Société : Aurore Eve Ibara, née Mbengue, « le nouveau souffle de l’engagement citoyen au Congo »

INTERVIEW. « Osez ! » C’est par ce cri du cœur qu’Aurore Eve Ibara exhorte ses paires à prendre leur place dans la construction de la nation. Fondatrice d’Énergie Patriotique et observatrice avisée des réalités sociales, elle a transformé les défis de son parcours en une force d’action inébranlable. À l’occasion du Mois de la femme, elle revient sur son engagement, les obstacles qu’elle a surmontés et son ambition de bâtir un modèle citoyen capable de transformer durablement les communautés. Pagesafrik.com: Pouvez-vous vous présenter brièvement à nos lectrices ? Aurore Eve Ibara: Je suis Aurore Eve Ibara, une femme engagée, passionnée par l’impact social et profondément attachée au développement de ma communauté. Mon parcours est guidé par une conviction forte : chaque action, même modeste, peut transformer des vies. Quel a été le moment clé qui a déclenché votre volonté d’agir pour la communauté, jusqu’à créer l’association Énergie Patriotique ? Le déclic est né du terrain, au contact direct des réalités sociales : des jeunes en perte de repères, des femmes pleines de potentiel mais sans accompagnement. À ce moment-là, j’ai compris qu’il ne suffisait plus de constater — il fallait agir. La création d’Énergie Patriotique s’est imposée comme une réponse concrète à cette urgence. Quels sont les projets les plus marquants que vous avez réalisés jusqu’à présent ? Chaque action a son importance, mais certaines m’ont particulièrement marquée : les initiatives de soutien aux populations vulnérables, les programmes de sensibilisation et surtout les actions d’autonomisation des femmes et des jeunes. Voir des vies évoluer grâce à nos interventions reste la plus grande des récompenses. En tant que femme leader, quels défis avez-vous rencontrés dans votre parcours ? Être une femme leader, c’est souvent devoir prouver davantage. J’ai fait face à des préjugés, à des résistances, et parfois à un manque de moyens. Mais ces défis ont renforcé ma détermination. Ils m’ont appris à rester debout, à croire en ma vision et à avancer avec résilience. Quelle est votre vision pour l’avenir de l’association Énergie Patriotique ? Je souhaite faire d’Énergie Patriotique une référence incontournable de l’engagement citoyen, une plateforme capable de porter des projets structurants et durables, avec un impact réel sur les communautés. L’objectif est de bâtir un modèle qui inspire et transforme. En tant que femme leader, que représente pour vous le Mois de la femme ? Le Mois de la femme est bien plus qu’une célébration. C’est un temps de reconnaissance, mais aussi un appel à l’action. Il nous rappelle que les avancées sont possibles, mais qu’il reste encore beaucoup à accomplir pour une véritable égalité. Quel message fort souhaitez-vous adresser à l’occasion du Mois de la femme ? Aux femmes, je veux dire : osez. Osez rêver, osez entreprendre, osez-vous affirmer. Votre voix compte, votre place est légitime. Le monde a besoin de votre force, de votre intelligence et de votre leadership. Selon vous, quels aspects devraient être améliorés dans le cadre du nouveau mandat en cours ? Il est essentiel de renforcer l’efficacité des actions publiques, d’assurer une meilleure équité dans l’accès aux opportunités et de rapprocher davantage les politiques des réalités du terrain. Le développement doit être visible et ressenti par tous. Quelles devraient être les priorités du Président pour ce nouveau mandat ? Les priorités doivent être centrées sur l’humain : l’emploi, l’éducation, la santé et l’inclusion sociale. Investir dans la jeunesse et les femmes, c’est investir dans l’avenir du pays. Propos recueillis par Wilfrid Lawilla D.
