CINEMA. « IL EST MINUIT », le nouveau film de Paul Lebon à la conquête du public congolais

CINEMA. « IL EST MINUIT », le nouveau film de Paul Lebon à la conquête du public congolais

Dans les salles dès le 4 juillet prochain A L’AFFICHE. Le réalisateur congolais Paul Lebon annonce la sortie prochaine de son nouveau film intitulé « Il est Minuit », produit par Djon Mora Studio, en coproduction avec 242 Webtv. Le long-métrage dont la première affiche est dévoilée ce vendredi 1er mai à l’affiche dès le 4 juillet 2026. Parallèlement à sa sortie en salle, la nouvelle production portée par Jorus Mabiala, Stève Tchibinda, Germaine Ololo, Veroshka Badinga et Djo Fely Balende, partira à la conquête du public à travers une tournée nationale prévue du 4 juillet au 29 août 2026. Inédit. « Ce n’est pas une simple sortie en salle, c’est une caravane culturelle. Pour la première fois, un film congolais va à la rencontre de son public dans 8 villes, y compris celles qui n’ont plus de salles de cinéma fonctionnelles », indique-t-on dans le dossier de presse. Dans une véritable dynamique de proximité, l’équipe du film, qui conjugue thriller, action et drame social, ira à la rencontre du public à Pointe-Noire, Dolisie, Nkayi, Madingou, Kinkala, Brazzaville, Gaboma et Oyo. Précisons que c’est à Pointe-Noire que sera donné le coup d’envoi de cette caravane qui proposera une projection événementielle chaque week-end, suivie d’échanges avec l’équipe du film. Cette démarche  vise à « faire revivre la flamme du cinéma dans l’arrière-pays et prouver que le cinéma congolais peut être une industrie rentable et populaire », explique-t-on. Ancré dans les réalités sociales, le thriller social relate l’histoire du personnage ÉTRANGER élevé avec les valeurs humaines et culturelles par une mère très aimante qui a pu lui offrir les meilleures écoles grâce à ses champs, et aux légumes de son jardin. Mais après avoir réussi sa vie aujourd’hui, ETRANGER rejette le passé et la terre qui l’a nourri, allant jusqu’à considérer l’agriculture comme un domaine pour les pauvres sans éducation ni métier. Mais alors qu’il vivait paisiblement, il perd son emploi, ce qui met son foyer dans une situation financière instable. Pour s’en sortir et espérer maintenir son train de vie et assurer son rôle d’homme envers sa femme BADINGA, ETRANGER accepte de rencontrer un mystérieux « Grand Maitre » que lui présente un vieil ami, Mabiala. Mais un jour, à minuit précisément, une présence vient déranger son sommeil. « Après le succès de mon premier film « LE DESTIN » (2022), j’ai voulu explorer une narration plus intense, plus rythmée, tout en restant profondément ancré dans nos réalités du pays et d’Afrique »,  confie le réalisateur Paul Lebon. Martin Kam LES DATES DE LA TOURNEE NATIONALE : 04 – juillet: Pointe-Noire (Grande Première) 11-Juillet: Dolisie 18-Juillet: Nkayi 25-juillet: Madingou 01 – Août: Kinkala 08 – Août: Brazzaville 15 – Août: Oyo 22 – Août: Gaboma 29 – Août : Retour à Pointe-Noire Première (Soirée de clôture)

