CONGO. Bienvenue Gertrude Hobain Mongo : une ascension qui a défié tous les déterminismes

ZOOM. Certains événements laissent une empreinte indélébile dans notre mémoire collective et dans l’histoire de la République du Congo. Parmi eux, la nomination de la première femme à la tête de la Télévision Nationale Congolaise demeure sans doute l’un des moments les plus marquants. Née le 2 mars 1969 à Dolisie, dans le département du Niari, Bienvenue Gertrude Hobain Mongo est l’une des pionnières de l’audiovisuel public congolais. Comptable de formation, journaliste de métier, écrivaine et mère de quatre enfants, elle demeure à ce jour la seule femme à avoir occupé la fonction de Directrice Générale de la Télévision Nationale Congolaise, depuis la création de l’institution, le 28 novembre 1962. Un parcours professionnel marqué par la détermination Pendant plus de vingt ans, cette femme d’une cinquantaine d’années s’est imposée comme une figure influente dans les sphères administrative, politique et sociale du pays. Après avoir obtenu son baccalauréat série D en 1990, Bienvenue Gertrude Hobain Mongo a très tôt découvert le monde du travail. En 1992, elle a commencé à aiguiser ses compétences administratives en tant qu’agent de liaison (réceptionniste) chez TRANSLO-CONGO, une société dirigée par M. Paul Obambi. Elle exerçait à temps partiel tout en poursuivant une licence en gestion d’entreprise au C.U.F.C.A.E (actuel SGEAE). Les premières initiatives entrepreneuriales Pour des raisons familiales, elle interrompit ses études et enchaîna des contrats à durée déterminée dans le secteur privé. En août 1994, elle lança sa première activité commerciale en ouvrant une boutique de mode nommée « Winners » (Les Vainqueurs). Pendant deux ans, elle parcourut le monde, découvrant plusieurs pays africains, européens et américains, avec pour seul objectif la satisfaction d’une clientèle grandissante. Le retour à la passion et la création d’entreprises En 1996, elle retrouva sa passion pour le travail en répondant à un appel à candidatures, ce qui lui permit d’obtenir un contrat à durée indéterminée en tant qu’assistante de direction. Malheureusement, cet emploi fut de courte durée, suite à la guerre du 5 juin 1997.En 1999, Bienvenue s’envola pour Montréal, au Canada, pour poursuivre ses études à l’Institut de Brossard, où elle obtint en 2000 une Attestation d’Études Collégiales (A.E.C) en commerce international. L’année suivante, elle s’inscrivit au Collège supérieur de Montréal (CSM) et décrocha un Diplôme Professionnel (DEP) en comptabilité. À la fin de cette année-là, elle rentra au Congo avec un projet concret : la création de « Les Établissements Winners », qui donna naissance à d’autres unités commerciales telles que ELLEM Boutique, Winners Food, Win’s Fashion, HM Business Center ou encore Win’ Resto. Une carrière dans la fonction publique et la communication Recrutée dans la fonction publique en 2002, elle fut mise à disposition du Ministère de la Communication, affectée à la Direction d’équipements et de la planification. En avril 2005, elle passa à la Direction de l’information de la Télévision Nationale Congolaise. En mai 2006, elle devint chef de division information au Ministère des Affaires Étrangères et de la Francophonie. La même année, elle obtint une licence en gestion financière, option comptabilité, à l’Institut Supérieur de Gestion (UMNG). L’ascension vers la direction En juillet 2007, Bienvenue fut nommée Directrice des Affaires Administratives et Financières de la Télévision nationale. En janvier 2008, tout en conservant cette fonction, elle fut promue Directrice Générale par intérim, poste qu’elle occupa jusqu’en décembre 2009. Une reconnaissance institutionnelle majeure En juin 2012, elle fut nommée par décret présidentiel au Conseil Supérieur de la Liberté de Communication (CSLC), représentant la Présidence de la République. Elle fut ensuite élue Secrétaire-Comptable et rapporteur de cette instance, poste qu’elle occupa jusqu’en septembre 2016. La première femme à la tête de la Télévision nationale Ce jour-là, une étape décisive de sa vie se transforma en une véritable histoire. La nomination de Bienvenue Gertrude Hobain Mongo à la tête de la Télévision Nationale Congolaise ne fut pas un simple changement officiel. Elle fut une rupture dans une longue tradition institutionnelle, une avancée symbolique majeure : la première femme à occuper ce poste.Ce changement ne s’est pas fait dans l’éclat d’un coup de théâtre, mais dans la sobriété d’une décision administrative. Pourtant, derrière cette simplicité apparente se cache une portée exceptionnelle. Elle représentait une véritable révolution, fruit de la volonté et du courage politique d’un visionnaire, le ministre de