Workshop international : « Ombres et Éclats » s’invite à Casablanca

Workshop international : « Ombres et Éclats » s’invite à Casablanca

Jusqu’ au 29 mars 2026, la vibrante métropole de Casablanca se transforme en épicentre créatif international en accueillant l’événement « Ombres et Éclats : Mixité des couleurs de Casablanca ». Ce workshop, réunissant étudiants, designers, et professionnels de divers horizons, s’articule autour d’une exploration avant-gardiste de la lumière dans l’architecture. Imaginé et orchestré par l’École Supérieure de Design et des Arts Visuels (ESDAV), en partenariat avec IKOMĒ et l’École de design Nantes Atlantique, ce projet prolifique s’intègre dans une dynamique franco-marocaine où l’éducation, la création, et la recherche convergent pour un enrichissement culturel mutuel.  Durant une semaine riche en découvertes et en échanges, les étudiants du Master Design de l’ESDAV auront le privilège d’investir l’immeuble Assayag, un bijou architectural édifié en 1930 sous la direction de Marius Boyer, véritable monument du patrimoine casablancais. Encadrés par leurs professeurs et des experts en conception lumière, ces jeunes talents travailleront sur des installations lumineuses contextualisées, exploitant la lumière comme une matière vivante capable de transformer l’espace. Considérée non seulement comme un outil narratif, mais aussi comme une force créative et sensible, la lumière deviendra le moyen d’une réinterprétation contemporaine de cet édifice historique. Ce travail expérimental et interdisciplinaire apportera une vision nouvelle de l’héritage architectural à travers des approches novatrices et audacieuses.  Le point culminant du workshop sera marqué par une exposition publique, les 28 et 29 mars 2026, invitant les visiteurs à vivre une expérience immersive au sein des créations réalisées par les étudiants. L’événement permettra de redécouvrir ce lieu patrimonial d’une manière unique et saisissante. Un vernissage, organisé le vendredi 27 mars à 18h sur invitation, réunira partenaires institutionnels, professionnels influents et convives privilégiés autour des installations lumineuses imaginées. Cette soirée d’inauguration sera ponctuée par une présentation approfondie du projet, des discours inspirants prononcés par les partenaires, un émouvant hommage rendu à Abderrahim Jabrani, ainsi qu’un espace de dialogue autour des enjeux actuels liés à la lumière dans le cadre architectural.  À travers « Ombres et Éclats », les concepteurs aspirent à élargir les perspectives des jeunes designers en sensibilisant davantage aux défis que représente l’usage créatif de la lumière. Cet événement traduit également une volonté affirmée de valoriser le patrimoine architectural unique de Casablanca et de renforcer l’interaction entre les mémoires du passé et les innovations contemporaines. Porté par une ambition internationale, il contribue à intensifier les échanges entre écoles et professionnels venus du monde entier. Le workshop est soutenu par l’ESDAV, IKOMĒ conception lumière, l’École de design Nantes Atlantique et bénéficie également de l’appui du Syndicat National des Architectes Privés (SNAP). Lieu : Immeuble Assayag – CasablancaWorkshop : du 22 au 27 mars 2026Vernissage (sur invitation) : vendredi 27 mars 2026 à 18hExposition ouverte au public : 28 et 29 mars 2026

Carlo Pesta : La danse transcende les barrières de l’âge, de la langue et des cultures

Carlo Pesta : La danse transcende les barrières de l’âge, de la langue et des cultures