À la lisière du Sahara, les Nigériennes de retour au pays reconstruisent leur vie

ZOOM. L’odeur sucrée des arachides grillées embaume l’air jusque dans la rue. Il est à peine huit heures du matin dans le quartier Sabon Gari de Tahoua, mais les femmes sont déjà au travail et ont commencé à décharger la moto bleue à trois roues. Amina observe le ballet des travailleuses, les yeux brillants, et slalome aisément entre les ouvrières et les sacs de cacahuètes empilés contre le mur. Elle n’est plus cette femme dont la vie tenait autrefois dans quelques valises sur un trottoir de Tripoli. Aujourd’hui, elle est connue dans le quartier sous un autre titre : la Présidente. Ici, à la lisière du Sahara, au sud du Niger, là où les terres agricoles cèdent peu à peu la place aux vastes pâturages du nord, l’inattendu s’est produit. Tahoua est depuis longtemps une étape sur les routes migratoires qui mènent vers la Libye et au-delà. Pendant des décennies, la cité était surtout connue comme un lieu de passage vers le nord. Mais dans cette ville située au cœur de la région d’Ader, des femmes comme Amina commencent à faire de ce lieu autre chose. Leurs histoires parlent de retour, de reconstruction et d’avenir, un avenir qui ne repose pas sur le risque de tout perdre en empruntant des routes migratoires dangereuses. La vie d’Amina a toujours été marquée par la migration. Aînée d’une fratrie de trois enfants, elle est née en Libye après que ses parents aient quitté le Niger au début des années 1990 à la recherche d’un emploi. « Ils sont partis parce qu’il n’y avait pas d’opportunités ici à l’époque », explique Amina. Pendant trente ans, la famille a reconstruit sa vie en Libye. Puis, en 2015, tout a basculé. Son père est décédé de manière inattendue, emportant avec lui la stabilité qui maintenait la famille unie. « Quand mon père est décédé, tout s’est effondré », se souvient Amina d’une voix calme. « C’était lui qui subvenait aux besoins de la famille. Après cela, nous n’avions même plus de quoi payer le loyer. Nous avons fini par vivre dans la rue. » Luttant pour survivre, la famille a pris la difficile décision de retourner au Niger. C’était un retour dans un pays qu’Amina n’avait jamais vraiment connu, un endroit que ses parents avaient quitté bien avant sa naissance. Ce retour a apporté un certain soulagement. Le fait d’être entourés par leur famille élargie les a aidés à se sentir moins seuls. Mais ce soulagement n’a pas résolu leur problématique la plus urgente : ils devaient reconstruire leur vie. Partout au Niger, la migration continue de façonner d’innombrables vies. Rien qu’en 2025, environ 4,4 millions de migrants ont été recensés dans les dix points de suivi des flux migratoires gérés par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) dans le cadre de sa Matrice de suivi des déplacements (DTM) dans le pays. Ces chiffres impressionnants restent souvent abstraits pour beaucoup. Pourtant, derrière ces chiffres se cachent des histoires comme celle d’Amina : une famille à la recherche d’opportunités, confrontée à des risques inattendus et qui tente quand même de se reconstruire. Dans la région de Tahoua, l’OIM a aidé plus de 3 000 personnes grâce à des programmes de protection et de réintégration. Ces initiatives comprennent un soutien psychosocial, des formations et des activités génératrices de revenus qui aident les personnes de retour à recommencer leur vie. Et la vie d’Amina a changé lorsqu’elle a rejoint la coopérative Tatalin Jarin Mata. Au début, elle y a trouvé quelque chose de simple : un lieu où travailler et apprendre aux côtés d’autres femmes qui étaient également revenues après un parcours de migration. Mais ce travail l’a marquée plus profondément. Elle a pu se former à la gestion budgétaire, aux systèmes d’épargne et la prise de décision collective. Peu après, la coopérative a pu s’équiper de motos à trois roues, de bétail et d’outils qui leur ont permis de commencer à produire de l’huile et de la pâte d’arachide. « Au début, nous n’étions pas rassurées », raconte Amina. « Mais petit à petit, nous avons compris que nous pouvions y arriver