la Communication de l’époque, Alain Akouala Atipault, qui avait brisé le plafond de verre qui pesait depuis près d’un demi-siècle sur la carrière des femmes dans cette institution. Un héritage concret dans la gestion de la télévision L’héritage de Bienvenue Gertrude Hobain Mongo ne se limite pas seulement à cette symbolique. Son passage à la direction a été marqué par des actions concrètes et innovantes : amélioration des conditions de travail, formations pour accompagner la transition numérique, renforcement des capacités des journalistes et opérateurs, acquisition d’équipements modernes, augmentation des moyens de transport, émancipation des opératrices de vue (OPV) féminines, signature de partenariats avec Deutsche Welle et Euro News, révision des contrats avec les opérateurs de téléphonie mobile, ou encore installation de Télé-Congo dans le bouquet de Canal+.Elle a aussi mis à profit son expérience conjugale de journaliste pour réduire le temps de production d’un reportage, en accélérant la mise en place de stations de montage. Engagements en faveur des médias et de la société En mars 2015, lors de la Journée internationale des droits de la femme, Bienvenue, alors Secrétaire-Comptable du Conseil supérieur de la liberté de communication, fit une donation de matériels techniques, de fournitures et de motos aux médias publics et privés, contribuant ainsi à renforcer le secteur. Une formation continue et l’expansion entrepreneuriale En 2018, elle obtint un Master I en comptabilité, audit, finance et management à l’Institut de Formation Comptable Européen (IFCE) à Strasbourg, en France. De retour au Congo en 2019, elle développa ses entreprises en créant « HMB Corporation », une société regroupant plusieurs secteurs : voyages, immobilier, communication, informatique, restauration, habillement. Une vie politique et sociale engagée Candidate indépendante aux élections législatives de juillet 2022 dans le district de Banda, dans le Niari, elle fut désinvestie par le Parti congolais
Pointe-Noire : Archange MOUYAMI, une ambition structurée pour Lumumba 1 (Congo)

PORTRAITS POLITIQUES: À l’aube des élections législatives de 2027, une nouvelle figure émerge sur l’échiquier politique de la République du Congo. Archange MOUYAMI, originaire de Pointe-Noire, ne se contente pas de porter un discours de changement ; il s’appuie sur une expérience concrète du terrain économique pour proposer une vision véritablement transformatrice. Entre la France et le Congo, ce leader de la nouvelle génération entend prouver que la gestion rigoureuse d’une entreprise constitue un véritable laboratoire pour la gestion de la cité. Un parcours académique et professionnel d’excellence Formé aux exigences du management international (détenteur d’un Master), Archange MOUYAMI a très tôt fait le choix de l’action. Sa trajectoire se distingue par une polyvalence rare. Dans le secteur logistique, il a fondé Empire Fret Service, une structure qui facilite les échanges et le transport, un secteur vital pour le développement économique. Parallèlement, conscient que le capital humain est la première richesse d’une nation, il a lancé Archange Consulting, un cabinet dédié au coaching et à l’orientation de carrière. Ce volet de son activité témoigne d’une volonté profonde : accompagner la montée en compétences des cadres et des jeunes professionnels congolais. La culture comme vecteur d’unité L’influence d’Archange MOUYAMI ne s’arrête pas aux frontières de l’entreprise. À traversson label Empire Production, il s’investit dans l’industrie musicale et créative. Pour lui, laculture n’est pas qu’un divertissement, c’est un levier de soft power et un espace de dialoguepour une jeunesse en quête de modèles et de réussite. Le NPPDC : un nouveau souffle politique pour 2027 L’année 2025 marque un tournant avec la création du Nouveau Parti Politique duDéveloppement Congolais (NPPDC). Ce mouvement, qu’il préside, naît d’un constat simple :la nécessité d’une offre politique pragmatique, axée sur l’unité et la prospérité partagée.C’est avec cette bannière qu’Archange MOUYAMI se prépare à solliciter les suffrages deshabitants de la circonscription de Lumumba 1 lors des législatives de 2027. Son programmerepose sur une promesse de « développement par l’exemple », visant à importer l’efficacité dusecteur privé dans la sphère publique pour répondre aux besoins concrets des populations. Conclusion : Archange MOUYAMI incarne ce « double profil » d’homme d’affaires etd’homme d’État en devenir. Sa candidature pour Lumumba 1 représente bien plus qu’uneambition personnelle ; c’est le symbole d’une jeunesse congolaise formée, expérimentée etprête à prendre ses responsabilités pour la transformation sociale et économique de son pays.