Président et directeur artistique du Ballet de Milan INTERVIEW. Le Balletto di Milano (Ballet de Milan), dont la réputation dans la danse classique et moderne n’est plus à faire, a été chaleureusement accueilli par le public casablancais lors de son Grand Gala de danse, au Studio des Arts Vivants, en février dernier. Retour sur l’identité de la compagnie, son projet artistique et son rapport au public marocain, avec son président et directeur artistique Carlo Pesta. Le Grand Gala du Ballet de Milan a été très bien reçu à Casablanca. Avant d’y revenir, pouvez-vous nous présenter votre compagnie ? Carlo Pesta : Le Balletto di Milano est l’une des compagnies les mieux établies du paysage chorégraphique italien. A Milan, nous sommes l’un des principaux centres chorégraphiques, juste après la compagnie du Teatro alla Scala. Nous avons également été désignés ambassadeurs de la danse italienne dans le monde, ce qui représente à la fois un honneur et une responsabilité. Autorisée depuis 1996 à porter le nom de la grande ville de Milan, la compagnie est aussi universellement prisée, car elle attire des artistes talentueux, nous permettant ainsi de recruter des danseurs d’un très haut niveau. Nous bénéficions du soutien du ministère italien de la Culture, de la région Lombardie et de la ville de Milan. Nous collaborons également avec les ambassades, les consulats et les institutions culturelles italiennes dans de nombreux pays. Quelle est la particularité artistique du Ballet de Milan ? Quelle est votre signature ? Notre démarche s’inscrit dans le registre néoclassique, qui consiste à redynamiser le ballet classique via l’ouverture à des formes d’expressions plus contemporaines. Il s’agit donc non pas de rompre avec la tradition mais de la faire évoluer, d’essayer de substituer d’autres formes, d’autres mouvements, qui résonneraient davantage avec notre époque. Cette quête perpétuelle fait partie de notre propre histoire, car nous refusons de nous fixer dans une forme immuable ; il s’agit au contraire d’interroger sans cesse nos autres possibilités artistiques. Est-ce cette approche qui explique votre succès auprès du public ? Je le pense. Pour un directeur artistique, c’est gratifiant de toucher des publics qui n’ont pas nécessairement l’habitude de la danse. Capter de nouveaux spectateurs, c’est créer un moment de vraie émotion artistique. Dans certaines villes, le public connaît déjà bien cet univers. Mais ailleurs, voir des gens découvrir une œuvre et s’y intéresser est encore plus fort. A Casablanca, j’étais très heureux de voir autant d’enfants et de jeunes dans la salle. De nombreux ados avaient des yeux émerveillés. Effectivement, plusieurs jeunes semblaient fascinés par le spectacle. La danse attire-t-elle particulièrement les jeunes ? Oui, très souvent. La danse possède en elle une dimension universelle, physique, qui dépasse toute considération d’âge, de langue ou de culture. Le corps en mouvement, la musique qui l’accompagne, touchent de premier abord les émotions. C’est souvent le cas pour les jeunes, mais il y a aussi bien sûr les adultes. Un mot sur les danseurs qui ont émerveillé le public : comment les choisissez-vous ? Le choix des danseurs est fondamental pour la réussite d’une compagnie. Nous recrutons surtout dans les académies les plus prestigieuses du monde. La technique est incontournable, je cherche surtout des personnalités artistiques. La technique est nécessaire mais pour faire vivre une œuvre, il faut véritablement interpréter. Dans plusieurs de nos spectacles, inspirés de chefs-d’œuvre comme Anna Karénine ou Roméo et Juliette, il faut placer les danseurs devant de vrais personnages. « Le public marocain a une sensibilité qui me rappelle beaucoup celle des Italiens » Vous êtes un habitué des scènes marocaines. Comment percevez-vous le public marocain ? J’attache une grande importance au Maroc. J’y viens depuis de nombreuses années et chaque passage me confirme le dynamisme et les progrès du pays. Le public marocain a une sensibilité qui me rappelle beaucoup celle des Italiens : beaucoup de spontanéité et une philosophie de vie basée sur la joie. Mais il est important de continuer à développer l’offre culturelle. Le théâtre et la danse reposent sur un échange d’énergie entre la scène et la salle. Plus il y a de spectacles, plus cette relation se renforce, contribuant ainsi à l’émergence d’une véritable culture du spectacle vivant. Vous avez été danseur. Quel regard portez-vous aujourd’hui sur vos spectacles ? Il s’agit d’émotions différentes. Lorsque je dansais, j’étais concentré sur moi-même. Aujourd’hui, ma responsabilité est beaucoup plus large, elle concerne toute la compagnie et la qualité de chacune des productions. Chaque spectacle reste toujours un moment très fort. Je compare souvent la création d’un spectacle à une naissance. Votre compagnie est très active à l’international… Tout à fait, nous tournons beaucoup. La structure compte 42 personnes dont 28 artistes permanents et nous donnons environ 120 spectacles par an. Cette année, nous nous sommes déjà produits dans quatorze pays. Nous venons de Paris où nous étions au théâtre Bobino avant de venir au Maroc. La tournée continue ensuite en Italie, en France, en Grèce et à Malte. Un dernier mot pour conclure Nous sommes très heureux d’être au Maroc, où les échanges culturels que nous développons sont particulièrement fertiles, grâce à la collaboration avec la Società Dante Alighieri à l’étranger. Rappelons que l’Italie possède une tradition artistique très ancienne dans des domaines comme la musique, l’opéra et la danse. Notre mission est de faire vivre cet héritage et de le partager avec les publics du monde entier. Partout où nous nous produisons, nous recevons un accueil chaleureux. Et cela reste, pour un artiste, la plus belle des récompenses. Propos recueillis par Alain Bouithy

