23e Festival du Cinéma Africain de Tarifa-Tanger : Erige Sehiri remporte le Prix du Meilleur long-métrage pour « Promis le ciel »

Le Festival du Cinéma Africain de Tarifa-Tanger a dévoilé le palmarès de sa 23e édition lors d’une cérémonie organisée dans l’ancienne église Santa María, présentée par Marta Jiménez Zafra, membre du comité de direction du FCAT, avec l’assistance d’Andreu Horrach Pou pour la traduction. Estefanía Calcines, responsable de la médiathèque et du web de Casa África, a remis depuis Tarifa le Prix Casa África de la Meilleure Réalisation ; Ana Millán, directrice de la communication du Conseil Audiovisuel d’Andalousie, était également présente.

Le jury international, composé d’Aída Esther Bueno Sarduy, Mehdi Bekkar et Mohamed Saïd Ouma, a décidé d’attribuer le Prix AML-FCAT du Meilleur Film de la section compétitive Hipermetropía à Promis le ciel (Qatar, France, Tunisie), de la réalisatrice tunisienne Erige Sehiri. Le jury a récompensé le film pour « son approche sensible et complexe des expériences des femmes migrantes africaines à l’intérieur du continent, montrant leurs parcours non comme des destins figés, mais comme des processus traversés par l’autonomie, le désir et la possibilité légitime de partir, de rester ou de revenir ». Présente lors de cette annonce du palmarès, la réalisatrice a souligné l’importance de l’existence de tels festivals pour raconter des personnages et des histoires loin des stéréotypes. « Nous existons à travers le miroir que les autres nous tendent. La Tunisie fait partie de l’Afrique et l’Afrique est un continent vaste ».

Le jury a également décerné deux mentions spéciales du Meilleur Film : Mention spéciale à Variations on a Theme, de Devon Delmar et Jason Jacobs, « pour son portrait tendre d’une grand-mère en Afrique du Sud, tout en proposant un récit à multiples niveaux, tissé à partir de l’invisible et du métaphysique » et Mention spéciale à Ancestral Visions of the Future, de Lemohang Mosese, « pour la beauté et la complexité de sa narration, capable de transformer des réalités douloureuses en une œuvre de poésie visuelle à la fois bouleversante et dérangeante ».

Le Prix Casa África de la Meilleure Réalisation a été attribué au réalisateur franco-égyptien Namir Abdel Messeeh pour le documentaire La vie après Siham (Égypte, France), « pour avoir raconté l’histoire d’une famille, de plusieurs générations et d’une nation entière afin de surmonter la perte d’un être cher ; ce film a profondément ému par sa sincérité et sa sensibilité ». 

Le Jury de l’Agence Espagnole de Coopération Internationale pour le Développement (AECID), présidé par Eloisa Vaello Marco, sous-directrice de la Coopération et de l’Action Culturelle pour le Développement Durable, et composé de Miguel Ruiz et Mage Allegue (programme ACERCA), Ana Sánchez, Eva Balsera et Alicia Vázquez (programme Patrimoine pour le Développement), a décidé d’attribuer le VIIe Prix ACERCA de la Coopération Espagnole au long métrage One Woman One Bra, de Vincho Nchogu (Kenya, Nigeria 2025), pour « représenter de manière claire et humaine des valeurs fondamentales telles que la lutte contre la pauvreté, l’égalité des chances, l’autonomisation des femmes, la défense de la paix, de la justice et la promotion d’institutions solides. Le film montre les difficultés auxquelles de nombreuses femmes sont confrontées pour accéder à des opportunités de développement personnel et contribuer à leurs communautés ». 

Par ailleurs, le jury a décerné une mention spéciale du Prix ACERCA au documentaire The Woman Who Poked the Leopard, de Patience Nitumwesiga, « pour son regard courageux et profond sur la résistance face à l’oppression, et pour refléter de manière exemplaire les valeurs promues par les Objectifs de Développement Durable. Le film dénonce la pauvreté structurelle, les inégalités de genre, la persécution politique et les violations des droits humains, tout en défendant la dignité, la liberté d’expression et la justice sociale. À travers l’histoire de l’activiste ougandaise Stella Nyanzi, l’œuvre inspire un engagement actif en faveur de sociétés plus inclusives, démocratiques et équitables face à la répression politique, à la discrimination de genre et à la persécution des personnes LGBTIQ+, tout en mettant en lumière les inégalités structurelles qui perpétuent la pauvreté et la violation des droits fondamentaux ». 

