Kongo Atlantique : Rêve d’un État fédéral : un livre qui défie les chefs d’État

Kongo Atlantique : Rêve d’un État fédéral : un livre qui défie les chefs d’État

PARUTION. La Société Littéraire a le plaisir d’annoncer l’ouverture d’un grand chantier de réflexion, d’étude et de valorisation autour de l’ouvrage de Serge Armand Zanzala : Kongo Atlantique : Rêve d’un État fédéral! Sous-titré : « Je sais que cela vous amuse, mais j’ose quand même: pour une parole qui défie l’impossible et ouvre le débat » Cet ouvrage s’inscrit dans une démarche ambitieuse, à la croisée de l’histoire, de la culture et du politique. Il propose une relecture profonde de notre passé, en invitant à reconnaître et à mettre en lumière les formations politiques, sociales et culturelles qui structuraient l’espace bantou bien avant la colonisation. Des royaumes et empires tels que le Kongo, le Loango, les ensembles Téké, Luba et Lunda, jusqu’aux royaumes de Ndongo et Matamba, sans oublier les réseaux des peuples Ngala, Fang, Mpongwe, Punu ou Nzebi, se dessine une histoire riche, plurielle et profondément interconnectée. Au cœur de cette mémoire se trouve le puissant Royaume Kongo, véritable centre de gravité politique et civilisationnel, autour duquel s’organisaient échanges, alliances et équilibres régionaux. Ce chantier éditorial vise à : Réhabiliter cette mémoire historique souvent fragmentée, Valoriser les continuités culturelles et civilisationnelles, et Nourrir une réflexion contemporaine sur l’avenir politique de cet espace Le concept de Kongo Atlantique s’inscrit dans cette dynamique : il ne s’agit ni de nier les États actuels ni d’effacer les frontières, mais de proposer une lecture fédératrice d’un héritage commun, enracinée dans l’histoire et tournée vers l’avenir. Un sous-titre à la fois interpellateur et provocateur Le sous-titre de l’ouvrage se distingue par sa force et son audace. À travers cette formule, l’auteur interpelle directement les consciences et ose bousculer les certitudes établies. Cette parole, volontairement provocatrice, semble s’adresser en particulier aux quatre chefs d’État représentés en couverture : João Lourenço (Angola), Félix Tshisekedi (République Démocratique du Congo), Denis Sassou Nguesso (République du Congo) et Brice Oligui Nguema (Gabon). En affirmant « j’ose quand même », l’auteur pose un acte intellectuel fort : celui de défier les logiques politiques actuelles et d’ouvrir un débat que beaucoup jugent sensible, voire impossible. Ce sous-titre devient ainsi une interpellation directe des dirigeants, les invitant à réfléchir à l’histoire commune, aux responsabilités présentes et aux perspectives d’un avenir fédéral repensé. Un ouvrage qui rend hommage à une mémoire partagée et ouvre un débat essentiel sur l’unité, la souveraineté et la renaissance culturelle. Puisse cette réflexion collective inspirer nos quatre chefs d’Etat ainsi que les générations présentes et futures. Serge Armand Zanzala Directeur de Publication de La Société Littéraire et auteur du livre