JIDAR – Rabat Street Art Festival 2026 : L’appel à candidature pour le « Mur Collectif » est ouvert

JIDAR – Rabat Street Art Festival 2026 : L’appel à candidature pour le « Mur Collectif » est ouvert

À l’approche de sa 11e édition, qui se déroulera du 16 au 27 avril 2026, le festival JIDAR lance l’appel à participation pour son projet phare : Le Mur Collectif. Véritable incubateur de talents, le Mur Collectif est bien plus qu’une simple fresque. C’est un espace de transmission et d’expérimentation dédié aux artistes en herbe, étudiant·e·s en écoles d’art et passionné·e·s de culture urbaine. Du 20 au 26 avril 2026, douze candidat·e·s sélectionné·e·s auront l’opportunité de concevoir une œuvre monumentale au sein d’un cadre bienveillant, axé sur le partage et l’exploration technique. Une édition 2026 sous l’œil expert de BAKR Comme chaque année, la transmission est au cœur du dispositif, cette fois-ci avec l’artiste BAKR comme mentor. Né en 1995 et héritier d’un savoir-faire classique acquis à Fès auprès du maître El Ghiati, BAKR a su opérer une fusion remarquable entre l’art académique des Beaux-Arts de Casablanca et l’énergie brute du Street Art. Son parcours, mêlant héritage familial et culture urbaine, offre un modèle inspirant pour la relève. Rejoindre l’aventure du Mur Collectif constitue une opportunité rare pour les talents émergents de bénéficier d’un encadrement artistique professionnel de haut niveau. Au-delà de l’apprentissage technique, cette expérience favorise une collaboration inédite entre de jeunes artistes venus des quatre coins du Royaume, leur permettant de confronter leurs visions et de tester leurs idées sur de grands formats, sans la contrainte du résultat final. C’est une immersion totale dans l’écosystème de JIDAR qui ouvre, pour les plus audacieux, la perspective d’intégrer un jour la programmation officielle du festival. Modalités de participation et sélection Les aspirants muralistes, qu’ils soient étudiants en écoles d’art, artistes en herbe ou passionnés de culture urbaine, sont invités à soumettre leur candidature en ligne dès à présent, en remplissant ce formulaire. Pour cette édition, seuls douze talents seront retenus afin de garantir une qualité d’échange optimale durant cette immersion créative. Les candidats doivent impérativement être disponibles à Rabat du 20 au 26 avril 2026. Le dossier, comprenant le formulaire d’inscription dûment rempli et un portfolio (sous format PDF ou lien en ligne), doit être déposé avant le 5 avril 2026 à minuit.

Projection du film  « Les Yeux de l’Espoir » de Lotfi Barjy au Complexe culturel Anfa : Courage et créativité au-delà du handicap

Projection du film  « Les Yeux de l’Espoir » de Lotfi Barjy au Complexe culturel Anfa : Courage et créativité au-delà du handicap