ensemble. » La coopérative a démarré avec huit femmes. Aujourd’hui, elle a doublé de taille et compte seize membres qui travaillent dans plusieurs domaines d’activité. Outre la production d’huile d’arachide, les employées gèrent des services de livraison et organisent des petites ventes au détail. Le groupe emploie également quatre chauffeurs pour faire les livraisons à moto. « Regardez-nous maintenant ! », s’exclame Amina. « Avant, notre subsistance dépendait toujours de quelqu’un. Aujourd’hui, nous vivons dans une maison en dur, nous payons notre loyer, et si un de nos enfants tombe malade, nous allons directement à la pharmacie sans avoir besoin de personne. » Longtemps invisibles, elles font entendre leur voix, reprennent confiance en elles et retrouvent leur place dans des sociétés profondément régies par des normes patriarcales. La petite boutique de la coopérative est progressivement devenue un lieu de rencontre dans le quartier. Les chauffeurs viennent y chercher leurs livraisons et des jeunes femmes s’arrêtent pour poser des questions sur le fonctionnement de l’entreprise. Pour beaucoup à Tahoua, la coopérative est devenue la preuve que le retour au pays peut ouvrir de nouvelles possibilités. Le rôle d’Amina a également évolué. Au sein du groupe, elle a été élue présidente, et elle est désormais chargée de prendre certaines décisions et de représenter la coopérative lors des réunions avec les autorités locales et les partenaires. Elle n’est plus « la migrante ». Elle est devenue « la présidente ». Lors des réunions de quartier, on lui donne la parole. Et lorsqu’elle s’exprime, en particulier devant les jeunes tentés par ce qu’elle appelle le mirage libyen, on l’écoute. « Lorsque des jeunes me disent qu’ils veulent partir pour la Libye, je leur explique à quoi ressemble vraiment la vie là-bas », dit-elle. « Parfois, la réalité est très différente de ce qu’on imagine. » Elle les encourage plutôt à envisager de trouver un travail plus proche de chez eux. La coopérative est devenue une véritable école pour ces jeunes femmes : elles acquièrent des compétences techniques et y trouvent quelque chose de moins tangible
Carlo Pesta : La danse transcende les barrières de l’âge, de la langue et des cultures

Président et directeur artistique du Ballet de Milan INTERVIEW. Le Balletto di Milano (Ballet de Milan), dont la réputation dans la danse classique et moderne n’est plus à faire, a été chaleureusement accueilli par le public casablancais lors de son Grand Gala de danse, au Studio des Arts Vivants, en février dernier. Retour sur l’identité de la compagnie, son projet artistique et son rapport au public marocain, avec son président et directeur artistique Carlo Pesta. Le Grand Gala du Ballet de Milan a été très bien reçu à Casablanca. Avant d’y revenir, pouvez-vous nous présenter votre compagnie ? Carlo Pesta : Le Balletto di Milano est l’une des compagnies les mieux établies du paysage chorégraphique italien. A Milan, nous sommes l’un des principaux centres chorégraphiques, juste après la compagnie du Teatro alla Scala. Nous avons également été désignés ambassadeurs de la danse italienne dans le monde, ce qui représente à la fois un honneur et une responsabilité. Autorisée depuis 1996 à porter le nom de la grande ville de Milan, la compagnie est aussi universellement prisée, car elle attire des artistes talentueux, nous permettant ainsi de recruter des danseurs d’un très haut niveau. Nous bénéficions du soutien du ministère italien de la Culture, de la région Lombardie et de la ville de Milan. Nous collaborons également avec les ambassades, les consulats et les institutions culturelles italiennes dans de nombreux pays. Quelle est la particularité artistique du Ballet de Milan ? Quelle est votre signature ? Notre démarche s’inscrit dans le registre néoclassique, qui consiste à redynamiser le ballet classique via l’ouverture à des formes d’expressions plus contemporaines. Il s’agit donc non pas de rompre avec la tradition mais de la faire évoluer, d’essayer de substituer d’autres formes, d’autres mouvements, qui résonneraient davantage avec notre époque. Cette