Congo: qui est Christian Yoka, nouveau ministre des Finances, du Budget et du Portefeuille public

Christian Yoka est un expert dans le domaine du financement du développement Avant d’être nommé Ministre des Finances, du Budget et du Portefeuille public, Christian Yoka a eu une expérience internationale de premier plan au sein de l’Agence Française de Développement où il occupait les fonctions de Directeur Afrique. Il avait auparavant assumé divers postes de responsabilités, en tant que Responsable-pays pour le Cameroun et la République Centrafricaine, puis, tour à tour, Directeur-pays en République Démocratique du Congo, en Éthiopie et au Cameroun. Il sera par la suite nommé Directeur Régional pour l’Afrique de l’Est au Kenya. Ce parcours de plus de 20 ans lui a permis de développer une maîtrise des problématiques du développement, dans une variété de domaines et en faveur d’une multiplicité d’acteurs de la sphère publique comme du secteur privé. Christian Yoka a également exercé divers mandats en tant qu’administrateur pour des entités telles qu’Alucam et Africa Guarantee Fund. En outre, il a présidé le Comité d’Investissement Consultatif du Fonds de Soutien aux Entreprises en Afrique (FISEA), géré par Proparco, la filiale du Groupe AFD dédiée au secteur privé. Titulaire d’un diplôme d’études supérieures en Droit des Affaires et Fiscalité de l’Université Paris-I-Panthéon-Sorbonne ainsi que d’un Master en Droit Bancaire et Financier International de Boston University, Christian Yoka est également ancien élève en politiques publiques de la London University (SOAS). Avec Min.
Maroc/ARTS. Bouchra Samodi : un tourbillon chromatique envoûtant

Charismatique, figure éprise d’art et de liberté, Bouchra Samodi est une plasticienne dont la richesse intellectuelle se reflète dans la production picturale. Les couleurs s’expriment pleinement dans toutes leurs nuances voisines avec l’ardeur ensoleillée des paysages et les splendeurs de la culture et du patrimoine marocains. Cette plasticienne, qui vit et travaille à la ville côtière de Harhoura, crée des compositions souvent étonnantes pleines de poésie, mais toujours envoûtantes. La peinture de l’artiste-peintre Bouchra Samodiévoque irrésistiblement ce mot de Cézanne : « L’art est une harmonie parallèle à la nature.». Ainsi dans ses œuvres, on retrouve une palette éclatante où les rouges, les jaunes, les verts et les bleus semblent sortir de l’espace circonscrit des toiles pour entraîner le spectateur dans un tourbillon chromatique. On se sent frappé par ses tableaux qui font alors appel à des couleurs chaudes, traduisant une atmosphère pesante. L’univers de Bouchra, on le pressent, s’éloigne du réel angoissant, fait d’insécurité, de violence, de fanatismes, pour proposer une approche vivifiante et pacifiée, une invitation baudelairienne au voyage. Là où tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté. Face au monde tel qu’il se présente, la démarche se révèle donc d’autant plus subversive que Bouchra tend vers l’apaisement, la rêverie, la culture, notions qui échappent aux sociétés précipitées au bord du gouffre par des conflits qui les dépassent. Portraits, silhouettes, paysages… Après maints échanges dans l’observation et l’exécution du travail, sa peinture est devenue petit à petit plus personnelle et plus libérée. Une expérience que Bouchra a partagée lors de ses précédentes expositions et rencontres d’art. L’expression juste de son sentiment devant le sujet compte à présent bien plus que le sujet lui-même. Sa recherche va vers une liberté plus grande et plus inventive dans le geste et évolue vers une cohérence chromatique. Où que l’on se tourne, des formes se bousculent, en cascades, en diagonales, pour passer outre le bord des toiles et venir plus près de nous encore accaparer nos yeux. Parfois, l’animation se calme : ces arrêts sur image s’offrent alors comme de très gros plans. Et si la diversité est le propre de la nature humaine, Bouchrajongle avec les différentes techniques mises à sa disposition. Son œuvre révèle une audace picturale et une base structurelle