Le court métrage «Les Yeux de l’Espoir» a été projeté récemment au Complexe culturel Anfa de Casablanca lors d’une  soirée qui a réuni artistes, professionnels du cinéma, journalistes et un public venu nombreux soutenir une initiative culturelle engagée. La projection de cette œuvre, du réalisateur Lotfi Barjy, s’est déroulée dans une ambiance conviviale et émouvante. Elle a suscité une vive émotion parmi l’assistance, qui a chaleureusement applaudi les acteurs pour leur performance et leur implication dans ce projet cinématographique à forte dimension sociale. Il faut dire que la trame du film interpelle à bien des égards à travers l’histoire inspirante d’Adil Mansour, étudiant universitaire non-voyant qui, par ses multiples talents et sa détermination, démontre que le handicap ne constitue pas une limite à la créativité ni à la réussite. D’un bout à l’autre de ce récit sensible et humaniste, le réalisateur met en lumière les réalités vécues par les personnes non-voyantes au Maroc, à travers une approche artistique sincère et engagée, tout en portant un message d’espoir et de dépassement de soi. Lors de cette soirée, organisée par l’Association Arts, Cultures et Créations de l’Université Hassan II de Casablanca, en partenariat avec la Faculté des lettres et des sciences humaines Aïn Chock, un  hommage a été rendu à deux personnalités du monde artistique : le scénariste et réalisateur Hassan Benjelloun, figure majeure du cinéma marocain, et Fattah Ngadi, compositeur et acteur de cinéma. S’exprimant à cette occasion, Hassan Benjelloun a salué l’engagement du réalisateur Lotfi Barjy, soulignant sa persévérance et son dévouement pour le cinéma, malgré ses responsabilités en tant que professeur à l’Université Hassan II. Le scénariste et réalisateur a également félicité les jeunes artistes ayant participé à cette production, tout en insistant sur l’importance de transmettre l’expérience aux jeunes créateurs et de les accompagner à travers des masterclasses et des projets collaboratifs. Prenant la parole à son tour, Fattah Ngadi a salué cette belle initiative culturelle et affirmé sa volonté de collaborer avec les jeunes talents dans les domaines de la musique et du cinéma. L’acteur et directeur du Théâtre El Kanfaoui, Hicham Bahloul, a également saisi  cette occasion pour rappeler le rôle déterminant des grands réalisateurs marocains, notamment Hassan Benjelloun, qui ont permis à de nombreux acteurs d’émerger sur la scène cinématographique nationale, à l’instar de Mohamed Naji et Mekouar Saddik. Il a par la suite encouragé les jeunes à s’engager dans les projets cinématographiques à venir. La soirée a été ponctuée de prestations musicales avec la chanteuse Ihssan Lazrak qui a interprété « Ayam Chiti » de Fairuz ainsi que « Ana Hor » d’Abdelhadi Belkhayat, tandis que Nisrine a repris « Kan Endna Tahoun » de Fairuz, des performances chaleureusement accueillies par le public. Plusieurs trophées et attestations de mérite ont été remis aux participants et contributeurs du projet. Ainsi, le Prix de Mérite et Reconnaissance a été attribué au réalisateur Lotfi Barjy. Le Prix d’Interprétation Masculine est revenu à Walid Handach, tandis que Lamya Chemsi a reçu le Prix d’Interprétation Féminine. D’autres distinctions ont été décernées au cours de cette soirée, qui a bénéficié du soutien de plusieurs partenaires, dont Image Factory, IHB, LionsGeek, le Complexe Culturel Anfa, le Groupe Scolaire Le Giron, l’Atelier Pouchkine FLSHA et l’École IGA Casablanca. Il s’agit des Prix d’Encouragement (Saad Bouchakou), Prix d’Encouragement – Organisation (Chayma Machallah) et du Prix Réalisation Vidéo Hommage (Rada Bouaita). Alain B.

Exposition: La Maison Gacha ouvre à Paris une « Fenêtre sur l’Afrique » avec Gonçalo Ivo

Exposition: La Maison Gacha ouvre à Paris une « Fenêtre sur l’Afrique » avec Gonçalo Ivo

Un dialogue entre abstraction brésilienne et patrimoines africains ARTS. Dans une annonce faite par la Maison Gacha, l’institution iculturelle ndique qu’elle présentera, du 20 mars au 9 juillet 2026, l’exposition Fenêtre sur l’Afrique, consacrée à l’artiste brésilien Gonçalo Ivo. « Conçue comme un espace de circulation des formes et des imaginaires, l’exposition met en dialogue les peintures et sculptures de l’artiste avec une sélection d’œuvres africaines issues de la collection de la Maison Gacha : textiles kasaï de la RDC, étoffes baoulé de Côte d’Ivoire, kenté du Togo ou encore calebasses perlées bamiléké », précise-t-elle. Inspiré par la pensée d’Édouard Glissant, le parcours propose un « archipel » de correspondances sensibles entre abstraction contemporaine et patrimoines africains. Les compositions chromatiques et géométriques de Gonçalo Ivo entrent ainsi en résonance avec les rythmes, les textures et les structures visuelles des objets présentés. Un vernissage presse est prévu le 19 mars 2026 de 18h à 21h à la Maison Gacha, à Paris, en amont de l’ouverture officielle de l’exposition au public. Comme le rappelle l’institution sur son site web, la Maison Gacha est un lieu culturel hybride situé au coeur de Paris. Elle est dédiée à la préservation et à la valorisation des savoir-faire et des métiers de la main d’Afrique et d’ailleurs. Son champ d’action couvre le patrimoine matériel et immatériel. Patricia Engali avec CP