Deborah Christelle Lobe Naney a remporté le Prix de la Meilleure Actrice pour son interprétation dans Promis le ciel, « pour avoir incarné avec une profonde humanité et une grande délicatesse la dure réalité de porter un rêve migratoire et la douleur d’y renoncer, faisant de son personnage un être traversé par la perte, la résistance et la tendresse », tandis qu’Admiro De Laura Munguambe a reçu le Prix du Meilleur Acteur pour son rôle dans O profeta, « pour sa capacité à incarner une large palette d’émotions et à constituer le pilier central du récit ». 

Le jury andalou, composé de Cristina Consuegra, Reyes Gallegos et Diana Sagrista, a attribué le Prix FAMSI (Fonds Andalou des Municipalités pour la Solidarité Internationale) du Meilleur Court Métrage à Les jardins du paradis (France, Maroc), de Sonia Terrab, « pour avoir raconté avec subtilité et force la vie d’une femme marquée par de multiples formes d’oppression, dont l’existence est marginalisée par une loi injuste qui cherche uniquement à reléguer davantage encore les femmes marocaines. Si toute loi organise la coexistence au sein d’une société, les féminismes doivent revendiquer toutes les réformes permettant aux mères et à leurs enfants de vivre dignement ». 

Le jury andalou a également attribué deux mentions spéciales. Une mention spéciale a été décernée à God Sleeps on Sundays (Zimbabwe), de Naishe Nyamubaya, « pour avoir placé au cœur du film la réalité cinématographique d’un pays et abordé avec élégance une thématique complexe, celle de la confrontation entre les traditions locales et les traditions religieuses, tout en laissant au spectateur l’espace nécessaire pour s’approprier l’histoire. Grâce à des plans sublimes et à deux interprétations remarquables, nous considérons que ce court métrage de Nyamubaya mérite une mention spéciale ». 

La seconde mention spéciale a été attribuée à L’mina (Maroc), de Randa Maroufi, « pour avoir revisité un épisode historique qui a marqué une société et une ville, Jerada, afin de raconter de manière expérimentale les conséquences dévastatrices de l’exploitation minière industrielle et les diverses formes de précarité auxquelles ont été confrontés les habitants de cette localité marocaine. Grâce à des plans latéraux très originaux et à des silences éloquents, Maroufi a réalisé un court métrage ambitieux et fortement engagé sur le plan social ». 

Le Prix du Public TV5MONDE+ du FCAT du Meilleur Long Métrage a été attribué à Promis le ciel, d’Erige Sehiri.

Le Prix Miradas Africanas de la RTVA – Canal Sur a également été décerné à la cinéaste Erige Sehiri. Leonardo Sardiña, responsable du département cinéma de Canal Sur, lui a remis cette distinction. L’Agence Publique de la Radio et Télévision d’Andalousie souhaite ainsi saluer le travail d’une réalisatrice qui favorise le dialogue entre les cultures et le rapprochement entre les deux continents.

FCAT LAB 2026

Le jury du FCAT LAB, composé de Tommaso Priante, Lara González Lobo et Fibby Kioria, a attribué les prix du workshop international de production du FCAT destiné aux futurs projets du cinéma africain.

Le meilleur projet du FCAT LAB 2026 est Standing at the Ruins, de Saeed Taji Farouky. Jua na Mwezi, d’Omar Hamza, a obtenu le Prix Tres Gatos ainsi que le Prix de traduction et de localisation des sous-titres offert par l’ISTRAD. I Will Die Free, de Mahrez Karoui, a reçu le Prix LaserFilms et le Prix Sudu Connexion. Enfin, le projet de fiction Karl Marx, Luanda, de Kiluanji Kia Henda, a remporté le Prix Tomahawk Digital Cinema Services, destiné à la création d’un kit de matériel de distribution internationale.

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