Festival JIDAR : une 11e édition qui confirme l’empreinte du street art à Rabat

Festival JIDAR : une 11e édition qui confirme l’empreinte du street art à Rabat

Sous un soleil printanier éclatant, Rabat s’est une nouvelle fois laissée transformer. Au fil des jours, les nacelles ont pris de la hauteur, les pinceaux ont rythmé les façades, et les regards se sont levés. Pour sa 11e édition, le Festival JIDAR – Rabat Street Art Festival a réactivé cette sensation désormais familière : celle d’une ville en mouvement, devenue terrain d’expérimentation à ciel ouvert pour des artistes venus du Maroc et d’ailleurs. Cette année, 15 fresques monumentales et un mur collectif sont venus enrichir le parcours urbain, portant à 146 le nombre total de fresques réalisées à Rabat depuis 2015. Une progression qui dépasse le simple cumul pour dessiner une véritable transformation du paysage urbain. En un peu plus d’une décennie, JIDAR a contribué à faire de Rabat une capitale du street art sur le continent africain, régulièrement citée pour la qualité de ses fresques monumentales et la cohérence de son parcours artistique à l’échelle de la ville. Au cœur de l’Agdal, difficile de manquer l’intervention de RDS. Face à la maternité, l’artiste s’attaque à un mur vertigineux: 40 mètres de haut, 11 mètres de large, soit 440 m². Une deuxième prise de parole sur ce bâtiment, dont une première façade avait déjà été investie il y a deux ans par les artistes marocains Normal et italien Luogo Comune. Cette fois, RDS compose avec la brutalité architecturale du lieu : des lignes tendues, des volumes affirmés, des nuances de gris qui épousent le béton, traversées de touches orangées évoquant la rouille. Une fresque qui semble littéralement émerger du bâtiment, comme si elle en révélait la structure cachée. Plus loin, dans différents quartiers de la ville, les fresques racontent chacune une histoire, tissent des liens, déplacent les imaginaires. À L’Océan, l’Italien VESOD déploie une composition inspirée de la lanterne marocaine, transformée en métaphore d’une ville lumineuse et hospitalière, dont les paysages semblent surgir de la mer comme un souvenir ou un mirage. À Yacoub El Mansour, l’équatorien AZPEGER propose une réflexion ouverte sur l’égalité, rappelant que « le même soleil et la même lune nous éclairent tous », laissant au regardeur la liberté d’y projeter son propre sens. Dans un autre registre, l’artiste chilienne JUMU inscrit au cœur de sa fresque un lion protecteur, entouré de palmiers, de motifs floraux et de symboles inspirés de la culture visuelle marocaine, entre mémoire, territoire et récits personnels. À Agdal, le Catalan Guillem Font s’inspire des fleurs d’oranger et de la présence familière du lézard pour évoquer une relation sensible au vivant et aux usages du quotidien, tandis que le Marocain Nassim Azarzar, dans un autre quartier, développe un langage plastique nourri de la culture ornementale des camions de transport, créant un dialogue subtil entre tradition populaire et abstraction contemporaine. De son côté, Keya Tama (Afrique du Sud) propose une fresque habitée par le mouvement et les interactions humaines, traversée d’animaux, de céramiques et de motifs végétaux, inspirés de l’atmosphère de Rabat et de ses traditions. Il explique : « La fresque explore l’idée de communauté à travers une image de mouvement partagé, d’échange et de vitalité quotidienne. Associée au proverbe “معرفة الناس كنز” – “Connaître les gens est une richesse” – elle s’ancre dans l’atmosphère de Rabat, capturant l’effervescence de la vie à travers une constellation de formes liées au territoire. » Une manière de relier gestes, objets et symboles dans une vision organique et interconnectée du vivre-ensemble. À travers ces propositions, auxquelles s’ajoutent les univers singuliers de Marat Morik (Russie), Marina Capdevila (Espagne), Ruído (Portugal), ainsi que les artistes marocains Rosh, Ritanosko, Mizmiz et Iramo, cette édition confirme la pluralité des écritures et des regards qui composent le paysage mural de JIDAR. Au total, près de 2 500 m² de surfaces murales supplémentaires ont été réalisés en 2026, portant à plus de 20 000 m² la surface peinte depuis la création du festival. Derrière ces chiffres, une réalité tangible : celle d’une ville qui se construit, couche après couche, image après image. En onze éditions, plus de 250 artistes ont contribué à cette cartographie vivante. Dans cette dynamique, le mur collectif continue de jouer un rôle clé. Véritable laboratoire à ciel ouvert, il s’impose comme un espace de formation, d’expérimentation et de révélation. Cette année, sur les cinq artistes marocains invités à réaliser une fresque monumentale, la majorité en est issue. Une trajectoire devenue presque naturelle. Comme le souligne Salah Malouli, directeur artistique du festival : « Le mur collectif est une véritable pépinière d’artistes muralistes marocains. C’est là que beaucoup font leurs premières armes à grande échelle, avant de s’approprier pleinement la ville. » Une passerelle concrète entre émergence et professionnalisation, qui structure aujourd’hui toute une scène. Et puis il y a les passants. Ceux qui s’arrêtent, qui observent, qui reviennent. Les habitants qui redécouvrent leur quartier au fil des jours. Les enfants qui lèvent la tête. Les visites guidées, elles aussi, témoignent de cet engouement : complètes chaque week-end, avec trois parcours proposés dans les circuits Hassan, l’Océan et Yacoub El Mansour, elles ont accompagné des centaines de visiteurs à la découverte des fresques et de leurs histoires. JIDAR ne se contente pas d’ajouter des œuvres à la ville, il modifie les regards, installe des habitudes, crée des points de rencontre. Année après année, Rabat s’écrit ainsi autrement, à même ses murs.