quête perpétuelle fait partie de notre propre histoire, car nous refusons de nous fixer dans une forme immuable ; il s’agit au contraire d’interroger sans cesse nos autres possibilités artistiques. Est-ce cette approche qui explique votre succès auprès du public ? Je le pense. Pour un directeur artistique, c’est gratifiant de toucher des publics qui n’ont pas nécessairement l’habitude de la danse. Capter de nouveaux spectateurs, c’est créer un moment de vraie émotion artistique. Dans certaines villes, le public connaît déjà bien cet univers. Mais ailleurs, voir des gens découvrir une œuvre et s’y intéresser est encore plus fort. A Casablanca, j’étais très heureux de voir autant d’enfants et de jeunes dans la salle. De nombreux ados avaient des yeux émerveillés. Effectivement, plusieurs jeunes semblaient fascinés par le spectacle. La danse attire-t-elle particulièrement les jeunes ? Oui, très souvent. La danse possède en elle une dimension universelle, physique, qui dépasse toute considération d’âge, de langue ou de culture. Le corps en mouvement, la musique qui l’accompagne, touchent de premier abord les émotions. C’est souvent le cas pour les jeunes, mais il y a aussi bien sûr les adultes. Un mot sur les danseurs qui ont émerveillé le public : comment les choisissez-vous ? Le choix des danseurs est fondamental pour la réussite d’une compagnie. Nous recrutons surtout dans les académies les plus prestigieuses du monde. La technique est incontournable, je cherche surtout des personnalités artistiques. La technique est nécessaire mais pour faire vivre une œuvre, il faut véritablement interpréter. Dans plusieurs de nos spectacles, inspirés de chefs-d’œuvre comme Anna Karénine ou Roméo et Juliette, il faut placer les danseurs devant de vrais personnages. « Le public marocain a une sensibilité qui me rappelle beaucoup celle des Italiens » Vous êtes un habitué des scènes marocaines. Comment percevez-vous le public marocain ? J’attache une grande importance au Maroc. J’y viens depuis de nombreuses années et chaque passage me confirme le dynamisme et les progrès du pays. Le public marocain a une sensibilité qui me rappelle beaucoup celle des Italiens : beaucoup de spontanéité et une philosophie de vie basée sur la joie. Mais il est important de continuer à développer l’offre culturelle. Le théâtre et la danse reposent sur un échange d’énergie entre la scène et la salle. Plus il y a de spectacles, plus cette relation se renforce, contribuant ainsi à l’émergence d’une véritable culture du spectacle vivant. Vous avez été danseur. Quel regard portez-vous aujourd’hui sur vos spectacles ? Il s’agit d’émotions différentes. Lorsque je dansais, j’étais concentré sur moi-même. Aujourd’hui, ma responsabilité est beaucoup plus large, elle concerne toute la compagnie et la qualité de chacune des productions. Chaque spectacle reste toujours un moment très fort. Je compare souvent la création d’un spectacle à une naissance. Votre compagnie est très active à l’international… Tout à fait, nous tournons beaucoup. La structure compte 42 personnes dont 28 artistes permanents et nous donnons environ 120 spectacles par an. Cette année, nous nous sommes déjà produits dans quatorze pays. Nous venons de Paris où nous étions au théâtre Bobino avant de venir au Maroc. La tournée continue ensuite en Italie, en France, en Grèce et à Malte. Un dernier mot pour conclure Nous sommes très heureux d’être au Maroc, où les échanges culturels que nous développons sont particulièrement fertiles, grâce à la collaboration avec la Società Dante Alighieri à l’étranger. Rappelons que l’Italie possède une tradition artistique très ancienne dans des domaines comme la musique, l’opéra et la danse. Notre mission est de faire vivre cet héritage et de le partager avec les publics du monde entier. Partout où nous nous produisons, nous recevons un accueil chaleureux. Et cela reste, pour un artiste, la plus belle des récompenses. Propos recueillis par Alain Bouithy
Amina Bensouda, une voix marocaine entre confidences et traversées musicales

