À la lisière du Sahara, les Nigériennes de retour au pays reconstruisent leur vie

ZOOM. L’odeur sucrée des arachides grillées embaume l’air jusque dans la rue. Il est à peine huit heures du matin dans le quartier Sabon Gari de Tahoua, mais les femmes sont déjà au travail et ont commencé à décharger la moto bleue à trois roues. Amina observe le ballet des travailleuses, les yeux brillants, et slalome aisément entre les ouvrières et les sacs de cacahuètes empilés contre le mur. Elle n’est plus cette femme dont la vie tenait autrefois dans quelques valises sur un trottoir de Tripoli. Aujourd’hui, elle est connue dans le quartier sous un autre titre : la Présidente. Ici, à la lisière du Sahara, au sud du Niger, là où les terres agricoles cèdent peu à peu la place aux vastes pâturages du nord, l’inattendu s’est produit. Tahoua est depuis longtemps une étape sur les routes migratoires qui mènent vers la Libye et au-delà. Pendant des décennies, la cité était surtout connue comme un lieu de passage vers le nord. Mais dans cette ville située au cœur de la région d’Ader, des femmes comme Amina commencent à faire de ce lieu autre chose. Leurs histoires parlent de retour, de reconstruction et d’avenir, un avenir qui ne repose pas sur le risque de tout perdre en empruntant des routes migratoires dangereuses. La vie d’Amina a toujours été marquée par la migration. Aînée d’une fratrie de trois enfants, elle est née en Libye après que ses parents aient quitté le Niger au début des années 1990 à la recherche d’un emploi. « Ils sont partis parce qu’il n’y avait pas d’opportunités ici à l’époque », explique Amina. Pendant trente ans, la famille a reconstruit sa vie en Libye. Puis, en 2015, tout a basculé. Son père est décédé de manière inattendue, emportant avec lui la stabilité qui maintenait la famille unie. « Quand mon père est décédé, tout s’est effondré », se souvient Amina d’une voix calme. « C’était lui qui subvenait aux besoins de la famille. Après cela, nous n’avions même plus de quoi payer le loyer. Nous avons fini par vivre dans la rue. » Luttant pour survivre, la famille a pris la difficile décision de retourner au Niger. C’était un retour dans un pays qu’Amina n’avait jamais vraiment connu, un endroit que ses parents avaient quitté bien avant sa naissance. Ce retour a apporté un certain soulagement. Le fait d’être entourés par leur famille élargie les a aidés à se sentir moins seuls. Mais ce soulagement n’a pas résolu leur problématique la plus urgente : ils devaient reconstruire leur vie. Partout au Niger, la migration continue de façonner d’innombrables vies. Rien qu’en 2025, environ 4,4 millions de migrants ont été recensés dans les dix points de suivi des flux migratoires gérés par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) dans le cadre de sa Matrice de suivi des déplacements (DTM) dans le pays. Ces chiffres impressionnants restent souvent abstraits pour beaucoup. Pourtant, derrière ces chiffres se cachent des histoires comme celle d’Amina : une famille à la recherche d’opportunités, confrontée à des risques inattendus et qui tente quand même de se reconstruire. Dans la région de Tahoua, l’OIM a aidé plus de 3 000 personnes grâce à des programmes de protection et de réintégration. Ces initiatives comprennent un soutien psychosocial, des formations et des activités génératrices de revenus qui aident les personnes de retour à recommencer leur vie. Et la vie d’Amina a changé lorsqu’elle a rejoint la coopérative Tatalin Jarin Mata. Au début, elle y a trouvé quelque chose de simple : un lieu où travailler et apprendre aux côtés d’autres femmes qui étaient également revenues après un parcours de migration. Mais ce travail l’a marquée plus profondément. Elle a pu se former à la gestion budgétaire, aux systèmes d’épargne et la prise de décision collective. Peu après, la coopérative a pu s’équiper de motos à trois roues, de bétail et d’outils qui leur ont permis de commencer à produire de l’huile et de la pâte d’arachide. « Au début, nous n’étions pas rassurées », raconte Amina. « Mais petit à petit, nous avons compris que nous pouvions y arriver ensemble. » La coopérative a démarré avec huit femmes. Aujourd’hui, elle a doublé de taille et compte seize membres qui travaillent dans plusieurs domaines d’activité. Outre la production d’huile d’arachide, les employées gèrent des services de livraison et organisent des petites ventes au détail. Le