Farida Bemba Nabourema​​​​​​​​​​​​​​​​ à Macron : « Le panafricanisme n’est pas né à Paris. Il n’a pas été théorisé dans les couloirs de Sciences Po »

Farida Bemba Nabourema​​​​​​​​​​​​​​​​ à Macron : « Le panafricanisme n’est pas né à Paris. Il n’a pas été théorisé dans les couloirs de Sciences Po »

LIBRES PROPOS. « Le panafricanisme est, dans sa forme la plus fondamentale, la philosophie politique qui a dit non à tout ce à quoi la France a dit oui pendant quatre siècles: l’esclavage, la colonisation et la néocolonisation », écrit la militante togolaise des droits de l’homme et écrivaine Farida Bemba Nabourema dans une lettre ouverte adressée au président français, Emmanuel Macron, à lire ci-dessous. « Lettre Ouverte à Emmanuel Macron Sur l’audace particulière de revendiquer ce que vous avez passé des générations à détruire Monsieur Macron, Vous vous êtes levé à Nairobi en Mai 2026, lors d’un sommet que vous avez convoqué à la hâte pour sauver ce qu’il restait de la crédibilité africaine de la France, après que les dignes peuples du Mali, du Niger, du Burkina Faso ont expulsé vos soldats, vos bases et vos drapeaux de leur sol, et vous avez déclaré, devant une salle pleine de chefs d’état africains qui ont eu le malheur historique de s’y asseoir en silence, que “vous ( les français) êtes les vrais panafricanistes”. J’ai essayé, avec un effort intellectuel sincère, d’identifier la catégorie précise d’échec moral et cognitif qui produit une déclaration d’une telle magnitude, livrée avec ce degré de sang-froid, et j’ai conclu qu’elle échappe à toute taxonomie existante. Ce que vous avez dit à Nairobi est sa propre espèce de stupidité. Une stupidité si magistralement accomplie, qu’elle exige un mot nouveau. Un néoligisme qui se situerait quelque part à l’intersection exacte de l’analphabétisme historique le plus crasse, de l’impudence institutionnelle la plus consommée, et de cette arrogance civilisationnelle particulière que votre république a si patiemment raffinée sur cinq siècles qu’elle ne ressemble plus à un choix mais à une condition congénitale. Cher Emmanuel Macron : on ne devient pas capable de dire ce que vous avez dit hier (10 mai 2026, DNR) à Nairobi par accident. On y arrive au terme d’une longue éducation dans l’art de ne jamais avoir à rendre de comptes: une éducation que la Cinquième République dispense à ses présidents avec une générosité qu’elle n’a jamais étendue aux peuples qu’elle a colonisés.​​​​​​​​​​​​​​​​ Permettez-moi donc de vous offrir ce que votre éducation, aussi coûteuse et célébrée qu’elle ait sans doute été, a manifestement omis de vous fournir : une leçon d’hustoire. Le panafricanisme n’est pas né à Paris. Il n’a pas été théorisé dans les couloirs de Sciences Po ni dans les salons de votre république. Il est né dans les cales des navires négriers, dans les champs de plantation de Saint-Domingue, dans l’exil d’hommes et de femmes que votre république et ses prédécesseurs ont traqués, empoisonnés, abattus, disparus et enterrés dans des fosses communes précisément parce qu’ils avaient l’audace de croire que les peuples africains et d’origine africaine méritaient de se gouverner eux-mêmes. Le panafricanisme est, dans sa forme la plus fondamentale, la philosophie politique qui a dit non à tout ce à quoi la France a dit oui pendant quatre siècles: l’esclavage, la colonisation et la néocolonisation. C’est la