenter le développement rural, à parler aux sols fatigués, aux paysans invisibilisés, aux projets toujours prometteurs et souvent enterrés avant maturité. Puis le Canada. L’UQAM. Gestion de projets, planification territoriale, développement local. Le vocabulaire stratégique importé, mais greffé à une connaissance intime du terrain. La fameuse double compétence, rare, et parfois dérangeante dans un pays où penser systémique passe souvent pour une provocation. Depuis un an qu’il est à la tête de l’ANIDA (Agence Nationale d’Insertion et de Développement Agricole), Semou Diouf n’a pas fait dans le folklore institutionnel. Pas de grandes messes médiatiques, mais des actes qui froissent parfois les habitudes. La rationalisation des dépenses publiques, par exemple, ce gros mot administratif, lui a permis d’économiser plus de 100 millions de francs CFA. Une hérésie dans un écosystème où dépenser est souvent confondu avec gouverner. Dans le même élan, il a rapproché l’État du terrain en créant une Direction technique décentralisée à Kaolack, rompant avec la vieille logique dakaro-centrée où l’agriculture se pilotait à distance, climatisation comprise. Car le monde rural, Diouf l’a compris très tôt, n’est pas un décor : c’est un univers à part, avec ses règles, ses urgences et sa mémoire des promesses non tenues. Plutôt que d’imposer des modèles clés en main, le directeur général a privilégié une démarche fondée sur l’écoute active des agriculteurs et des éleveurs. Une approche presque subversive dans un pays où l’on a longtemps parlé à la paysannerie sans jamais vraiment l’écouter. C’est de cette méthode qu’est née la matérialisation progressive des Coopératives Agricoles Communautaires, pensées non comme une réforme cosmétique, mais comme un levier de modernisation durable du secteur. Une véritable ingénierie sociale maîtrisée, qui replace l’agriculture au cœur du mécanisme de prise de décision, et non à la périphérie des discours politiques. Et quand le ministre de l’Agriculture, Mabouba Diagne, lâche à son sujet : « Semou Diouf, c’est un travailleur speed, il sait ce que je veux », ce n’est pas une flatterie gratuite. C’est une injonction publique. Une façon élégante de dire que le temps de l’expérimentation est terminé et que les résultats sont désormais exigibles, immédiatement. À l’ANIDA, Diouf porte aussi une vision désormais assumée : l’accompagnement et la modernisation des petites exploitations agricoles familiales, longtemps reléguées au rang de folklore productif, alors qu’elles constituent l’épine dorsale réelle de la souveraineté alimentaire du Sénégal. Là où d’autres rêvaient de fermes vitrines, lui mise sur le tissu existant. Là où l’on promettait des miracles, il parle de structuration. La caricature serait de le sacraliser. La facilité serait de le crucifier d’avance. La vérité, plus corrosive, est ailleurs : Semou Diouf est attendu au tournant, non pas comme un messie agricole, mais comme un test grandeur nature. Test d’une nouvelle génération de cadres qui prétendent faire de l’État autre chose qu’un club de recyclage politique. Test d’un engagement qui accepte enfin de se salir les bottes au lieu de se laver les mains. Sans tambour ni trompette, le directeur général de l’ANIDA et ses équipes portent, à bas bruit, la révolution agricole promise par les nouvelles autorités. À l’ANIDA, il ne suffira pas d’avoir cultivé des idées. Il faudra récolter des résultats. Et au Sénégal, la terre pardonne rarement aux beaux discours qui ne donnent pas de fruits. Par Malick BA Journaliste
Ilan Benhaim, de MFounders à QVIDMP, la preuve par l’investissement

Entrepreneur et investisseur, Ilan Benhaim incarne depuis plusieurs années une approche structurée et disciplinée de l’investissement entrepreneurial au Maroc. Cette expertise, matérialisée par les performances du club deal MFounders, trouve une exposition supplémentaire à travers sa participation pour la troisième fois à la nouvelle saison de l’émission Qui va investir dans mon projet ?diffusée depuis le 20 janvier sur la chaine 2M. Fondé par Ilan Benhaim en juillet 2024, MFounders s’est imposé comme un acteur structurant de l’investissement early stage, en fédérant une communauté internationale d’entrepreneurs et d’investisseurs issus de la diaspora marocaine. L’ambition n’est pas uniquement financière. Elle repose sur un modèle combinant capital, expertise opérationnelle, mentorat et gouvernance, avec une exigence élevée sur la qualité des projets accompagnés. Les résultats observés en 2025 traduisent cette approche. En une année, MFounders a finalisé sept opérations d’investissement représentant 1,65 million d’euros, tout en structurant un process rigoureux de sélection, d’analyse et de décision. Ce cadre méthodologique, fondé sur des comités d’investissement hebdomadaires et une phase de dé-risking approfondie, distingue MFounders des logiques spéculatives encore répandues dans l’écosystème. C’est précisément cette posture que l’émission Qui va investir dans mon projet ? donne à voir. En tant que jury, Ilan Benhaim n’y joue pas un rôle de commentateur, mais celui d’un investisseur confronté à des décisions réelles, cohérentes avec les standards appliqués au sein de MFounders. Les critères analysés à l’écran sont les mêmes que ceux mobilisés dans les comités d’investissement du club deal : clarté du modèle économique, taille du marché, crédibilité des projections, solidité des équipes fondatrices et capacité d’exécution. Au-delà de la visibilité médiatique, l’émission agit comme un prolongement naturel du travail mené par MFounders sur le terrain dans l’écosystème marocain. Certaines startups issues du programme bénéficient d’un accompagnement complémentaire via des dispositifs de bridge ou de mentoring, prolongeant l’exposition télévisuelle par un engagement concret dans la durée destiné à les mener vers d’autres levées de fonds structurantes. Parallèlement, Ilan Benhaim préside Endeavor Maroc, où il contribue à l’accompagnement de scale-ups marocaines à fort impact. Il intervient également comme business angel à travers sa holding personnelle IBP, dans une logique cohérente avec les principes appliqués au sein de MFounders. La participation d’Ilan Benhaim à Qui va investir dans mon projet ? ne constitue donc pas une fin en soi. Elle s’inscrit dans une trajectoire plus large, celle d’un investisseur dont la crédibilité repose avant tout sur des résultats mesurables, des process éprouvés et une contribution concrète à la structuration de l’écosystème entrepreneurial marocain. Chiffres clés MFounders Performance 2025 Communauté Projection 2026