groupe emploie également quatre chauffeurs pour faire les livraisons à moto. « Regardez-nous maintenant ! », s’exclame Amina. « Avant, notre subsistance dépendait toujours de quelqu’un. Aujourd’hui, nous vivons dans une maison en dur, nous payons notre loyer, et si un de nos enfants tombe malade, nous allons directement à la pharmacie sans avoir besoin de personne. » Longtemps invisibles, elles font entendre leur voix, reprennent confiance en elles et retrouvent leur place dans des sociétés profondément régies par des normes patriarcales. La petite boutique de la coopérative est progressivement devenue un lieu de rencontre dans le quartier. Les chauffeurs viennent y chercher leurs livraisons et des jeunes femmes s’arrêtent pour poser des questions sur le fonctionnement de l’entreprise. Pour beaucoup à Tahoua, la coopérative est devenue la preuve que le retour au pays peut ouvrir de nouvelles possibilités. Le rôle d’Amina a également évolué. Au sein du groupe, elle a été élue présidente, et elle est désormais chargée de prendre certaines décisions et de représenter la coopérative lors des réunions avec les autorités locales et les partenaires. Elle n’est plus « la migrante ». Elle est devenue « la présidente ». Lors des réunions de quartier, on lui donne la parole. Et lorsqu’elle s’exprime, en particulier devant les jeunes tentés par ce qu’elle appelle le mirage libyen, on l’écoute. « Lorsque des jeunes me disent qu’ils veulent partir pour la Libye, je leur explique à quoi ressemble vraiment la vie là-bas », dit-elle. « Parfois, la réalité est très différente de ce qu’on imagine. » Elle les encourage plutôt à envisager de trouver un travail plus proche de chez eux. La coopérative est devenue une véritable école pour ces jeunes femmes : elles acquièrent des compétences techniques et y trouvent quelque chose de moins tangible
Amina Bensouda, une voix marocaine entre confidences et traversées musicales

ZOOM. Amina Bensouda est une chanteuse, autrice-compositrice-interprète marocaine. Elle chante en français, en anglais et en arabe, trois langues qui traversent son écriture et reflètent la pluralité de son identité et de ses influences. Née à Rabat, elle grandit au Maroc avant de s’installer en France à l’âge de 17 ans, où elle poursuit des études de management tout en développant en parallèle son univers musical. Toujours accompagnée de sa guitare, elle affine son écriture sur les scènes parisiennes dans une forme dépouillée et intime, où la voix et le texte occupent une place centrale. En 2019, elle se produit pour la première fois à Dubaï dans le cadre du Quoz Arts Fest, où elle est invitée à nouveau en 2020, 2022 et 2023. Ces expériences marquent un tournant et ouvrent son travail à une dimension plus internationale. La même année, elle renoue avec son premier amour, le théâtre, en suivant une année de formation aux Cours Florent à Paris. Cette étape marque un moment décisif dans son parcours créatif : elle y redécouvre le rapport au texte, à la parole et à la présence, et décide à la suite de cette expérience de se lancer dans l’écriture et l’auto-production de son premier projet musical. En 2020, elle sort son premier EP Confidences, un projet autobiographique, sensible et épuré. Ce premier opus pose les fondations de son écriture : une parole directe et vulnérable, où se mêlent introspection, mémoire, amour, deuil et émancipation. En parallèle, Amina développe son expérience scénique en assurant notamment les premières parties de Hoba Hoba Spirit, de Jalil Tijani et de Karim Duval, croisant ainsi les univers de la musique et de la scène parlée. Depuis, elle poursuit un travail artistique nourri par la scène et la recherche musicale, notamment à travers une résidence au Berklee College of Music dans le cadre du Berklee Gnawa Festival 2025. Elle fait de la scène un espace essentiel de son parcours : un lieu de présence et de rencontre, où tout se joue dans l’instant, dans le lien direct avec le public. Aujourd’hui, avec Traversées, Amina Bensouda propose un concert pensé comme un chemin intérieur : un récit musical en deux actes, chanté en trois langues, où l’intime devient progressivement collectif. Un projet à la frontière de la musique et du récit, porté par une voix qui cherche moins à séduire qu’à dire ce qui nous traverse.
République du Congo/Election présidentielle de mars 2026. Un l’emportera, mais convaincra t-il les Congolais?