ZOOM. Amina Bensouda est une chanteuse, autrice-compositrice-interprète marocaine. Elle chante en français, en anglais et en arabe, trois langues qui traversent son écriture et reflètent la pluralité de son identité et de ses influences. Née à Rabat, elle grandit au Maroc avant de s’installer en France à l’âge de 17 ans, où elle poursuit des études de management tout en développant en parallèle son univers musical. Toujours accompagnée de sa guitare, elle affine son écriture sur les scènes parisiennes dans une forme dépouillée et intime, où la voix et le texte occupent une place centrale. En 2019, elle se produit pour la première fois à Dubaï dans le cadre du Quoz Arts Fest, où elle est invitée à nouveau en 2020, 2022 et 2023. Ces expériences marquent un tournant et ouvrent son travail à une dimension plus internationale. La même année, elle renoue avec son premier amour, le théâtre, en suivant une année de formation aux Cours Florent à Paris. Cette étape marque un moment décisif dans son parcours créatif : elle y redécouvre le rapport au texte, à la parole et à la présence, et décide à la suite de cette expérience de se lancer dans l’écriture et l’auto-production de son premier projet musical. En 2020, elle sort son premier EP Confidences, un projet autobiographique, sensible et épuré. Ce premier opus pose les fondations de son écriture : une parole directe et vulnérable, où se mêlent introspection, mémoire, amour, deuil et émancipation. En parallèle, Amina développe son expérience scénique en assurant notamment les premières parties de Hoba Hoba Spirit, de Jalil Tijani et de Karim Duval, croisant ainsi les univers de la musique et de la scène parlée. Depuis, elle poursuit un travail artistique nourri par la scène et la recherche musicale, notamment à travers une résidence au Berklee College of Music dans le cadre du Berklee Gnawa Festival 2025. Elle fait de la scène un espace essentiel de son parcours : un lieu de présence et de rencontre, où tout se joue dans l’instant, dans le lien direct avec le public. Aujourd’hui, avec Traversées, Amina Bensouda propose un concert pensé comme un chemin intérieur : un récit musical en deux actes, chanté en trois langues, où l’intime devient progressivement collectif. Un projet à la frontière de la musique et du récit, porté par une voix qui cherche moins à séduire qu’à dire ce qui nous traverse.
République du Congo/Election présidentielle de mars 2026. Un l’emportera, mais convaincra t-il les Congolais?

SANS DETOUR. Le 28 février 2026, s’est ouverte, en République du Congo, la campagne électorale pour le scrutin présidentiel des 12 et 15 mars 2026. Y sont en lice, l’actuel Chef de l’Etat, le Président Denis Sassou Nguesso et six autres compétiteurs que sont MM. Melaine Destin Gavet Elongo, Joseph Kignoumbi Kia Mboungou, Anguios Nganguia Egambé, Mabio Mavoungou Zinga, Uphrem Dave Mafoula et Vivien Romain Manangou. Pour l’opinion congolaise, la presse internationale le soulignant également, c’est une élection sans enjeu véritable. Le Président Denis Sassou Nguesso afftontera des concurrents aux moyens limités, au regard des contraintes financières et autres impératifs logistiques qu’impose une campagne difficile, sur un territoire d’accès pas toujours facile, en certains espaces. Si l’élection du Président Denis Sassou Nguesso semble profiler à l’horizon, une question majeure se pose à propos. Qu’apportera de mieux sa manière de gouverner, en cas de victoire? Sous son mandat qui se termine, la République du Congo, riche en ressources naturelles, notamment pétrolières et forestières, peine à se moderniser et à offrir une meilleure qualité de vie à ses citoyens. Les séquences présidentielles du Chef d’Etat Congolais, à la suite du 5 février 1979 exclues, le Président Denis Sassou Nguesso, au pouvoir, depuis le 25 octobre 1997, promet de poursuivre les réformes. De même qu’il s’engage à renforcer le processus systématique d’optimisation des capacités, de la responsabilité et de l’efficacité des institutions du pays. Cependant, les critiques soulignent que le Congo manque de transparence et de rigueur dans la gestion et la définition d’objectifs et d’attentes précis ainsi que les