tradition intellectuelle et organisationnelle construite en opposition directe et irréconciliable avec le projet que votre nation a mené sur ce continent avec une constance et une brutalité que votre repositionnement rhétorique actuel ne peut pas blanchir rétrospectivement. Vous connaissez les noms, Monsieur Macron, car ils figurent dans les archives que votre gouvernement a passé des décennies à gérer avec un soin exquis, à publier sélectivement, à classer stratégiquement, et sans jamais les confronter avec la pleine honnêteté sans médiation que la justice exigerait. Toussaint Louverture, qui a conduit la seule révolution d’esclaves réussie de l’histoire humaine et que votre prédécesseur Napoléon Bonaparte a fait empoisonner dans une prison française en 1803, parce que l’existence d’une république noire libre était une contradiction philosophique intolérable pour le projet impérial français et pour l’esclavage que votre république avait brièvement aboli avant de le rétablir. Ruben Um Nyobe, le leader indépendantiste camerounais que les forces françaises ont traqué à travers les forêts de son propre pays et tué en 1958, avant même que l’indépendance ne soit formellement accordée, parce qu’il représentait la possibilité d’un Cameroun qui ne servirait pas les intérêts français. Felix Moumie, également camerounais, empoisonné à Genève en 1960 par vos services de renseignement parce qu’il poursuivait le travail d’Um Nyobe avec une déférence insuffisante envers les préférences françaises. Sylvanus Olympio, le premier président démocratiquement élu du Togo qui construisait une monnaie nationale abattu à Lomé en 1963 par des soldats qui avaient servi dans votre armée coloniale, avec votre gouvernement reconnaissant et soutenant la junte qui lui a succédé jusqu’à ce jour. Mehdi Ben Barka, le leader de l’opposition marocaine qui a disparu à Paris en 1965 avec la complicité directe des services de renseignement et de la police française, dont le corps n’a jamais été retrouvé, et dont le cas demeure l’une des illustrations les plus soigneusement documentées de la manière dont votre république traite le leadership politique africain qui refuse d’être soumis. Modibo Keita du Mali, déstabilisé et renversé. Sekou Toure de Guinée, que votre gouvernement a tenté d’assassiner à huit reprises distinctes après qu’il eut la dignité singulière en 1958 de dire non à l’offre de de Gaulle de tutelle française continue, et quand les assassinats ont échoué, votre gouvernement a imprimé de la fausse monnaie guinéenne en quantités industrielles et a inondé son économie, parce qu’une Guinée libre avec une monnaie indépendante fonctionnelle était menaçante pour les intérêts français. Thomas Sankara, l’intelligence politique la plus lumineuse qu’ait produite l’Afrique de l’Ouest au vingtième siècle, assassiné en 1987 par un homme que votre gouvernement a armé, soutenu, puis maintenu au pouvoir pendant 27 ans pendant que le Burkina Faso était systématiquement pillé et affamé. Et au-delà des individus parlons des massacres. Au moins 250 000 Camerounais tués entre 1958 et 1962 dans une campagne de contre-insurrection que votre gouvernement a menée au napalm et par la punition collective et la destruction systématique de villages. Une campagne si soigneusement supprimée dans la mémoire historique française que la plupart des citoyens français l’ignorent totalement aujourd’hui,