SANS DETOUR. Le 28 février 2026, s’est ouverte, en République du Congo, la campagne électorale pour le scrutin présidentiel des 12 et 15 mars 2026. Y sont en lice, l’actuel Chef de l’Etat, le Président Denis Sassou Nguesso et six autres compétiteurs que sont MM. Melaine Destin Gavet Elongo, Joseph Kignoumbi Kia Mboungou, Anguios Nganguia Egambé, Mabio Mavoungou Zinga, Uphrem Dave Mafoula et Vivien Romain Manangou. Pour l’opinion congolaise, la presse internationale le soulignant également, c’est une élection sans enjeu véritable. Le Président Denis Sassou Nguesso afftontera des concurrents aux moyens limités, au regard des contraintes financières et autres impératifs logistiques qu’impose une campagne difficile, sur un territoire d’accès pas toujours facile, en certains espaces. Si l’élection du Président Denis Sassou Nguesso semble profiler à l’horizon, une question majeure se pose à propos. Qu’apportera de mieux sa manière de gouverner, en cas de victoire? Sous son mandat qui se termine, la République du Congo, riche en ressources naturelles, notamment pétrolières et forestières, peine à se moderniser et à offrir une meilleure qualité de vie à ses citoyens. Les séquences présidentielles du Chef d’Etat Congolais, à la suite du 5 février 1979 exclues, le Président Denis Sassou Nguesso, au pouvoir, depuis le 25 octobre 1997, promet de poursuivre les réformes. De même qu’il s’engage à renforcer le processus systématique d’optimisation des capacités, de la responsabilité et de l’efficacité des institutions du pays. Cependant, les critiques soulignent que le Congo manque de transparence et de rigueur dans la gestion et la définition d’objectifs et d’attentes précis ainsi que les dispositions d’adaptation aux environnements changeants. Ce à quoi s’ajoute un respect non affirmé des lois et règlements établis par le pays lui même. Pour tout dire, le Congo traine le pas dans son développement, au sens plein du terme, et les richesses du pays profitent plus à une minorité qu’a l’ensemble de la population nationale. Il est vrai que le Président Denis Sassou Nguesso a lancé des projets d’infrastructures, telles la modernisation du port de Pointe-Noire et du Chemin de Fer Congo Océan ainsi que la construction de routes. Mais, il reste beaucoup à faire pour améliorer le quotidien du plus grand nombre des Congolais. La problématique de la modernisation du pays est d’autant plus cruciale que la population congolaise est majoritairement jeune et en croissance rapide. Il est donc essentiel de créer des opportunités d’emplois et de formation pour ces jeunes aux fins d’assurer leur avenir et celui du pays. Ceci dit, la question qui taraude l’esprit des Congolais est de savoir si le Président Denis Sassou Nguesso, une fois réélu, serait à mesure d’imposer une autre manière de diriger, plus juste, plus stricte, plus diaphane et moins parentale. En clair, changer son style de gouvernance pour mieux répondre aux attentes congolaises. Ce qui nécessiterait une volonté politique forte de la part du Président Denis Sassou Nguesso et de tous les acteurs politiques du pays qui l’accompagnent dans sa campagne électorale. Des voix s’élèvent pour souhaiter un dialogue, au sortir de l’élection présidentielle, quel qu’en soit le vainqueur. Au gagnant de ce scrutin, donc Chef d’Etat en chaire, d’organiser un tel dialogue. Mais ce sera un rendez-vous sans grand intérêt. Deux motifs à cela. Le Président entrant mettra plutôt en œuvre son projet de société à la base duquel il a été voté. Ensuite, ceux de ses alliés voudront que leur schéma soit intégralement appliqué plutôt qu’une kyrielle de réformes qui sortiraient des contributions populaires rassemblées dans une salle, au risque de perdre les raisons pour lesquelles ils ont soutenu leur champion. Sans compter qu’un dialogue après les élections pourrait être vu comme un moyen pour le nouveau Président de la République de légitimer son mandat. C’est pourquoi, pour beaucoup de Congolais, dans le contexte politique actuel, un dialogue national inclusif, avant les élections, aurait été plus pertinent, pour définir un cadre commun et des priorités nationales, plutôt que de laisser le nouveau Président imposer sa propre vision. Cela n’a pas été possible. Il faut avancer. Quitte à s’en tenir à la manière dont les choses se dérouleront après les élections, une fois installé dans ses fonctions le Président rentrant. Même un gouvernement d’union nationale n’est pas la solution idéale au changement qu’appellent les Congolais de leurs voeux. Ce sera un ordinaire placement des figures de divers horizons qui tableront sur le programme du nouveau Président. Le gouvernement d’union nationale est une