dispositions d’adaptation aux environnements changeants. Ce à quoi s’ajoute un respect non affirmé des lois et règlements établis par le pays lui même. Pour tout dire, le Congo traine le pas dans son développement, au sens plein du terme, et les richesses du pays profitent plus à une minorité qu’a l’ensemble de la population nationale. Il est vrai que le Président Denis Sassou Nguesso a lancé des projets d’infrastructures, telles la modernisation du port de Pointe-Noire et du Chemin de Fer Congo Océan ainsi que la construction de routes. Mais, il reste beaucoup à faire pour améliorer le quotidien du plus grand nombre des Congolais. La problématique de la modernisation du pays est d’autant plus cruciale que la population congolaise est majoritairement jeune et en croissance rapide. Il est donc essentiel de créer des opportunités d’emplois et de formation pour ces jeunes aux fins d’assurer leur avenir et celui du pays. Ceci dit, la question qui taraude l’esprit des Congolais est de savoir si le Président Denis Sassou Nguesso, une fois réélu, serait à mesure d’imposer une autre manière de diriger, plus juste, plus stricte, plus diaphane et moins parentale. En clair, changer son style de gouvernance pour mieux répondre aux attentes congolaises. Ce qui nécessiterait une volonté politique forte de la part du Président Denis Sassou Nguesso et de tous les acteurs politiques du pays qui l’accompagnent dans sa campagne électorale. Des voix s’élèvent pour souhaiter un dialogue, au sortir de l’élection présidentielle, quel qu’en soit le vainqueur. Au gagnant de ce scrutin, donc Chef d’Etat en chaire, d’organiser un tel dialogue. Mais ce sera un rendez-vous sans grand intérêt. Deux motifs à cela. Le Président entrant mettra plutôt en œuvre son projet de société à la base duquel il a été voté. Ensuite, ceux de ses alliés voudront que leur schéma soit intégralement appliqué plutôt qu’une kyrielle de réformes qui sortiraient des contributions populaires rassemblées dans une salle, au risque de perdre les raisons pour lesquelles ils ont soutenu leur champion. Sans compter qu’un dialogue après les élections pourrait être vu comme un moyen pour le nouveau Président de la République de légitimer son mandat. C’est pourquoi, pour beaucoup de Congolais, dans le contexte politique actuel, un dialogue national inclusif, avant les élections, aurait été plus pertinent, pour définir un cadre commun et des priorités nationales, plutôt que de laisser le nouveau Président imposer sa propre vision. Cela n’a pas été possible. Il faut avancer. Quitte à s’en tenir à la manière dont les choses se dérouleront après les élections, une fois installé dans ses fonctions le Président rentrant. Même un gouvernement d’union nationale n’est pas la solution idéale au changement qu’appellent les Congolais de leurs voeux. Ce sera un ordinaire placement des figures de divers horizons qui tableront sur le programme du nouveau Président. Le gouvernement d’union nationale est une clé de façade. Au cas où les parties rassemblées ne partageraient pas une identité de vue, la coalition pourrait se transformer en une simple répartition de postes et de ministères. L’opportunisme politique aura joué, avec tout ce qu’il comporte de manière d’utiliser au mieux les circonstances mettant à profit les occasions favorables, au détriment de l’éthique, de la morale et des causes nationales justes. A tout prendre, un programme commun de gouvernement pourrait être une approche plus intéressante. Mais cela nécessite un niveau de consensus et de compromis très élevé entre les camps concernés. Et même là, les crises pourraient naître, car les intérêts divergeant, les ambitions personnelles pourraient prendre le dessus. C’est pourquoi, il est essentiel que les acteurs politiques congolais soient capables de mettre de côté leurs intérêts personnels, leurs appétits et leurs basses envies de s’enrichir pour le bien du pays. Mais c’est un défi de taille. Que faire alors? Il faudra probablement que les forces de l’opposition et la société civile, mieux organisées, continuent à pousser pour des réformes, même si cela se fait dans des circonstances non aisées. Au demeurant, une prise de conscience des citoyens congolais qui exigeraient des nouveaux dirigeants plus de transparence, plus de responsabilité, plus de sens civique et plus de réussite dans leur action. Ce qui impliquerait une mobilisation et une organisation, pas encore là, mais qui sont à construire. Le Congo est immortel. Paris 28 février 2026 Ouabari Mariotti Ancien Ministre – République du Congo