La démocratie a-t-elle vraiment échoué en Afrique ?

La démocratie a-t-elle vraiment échoué en Afrique ?

PARLONS-EN. Ce que l’on présente souvent comme des oppositions naturelles repose en réalité sur une construction idéologique soigneusement entretenue. L’Occident a réussi à opposer des notions qui ne relèvent pas du même registre. On a mis la démocratie face au communisme, et la dictature face au capitalisme, comme si ces concepts formaient des couples équivalents. Or ils ne parlent pas de la même chose. La démocratie et la dictature concernent la manière dont le pouvoir est exercé. Le capitalisme et le communisme concernent la manière dont les richesses sont produites et réparties. Confondre ces deux niveaux est un choix politique qui brouille volontairement la compréhension. Cette confusion n’est pas innocente. Le capitalisme ne s’est pas introduit en Afrique comme un choix souverain des peuples. Il s’est imposé par la violence de la conquête, dans une logique d’extraction et d’accumulation qui n’a jamais cessé de se perfectionner. Nos terres, nos ressources, nos corps mêmes ont été intégrés de force dans un système dont la finalité première était l’enrichissement d’autres sociétés, au prix de l’appauvrissement structurel des nôtres. Face à cela, les luttes pour l’indépendance ont porté en elles une aspiration qui dépassait le simple transfert de souveraineté formelle. Elles visaient aussi la réappropriation des richesses, la fin de l’exploitation, la redistribution au service d’un projet de société. C’est dans ce contexte que des modèles inspirés du socialisme ou du marxisme ont trouvé un écho profond et sincère, non par mimétisme idéologique, mais parce qu’ils offraient un langage pour penser la justice et la fin de l’exploitation dans des termes qui correspondaient à l’expérience africaine de la dépossession. Mais très tôt, ces trajectoires ont été brisées. Les dirigeants qui portaient ces visions ont été renversés, éliminés ou marginalisés, remplacés par des élites dont la fonction réelle était de maintenir l’ordre économique hérité de la colonisation et de le rendre praticable pour les capitaux extérieurs, en s’appuyant sur des réseaux d’influence, des interventions dissimulées, et une redéfinition progressive du discours politique global. C’est précisément là que la démocratie a été instrumentalisée. Les États-Unis et ses alliés européens ont soutenu pendant des décennies des régimes parmi les plus autoritaires de la planète, des monarchies héréditaires, des juntes militaires, des présidents à vie, les ont armés, financés, défendus dans les instances internationales. Et dans le même temps, ils brandissaient la démocratie comme l’horizon moral de l’humanité au nom duquel ils se donnaient le droit d’intervenir et de déstabiliser d’autres gouvernements. La règle réelle était simple : ce qui comptait, ce n’était pas la nature du régime, mais sa disponibilité économique. Un régime autoritaire qui ouvrait ses marchés était un allié fréquentable. Un gouvernement élu qui tentait de reprendre le contrôle de ses ressources devenait une menace, et l’étiquette de dictature lui était collée dessus pour rendre son renversement moralement présentable. Face à ce constat, je veux être précise, parce que la clarté sur ce point engage une position intellectuelle. Je préfère la démocratie. Non par révérence pour l’Occident qui en a fait un étendard aussi souvent brandi que trahi, mais pour une raison structurelle. La démocratie ne vaut pas parce qu’elle produit toujours de bons gouvernements. Elle vaut parce qu’elle contient en elle-même les instruments de sa propre correction. Elle est le seul cadre politique dans lequel un peuple peut, sans verser de sang et sans attendre que le chef meure, dire collectivement : nous voulons quelqu’un d’autre, nous voulons autre chose. Ce n’est pas un luxe réservé aux sociétés riches. C’est la condition la plus élémentaire de la souveraineté populaire. Aucun régime autoritaire, aussi bienveillant qu’il se prétende, ne peut offrir cette garantie. La bienveillance d’un chef n’est pas inscrite dans une loi ni dans une institution que ses successeurs seraient obligés d’honorer. Elle est inscrite en lui, dans sa personne. Et les personnes changent, se corrompent, perdent le sens des réalités que vivent ceux qu’elles gouvernent. Quand cela arrive dans une dictature, il n’existe aucun mécanisme pour corriger la trajectoire. Les populations se retrouvent seules face au pouvoir, sans recours légal, sans contre-pouvoir, sans voix. Reconnaître qu’un régime autoritaire peut produire certains résultats sociaux positifs est une observation que l’honnêteté intellectuelle impose de faire. Mais elle doit immédiatement appeler deux questions. La première : ces résultats auraient-ils été impossibles dans un cadre démocratique ? Rien ne le démontre. La deuxième : à quel prix ont-ils été obtenus, et qui a payé ce prix sans jamais avoir été consulté ? Car ce qui définit la dictature, ce n’est pas uniquement l’absence d’élections. C’est l’impossibilité structurelle pour les populations d’influencer les décisions qui les concernent et de se protéger contre les abus d’un pouvoir qui n’a de comptes à rendre à personne. Il faut également refuser le discours qui prétend que la démocratie serait culturellement inadaptée à l’Afrique, comme si ses peuples étaient incapables de se gouverner sans un homme fort. Ce qui a échoué dans de nombreux pays africains, ce n’est pas la démocratie : c’est sa simulation. Des constitutions ont été rédigées, des élections organisées, sans que le pouvoir ne cesse d’être concentré entre les mains d’un individu qui n’avait aucune intention de le partager. Une élection dont l’issue est connue d’avance n’est pas un exercice démocratique. C’est une mise en scène destinée à produire une légitimité de façade à usage international. Les faits résistent à toutes les manipulations discursives. Le Botswana, depuis son indépendance en 1966, a maintenu des alternances pacifiques et des institutions qui fonctionnent, et affiche aujourd’hui l’un des revenus par habitant les plus élevés d’Afrique subsaharienne. La Namibie a construit depuis 1990 une presse libre, une justice relativement indépendante, et figure parmi les pays les mieux classés du continent en matière de libertés civiles. Le Cap-Vert, sans ressources naturelles spectaculaires, présente des indicateurs de développement humain que des pays bien plus riches en pétrole ne parviennent pas à atteindre. À l’inverse, au Togo, la famille Gnassingbé gouverne depuis 1967, d’abord le père pendant trente-huit ans, puis le fils qui lui a succédé comme on hérite d’un domaine privé,