clé de façade. Au cas où les parties rassemblées ne partageraient pas une identité de vue, la coalition pourrait se transformer en une simple répartition de postes et de ministères. L’opportunisme politique aura joué, avec tout ce qu’il comporte de manière d’utiliser au mieux les circonstances mettant à profit les occasions favorables, au détriment de l’éthique, de la morale et des causes nationales justes. A tout prendre, un programme commun de gouvernement pourrait être une approche plus intéressante. Mais cela nécessite un niveau de consensus et de compromis très élevé entre les camps concernés. Et même là, les crises pourraient naître, car les intérêts divergeant, les ambitions personnelles pourraient prendre le dessus. C’est pourquoi, il est essentiel que les acteurs politiques congolais soient capables de mettre de côté leurs intérêts personnels, leurs appétits et leurs basses envies de s’enrichir pour le bien du pays. Mais c’est un défi de taille. Que faire alors? Il faudra probablement que les forces de l’opposition et la société civile, mieux organisées, continuent à pousser pour des réformes, même si cela se fait dans des circonstances non aisées. Au demeurant, une prise de conscience des citoyens congolais qui exigeraient des nouveaux dirigeants plus de transparence, plus de responsabilité, plus de sens civique et plus de réussite dans leur action. Ce qui impliquerait une mobilisation et une organisation, pas encore là, mais qui sont à construire. Le Congo est immortel. Paris 28 février 2026 Ouabari Mariotti Ancien Ministre – République du Congo
Semou Diouf à l’ANIDA : quand le CV traverse l’Atlantique et atterrit dans les champs

ZOOM. Il n’est pas arrivé par effraction, encore moins par piston anonyme. Semou Diouf débarque à la direction générale de l’ANIDA avec un CV qui a pris l’avion, fait escale dans les amphithéâtres canadiens et revient, tamponné, s’écraser dans la poussière fertile des terroirs sénégalais. Un homme qu’on ne découvre pas, mais qu’on observe désormais à la loupe. Ingénieur des travaux agricoles, Diouf connaît bien la terre. Plus de dix ans passés à arpenter le développement rural, à parler aux sols fatigués, aux paysans invisibilisés, aux projets toujours prometteurs et souvent enterrés avant maturité. Puis le Canada. L’UQAM. Gestion de projets, planification territoriale, développement local. Le vocabulaire stratégique importé, mais greffé à une connaissance intime du terrain. La fameuse double compétence, rare, et parfois dérangeante dans un pays où penser systémique passe souvent pour une provocation. Depuis un an qu’il est à la tête de l’ANIDA (Agence Nationale d’Insertion et de Développement Agricole), Semou Diouf n’a pas fait dans le folklore institutionnel. Pas de grandes messes médiatiques, mais des actes qui froissent parfois les habitudes. La rationalisation des dépenses publiques, par exemple, ce gros mot administratif, lui a permis d’économiser plus de 100 millions de francs CFA. Une hérésie dans un écosystème où dépenser est souvent confondu avec gouverner. Dans le même élan, il a rapproché l’État du terrain en créant une Direction technique décentralisée à Kaolack, rompant avec la vieille logique dakaro-centrée où l’agriculture se pilotait à distance, climatisation comprise. Car le monde rural, Diouf l’a compris très tôt, n’est pas un décor : c’est un univers à part, avec ses règles, ses urgences et sa mémoire des promesses non tenues. Plutôt que d’imposer des modèles clés en main, le directeur général a privilégié une démarche fondée sur l’écoute active des agriculteurs et des éleveurs. Une approche presque subversive dans un pays où l’on a longtemps parlé à la paysannerie sans jamais vraiment l’écouter. C’est de cette méthode qu’est née la matérialisation progressive des Coopératives Agricoles Communautaires, pensées non comme une réforme cosmétique, mais comme un levier de modernisation durable du secteur. Une véritable ingénierie sociale maîtrisée, qui replace l’agriculture au cœur du mécanisme de prise de décision, et non à la périphérie des discours politiques. Et quand le ministre de l’Agriculture, Mabouba Diagne, lâche à son sujet : « Semou Diouf, c’est un travailleur speed, il sait ce que je veux », ce n’est pas une flatterie gratuite. C’est une injonction publique. Une façon élégante de dire que le temps de l’expérimentation est terminé et que les résultats sont désormais exigibles, immédiatement. À l’ANIDA, Diouf porte aussi une vision désormais assumée : l’accompagnement et la modernisation des petites exploitations agricoles familiales, longtemps reléguées au rang de folklore productif, alors qu’elles constituent l’épine dorsale réelle de