parfaitement ordonnancées et qui détiennent une intensité stylistique originale. Depuis tant d’années, elle s’est consacrée corps et âme à ses recherches marquées par des voyages, des stages, les efforts pour s’assurer toute documentation utile pour ce faire…Résultat : une œuvre qui capte une réelle intuitivité et se nourrit d’une créativité qu’elle maîtrise avec une aisance, sans aucune complaisance. Elle choisit de peindre les réalités quotidiennes à sa façon qui ne démentira plus. C’est la clé de lecture, question de permettre aux visiteurs de décoder ces tableaux. Surtout que dans ses œuvres, il s’agit de mettre en lumière le patrimoine immatériel marocain dans toutes ses splendeurs et de protéger la culture marocaine, dans son acception la plus large, du spectre de la perte et de l’oubli. De ce procédé créatif cherchant un équilibre entre la nécessité du contrôle et le défi de l’impromptu se dégage une grande sérénité et zénitude. Pour Bouchra, l’art est essentiel mais trouve surtout valeur dans l’échange entre la réalisation picturale et la réaction du récepteur. Ainsi la lecture de ses tableaux provoque, chez les passionnés d’art, un effet de lâcher-prise sur le conventionnel et qu’ils éprouvent un certain plaisir en y trouvant leurs propres références et repères d’appartenance, tout en se surprenant à y voyager librement. Les grandes lignes de ces dialectiques de l’attraction des consciences permettent de concilier l’intention pour soi et le statut conféré par autrui. Ainsi, examiner les œuvres de notre artiste-peintre, de ce point de vue, nous permet d’apercevoir les conditions de production, de diffusion, de réception des œuvres figuratives et d’y exercer un esprit critique. Et l’on demeure toujours fasciné par la quintessence de ses formes abondantes. Il s’agit ici d’une expérience profonde que celle de se sentir emportée et guidée par l’inspiration créatrice. Tout à coup, le figural s’efface et sa sensibilité s’éveille. Elle devient elle-même spectatrice de la toile naissante qui prend forme et s’épanouit sous ses yeux. Bref, il faut dire que dans la spontanéité du geste créatif de Bouchra Samodiémerge un dialogue en filigrane entre le pinceau, la lumière et la forme et parfois le rendu dépasse tout horizon d’attente. Car, sur la toile, encore humide, la lumière réfléchie par les pigments traduit miraculeusement l’état d’âme du moment et l’émotion ressentie. A.A
Congo/Musique. La Pie d’or dans la nomenclature de nouvelles voix du continent africain

ZOOM/PORTAIT. Philgorine Nganfini, La Pie d’or de son nom d’artiste, est une est une artiste chanteuse auteure-compositrice et interprète jouant avec élégance et dextérité à plusieurs instruments de musique traditionnels. Originaire du Congo Brazzaville, l’artiste d’obédience catholique a rejoint très jeune la chorale Me Mvumbukiri (Brazzaville) au sein de laquelle elle passe dix bonnes années et prend conscience de son potentiel. C’est d’ailleurs pour mieux l’exprimer qu’elle choisit d’intégrer en 2002 un groupe de rap dénommé « Rap zone N 1 » et commence alors à participer à plusieurs événements culturels organisés à travers le pays et à l’étranger. Dans sa quête perpétuelle de la perfection, de nouvelles sonorités et inspirations, La Pie d’or décide de faire de la musique de fusion. Un nouveau registre qui la plonge dans un univers musical mêlant subtilement divers rythmes, sensations et sonorités, séduisant rapidement le public. Pour aiguiser son talent, la jeune congolaise ne se prive pas d’accompagner des artistes en studio et sur scène. En 2006, son arrivée au sein du groupe N’kota lui permet de se familiariser avec les instruments traditionnels qu’elle ne tarde pas à dompter sous le regard admiratif des membres du groupe, professionnels reconnus et passionnés de musique. La Pie d’or a le vent en poupe. Et, c’est sans surprise qu’elle reçoit trois ans plus tard, en 2009, le « Prix découverte et prix spécial du jury » décerné à l’occasion des « Tam-Tam d’or » (Les Trophées de la musique congolaise). Portée par une nouvelle dynamique, la chanteuse à la voie