Sous les dictatures, le silence n’est jamais univoque. Il se décline en visages multiples, portés par des causes diverses

Sous les dictatures, le silence n’est jamais univoque. Il se décline en visages multiples, portés par des causes diverses

HAUT ET FORT. Le premier, et sans doute le plus répandu, est le silence de la peur. C’est celui qui naît de la crainte des sévices, des représailles, de la prison, de la torture, de l’humiliation, parfois même de la disparition. Ce silence est enfanté par la violence directe. Il s’installe dans les corps avant même de se loger dans les mots. Il apprend aux gens à se taire pour survivre. Vient ensuite le silence de l’insouciance. La dictature, pour durer, ne gouverne pas seulement par la terreur. Elle gouverne aussi par la diversion. Elle fabrique une forme d’indifférence sociale en persuadant les masses qu’elles ne sont pas liées à leur propre malheur, que leurs souffrances sont naturelles, inévitables, ou étrangères à l’ordre politique. Elle détourne les regards vers le divertissement, vers le superficiel, vers les plaisirs éphémères, afin que chacun cherche dans l’oubli provisoire un refuge contre une souffrance pourtant produite et entretenue par le régime lui-même. Puis vient le silence du désespoir. Celui des âmes fatiguées par l’attente. Celui de celles et ceux qui, après des années de lutte, de prières, d’espérance, de patience et de déceptions, finissent par se dire : à quoi bon ? Si le changement devait venir, il serait déjà venu. Ce silence-là est particulièrement cruel, parce qu’il ne repose pas sur l’absence de conscience, mais sur l’épuisement de l’espérance. C’est le silence des cœurs usés par trop de promesses trahies. Il existe aussi le silence de la douleur paralysante, celle qui rend muet. Face à tant de sauvagerie, de cruauté, d’injustice, le corps lui-même finit par ne plus savoir traduire la souffrance en paroles. Le système nerveux est saturé. À chaque tentative de parler, quelque chose se bloque. Un poids écrase la poitrine, serre la gorge, noue la respiration. La douleur devient si vaste qu’elle déborde le langage. Loin d’etre un oubli, ce silence est une blessure si profonde qu’elle paralyse le corps et l’esprit. Enfin, il y a le silence de la mort. Le plus brutal et le plus définitif. C’est le silence imposé à ceux qui ont osé dire non. C’est aussi, parfois, celui qui frappe ceux qui ont cru pouvoir détourner les yeux, vivre à côté du drame, ou s’en protéger par l’indifférence. Car sous une dictature, nul n’est véritablement à l’abri. Tôt ou tard, le silence qu’elle distribue finit par atteindre tout le monde. Une dictature commence par faire taire quelques-uns. Elle s’achève en ensevelissant tout un peuple dans le silence. Le silence est une prison construite pierre par pierre, peur après peur, renoncement après renoncement. Mais toute prison, aussi solide soit-elle, porte en elle la possibilité de sa rupture. Car le silence protège le tyran, jamais le peuple. Il étouffe la vérité, prolonge l’injustice et normalise l’inacceptable. Se taire, dans ces moments-là, c’est accepter de mourir lentement. Alors il faut parler. Parler même avec une voix brisée et même quand le cœur tremble. Les peuples ne se libèrent pas quand ils n’ont plus peur. Ils se libèrent lorsqu’ils décident que leur dignité vaut plus que leur silence, leur insouciance et leur indifférence. Quoi qu’il en coûte, le silence doit être vaincu. Parce qu’au bout de chaque voix retrouvée, il y a déjà le commencement de la liberté. Par Farida Bemba Nabourema Citoyenne Africaine Désabusée!