la souveraineté alimentaire du Sénégal. Là où d’autres rêvaient de fermes vitrines, lui mise sur le tissu existant. Là où l’on promettait des miracles, il parle de structuration. La caricature serait de le sacraliser. La facilité serait de le crucifier d’avance. La vérité, plus corrosive, est ailleurs : Semou Diouf est attendu au tournant, non pas comme un messie agricole, mais comme un test grandeur nature. Test d’une nouvelle génération de cadres qui prétendent faire de l’État autre chose qu’un club de recyclage politique. Test d’un engagement qui accepte enfin de se salir les bottes au lieu de se laver les mains. Sans tambour ni trompette, le directeur général de l’ANIDA et ses équipes portent, à bas bruit, la révolution agricole promise par les nouvelles autorités. À l’ANIDA, il ne suffira pas d’avoir cultivé des idées. Il faudra récolter des résultats. Et au Sénégal, la terre pardonne rarement aux beaux discours qui ne donnent pas de fruits. Par Malick BA Journaliste
Ilan Benhaim, de MFounders à QVIDMP, la preuve par l’investissement

Entrepreneur et investisseur, Ilan Benhaim incarne depuis plusieurs années une approche structurée et disciplinée de l’investissement entrepreneurial au Maroc. Cette expertise, matérialisée par les performances du club deal MFounders, trouve une exposition supplémentaire à travers sa participation pour la troisième fois à la nouvelle saison de l’émission Qui va investir dans mon projet ?diffusée depuis le 20 janvier sur la chaine 2M. Fondé par Ilan Benhaim en juillet 2024, MFounders s’est imposé comme un acteur structurant de l’investissement early stage, en fédérant une communauté internationale d’entrepreneurs et d’investisseurs issus de la diaspora marocaine. L’ambition n’est pas uniquement financière. Elle repose sur un modèle combinant capital, expertise opérationnelle, mentorat et gouvernance, avec une exigence élevée sur la qualité des projets accompagnés. Les résultats observés en 2025 traduisent cette approche. En une année, MFounders a finalisé sept opérations d’investissement représentant 1,65 million d’euros, tout en structurant un process rigoureux de sélection, d’analyse et de décision. Ce cadre méthodologique, fondé sur des comités d’investissement hebdomadaires et une phase de dé-risking approfondie, distingue MFounders des logiques spéculatives encore répandues dans l’écosystème. C’est précisément cette posture que l’émission Qui va investir dans mon projet ? donne à voir. En tant que jury, Ilan Benhaim n’y joue pas un rôle de commentateur, mais celui d’un investisseur confronté à des décisions réelles, cohérentes avec les standards appliqués au sein de MFounders. Les critères analysés à l’écran sont les mêmes que ceux mobilisés dans les comités d’investissement du club deal : clarté du modèle économique, taille du marché, crédibilité des projections, solidité des équipes fondatrices et capacité d’exécution. Au-delà de la visibilité médiatique, l’émission agit comme un prolongement naturel du travail mené par MFounders sur le terrain dans l’écosystème marocain. Certaines startups issues du programme bénéficient d’un accompagnement complémentaire via des dispositifs de bridge ou de mentoring, prolongeant l’exposition télévisuelle par un engagement concret dans la durée destiné à les mener vers d’autres levées de fonds structurantes. Parallèlement, Ilan Benhaim préside Endeavor Maroc, où il contribue à l’accompagnement de scale-ups marocaines à fort impact. Il intervient également comme business angel à travers sa holding personnelle IBP, dans une logique cohérente avec les principes appliqués au sein de MFounders. La participation d’Ilan Benhaim à Qui va investir dans mon projet ? ne constitue donc pas une fin en soi. Elle s’inscrit dans une trajectoire plus large, celle d’un investisseur dont la crédibilité repose avant tout sur des résultats mesurables, des process éprouvés et une contribution concrète à la structuration de l’écosystème entrepreneurial marocain. Chiffres clés MFounders Performance 2025 Communauté Projection 2026
Lumumba VEA, la conscience des tribunes de la CAN 2025