Gabon. Échanges fructueux entre le Commissaire CATI de la CEEAC et le DG ASSA-AC

Gabon. Échanges fructueux entre le Commissaire CATI de la CEEAC et le DG ASSA-AC

Arrivé au Gabon dans le cadre de l’organisation d’un atelier de vulgarisation de la réglementation commune en matière de sécurité aérienne en Afrique centrale le Directeur général de l’Agence de Supervision de la Sécurité Aérienne en Afrique Centrale (ASSA-AC) Monsieur Eugène APOMBI a été reçu ce matin au siège de la Commission de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC) par le Commissaire à l’Aménagement du Territoire et aux Infrastructures de la Commission de la CEEAC, son Excellence Dr Maurice NIATY MOUAMBA. Le Directeur général de l’Agence de Supervision de la Sécurité Aérienne en Afrique Centrale (ASSA-AC) est venu présenter aux responsables de la CEEAC les activités de l’Agence dont il préside aux destinées, ses avancées, les réalisations engrangées au cours de son mandat au sein des Etats membres, notamment l’adoption d’une règlementation commune en matière de sécurité aérienne et qui constitue une avancée majeure. Car, « Tous les Etats membres de la CEMAC devront, afin d’améliorer de façon uniforme la supervision de la sécurité aérienne en Afrique centrale, migrer vers cette nouvelle réglementation au plus tard le 31 décembre de l’année en cours », a déclaré le dirigeant de l’Agence. Monsieur Eugène APOMBI a égrainé quelques missions fondamentales de l’Agence de Supervision de la Sécurité Aérienne en Afrique Centrale, à savoir, contribuer au développement social et économique des États de la CEMAC par l’amélioration, dans tous les États membres et associés, de la sécurité et l’efficacité du transport aérien, la définition et l’établissement des processus de régulation harmonisés et appliqués uniformément relativement à la certification et la supervision des transporteurs aériens, des organismes de maintenance et de formation ainsi que des aéroports internationaux, en conformité avec les dispositions de la Convention de Chicago et des Annexes et documents connexes pertinents. En d’autres termes, le but poursuivi par l’Agence est de rehausser le niveau de sécurité et d’efficacité de la navigation aérienne dans la sous-région par (1) la mise en place d’un point central régional devant accompagner les Etats dans le traitement d’une façon unifiée de toutes les questions de certification des transporteurs aériens et des inspections techniques, en vue d’harmoniser et de normaliser les politiques et procédures associées, (2) la facilitation d’une approche coordonnée et partagée de l’utilisation de l’expertise technique locale relative à la supervision de la sécurité mise à la disposition des autorités de l’aviation civile des Etats membres, afin d’éviter toute duplication des efforts et s’assurer que ces autorités tirent un maximum d’avantages des ressources mises à leur disposition, (3) d’augmenter les connaissances professionnelles et les qualifications des inspecteurs nationaux en leur fournissant une formation formelle et en cours d’emploi dans des fonctions techniques et des tâches relatives à leur emploi, (4) la réalisation des tâches de certification et de surveillance des transporteurs aériens régionaux pour le compte des administrations dont les capacités sont réduites, ou qui améliorent les capacités de supervision des autres autorités de l’aviation civile des Etats membres, jusqu’au niveau requis et l’établissement des dispositifs de certification et de supervision de la sécurité des aérodromes. Le Commissaire à l’Aménagement du Territoire et aux Infrastructures de la Commission de la CEEAC a rappelé à son hôte de privilégier toujours le rôle principal des peuples de l’Afrique Centrale vers qui toutes nos politiques sont orientées. Les deux interlocuteurs ont discuté également des questions de formation, de protection des données personnelles et surtout de la connectivité entre Etats membres. « Je suis attentif à tout ce qui touche aux transports et ma première préoccupation demeure l’épineux problème de connectivité entre Etats membres de la Communauté, a martelé SEM Dr Maurice NIATY MOUAMBA. L’Agence de Supervision de la Sécurité Aérienne en Afrique Centrale (ASSA-AC) a été créée le 25 avril 2007 et érigée en Institution Spécialisée de la CEMAC en juillet 2012 par la Conférence des Chefs d’Etat de la CEMAC. Son siège est au Tchad. CEEAC

Convergence Citoyenne : Makambou Jean Phaite désigné Représentant régional de la CPAAD pour l’Afrique centrale

Convergence Citoyenne : Makambou Jean Phaite désigné Représentant régional de la CPAAD pour l’Afrique centrale

La Convergence Citoyenne annonce la nomination de son secrétaire national chargé de l’organisation, Makambou Jean Phaite, en qualité de Représentant régional de la Coalition pour la Prévention et l’Action contre l’Abus de Drogues (CPAAD) pour l’Afrique centrale. Dans un communiqué parvenu à notre Rédaction, la formation d’opposition de la République du Congo a exprimé « sa profonde fierté » face à « cette reconnaissance internationale (qui) vient consacrer le travail rigoureux mené par notre mouvement et confirme la pertinence de notre engagement pour une transformation politique profonde et durable ». Cette désignation constitue également une reconnaissance internationale de l’engagement de la Convergence Citoyenne en faveur d’un renouveau de la gouvernance et d’une transformation politique durable. A cet égard, le mouvement souligne que la transition politique en son sein « n’est pas un slogan, mais une dynamique concrète, portée par une nouvelle génération d’acteurs engagés, résolus à rompre avec les pratiques du passé et à instaurer une gouvernance fondée sur la justice, la transparence et la responsabilité ». Il ne fait aucun doute qu’« à travers cette nomination, c’est toute une vision qui se renforce : celle d’un renouveau politique ancré dans l’action, la crédibilité et la proximité avec le peuple », affirmnt les membres du mouvement qui saluent l’engagement et la détermination de leur camarade, et lui souhaitent plein succès dans l’exercice de ses nouvelles responsabilités. Patricia Engali