Farida Bemba Nabourema : Croire qu’une alliance entre un pouvoir américain guidé par l’intérêt et des autocrates africains puisse produire la liberté relève de l’absurde

Farida Bemba Nabourema : Croire qu’une alliance entre un pouvoir américain guidé par l’intérêt et des autocrates africains puisse produire la liberté relève de l’absurde

Le salut de l’Afrique ne viendra ni de la Maison-Blanche ni des parrains de nos autocrates, mais du courage, de la lucidité et de la dignité de ses propres peuples. Voilà en substance le message que livre Farida Bemba Nabourema dans une tribune incisive qui déconstruit avec vigueur l’illusion d’un salut politique venu de Washington. La militante togolaise des droits humains, écrivaine et universitaire y dénonce la croyance, qu’elle juge dangereusement naïve, selon laquelle une alternance ou une posture américaine pourrait libérer les peuples africains de leurs régimes autoritaires. A lire ci-dessus. « Certains, sur ce continent, persistent dans une naïveté presque pathologique, rêvant que Donald Trump viendra les délivrer de leurs tyrans domestiques. J’en reste abasourdie. Il faut avoir perdu tout sens politique pour en arriver à des raisonnements aussi indigents. « Trump viendra sauver le Togo ». « Trump viendra libérer le Cameroun ». Comme si la Maison-Blanche était un dispensaire pour peuples abandonnés. Depuis quand Trump mène-t-il une croisade pour la liberté des peuples ? Ses alliances stratégiques au Moyen-Orient, avec l’Arabie saoudite, l’Egypte ou Oman, sont-elles des modèles de démocratie libérale ? Ces régimes ne sont pas leurs alliés par miracle. Ils le sont parce qu’ils servent des intérêts. Rien d’autre. Lorsque Washington agit contre un dirigeant comme Maduro ou Khoméni, ce n’est pas pour défendre un quelconque principe démocratique: Il n’en a que cirer comme tout le reste de l’occident d’ailleurs. Trump ne combat pas les dictatures. Il combat les gouvernements qui refusent de se plier aux exigences américaines et qui ose les défier. Nuance fondamentale que certains refusent de voir. Ce n’est pas la nature autoritaire d’un régime qui dérange Mai’s son degré d’obéissance. Et que dire de nos propres dirigeants, ces chefs sans colonne vertébrale, prêts à troquer la liberté de leur peuple contre une assurance vie politique ? Ils n’attendent même pas qu’on les somme de se plier. Eux même offrent la soumission. Ce sont des serviteurs volontaires Leur seule ambition consiste à durer au pouvoir quitte à brader les ressources, les institutions, la dignité nationale. Eyadema l’a fait dès 1967 quand il a demandé à l’état d’Israël d’assurer sa protection sur le plan militaire et diplomatique en échange de ses services. Imaginer que de tels hommes seraient menacés par Trump relève du fantasme. Croire qu’une alliance entre un pouvoir américain guidé par la seule logique de l’intérêt et des autocrates africains obsédés par leur survie produira la liberté relève de l’absurde. Le salut d’un peuple ne vient pas des patrons de nos dictateurs qui leur sont loyaux et fidèle depuis des décennies. Elle exige du courage, de la lucidité et un minimum de dignité nationale. Ceux qui fantasment sur un sauvetage trumpien devraient commencer par se demander si leurs propres oppresseurs sont en conflit avec Washington. La réponse est embarrassante. Farida Bemba Nabourema Citoyenne Africaine Désabusée! »