Parmi les millions de supporters qui ont animé la TotalEnergies CAF Coupe d’Afrique des Nations Maroc 2025, une silhouette s’est détachée avec une intensité particulière. Michel Kuka, plus connu sous le nom de Lumumba VEA, n’est ni joueur, ni officiel, ni dirigeant. Pourtant, sa présence, sa posture et surtout son message ont traversé le tournoi comme un fil invisible reliant les stades à l’histoire du continent. Sosie troublant de Patrice Lumumba, il en a repris les traits, la posture droite et le regard habité, au point de donner l’impression que l’icône congolaise avait quitté les livres d’histoire pour réapparaître dans les tribunes. Vêtu comme Patrice Emery Lumumba, avec son costume, sa cravate et son allure solennelle, Michel Kuka ne s’est pas contenté d’une ressemblance physique : il en a incarné aussi la dignité et la gravité. Le premier Premier ministre du Congo indépendant, assassiné le 17 janvier 1961, demeure l’un des symboles les plus puissants de la lutte africaine pour la souveraineté et la liberté. Une date qui résonne encore comme une plaie ouverte dans la conscience du continent. Soixante-quatre ans plus tard, dans les stades marocains, cette mémoire a retrouvé un visage, une posture et une voix. Quand le Maroc salue Lumumba L’un des moments les plus marquants du tournoi est survenu lors du match Maroc – Cameroun. Dans un stade porté par l’enthousiasme du public, le visage de Patrice Lumumba a été brandi par des supporters marocains. L’hommage était d’autant plus saisissant que, ce jour-là, la RDC avait déjà quitté la compétition et que Michel Kuka était rentré à Kinshasa. Pourtant, son absence n’avait en rien effacé son empreinte. Dans les gradins, des supporters des Lions de l’Atlas avaient repris son symbole : le portrait de Lumumba VEA levé à bout de bras, la main droite dressée vers le ciel, comme un salut de mémoire et de dignité. Une scène rare dans un match de phase finale de CAN, presque irréelle par sa force. Le stade, d’ordinaire noyé sous les chants et les percussions, a marqué un instant de suspension. Les applaudissements ont pris le relais, longs, appuyés, respectueux. Le temps d’un moment, le football s’est effacé devant quelque chose de plus grand : un symbole venu du Congo, mais parlant à toute l’Afrique. Ce geste spontané n’avait rien d’anecdotique. Pays hôte, le Maroc avait voulu faire de cette CAN une vitrine du continent dans toute sa richesse — sportive, culturelle et historique. En reprenant l’hommage initié par Lumumba VEA, ses supporters ont montré que la solidarité africaine peut dépasser les frontières, les langues et les rivalités. Le salut d’Adam Akor Le lendemain lors de Algérie – Nigeria, un autre instant fort est venu prolonger cette histoire. Après son but, Adam Akor s’est tourné vers les tribunes. Dans un geste simple, il a levé la main droite. Ce n’était pas un salut adressé à un homme précis, mais à une idée : celle de Lumumba, celle d’une mémoire africaine qui continuait de circuler de gradin en gradin, même après le départ de Michel Kuka. Dans un football contemporain dominé par les réseaux sociaux et les logiques de marque, ce geste avait quelque chose de presque intemporel. Akor ne célébrait pas seulement un but, il reconnaissait une histoire. La scène a rapidement fait le tour du continent. Sur les réseaux, des milliers de messages ont salué cette rencontre symbolique entre un joueur, des supporters et une figure majeure de l’histoire africaine. La CAN 2025 venait d’offrir l’un de ces instants qui échappent aux chiffres et aux feuilles de match pour entrer dans la mémoire collective. Le respect de la Fédération algérienne L’émotion ne s’est pas limitée aux tribunes. En coulisses, la Fédération algérienne de football a tenu à poser un geste chargé de sens. Des responsables se sont rendus à l’hôtel de Lumumba VEA pour lui remettre des maillots dédicacés de la sélection nationale. Sans caméras, sans mise en scène. Simplement un acte de respect. Ce geste prenait une résonance particulière au regard de l’histoire. Patrice Lumumba et l’Algérie sont liés par une même trajectoire de lutte et de sacrifice. Dans les années 1950 et 1960, la révolution algérienne avait inspiré de nombreux mouvements de libération africains, y compris au Congo. Lumumba voyait dans le combat du FLN une preuve que l’Afrique pouvait arracher sa souveraineté par la détermination et la dignité. Après l’indépendance de l’Algérie en 1962, le pays est devenu un refuge et un soutien pour les mouvements de libération du continent. La figure de Lumumba, assassiné pour avoir voulu un Congo libre, y a toujours occupé une place à part, symbole d’une Afrique trahie mais jamais vaincue. En allant à la rencontre de Michel Kuka, les responsables algériens n’honoraient pas seulement un supporter, mais tout un héritage panafricain. Ils reconnaissaient en lui un relais contemporain de ce combat historique, un homme qui, à travers les tribunes de la CAN, continuait de faire vivre la mémoire de ceux qui ont payé le prix de la liberté. Dans un tournoi parfois traversé par la rivalité et la tension, l’Algérie a rappelé qu’au-delà du football, certaines histoires unissent plus qu’elles ne divisent. Un supporter pas comme les autres Michel Kuka n’était pas venu chercher la lumière. Il n’a pas sollicité les caméras ni provoqué le spectacle. Il est arrivé avec son drapeau, son portrait et sa conviction. Et la CAN l’a rencontré. Dans un football de plus en plus mondialisé, où les tribunes se transforment parfois en simples décors, Lumumba VEA a rappelé que le stade reste un espace d’expression, un lieu où l’on peut dire qui l’on est et ce que l’on refuse d’oublier. Son combat n’est dirigé contre personne. Il est porté par quelque chose de plus vaste : la mémoire, la dignité et la conscience africaine. CAFonline