Ramadaniat WeCasablanca 2026 : forte affluence et riche programmation artistique

Ramadaniat WeCasablanca 2026 : forte affluence et riche programmation artistique

MAROC. Tout au long du mois de Ramadan, la ville de Casablanca a accueilli l’édition 2026 de « Ramadaniat WeCasablanca – Ramadan à l’esprit bidaoui », une programmation culturelle et artistique dédiée aux nuits du mois sacré. Concerts de musique spirituelle et ateliers artistiques ont rythmé cette édition, qui a réuni plusieurs centaines de visiteurs dans différents espaces culturels de la ville. Organisée par la Société de Développement Local Casablanca Events & Animation, en partenariat avec le Conseil de la ville de Casablanca, la Direction Régionale de la Culture de la région Casablanca-Settat et le Conseil Scientifique Local de la préfecture d’arrondissements de Casablanca-Anfa, cette initiative s’inscrit dans une démarche visant à accompagner l’animation culturelle de la métropole durant le mois de Ramadan et à valoriser le patrimoine artistique et spirituel marocain. L’espace culturel Sacré-Cœur a accueilli, chaque soir à partir de 21h30, une série de concerts consacrés aux arts du samaâ, du madih, de l’inchad et du tarab. Ces soirées ont rassemblé près de 9000 spectateurs, venus assister aux prestations d’artistes et de mounchidines marocains parmi lesquels Haj Saïd Berrada, Dalal El Barnoussi, El Houssine Taous, le groupe Zaouia Cherkaouia, Othmane Benmoumen, Salma Chenouani, Yassine Lachhab, Saad El Kouhen et Mohamed El Mehdi Dahdouh. En parallèle, l’École Supérieure des Beaux-Arts de Casablanca a proposé, les week-ends à partir de 11h00, une série d’ateliers dédiés à la calligraphie arabe, à la poterie et au dessin. Ces ateliers ont rassemblé plus de 1200 participants, offrant des espaces d’apprentissage et de pratique artistique ouverts à différents publics. Dans le prolongement de cette programmation, des concours ont également été organisés tout au long du mois de Ramadan en partenariat avec le Conseil Scientifique Local, autour de douze catégories liées notamment au Saint Coran, au hadith, au fiqh ou encore au madih et samaâ. Ces initiatives ont suscité une forte mobilisation, rassemblant près de 800 participants. Les cérémonies de remise des prix se sont tenues le 05 et le 11 mars la première au siège du conseil scientifique et la deuxième à l’espace Sacré-Cœur, consacrant les lauréats des différentes catégories. Au fil de ses différentes activités, Ramadaniat WeCasablanca 2026 a rassemblé un public nombreux, confirmant l’intérêt des Casablancais et des visiteurs pour des rendez-vous culturels qui accompagnent les soirées du mois de Ramadan. À travers cette programmation, l’initiative poursuit son ambition de faire de la culture et des arts un vecteur de rencontre et de partage durant le mois sacré, pour contribuer à l’animation de la ville et à la valorisation de son patrimoine artistique et spirituel.