douce ne manque aucune occasion de prendre part à divers événements culturels tels que le Fespam au Congo (2023) et l’Afro politain Nomade au Cameroun (2022). En parallèle, elle donne des shows dans de grands cabarets de Brazzaville (le Raison Blu, Mami Wata, Jardin de Saveurs, etc.) où elle s’illustre dans différents styles musicaux (wold music, slow Zouk et plusieurs polyphonies africaines) et émerveille le public à chacune de ses prestations musicales. Rappelons que la chanteuse congolaise s’illustre désormais dans un style musical particulier appelé « Afro-zola » dont elle est la seule à détenir le secret. Un genre qui fait le pont entre les musiques traditionnelles Kongo et d’autres ethnies africaines et celle du monde à l’instar du jazz, de la soul, du blues ou encore du Rap. Pour faire simple, Afro-zola est un métissage entre les musiques ancestrale, traditionnelle et actuelle, pas trop éloignée de la musique urbaine. Il est constitué de textes appelant à la bienveillance, à l’encouragement et à l’amour. Rappelons brièvement que c’est en 2014 que la chanteuse congolaise se lance dans une carrière solo avec la sortie d’un single intitulé « Brazza », qui met en exergue le style musical de l’artiste et fait le lien entre la Rumba congolaise et les sonorités de la musique traditionnelle. Avec ce titre, présenté officiellement en mai dernier à la FNAC de Brazzaville, qui met en avant la beauté, la richesse culturelle et la convivialité de la ville capitale congolaise, l’artiste musicienne inscrit son nom en lettres d’or dans la nomenclature de nouvelles voix du continent. Dans ce titre, tiré de son album à venir, « je rends hommage à toutes ces personnes qui travaillent dans l’anonymat pour le développement économique du Congo et plus particulièrement aux femmes maraîchères », confie La Pie d’or. A travers ce single, disponible sur toutes les plateformes de téléchargement, « je rends aussi hommage à la ville de Brazzaville, considérée comme la capitale africaine de la SAPE (Société des ambianceurs et personnes élégantes), un mouvement qui fait partie de notre identité culturelle et dont nous devons être fiers », poursuit l’artiste. « Je réitère ici ma profonde gratitude à l’endroit de tous ceux qui ont contribué à la réalisation de cet album et je salue l’artiste musicien Freddy Massamba, à mes yeux, constitue un modèle et une appréciable source d’inspiration », conclue-t- elle. Fredrich Günther Mbemba.
A 12 ans, cette Martiniquaise devient championne de l’Union Européenne aux échecs

Elle joue aux échecs depuis qu’elle a 4 ans, a été vice-championne de Martinique et deux fois vice-championne de France. Elle vient de gravir un échelon en devenant championne de l’Union Européenne dans la catégorie U12 (de 11 à 12 ans) en août dernier. Portrait de la jeune Martiniquaise Eline Mencé. Sa famille et son entraîneur nous ont donné rendez-vous dans un café de la capitale où l’on peut jouer aux échecs. Quoiqu’un peu intimidée par le fait d’être interviewée par des journalistes, elle est très souriante. Un sourire qui laisse place à la concentration une fois qu’elle s’assied devant l’échiquier, face à son entraîneur Vincent Riff. Ancien sélectionneur de l’équipe de France jeunes, ce dernier s’occupe désormais de l’équipe de Suisse espoirs, en plus de diriger un club, Palamède échecs, dans le XVIe arrondissement de Paris. C’est là qu’il a rencontré Eline en 2018. La jeune fille venait d’arriver avec sa famille de Martinique qui cherchait pour elle un club d’échecs où elle puisse s’épanouir. Car Eline est passionnée par ce jeu depuis qu’elle a 4 ans… Lire la suite sur La1ere.francetvinfo.fr
Claude Senouf. Quand l’art se met au service du dialogue