2ᵉ Forum Sculpture et Céramique : une édition réussie sur tous les tableaux

2ᵉ Forum Sculpture et Céramique : une édition réussie sur tous les tableaux

ARTS. La deuxième édition du Forum de la Sculpture et de la Céramique se poursuit à Casablanca jusqu’au 28 février 2026. Accueilli dans le cadre historique de l’ancienne Cathédrale du Sacré-Cœur et à la Galerie Farid Belkahia de l’École Supérieure des Beaux-Arts de Casablanca (ESBAC), l’événement a offert un programme varié comprenant des expositions, des ateliers, des rencontres, des hommages, des projections de films documentaires et des visites guidées… Le Forum a mis à l’honneur, depuis le 12 février, des artistes dont le parcours, l’engagement et l’excellence plastique ont marqué en profondeur l’univers de la sculpture et de la céramique. Invités en tant qu’hôtes d’honneur, ces créateurs incarnent des figures artistiques et humaines emblématiques. Par leurs œuvres, ils contribuent à transmettre un patrimoine esthétique basé sur la maîtrise des matières, une réflexion critique et une liberté créative. Organisée par l’Association Atelier Athar Art avec le soutien du Ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication – Département de la Culture, en partenariat avec la Commune de Casablanca et en coordination avec Casa Events ainsi que l’École Supérieure des Beaux-Arts de Casablanca (ESBAC), cette édition a rendu hommage à Abdelhaq Sijelmassi, une figure incontournable de la scène artistique. Son parcours exceptionnel illustre une fidélité inébranlable au sens, à la gestuelle et à la profondeur de l’acte créatif. Elle a également salué le travail d’Abdelkrim Ouazzani, dont l’engagement a joué un rôle décisif dans la reconnaissance et le développement des pratiques artistiques contemporaines. En tant qu’invités d’honneur, plusieurs artistes ont présenté des œuvres empreintes de leurs sensibilités uniques. Ali Aljabri propose une démarche où l’expérimentation et l’expression s’entrelacent avec une compréhension approfondie de la matière. Fetah Ben Ameur enrichit sa recherche plastique par ses expériences, son observation du monde et sa mémoire. Sahbi Chtioui se distingue par une approche rigoureuse qui explore les formes, le corps et les tensions intérieures des matériaux. Michel Gautier, quant à lui, apporte une vision interculturelle façonnée par ses multiples expériences avec les matériaux. Ichiko Inose révèle une création délicate et épurée, alliant sobriété formelle et grande intensité expressive. Kamel Kechaou s’interroge sur les notions d’équilibre et de structure, offrant à ses formes une dimension méditative. Ikram Kabbaj conjugue sensibilité et rigueur dans une œuvre empreinte d’un style très personnel. James Koko Bi explore des gestes puissants, imprégnés d’une symbolique forte et d’une relation fondamentale avec la matière. Abderrahmane Ouardane s’inscrit dans une tradition réfléchie, attachée à la transmission et à la préservation du métier. De son côté, Abderrahmane Rahoule élabore un langage plastique marqué par une sobriété éloquente où la matière devient espace de réflexion. Moussa Zekkani traduit dans ses œuvres une relation profonde au temps et à la transformation, plaçant au cœur de son travail la mémoire des matières. Mohamed Zouzaf joue avec les possibilités expressives des formes, alliant liberté créative et perspective contemporaine. Enfin, Hammadi L’Eauhichi clôt cette sélection par une démarche profondément enracinée dans l’authenticité du geste et la fidélité au souffle créatif. À travers ce riche éventail d’expressions artistiques, le Forum réaffirme son rôle institutionnel : célébrer des parcours exemplaires, favoriser les échanges entre les générations et mettre en lumière la sculpture et la céramique en tant que disciplines fondamentales de l’art contemporain. À L’AIMABLE MÉMOIRE DES ARTISTES DISPARUS. Le Forum a dédié un espace à la mémoire et à la reconnaissance d’artistes dont les œuvres, les engagements et les parcours ont profondément influencé l’histoire de la sculpture et de la céramique. Regroupés sous le titre Mémoires, ces créateurs, désormais immortels, restent des figures fondatrices dont l’héritage continue de guider les pratiques contemporaines et d’inspirer les générations actuelles.Il s’agit des artistes Abdelkrim Aalam (1963–2021), Khalid Atlas (décédé en 2025), Mohammed Bouadda (1952–2006), Pierre Boisse (1944–2025), Hassan Slaoui (1946–2024), Mohamed El Ouardi (1944–2011), Ruggero Giangiacomi (1930–2006), Seddik Saddiki (1935–1995), Mohamed Drissi (1946–2003).À travers cet hommage, le Forum affirme son rôle institutionnel : préserver la mémoire de ces créateurs, valoriser leur apport fondamental et ancrer leur héritage dans le présent. Ces artistes immortels composent les bases d’une histoire vivante sur lesquelles repose l’évolution actuelle de la sculpture et de la céramique.