Workshop international : « Ombres et Éclats » s’invite à Casablanca

Workshop international : « Ombres et Éclats » s’invite à Casablanca

Jusqu’ au 29 mars 2026, la vibrante métropole de Casablanca se transforme en épicentre créatif international en accueillant l’événement « Ombres et Éclats : Mixité des couleurs de Casablanca ». Ce workshop, réunissant étudiants, designers, et professionnels de divers horizons, s’articule autour d’une exploration avant-gardiste de la lumière dans l’architecture. Imaginé et orchestré par l’École Supérieure de Design et des Arts Visuels (ESDAV), en partenariat avec IKOMĒ et l’École de design Nantes Atlantique, ce projet prolifique s’intègre dans une dynamique franco-marocaine où l’éducation, la création, et la recherche convergent pour un enrichissement culturel mutuel.  Durant une semaine riche en découvertes et en échanges, les étudiants du Master Design de l’ESDAV auront le privilège d’investir l’immeuble Assayag, un bijou architectural édifié en 1930 sous la direction de Marius Boyer, véritable monument du patrimoine casablancais. Encadrés par leurs professeurs et des experts en conception lumière, ces jeunes talents travailleront sur des installations lumineuses contextualisées, exploitant la lumière comme une matière vivante capable de transformer l’espace. Considérée non seulement comme un outil narratif, mais aussi comme une force créative et sensible, la lumière deviendra le moyen d’une réinterprétation contemporaine de cet édifice historique. Ce travail expérimental et interdisciplinaire apportera une vision nouvelle de l’héritage architectural à travers des approches novatrices et audacieuses.  Le point culminant du workshop sera marqué par une exposition publique, les 28 et 29 mars 2026, invitant les visiteurs à vivre une expérience immersive au sein des créations réalisées par les étudiants. L’événement permettra de redécouvrir ce lieu patrimonial d’une manière unique et saisissante. Un vernissage, organisé le vendredi 27 mars à 18h sur invitation, réunira partenaires institutionnels, professionnels influents et convives privilégiés autour des installations lumineuses imaginées. Cette soirée d’inauguration sera ponctuée par une présentation approfondie du projet, des discours inspirants prononcés par les partenaires, un émouvant hommage rendu à Abderrahim Jabrani, ainsi qu’un espace de dialogue autour des enjeux actuels liés à la lumière dans le cadre architectural.  À travers « Ombres et Éclats », les concepteurs aspirent à élargir les perspectives des jeunes designers en sensibilisant davantage aux défis que représente l’usage créatif de la lumière. Cet événement traduit également une volonté affirmée de valoriser le patrimoine architectural unique de Casablanca et de renforcer l’interaction entre les mémoires du passé et les innovations contemporaines. Porté par une ambition internationale, il contribue à intensifier les échanges entre écoles et professionnels venus du monde entier. Le workshop est soutenu par l’ESDAV, IKOMĒ conception lumière, l’École de design Nantes Atlantique et bénéficie également de l’appui du Syndicat National des Architectes Privés (SNAP). Lieu : Immeuble Assayag – CasablancaWorkshop : du 22 au 27 mars 2026Vernissage (sur invitation) : vendredi 27 mars 2026 à 18hExposition ouverte au public : 28 et 29 mars 2026

Carlo Pesta : La danse transcende les barrières de l’âge, de la langue et des cultures

Carlo Pesta : La danse transcende les barrières de l’âge, de la langue et des cultures