PORTRAIT. Artiste-peintre et journaliste mais également personnalité impliquée dans le dialogue au Proche-Orient, Claude Senouf est l’un des hommes d’art et de lettres les plus en vue du pays. Tunisien, Marocain, Français mais également Israélien, le fondateur de la première radio anglophone KLOD, créée à Paris le 5 septembre 1981, s’appuie sur son identité plurielle pour animer et investir le paysage artistique et culturel marocain à travers plusieurs événements d’envergure internationale. Comme dans la vie, à chacun son paradis. Et Claude Senouf a bel et bien choisi le sien depuis toujours : les arts, la culture et le dialogue pour la paix. L’ex-patron du magazine bilingue « Paris reporter» s’est impliqué dans le mouvement des radios libres en France et en Suisse, où il a créé deux stations locales. Il a monté un site Web, http://www.the-tent.org, où il commente l’actualité proche-orientale et diffuse les vidéos qu’il a réalisées avec les leaders du Proche-Orient. Il partage son temps entre Casablanca, Paris et le Moyen-Orient. Il est aussi réalisateur de documentaires télévisés et de radio, avec précisément pour spécialité le Moyen-Orient. Claude Senouf a poursuivi toutes sortes de projets y compris une Conférence sur l’eau avec le soutien de l’entité sénatoriale. Cette conférence aurait un potentiel de localisation à Marrakech ou à Essaouira. Il ne faut pas oublier aussi les diverses projections de films en rapport avec la thématique du dialogue à la Cinémathèque de Tel-Aviv. A ce propos, lors d’une conférence tenue en 2019 à l’Université Paris 8 à Saint-Denis, le thème « Orthodoxie et transgression» cher à Claude Senouf et au philosophe et sociologue français George Lapassade, décédé en 2008, en prologue au Festival Gnaouas D’Essaouira et musiques du monde a été largement appréciée. Cette rencontre s’inscrivait également dans le cadre des journées intitulées « Georges Lapassade, une pensée et des pratiques pour aujourd’hui». Parmi ses projets aussi, on retient une visite au camp d’Auschwitz-Birkenau, devenu le symbole incontournable de la Shoah. Parmi ses projets récents, on retient notamment une exposition de photographies d’un quartier de Tel-Aviv qui se nomme Florentine qui, selon Calude Senouf, serait le quartier latin de la ville. Organisée en mars 2022, sur le thème « Les chemins de traverses», cet exposition se voulait un voyage décoiffant au cœur de ce quartier, ses ambiances, son architecture, son quotidien, ses secrets… Il y a lieu de rappeler qu’en 2014, Claude Senouf a initié le Festival de Jazz « Pianos en fête» en présence notamment de son ami André Azoulay avec qui il partage la même conception du dialogue et de la paix. Trois jours durant, la Cité des Alizés a vibré aux rythmes des sonorités les plus savamment planantes à Dar Souiri : le jazz. Ce lieu mythique d’Essaouira et espace voué aux concerts intimistes a réuni, le temps d’un festival, trois grands pianistes du genre l’Américain Bobby Few, le Cubain Pity Cabrera et Alain Jean-Marie avec Morena Fattorini de Guadeloupe. Mais pas seulement. Il y a eu aussi des soirées poétiques animées par Françoise Atlan et une exposition de peinture de l’artiste-peintre Anne Gorouben. La réussite de «Pianos en fête» a conduit Claude Senouf à organiser en 2016 sa deuxième édition à Casablanca au théâtre de la Fédération des œuvres laïques (FOL) avec Bobby Few et Françoise Atlan. Et en marge des concerts de musique, il y a eu le vernissage d’une exposition ludique d’œuvres réalisées par de jeunes Souiris, auxquelles se sont ajoutées une collection d’œuvres historiques du 17e siècle contenant des écritures de Rabbins sur zellige, une trentaine de photographies du cimetière juif d’Essaouira, une œuvre du défunt dramaturge, écrivain, calligraphe et artiste peintre, Tayeb Seddiki, et une autre de l’orientaliste Eugène Delacroix, entre autres, et une collection d’œuvres signées Claude Senouf. Rappelons enfin que Claude Senouf est également un artiste-peintre inspiré qui figure dans la liste des artistes abstraits contemporains les plus onéreux. Lumineuses, sereines, abondantes, ses œuvres dégagent une véritable allégorie et apaisent les sens. Artiste complet aux tableaux intellectuellement très riches, Claude est surtout un artiste abstrait dont l’œuvre regorge de références historiques avec un clin d’œil à sa propre expérience de la vie et son identité plurielle. Ayoub Akil
RD Congo. Un buteur qui promet: Jephté KITAMBALA, de l’ombre à la lumière ?