Festival On Marche au Maroc : spiritualité et création au cœur du mois sacré

Festival On Marche au Maroc : spiritualité et création au cœur du mois sacré

Le festival international de Danse contemporaine de Marrakech (On Marche) revient du 6 au 14 mars 2026 pour sa 19e édition. Une édition placée sous le signe de la spiritualité et du partage, en ce mois de ramadan. Cette 19e édition du festival On Marche est particulière. Elle se tiendra intégralement pendant le ramadan. L’occasion d’offrir la danse et la création en partage et de revenir sur le thème de la spiritualité. Un thème cher à Taoufiq Izeddiou qui l’a d’ailleurs déjà abordé lors d’une précédente édition : la spiritualité au sens large qui élève et unit. Il expliquait alors « la danse, quand elle est imprégnée par une spiritualité, peut devenir tant une quête mystique individuelle qu’une célébration collective ». Aujourd’hui, ce sont bien la célébration collective et les valeurs du partage, propres tant au ramadan qu’à la danse, qui sont mises en lumière. Cette 19e édition sera également l’occasion de renforcer les fondements du festival, celles de transmission et de partage autour de la danse, tout juste un an avant la 20e édition. Un moment à n’en pas douter symbolique pour Taoufiq Izeddiou. D’autant que ce sera parallèlement les 25 ans de sa compagnie de danse contemporaine, Anania, considérée comme la première au Maroc. 2027 s’annonce donc essentielle pour le festival On Marche et son fondateur, qui entendent bien continuer d’en faire un rendez-vous incontournable de la scène chorégraphique marocaine et internationale. Et cette année, pendant neuf jours, Marrakech redevient un vaste territoire de création et de partage, accueillant représentations, performances pluridisciplinaires, workshops, master classes, projections cinématographiques. Avec un format en adéquation avec le mois sacré et toujours avec des spectacles gratuits. UNE ÉDITION SOUS LES SIGNES DE LA SPIRITUALITÉ ET DU PARTAGE Fidèle à son ancrage territorial, culturel et humain, On Marche explore les relations étroites entre spiritualité et danse, et interroge ce qui nourrit à la fois le corps, l’âme et l’acte de création, dans un temps collectif marqué par le jeûne, l’écoute, la contemplation et le ralentissement. Les spectacles seront donnés après le ftour, à partir de 21h à l’Institut français, au Es Saadi Marrakech Resort, au Centre culturel les Étoiles de Jemaa el Fna. Ainsi, l’ouverture officielle avec « La Terre en transe » (Maroc) de Taoufiq Izeddiou, aura lieu samedi 7 mars, à 21h30. Après une tournée internationale, cette grande création chorégraphique, qui accueille sur scène 12 danseurs, clôt son tour des Instituts français du Maroc par une représentation attendue à l’IF de Marrakech. Mais le festival On Marche, comme à chaque édition, propose bien plus. La spiritualité et la danse se donnent en partage avec le public, avec les artistes, avec la nouvelle génération. Taoufiq Izeddiou rappelle : « La danse n’est pas un décor, c’est un acte de nécessité. » « Artistes à table ». Un temps de rencontre et de dialogue imaginé par le festival à l’heure de la rupture du jeûne. Autour du repas du ftour, chaque jour, un danseur, un chorégraphe, ou encore un peintre ou un plasticien partagent avec le public leur rapport à la spiritualité et à la création. Cet échange sera suivi de performances chorégraphiques in situ ou de projections. Taoufiq Izeddiou l’explique en ces mots : « Nous avons pensé ces rendez-vous comme des moments de rassemblement et de dialogue, pendant lesquels le geste chorégraphique est déplacé vers des espaces de vie, de parole et de convivialité. Les ftours, qui restent des temps familiaux, de générosité, de partage, sont aussi pour nous, l’occasion de réaffirmer la capacité de l’art à créer du lien et du sens à travers des rituels quotidiens ». « Danses en Images ». Au croisement de la danse et de l’image, le festival propose une sélection de films. Ce cycle cinématographique pose un regard anthropologique sur les rituels de célébration et met en lumière les parcours singuliers de chorégraphes contemporains. Le lancement du cycle débutera vendredi 6 mars à l’Institut français de Marrakech avec la projection en boucle de 12h à 15h, de « Lengue » de Léonie Yanga-Zowe (Centrafrique), « Les Pieds sur scène » d’Éric Legay (France), « Danses en fâ » d’Étienne Laroche (Bénin/France), « Dernier paysage » de Josef Nadj (France). Le soir à 20h, Le 18 accueillera la projection à 20h de « L’envol » de Nicolas Habas, chorégraphie Bouziane Bouteldja (France/Algérie) et « So Ava » de Smaïl Kanouté (France/Mali). Et « Al Awda » de Imane El Kabli (Maroc) et « Bella » de Eman Hussen (Égypte), lundi 9, à 19h30 au Es Saadi Marrakech Resort. Exposition photo. Et pour la 5e année consécutive, le public est invité à découvrir une exposition photographique en plein air réunissant plus de 20 œuvres autour du thème de la danse, installées dans la médina et ses environs. HONNEUR À L’ESPAGNE ET OUVERTURE SUR LE MONDE Parmi les temps forts, un focus Espagne, conçu en partenariat avec l’Institut Cervantes, vient renforcer les dialogues artistiques euro-méditerranéens et ouvrir de nouveaux espaces de circulation pour les œuvres chorégraphiques. Des artistes et musiciens espagnols sont invités autour de deux projets : « Las Magias » de Teresa Lorenzo, à voir mercredi 11, à 21h30 au Es Saadi et « Rumi Flamenco » de Nirtan et Manuel Espinoza, vendredi 13, à 20h au Es Saadi. La programmation accorde également une place centrale aux chorégraphes marocains, composante majeure et pérenne du festival. Elle témoigne d’une écoute attentive à la diversité des langages chorégraphiques et à la vitalité de la scène artistique marocaine, tout en favorisant des espaces de dialogue entre artistes, au cœur de leurs territoires. Comme toujours, On Marche s’ouvre au monde. Et en cette période de ramadan, les valeurs d’échange et de partage sont omniprésentes, comme avec l’accueil de compagnies venues d’autres pays, tels la France, le Mali, le Mozambique, l’Algérie, la Tunisie, l’Égypte… TAKLÎF ET NAFASS – ON MARCHE : ACCOMPAGNER LA NOUVELLE GENERATION La 19e édition accueille la 4e édition du concours TAKLÎF, programme de soutien à la création dédié aux jeunes chorégraphes marocains, résidant au Maroc