CAN-2025: Les entraîneurs africains en force au rendez-vous des quarts de finale

La Coupe d’Afrique des Nations (CAN) Maroc-2025 a consacré, au stade des quarts de finale, la montée en puissance des cadres africains sur le banc de touche de leurs sélections, confirmant l’excellence du savoir-faire local. Ainsi, sur les huit sélections qualifiées pour les quarts de finale, six sont emmenées par des cadres du continent. Walid Regragui, le patron de la tanière Si l’équipe du Maroc de Walid Regragui enchaine les succès et performances qui lui ont valu une 11è place au classement de la FIFA, les autres sélections africaines font de plus en plus recours aux cadres locaux, d’autant plus que l’expérience a montré que ceux-ci sont les plus aptes à transmettre la ferveur de cette compétition aux joueurs. Ainsi, Walid Regragui s’est fait un nom dans la cour des grand du football mondial à la faveur du parcours historique des Lions de l’Atlas en Coupe du monde 2022 au Qatar, où il a mené le Maroc jusqu’en demi-finale, un exploit sans précédent pour une équipe africaine. Eric Chelle, le Malien qui veut mener les Super Eagles vers le sacre Eric Chelle, ancien joueur de Valenciennes, RC Lens et du FC Istres, a réussi à faire de l’équipe du Nigeria une sélection redoutable et un des prétendants sérieux au sacre lors de la CAN Maroc-2025. Le sélectionneur malien s’est offert le luxe de signer trois victoires en autant de rencontres avec le Nigeria lors de la phase de groupes, après des succès devant la Tanzanie (2-1), la Tunisie (3-2) et l’Ouganda (3-1) en phase de groupes, puis le Mozambique (4-0) en huitièmes. Il n’a pris en main l’équipe du Nigeria qu’en janvier 2025, avec un objectif clair, à savoir relancer une sélection nigériane en crise. David Pagou, l’entraineur qui veut redorer le blason des Lions Indomptables Nommé sélectionneur des Lions Indomptables à trois semaines seulement du début de la CAN Maroc-2025, Pagou avait pour mission de relancer une équipe en quête d’identité et de régularité sur le plan continental. Technicien pragmatique, il privilégie la solidité défensive et un jeu organisé, tout en cherchant à valoriser les jeunes talents locaux, à l’image de Christian Kofane (19 ans). Il a réussi à mener le Cameroun vers les quarts de finale, fort en cela d’un groupe homogène qui a su s’imposer comme un sérieux prétendant au titre de cette 35è édition. Pape Thiaw, un digne successeur d’Aliou Cissé A la tête des Lions de la Téranga, qu’il mène en main de maître lors de cette CAN, Pape Thiaw, nommé sélectionneur du Sénégal en décembre 2024 pour succéder à Aliou Cissé, s’est rapidement imposé comme l’homme du renouveau des Lions. Sous sa conduite, le Sénégal s’est qualifié pour la Coupe du monde 2026, confirmant la capacité de l’ancien international à transmettre une exigence et une identité de jeu forte. Pape Thiaw incarne une nouvelle ère pour le Sénégal, avec pour principal objectif de rivaliser avec les plus grandes nations du continent et du monde. Hossam Hassan, une 8è étoile en ligne de mire Le sélectionneur de l’Egypte, Hossam Hassan, 59 ans, est une légende du football dans son pays. Nommé sélectionneur des Pharaons en février 2024, il a su tirer son épingle du jeu lors de cette CAN malgré la prestation en dents de scie des coéquipiers de Mo Salah. En effet, l’équipe d’Egypte a certes imposé sa loi dans son groupe (2 victoires et 1 nul), mais a souffert avant de battre une vaillante équipe du Bénin (3-1) en huitièmes de finale après prolongations. Face à la Côte d’Ivoire, l’Egypte, habituée à tenir tête aux grands du continent, devra sortir le grand jeu afin d’éviter toute mauvaise surprise. Emerse Faé, le coach qui veut continuer à écrire l’histoire La Coupe d’Afrique des Nations retiendra à jamais la manière dont Emerse Faé a réussi à métamorphoser les Eléphants de Côte d’Ivoire lors de la CAN-2023 organisée à domicile et qu’ils ont remportée magistralement. Devant les Pharaons en quart, l’équipe ivoirienne aura du pain sur la planche si elle veut continuer à défendre sa couronne et rester sur le même dynamisme. Tom Saintfiet et Vladimir