Il est la surprise de la ligne offensive des Corbeaux depuis janvier 2022. Lui, c’est Jephté KITAMBALA. L’attaquant qui fêtera ses 23 ans le 3 mai prochain est bien déterminé à poursuivre son ascension. Vous ne connaissez pas encore ce buteur d’un mètre 95 au TPM depuis 2019 ? Voici une brève présentation. Trois matchs…quatre buts! Jeudi 13 janvier 2022. Le TPM reçoit l’AC Kuya pour la 19ème journée de la L1. Depuis 54 minutes les Kinois tiennent en échec les Corbeaux. Le coach Franck DUMAS offre une belle opportunité à Jephté. Vingt minutes plus tard, le jeune Congolais ouvre le score : « Un but qui venait tout débloquer à l’occasion de mon premier match. Je me suis senti libéré. Marquer aussi lors du classico, je n’avais jamais imaginé un début comme ça avec le TPM ! » Deux buts en deux matchs, Jephté s’impose comme un numéro 9 que les Badiangwenas apprécient, il enchaîne avec un doublé devant Tshinkunku et passe à quatre réalisations en trois matchs. De Matete à Kamalondo via la Tunisie et la Slovaquie! Né à Kinshasa le 3 mai 1999, formé au FC Chicago de Matete, il passe par le FC Royal avant de se révéler à la Jeunesse Sportive de Kinshasa. Aujourd’hui, Jephté s’apprête à écrire une nouvelle page de sa carrière avec le TPM. En juillet 2018, il plante 12 buts avec la Jeunesse Sportive de Kinshasa qu’il hisse en finale de la Coupe du Congo. Aux portes de la Coupe de la Confédération qu’il va disputer cette année avec le TPM, il échoue en finale devant l’AS Nyuki (1-2). Le colosse buteur qui avait mis 19 buts à l’EFPFKIN (Entente Provinciale de Football de Kinshasa) termine une saison avec 31 buts. Le Club Africain de Tunisie drague le jeune mais l’essai n’est pas concluant. L’envie de traverser la Méditerranée habite les pensées du joueur : en janvier 2019, il passe quelques jours en Slovaquie. Là encore, les espoirs de poser ses valises s’envolent! Difficile adaptation avant le boom Retour au pays pour l’attaquant que ses partenaires surnomment LEWANDOWSKI. La cellule de recrutement des Corbeaux qui le suivait depuis la Coupe du Congo 2018 se rapproche du joueur et lui fait signer un contrat de 5 ans en juillet 2019. « En signant au TPM, j’avais réalisé mon rêve de disputer le vrai football professionnel. Mes premières semaines à Lubumbashi, je n’ai pas réussi à m’adapter et à me faire une place… » déclare le joueur en parlant de son arrivée au club. L’adaptation se complique pour KITAMBALA, le club n’a d’autres choix que de prêter le joueur. En 2020, il tente de trouver une place dans le trident offensif des Salésiens de Don Bosco mais sans succès. Entre désespoir et rêve envolé, l’actuel homme fort de l’attaque des Corbeaux sombre. « Il m’est arrivé de penser tout arrêter, de demander la résiliation de mon contrat et même d’arrêter définitivement avec le football. Passer deux ans sans jouer, c’était un calvaire pour moi. J’ai demandé aux dirigeants de me laisser montrer ce que je savais faire. Les responsables du TPM m’ont beaucoup soutenu pendant que je ne jouais pas chez Don Bosco. Aujourd’hui, j’arrive à marquer les esprits, je ne sais pas exprimer ce qui passe dans ma tête… » Tête ou pied droit, Jephté a saisi la main tendue de Franck DUMAS. Il travaille à fond pour retrouver forces et repères devant le but. Souhaitons-lui de sortir définitivement de l’ombre. Les rendez-vous de la Coupe d’Afrique sont une excellente occasion de se mettre en lumière pour de bon. ©TPM