Président et directeur artistique du Ballet de Milan INTERVIEW. Le Balletto di Milano (Ballet de Milan), dont la réputation dans la danse classique et moderne n’est plus à faire, a été chaleureusement accueilli par le public casablancais lors de son Grand Gala de danse, au Studio des Arts Vivants, en février dernier. Retour sur l’identité de la compagnie, son projet artistique et son rapport au public marocain, avec son président et directeur artistique Carlo Pesta. Le Grand Gala du Ballet de Milan a été très bien reçu à Casablanca. Avant d’y revenir, pouvez-vous nous présenter votre compagnie ? Carlo Pesta : Le Balletto di Milano est l’une des compagnies les mieux établies du paysage chorégraphique italien. A Milan, nous sommes l’un des principaux centres chorégraphiques, juste après la compagnie du Teatro alla Scala. Nous avons également été désignés ambassadeurs de la danse italienne dans le monde, ce qui représente à la fois un honneur et une responsabilité. Autorisée depuis 1996 à porter le nom de la grande ville de Milan, la compagnie est aussi universellement prisée, car elle attire des artistes talentueux, nous permettant ainsi de recruter des danseurs d’un très haut niveau. Nous bénéficions du soutien du ministère italien de la Culture, de la région Lombardie et de la ville de Milan. Nous collaborons également avec les ambassades, les consulats et les institutions culturelles italiennes dans de nombreux pays. Quelle est la particularité artistique du Ballet de Milan ? Quelle est votre signature ? Notre démarche s’inscrit dans le registre néoclassique, qui consiste à redynamiser le ballet classique via l’ouverture à des formes d’expressions plus contemporaines. Il s’agit donc non pas de rompre avec la tradition mais de la faire évoluer, d’essayer de substituer d’autres formes, d’autres mouvements, qui résonneraient davantage avec notre époque. Cette quête perpétuelle fait partie de notre propre histoire, car nous refusons de nous fixer dans une forme immuable ; il s’agit au contraire d’interroger sans cesse nos autres possibilités artistiques. Est-ce cette approche qui explique votre succès auprès du public ? Je le pense. Pour un directeur artistique, c’est gratifiant de toucher des publics qui n’ont pas nécessairement l’habitude de la danse. Capter de nouveaux spectateurs, c’est créer un moment de vraie émotion artistique. Dans certaines villes, le public connaît déjà bien cet univers. Mais ailleurs, voir des gens découvrir une œuvre et s’y intéresser est encore plus fort. A Casablanca, j’étais très heureux de voir autant d’enfants et de jeunes dans la salle. De nombreux ados avaient des yeux émerveillés. Effectivement, plusieurs jeunes semblaient fascinés par le spectacle. La danse attire-t-elle particulièrement les jeunes ? Oui, très souvent. La danse possède en elle une dimension universelle, physique, qui dépasse toute considération d’âge, de langue ou de culture. Le corps en mouvement, la musique qui l’accompagne, touchent de premier abord les émotions. C’est souvent le cas pour les jeunes, mais il y a aussi bien sûr les adultes. Un mot sur les danseurs qui ont émerveillé le public : comment les choisissez-vous ? Le choix des danseurs est fondamental pour la réussite d’une compagnie. Nous recrutons surtout dans les académies les plus prestigieuses du monde. La technique est incontournable, je cherche surtout des personnalités artistiques. La technique est nécessaire mais pour faire vivre une œuvre, il faut véritablement interpréter. Dans plusieurs de nos spectacles, inspirés de chefs-d’œuvre comme Anna Karénine ou Roméo et Juliette, il faut placer les danseurs devant de vrais personnages. « Le public marocain a une sensibilité qui me rappelle beaucoup celle des Italiens » Vous êtes un habitué des scènes marocaines. Comment percevez-vous le public marocain ? J’attache une grande importance au Maroc. J’y viens depuis de nombreuses années et chaque passage me confirme le dynamisme et les progrès du pays. Le public marocain a une sensibilité qui me rappelle beaucoup celle des Italiens : beaucoup de spontanéité et une philosophie de vie basée sur la joie. Mais il est important de continuer à développer l’offre culturelle. Le théâtre et la danse reposent sur un échange d’énergie entre la scène et la salle. Plus il y a de spectacles, plus cette relation se renforce, contribuant ainsi à l’émergence d’une véritable culture du spectacle vivant. Vous avez été danseur. Quel regard portez-vous aujourd’hui sur vos spectacles ? Il s’agit d’émotions différentes. Lorsque je dansais, j’étais concentré sur moi-même. Aujourd’hui, ma responsabilité est beaucoup plus large, elle concerne toute la compagnie et la qualité de chacune des productions. Chaque spectacle reste toujours un moment très fort. Je compare souvent la création d’un spectacle à une naissance. Votre compagnie est très active à l’international… Tout à fait, nous tournons beaucoup. La structure compte 42 personnes dont 28 artistes permanents et nous donnons environ 120 spectacles par an. Cette année, nous nous sommes déjà produits dans quatorze pays. Nous venons de Paris où nous étions au théâtre Bobino avant de venir au Maroc. La tournée continue ensuite en Italie, en France, en Grèce et à Malte. Un dernier mot pour conclure Nous sommes très heureux d’être au Maroc, où les échanges culturels que nous développons sont particulièrement fertiles, grâce à la collaboration avec la Società Dante Alighieri à l’étranger. Rappelons que l’Italie possède une tradition artistique très ancienne dans des domaines comme la musique, l’opéra et la danse. Notre mission est de faire vivre cet héritage et de le partager avec les publics du monde entier. Partout où nous nous produisons, nous recevons un accueil chaleureux. Et cela reste, pour un artiste, la plus belle des récompenses. Propos recueillis par Alain Bouithy