Africa Fashion Up ouvre les candidatures pour sa 6e édition

Africa Fashion Up, le rendez-vous incontournable de la mode africaine contemporaine à Paris, annonce le lancement de son appel à candidatures pour sa 6ᵉ édition, en collaboration avec le Musée du Quai Branly Jacques Chirac. Organisé par l’association Share Africa, ce programme révèle depuis cinq ans les talents émergents de la mode africaine afin de les propulser sur la scène internationale. Pour cette nouvelle édition, les candidatures sont ouvertes du 17 février au 17 avril 2026. Depuis sa création en 2020 par Valérie KA, top-modèle franco-ivoirienne, Africa Fashion Up s’est imposé comme une plateforme unique pour accompagner et mettre en lumière les créateurs africains les plus prometteurs. L’édition 2026 poursuit cette mission en offrant aux lauréats une expérience immersive alliant formation, mentorat et rencontres exclusives avec des acteurs clés de l’industrie de la mode française et internationale. Un marché de la mode en plein essor, reflet d’une créativité foisonnante La mode africaine s’impose aujourd’hui comme une force créative et économique majeure. Porté par une population jeune, une urbanisation rapide et une classe moyenne en plein essor, le marché de la mode en Afrique, estimé à 31 milliards de dollars en 2020, ne cesse de se développer. Parallèlement, l’essor du e-commerce couplé à un engouement accru pour les designs africains offrent de nouvelles opportunités aux créateurs, leur permettant d’exporter leur talent et d’imposer leur signature sur la scène mondiale. Avec plus de 24 pays représentés, 40 créateurs accompagnés et plus de 850 candidatures reçues lors des éditions précédentes, Africa Fashion Up est devenu un révélateur des talents du continent. En 2026, le programme célèbrera cette dynamique, mettant en avant une mode qui allie innovation et héritage culturel. Une opportunité unique pour les créateurs africains Le programme s’adresse aux jeunes créateurs, stylistes et designers africains souhaitant faire rayonner leur vision de la mode au-delà du continent. A l’issue d’une sélection rigoureuse menée par un jury international, cinq talents seront retenus pour une semaine immersive à Paris. Cette expérience comprendra des masterclasses et awakening sessions dispensées par des figures emblématiques du secteur, des rencontres avec des maisons de mode de renom et des visites exclusives chez les partenaires du programme, dont Balenciaga, HEC Paris, les Galeries Lafayette et l’Istituto Marangoni. Point d’orgue de cette aventure, les lauréats auront l’opportunité de dévoiler leurs créations lors d’un défilé d’exception à Paris, illustrant ainsi leur savoir-faire et leur engagement pour une mode innovante et responsable. Un tremplin vers une reconnaissance internationale Depuis sa création, Africa Fashion Up a contribué à l’émergence de designers qui s’illustrent désormais sur la scène internationale, leur permettant ainsi de faire rayonner leur talent. “Nous sommes fiers de constater l’impact qu’ Africa Fashion Up a eu sur la trajectoire de nombreux designers africains. Cette 6ᵉ édition sera une nouvelle occasion de mettre en lumière la richesse et la diversité de la mode africaine, tout en offrant aux talents émergents des outils concrets pour développer leur marque et conquérir de nouveaux marchés”, se réjouit Valérie KA, Fondatrice de Share Africa. Comment postuler ? Pour cette nouvelle édition, deux catégories de candidatures sont ouvertes : Les créateurs désireux de participer à cette aventure peuvent déposer leur candidature en ligne sur le site officiel du programme : https://www.africafashionup.com/appel-a-candidatures