Burkina Faso : l’ancien président de la transition extradé depuis le Togo

Burkina Faso : l’ancien président de la transition extradé depuis le Togo

L’ancien président burkinabè de la transition, Paul-Henri Sandaogo Damiba, qui était réfugié au Togo depuis sa destitution en septembre 2022, a été remis aux autorités du Burkina Faso, a annoncé lundi le gouvernement togolais dans un communiqué. Selon le document, les autorités compétentes togolaises ont reçu le 12 janvier une demande d’extradition émanant des autorités judiciaires burkinabè concernant M. Damiba. Après avoir examiné la conformité de la requête, elles ont procédé à son interpellation le 16 janvier, avant de le placer en détention conformément à la procédure d’extradition en vigueur au Togo. La chambre d’instruction de la cour d’appel de Lomé, saisie du dossier, a donné un avis favorable à la requête. M. Damiba a été ensuite remis aux autorités du Burkina Faso le 17 janvier, précise le document. Paul-Henri Sandaogo Damiba a été renversé le 30 septembre 2022 par le capitaine Ibrahim Traoré, puis il a quitté le pays pour trouver refuge au Togo. Xinhua

Au Bénin, les pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre s’engagent à accélérer la transformation numérique dans la région

Au Bénin, les pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre s’engagent à accélérer la transformation numérique dans la région

Grantir l’accès au haut débit, développer les capacités en intelligence artificielle, créer des emplois numériques et bâtir un marché intégré d’ici 2030 À l’issue d’un sommet régional qui s’est tenu les 17 et 18 novembre 2025 au Bénin, les ministres en charge du numérique des pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre ont adopté la Déclaration de Cotonou, marquant le fort engagement de leurs pays pour accélérer la transformation numérique dans la région. Dans ce cadre, ils se sont fixés des objectifs ambitieux à l’horizon 2030, notamment pour parvenir à un accès abordable et fiable au haut débit pour 90 % de la population, déployer des infrastructures numériques publiques interopérables comme l’identité numérique et les systèmes de paiement, doubler le commerce électronique intra-africain, et adopter des cadres harmonisés pour la cybersécurité, la gouvernance des données et de l’Intelligence Artificielle (IA) afin de créer un environnement de confiance. La Déclaration de Cotonou prévoit également la formation massive pour faire en sorte que 20 millions de personnes puissent disposer de compétences numériques de base, et que 2 millions de jeunes et de femmes bénéficient d’emplois ou d’entrepreneuriat numériques. Par ailleurs, les ministres se sont engagés à stimuler les écosystèmes d’innovation numérique en partenariat avec le secteur privé. Ils ont également décidé de promouvoir des solutions africaines pour l’IA à travers le développement des infrastructures régionales de calcul, de cloud et des données et la mise en œuvre de programmes d’applications de l’IA dans des secteurs prioritaires pour la transformation économique inclusive. Pour réaliser ces objectifs, la Déclaration appelle à une mobilisation des investissements publics et privés à travers pactes numériques nationaux, qui articuleront objectifs de réformes, besoins en financement et partenariats stratégiques avec le secteur privé autour des objectifs fixés dans la Déclaration pour accélérer la croissance inclusive et la création d’emplois. Des mesures concrètes ont été envisagées pour favoriser l’échange de bonnes pratiques et la coordination visant à créer des marchés numériques régionaux, et inciter le secteur privé à investir dans l’infrastructure numérique en s’appuyant sur des initiatives régionales telles que la Mission 300 (M300), une initiative panafricaine visant à connecter 300 millions d’Africains à l’électricité d’ici 2030 afin de soutenir la transformation numérique et économique du continent. Le numérique s’impose aujourd’hui comme l’un des leviers les plus puissants de transformation économique et sociale. Véritable moteur de croissance, il stimule la productivité, favorise la création d’emplois et renforce l’inclusion. Les engagements pris à Cotonou traduisent une volonté commune de transformer la promesse du numérique en progrès concrets, et de positionner l’Afrique de l’Ouest et du Centre comme un acteur majeur de l’économie numérique mondiale. Co-organisé par le gouvernement de la République du Bénin et le Groupe de la Banque mondiale, le sommet régional sur la transformation numérique en Afrique de l’Ouest et du Centre a réuni plus de 200 participants composés de personnalités de haut niveau, y compris des ministres, responsables des communautés économiques régionales, dirigeants du secteur privé, jeunes créateurs de solution numériques, organisations de la société civile et experts internationaux. Il répond aux objectifs de l’Union africaine à l’horizon 2030, qui est de garantir un accès universel et abordable au haut débit, bâtir un marché numérique unique africain, et saisir pleinement les opportunités offertes par les technologies en croissance comme l’intelligence artificielle pour réaliser la transformation numérique du continent. Avec BM