Petkovic, les seuls sélectionneurs étrangers encore en lice Le sélectionneur du Mali, le Belge Tom Saintfiet, a réussi l’exploit de mener les Aigles en quart de finale, malgré quatre matches nuls. Nommé en août 2024, Saintfiet qui a occupé, entre 2002 et aujourd’hui, 21 postes différents, aura la lourde tâche de mener son équipe à surmonter son voisin sénégalais dans un quart de finale très attendu. De son côté, le sélectionneur de l’Algérie, Vladimir Petkovic, partisan d’un football méthodique, adaptable et exigeant, est parvenu malgré son manque d’expérience sur la scène africaine à mener les Fennecs vers les quarts de finale, qu’ils n’ont plus atteints depuis leur sacre en 2019. Sous sa houlette, l’équipe d’Algérie doit relever un défi de taille, à savoir battre le Nigeria de Victor Osimhen, finaliste malheureux de la dernière édition. MAP
Exposition à Niamey des motos électriques made in Niger par MAJ-Creativity

Le Ministre de la communication et des nouvelles technologies de l’information, M.Adji Ali Salatou a présidé, dans l’après-midi de ce mardi 30 décembre 2025 au stade général seyni kountché de Niamey, la cérémonie officielle de présentation et exposition des motos électriques »made in Niger » de Maj-Creativity. Quatre modèles des motos électriques ont été dévoilés au cours de cette cérémonie à savoir le collégial, l’universitaire, le national et la livraison. Dans son discours prononcé à cette occasion, le Ministre de la Communication et des nouvelles technologies de l’information a indiqué que ’’le projet que nous découvrons, initié par Abdoul Magidou Moussa et sa startup Maj-Creativity, constitue une preuve éclatante que la jeunesse nigérienne est au cœur de la refondation nationale. A seulement 25 ans, ce jeune innovateur démontre sans détour, que le Niger dispose du génie et de l’audace nécessaires pour concevoir et industrialiser des solutions de mobilité durables, connectées et à forte valeur ajoutée’’. Conformément aux orientations des plus hautes autorités, a annoncé le Ministre, ‘’mon département ministériel apporte un appui déterminant à cette phase décisive, en étroite collaboration avec l’Agence Nationale pour la Société de l’Information (ANSI), dont il a salué la disponibilité de Mme la Directrice Générale », précisant que »cet accompagnement couvre notamment la sécurisation de la propriété intellectuelle, l’appui à la structuration du projet ainsi que l’organisation de la présente exposition’’. M. Adji Ali Salatou de souligner avec force qu’il s’agit »d’une moto électrique très innovante, pensée avec une approche technologique moderne, et compétitive à l’échelle mondiale. Pour franchir le cap de l’industrialisation, nous accompagnons également Maj Creativity dans la mobilisation des financements nécessaires notamment à travers nos banques locales et les mécanismes de financement disponibles, afin de permettre une montée en capacité rapide et durable’’. Le Ministre de la communication de souhaiter que ’’cette exposition marque le véritable point de départ de partenariats structurants capables de financer une unité de production locale. Le Niger, plus que jamais, a besoin que ces institutions financières et ces investisseurs fassent confiance à l’intelligence nationale, à l’innovation et à l’industrie’’. M. Ali Salatou de faire savoir que ’’l’accompagnement de l’Etat en faveur des jeunes innovateurs s’inscrit dans la vision du Président de la République, Chef de l’Etat, qui fait de la jeunesse le fer de lance de la refondation nationale et le moteur essentiel de notre marche vers une souveraineté technologique et économique totale’’. S’adressant au fondateur de Maj Creativity, le Ministre a déclaré que ’’votre projet contribue à rehausser l’image du Niger à l’international. Votre réussite sera, une victoire qui va rejaillir sur toute la nation. Au regard de votre sérieux et de votre détermination, nous vous voyons comme un très prochain acteur économique majeur, créateur d’emplois et de valeur au profit du Niger’’. Pour sa part, le fondateur de Maj-Creativity, M. Abdoul Magidou d’indiquer que ’’pendant longtemps nous avons travaillé pour que ce jour soit spécial et mémorable en donnant le meilleur de nous-même’’. En 2024, a-t-il rappelé, ils ont ’’présenté la première moto électrique made in Niger et grâce à cette moto électrique nous avons pu avoir beaucoup d’acclamation par les nigériens’’. Notons que cette cérémonie d’exposition des motos électriques »Made in Niger » s’est déroulée en présence du Secrétaire Général du Ministère de la Communication et des nouvelles technologies de l’information, de la Directrice de l’ANSI et de plusieurs autres invités. Salissou Soumana Karimou/ANP