Pointe-Noire : Archange MOUYAMI, une ambition structurée pour Lumumba 1 (Congo)

PORTRAITS POLITIQUES: À l’aube des élections législatives de 2027, une nouvelle figure émerge sur l’échiquier politique de la République du Congo. Archange MOUYAMI, originaire de Pointe-Noire, ne se contente pas de porter un discours de changement ; il s’appuie sur une expérience concrète du terrain économique pour proposer une vision véritablement transformatrice. Entre la France et le Congo, ce leader de la nouvelle génération entend prouver que la gestion rigoureuse d’une entreprise constitue un véritable laboratoire pour la gestion de la cité. Un parcours académique et professionnel d’excellence Formé aux exigences du management international (détenteur d’un Master), Archange MOUYAMI a très tôt fait le choix de l’action. Sa trajectoire se distingue par une polyvalence rare. Dans le secteur logistique, il a fondé Empire Fret Service, une structure qui facilite les échanges et le transport, un secteur vital pour le développement économique. Parallèlement, conscient que le capital humain est la première richesse d’une nation, il a lancé Archange Consulting, un cabinet dédié au coaching et à l’orientation de carrière. Ce volet de son activité témoigne d’une volonté profonde : accompagner la montée en compétences des cadres et des jeunes professionnels congolais. La culture comme vecteur d’unité L’influence d’Archange MOUYAMI ne s’arrête pas aux frontières de l’entreprise. À traversson label Empire Production, il s’investit dans l’industrie musicale et créative. Pour lui, laculture n’est pas qu’un divertissement, c’est un levier de soft power et un espace de dialoguepour une jeunesse en quête de modèles et de réussite. Le NPPDC : un nouveau souffle politique pour 2027 L’année 2025 marque un tournant avec la création du Nouveau Parti Politique duDéveloppement Congolais (NPPDC). Ce mouvement, qu’il préside, naît d’un constat simple :la nécessité d’une offre politique pragmatique, axée sur l’unité et la prospérité partagée.C’est avec cette bannière qu’Archange MOUYAMI se prépare à solliciter les suffrages deshabitants de la circonscription de Lumumba 1 lors des législatives de 2027. Son programmerepose sur une promesse de « développement par l’exemple », visant à importer l’efficacité dusecteur privé dans la sphère publique pour répondre aux besoins concrets des populations. Conclusion : Archange MOUYAMI incarne ce « double profil » d’homme d’affaires etd’homme d’État en devenir. Sa candidature pour Lumumba 1 représente bien plus qu’uneambition personnelle ; c’est le symbole d’une jeunesse congolaise formée, expérimentée etprête à prendre ses responsabilités pour la transformation sociale et économique de son pays.
Miss Ébène Migrants subsahariens : un nouveau rendez-vous culturel attendu en Angleterre

MAROC. Le projet prévoyant l’organisation de la troisième édition de l’événement « Miss Ébène Migrants subsahariens – Talents cachés » en Angleterre reste sur la bonne voie, a fait savoir l’Association des Migrants et Démunis (A.M.D). En effet, moins de deux mois seulement après la tenue de la précédente édition au « Village CAN » de Casablanca, l’AMD annonce avoir tenu, via Zoom, une importante réunion avec ses partenaires en Angleterre, le mercredi 4 février 2026, autour de ce projet culturel. Selon son président, Ousmane Philemon Beb Adon, le projet est en bonne voie et devrait être porté en collaboration avec l’Association Asylum Link Liverpool, de la région de Merseyside, qui a décidé de l’accueillir précisément à Liverpool. Au terme des échanges ayant ponctué cette réunion, il a été convenu que le prochain rendez-vous, qui prévoit plusieurs ateliers sur la thématique migratoire, se tiendra le dimanche 7 juin 2026, et que la délégation invitée du Maroc comprendra, outre l’artiste Marco & Killer, la gagnante de Miss Ébène 2025 ainsi que le staff de l’AMD. Enfin, le président de l’AMD a remercié les partenaires de l’association qui soutiennent ce projet prévu pour dix éditions, tout en saluant Pagesafrik.com, partenaire média de l’événement, pour son soutien en communication. Patricia Engali