JIDAR – Rabat Street Art Festival 2026 : L’appel à candidature pour le « Mur Collectif » est ouvert

JIDAR – Rabat Street Art Festival 2026 : L’appel à candidature pour le « Mur Collectif » est ouvert

À l’approche de sa 11e édition, qui se déroulera du 16 au 27 avril 2026, le festival JIDAR lance l’appel à participation pour son projet phare : Le Mur Collectif. Véritable incubateur de talents, le Mur Collectif est bien plus qu’une simple fresque. C’est un espace de transmission et d’expérimentation dédié aux artistes en herbe, étudiant·e·s en écoles d’art et passionné·e·s de culture urbaine. Du 20 au 26 avril 2026, douze candidat·e·s sélectionné·e·s auront l’opportunité de concevoir une œuvre monumentale au sein d’un cadre bienveillant, axé sur le partage et l’exploration technique. Une édition 2026 sous l’œil expert de BAKR Comme chaque année, la transmission est au cœur du dispositif, cette fois-ci avec l’artiste BAKR comme mentor. Né en 1995 et héritier d’un savoir-faire classique acquis à Fès auprès du maître El Ghiati, BAKR a su opérer une fusion remarquable entre l’art académique des Beaux-Arts de Casablanca et l’énergie brute du Street Art. Son parcours, mêlant héritage familial et culture urbaine, offre un modèle inspirant pour la relève. Rejoindre l’aventure du Mur Collectif constitue une opportunité rare pour les talents émergents de bénéficier d’un encadrement artistique professionnel de haut niveau. Au-delà de l’apprentissage technique, cette expérience favorise une collaboration inédite entre de jeunes artistes venus des quatre coins du Royaume, leur permettant de confronter leurs visions et de tester leurs idées sur de grands formats, sans la contrainte du résultat final. C’est une immersion totale dans l’écosystème de JIDAR qui ouvre, pour les plus audacieux, la perspective d’intégrer un jour la programmation officielle du festival. Modalités de participation et sélection Les aspirants muralistes, qu’ils soient étudiants en écoles d’art, artistes en herbe ou passionnés de culture urbaine, sont invités à soumettre leur candidature en ligne dès à présent, en remplissant ce formulaire. Pour cette édition, seuls douze talents seront retenus afin de garantir une qualité d’échange optimale durant cette immersion créative. Les candidats doivent impérativement être disponibles à Rabat du 20 au 26 avril 2026. Le dossier, comprenant le formulaire d’inscription dûment rempli et un portfolio (sous format PDF ou lien en ligne), doit être déposé avant le 5 avril 2026 à minuit.

Projection du film  « Les Yeux de l’Espoir » de Lotfi Barjy au Complexe culturel Anfa : Courage et créativité au-delà du handicap

Projection du film  « Les Yeux de l’Espoir » de Lotfi Barjy au Complexe culturel Anfa : Courage et créativité au-delà du handicap