THÉÂTRE. L’ailleurs-Monde express de Maxime N.Débéka, une fantasmagorie sur scène

THÉÂTRE. L’ailleurs-Monde express de Maxime N.Débéka, une fantasmagorie sur scène

Du théâtre traditionnel avec des célèbres monuments tels Molière, Racine et Corneille à l’anti-théâtre dont la figure notoire est Ionesco avec En attendant Godot, pour ne parler que de la littérature française, s’est créée une grande métamorphose dans la présentation scénique. Habitués aux spectacles moralisants et comiques du théâtre traditionnel, moult amateurs de la scène ont été frustrés par L’ailleurs-Monde expressde Maxime N’Débéka. Ce dernier est sorti de la norme scénique incarnée par ses compatriotes tels Guy Menga, Antoine Letembet Ambily, Sylvain Bemba et bien d’autres auteurs que nous révèle l’auteur dans sa longue dédicace à ses collègues artistes. Avec L’ailleurs-Monde express, Maxime N.Débéka sort des sentiers battus du théâtre congolais. On voit comment dans cette pièce l’auteur va à l’encontre des principes élémentaires que lui a enseigné le théâtre traditionnel. Et, dans la présentation, n’apparait pas en filigrane la règle des trois unités (unité de temps, de lieu et d’action) héritées du théâtre traditionnel français qui assure la vraisemblance et l’intensité dramatique. Avec L’ailleurs-Monde express, les dialogues que nous renvoient les personnages vont en l’encontre de la règle des trois unités, le temps de l’action des personnages qui se passe sur un lieu déterminé. Du nouveau dans le théâtre où l’espace et le temps libèrent agréablement l’action des acteurs dans le rôle des personnages que l’auteur nomme par Ganach, Yézadie, Zourbi, Sylphéa, Loufding, La Voix, élément de personnage irréel. Dans le théâtre traditionnel, c’est la journée qui définit l’action. Déjà dans cette station de GARE DE PARTOUT que nous présente la scène, on voit le personnage de Ganach qui se confronte à la notion du temps : « A 12 heures précises, on se serre vite fait les louches (…) Ton ticket de train est dans l’enveloppe » 13 heures déjà » (p.15). Et avec ce personnage à la forme imprécise qu’est La Voix qui interpelle Ganach, le début de la pièce incite le spectateur à accepter l’univers fantastique et féérique dans lequel vont se mouvoir tous les personnages. Dans cette espace de GARE DE PARTOUT, apparait un autre personnage, Yezadie, jeune femme qui s’apprête à rencontrer son fiancé qui l’attend à la gare d’En Bout de Nulle part depuis des années comme elle le fait savoir : « En Boutde Nulle Part. Monhomme m’a fixé rendez-vous là-bas avant de me quitter. (…) pour pas que j’oublie, Y m’a écrit ça (…) « La veille du nouveau millénaire, rejoins-moi sans faute à la gare d’En Bout de Nulle Part. N’oublie surtout pas… » Y a bien écrit ces mots, n’est-ce pas ? J’attends ce jour depuis 20 ans » (p. 20). Et les heures de départ des trains que Ganach et Yezadie comptent prendre pour leur voyage sont aléatoires : celui de Ganachqui est prévu pour 12 heures n’est pas toujours en gare avec trois heures de retard. La notion du temps est aussi mise en relief par la jeune Yezadie qui attend le jour du rendez-vous avec son amoureux depuis 20 ans, le temps qu’il faudra à ce dernier pour préparer leur avenir. Devant l’étonnement deZourbi qu’elle vient de rencontrer en gare, Yezadie confirme ce temps d’attente : « Ben oui ? 