Togo. Sogoyou Keguewe, ex-ambassadeur : « Se procurer des équipements militaires en Russie n’est en rien répréhensible »

Togo. Sogoyou Keguewe, ex-ambassadeur : « Se procurer des équipements militaires en Russie n’est en rien répréhensible »

COOPERATION. « La diversification des partenaires stratégiques constitue une démarche nécessaire », estime l’ancien ambassadeur du Togo en Allemagne, Sogoyou Keguewe. Réagissant au nouvel accord de coopération militaire russo-togolais perçu par bien d’observateurs comme un tournant stratégique majeur, il affirme que « se procurer des équipements militaires en Russie n’est en rien répréhensible ». Cité dans un article de notre confrère Folly-gah Delato, intitulé « Togo-Russie : le partenariat militaire qui inquiète Paris », publié au journal Le Point, le diplomate togolais rappelle que son pays « fait face à des menaces concrètes qui exigent à la fois des armements modernes et la formation correspondante ». Aussi, « lorsqu’un État est confronté à des attaques terroristes, il doit pouvoir disposer des moyens adéquats pour se défendre efficacement. Si ces moyens se trouvent en Russie, le Togo est pleinement en droit de conclure de tels accords », explique-t-il. Quoi qu’il en soit, Sogoyou Keguewe rappelle que « le Togo reste un État souverain ». A préciser que le Togo fait face à une menace terroriste croissante dans sa partie septentrionale.

Egountchi Behanzin, figure du panafricanisme, appelle les autorités du Burkina Faso à le protéger face aux “persécutions et sanctions arbitraires” de « l’impérialisme français » et de l’UE

Egountchi Behanzin, figure du panafricanisme, appelle les autorités du Burkina Faso à le protéger face aux “persécutions et sanctions arbitraires” de « l’impérialisme français » et de l’UE

Dans la lettre ouverte adressée au Président du Burkina Faso, Capitaine Ibrahim Traoré, Egountchi Behanzin appelle les autorités du pays des Hommes intégres à le protéger face aux “persécutions et sanctions arbitraires” dont il affirme être victime de la part de « l’impérialisme français » et de « l’Union Européenne ». « Lettre ouverte au Président du Burkina Faso, Capitaine Ibrahim Traoré Monsieur le Président, Je prends aujourd’hui la plume pour m’adresser à vous publiquement, poussé par la force de notre idéal panafricain et par la conviction que l’Afrique doit protéger celles et ceux qui refusent de céder face à l’injustice. Je traverse une période d’une grande difficulté. La persécution et Les sanctions arbitraires imposées contre moi par l’impérialisme français et l’Union européenne cherchent à me réduire au silence, à m’isoler et à m’empêcher de défendre nos causes communes. Ces mesures injustes ont restreint ma liberté de mouvement et fragilisé ma sécurité. C’est pourquoi je fais appel à vous, Monsieur le Président, comme à un dernier recours. Votre détermination, votre sens du devoir et votre engagement pour la souveraineté africaine font de vous une voix forte dans cette lutte que nous partageons. Je sollicite humblement la protection des autorités du Burkina Faso ainsi qu’un soutien pour obtenir des documents de voyage qui me permettraient de circuler librement et en toute sécurité. Ce geste serait, pour moi, plus qu’une aide : un acte de solidarité panafricaine, un symbole de résistance face aux pressions extérieures, un souffle d’espoir dans un moment d’étouffement. Recevez, Monsieur le Président, mes salutations révolutionnaires et fraternelles. Egountchi Behanzin«