Le court métrage «Les Yeux de l’Espoir» a été projeté récemment au Complexe culturel Anfa de Casablanca lors d’une  soirée qui a réuni artistes, professionnels du cinéma, journalistes et un public venu nombreux soutenir une initiative culturelle engagée. La projection de cette œuvre, du réalisateur Lotfi Barjy, s’est déroulée dans une ambiance conviviale et émouvante. Elle a suscité une vive émotion parmi l’assistance, qui a chaleureusement applaudi les acteurs pour leur performance et leur implication dans ce projet cinématographique à forte dimension sociale. Il faut dire que la trame du film interpelle à bien des égards à travers l’histoire inspirante d’Adil Mansour, étudiant universitaire non-voyant qui, par ses multiples talents et sa détermination, démontre que le handicap ne constitue pas une limite à la créativité ni à la réussite. D’un bout à l’autre de ce récit sensible et humaniste, le réalisateur met en lumière les réalités vécues par les personnes non-voyantes au Maroc, à travers une approche artistique sincère et engagée, tout en portant un message d’espoir et de dépassement de soi. Lors de cette soirée, organisée par l’Association Arts, Cultures et Créations de l’Université Hassan II de Casablanca, en partenariat avec la Faculté des lettres et des sciences humaines Aïn Chock, un  hommage a été rendu à deux personnalités du monde artistique : le scénariste et réalisateur Hassan Benjelloun, figure majeure du cinéma marocain, et Fattah Ngadi, compositeur et acteur de cinéma. S’exprimant à cette occasion, Hassan Benjelloun a salué l’engagement du réalisateur Lotfi Barjy, soulignant sa persévérance et son dévouement pour le cinéma, malgré ses responsabilités en tant que professeur à l’Université Hassan II. Le scénariste et réalisateur a également félicité les jeunes artistes ayant participé à cette production, tout en insistant sur l’importance de transmettre l’expérience aux jeunes créateurs et de les accompagner à travers des masterclasses et des projets collaboratifs. Prenant la parole à son tour, Fattah Ngadi a salué cette belle initiative culturelle et affirmé sa volonté de collaborer avec les jeunes talents dans les domaines de la musique et du cinéma. L’acteur et directeur du Théâtre El Kanfaoui, Hicham Bahloul, a également saisi  cette occasion pour rappeler le rôle déterminant des grands réalisateurs marocains, notamment Hassan Benjelloun, qui ont permis à de nombreux acteurs d’émerger sur la scène cinématographique nationale, à l’instar de Mohamed Naji et Mekouar Saddik. Il a par la suite encouragé les jeunes à s’engager dans les projets cinématographiques à venir. La soirée a été ponctuée de prestations musicales avec la chanteuse Ihssan Lazrak qui a interprété « Ayam Chiti » de Fairuz ainsi que « Ana Hor » d’Abdelhadi Belkhayat, tandis que Nisrine a repris « Kan Endna Tahoun » de Fairuz, des performances chaleureusement accueillies par le public. Plusieurs trophées et attestations de mérite ont été remis aux participants et contributeurs du projet. Ainsi, le Prix de Mérite et Reconnaissance a été attribué au réalisateur Lotfi Barjy. Le Prix d’Interprétation Masculine est revenu à Walid Handach, tandis que Lamya Chemsi a reçu le Prix d’Interprétation Féminine. D’autres distinctions ont été décernées au cours de cette soirée, qui a bénéficié du soutien de plusieurs partenaires, dont Image Factory, IHB, LionsGeek, le Complexe Culturel Anfa, le Groupe Scolaire Le Giron, l’Atelier Pouchkine FLSHA et l’École IGA Casablanca. Il s’agit des Prix d’Encouragement (Saad Bouchakou), Prix d’Encouragement – Organisation (Chayma Machallah) et du Prix Réalisation Vidéo Hommage (Rada Bouaita). Alain B.

Exposition: La Maison Gacha ouvre à Paris une « Fenêtre sur l’Afrique » avec Gonçalo Ivo

Exposition: La Maison Gacha ouvre à Paris une « Fenêtre sur l’Afrique » avec Gonçalo Ivo

Un dialogue entre abstraction brésilienne et patrimoines africains ARTS. Dans une annonce faite par la Maison Gacha, l’institution iculturelle ndique qu’elle présentera, du 20 mars au 9 juillet 2026, l’exposition Fenêtre sur l’Afrique, consacrée à l’artiste brésilien Gonçalo Ivo. « Conçue comme un espace de circulation des formes et des imaginaires, l’exposition met en dialogue les peintures et sculptures de l’artiste avec une sélection d’œuvres africaines issues de la collection de la Maison Gacha : textiles kasaï de la RDC, étoffes baoulé de Côte d’Ivoire, kenté du Togo ou encore calebasses perlées bamiléké », précise-t-elle. Inspiré par la pensée d’Édouard Glissant, le parcours propose un « archipel » de correspondances sensibles entre abstraction contemporaine et patrimoines africains. Les compositions chromatiques et géométriques de Gonçalo Ivo entrent ainsi en résonance avec les rythmes, les textures et les structures visuelles des objets présentés. Un vernissage presse est prévu le 19 mars 2026 de 18h à 21h à la Maison Gacha, à Paris, en amont de l’ouverture officielle de l’exposition au public. Comme le rappelle l’institution sur son site web, la Maison Gacha est un lieu culturel hybride situé au coeur de Paris. Elle est dédiée à la préservation et à la valorisation des savoir-faire et des métiers de la main d’Afrique et d’ailleurs. Son champ d’action couvre le patrimoine matériel et immatériel. Patricia Engali avec CP