20 ans qu’Y est parti pour préparer le terrain de notre bonheur » (p.26).  Cette pièce de théâtre met en cause l’unité de temps par les entrées et sorties des personnages dans les espaces de GARDE DE PARTOUT et de la gare d’EN BOUT de NULLE PART. Elle se caractérise par une scène unique qui se dilue dans un acte unique ; ainsi les gares, l’intérieur des trains deviennent des lieux mythique et fantastique comme le rappelle le dramaturge (l’auteur) dans ses interventions : « Bourrasque violente. Cris puissants d’oies (ou canards) sauvages, l’alarme du train se déclenche suivie de sifflements stridents de freins. Bruits de ferraille. Noir total sur le plateau. Puis un temps, éclairage très doux du plateau. On voit les voyageurs étendusça et là » (p.53). On voit aussi l’imaginaire du concepteur de cette pièce de théâtre qui fait entrer le spectateur dans le monde du bestiaire avec la présence des oies ou canards sauvages dans le déroulement du spectacle. Et c’est dans ce monde merveilleux où évoluent les personnages de cette fantasmagorie théâtrale. L’action de cette pièce se focalise sur le thème du voyage dont les points cardinaux sont les gares de GARE DE PARTOUT et d’EN BOUT DE NULLE PART. S’y manifeste aussi le thème de l’amour qui nous rappelle En attendant Godot :  un personnage nous rappelle Yezadie attendue à EN BOUT DE NULLE PART par son amour Clisthidepuis 20 ans. Des acteurs sur scène, le spectateur découvre pour la première fois le personnage atypique de Loufding. Comme on peutleremarquer,c’est un personnage imaginaire et mythique car, à sa voix s’ajoutent deux autres : celle du robot et celle de la marionnette quand il s’adresse à Yezadie: « Ah, non, ! Suis pas jaloux de Phéa… Enfin. Peut-être. Mais juste un chouïa. Je l’avoue. Bien que j’sois mal fichu, j’en ai pas moins de sentiments. Comme tout le monde… Etc’est pas toujours facile ma vie entre vous deux. Phéa et toi, ouais… Mais la vérité de ma mère, t’en veux pas. (Voixde Loufding). T’as pas de maman. Tu le sais. (Voix du robot ou de la marionnette). Eh !Bien, je jure quad même. (Puis s’adressant à Sylphéa). Hé ! Phéa. Dirait-on pas que la grande madame-là tape la flambe sous ton nez ? » (pp.43-44).  Habitué dans la monotonie théâtrale sur fond de la morale et du comique, le spectateur se retrouve devant une fantasmagorie qui luidémontre que l’art évolue dans l’espace et dans le temps. Et l’auteur de L’ailleurs-Monde express pourrait être classéparmi les premiers rénovateurs de l’écriture théâtrale congolaise. Avec le théâtre de Maxime N’Débéka, l’intérêt de l’art semble prendre agréablement le dessus sur l’intérêt de la pédagogie moralisante du public du théâtre traditionnel fondé sur la règle des trois unités (temps, lieu, action) que nous avons évoquée antérieurement. En conclusion, on peut affirmer sans ambages, qu’avec L’ailleurs-Monde express, s’est ouvert un nouveau palier du théâtre congolais. En réalisant cette fantasmagorie scénique, Maxime N’Débéka, dont le nom figure déjà sur le palmarès des poètes