Vers le renforcement de la coopération entre la Fédération de Russie et la CEEAC

Vers le renforcement de la coopération entre la Fédération de Russie et la CEEAC

L’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la Fédération de Russie en République Gabonaise et Représentant permanent de la Fédération de Russie auprès de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC), son Excellence Monsieur Dmitrii KOREPANOV a reçu (récemment, DNR) en audience le Président de la Commission de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC), son Excellence Ambassadeur Docteur Ezéchiel NIBIGIRA. Le diplomate russe a adressé ses vives félicitations au Président de la Commission de la CEEAC pour sa désignation à la tête de la Commission, par la Conférence des Chefs d’Etat et de gouvernement de la CEEAC le 12 septembre 2025 et de celle de toute l’équipe dirigeante depuis le début de ce mois de mars. Dans son propos liminaire, le Président de la Commission de la CEEAC a remercié son Excellence, Monsieur l’ambassadeur de la Fédération de Russie pour l’intérêt qu’il accorde à la Commission de la CEEAC et surtout pour sa Disponibilité. Il s’est félicité de l’excellence des relations de coopération entre la CEEAC et la Fédération de Russie à Travers entre autre, l’accréditation, le 26 juillet 2024, de l’Ambassadeur de la Fédération de Russie auprès de la CEEAC au Gabon pays siège de la CEEAC, mais aussi par l’accréditation à Moscou des Ambassadeurs extraordinaires et plénipotentiaires de tous les Etats membres de la CEEAC, témoignant de l’excellence des relations entre ses Etats membres et la Fédération de Russie. L’Ambassadeur Docteur Ezéchiel NIBIGIRA a émis le souhait que le renforcement de la coopération entre la Commission de la CEEAC et la Fédération de Russie devienne un instrument au service des Etats de la région Afrique centrale et de l’intégration régionale en particulier. Il s’est ensuite livré à un plaidoyer consistant à rappeler à son hôte que la Zone CEEAC est dotée d’énormes potentialités qui font d’elle un excellent espace pour les investissements russes. La CEEAC est engagée dans la mise en œuvre de son chantier d’intégration économique et sociale à travers six axes prioritaires que sont l’Intégration Politique, Paix et Sécurité ; l’Intégration Économique et Financière ; l’Intégration Physique régionale ; l’Intégration Environnementale, Agriculture et Développement Rural ; l’Intégration Sociale et Développement Humain ; et la Poursuite de la réforme, a-t-il martelé. Le Président de la Commission de la CEEAC a insisté sur le rôle que pourrait jouer la Fédération de la Russie auprès des Etats de l’Afrique centrale pour soutenir les stratégies de défense et de développement de ceux-ci, pour l’investissement inestimable dans le développement du capital humain de l’Afrique centrale, raison pour laquelle depuis l’aboutissement de sa réforme institutionnelle, la CEEAC ambitionne d’accélérer le processus d’intégration à travers des partenariats forts et adaptés à ses nouveaux enjeux de développement. Les deux interlocuteurs ont passé en revue les relations de coopération entre la Fédération de Russie et la CEEAC. Ils se sont réjouis de l’existence d’un Mémorandum d’Entente (Mou) signé en juillet 2023, en marge du 2ème Sommet Russie-Afrique, et qui constitue le cadre global de l’action des deux entités institutionnelles. Pour mémoire, le Mou a retenu de nombreux axes de coopération notamment la coopération politique, la coopération sécuritaire, la coopération économique, l’agriculture et la sécurité alimentaire, la pêche et l’aquaculture, le secteur énergétique, la gestion des ressources en Eau, le secteur des infrastructures en l’occurrence le transport et les TIC, l’éducation et l’enseignement secondaire, la science et l’innovation, la santé et la gestion des pandémies, la jeunesse et la culture. Soucieux de la mise en œuvre desdits axes de coopération les deux diplomates ont instruit leurs collaborateurs présents à l’audience de revisiter le plan d’action. Il s’agit de monsieur le Conseiller politique du Président de la Commission de la CEEAC, Monsieur Abraham Roch OKOKO ESSEAU et la Directrice de la Coopération et de la Mobilisation des Ressources Mme Rachel MBAKO MPOCKO MPONDO pour le compte de la Commission de la CEEAC et Monsieur Maxime, chargé du Protocole et de la Coopération à l’ambassade de la Fédération de Russie Le Président de la Commission de la CEEAC a salué la longue expérience diplomatique de Monsieur Dmitrii KOREPANOV en Afrique, une opportunité selon lui, d’approfondir la coopération entre la Fédération de Russie et la CEEAC. Monsieur Dmitrii KOREPANOV a occupé diverses fonctions diplomatiques en Afrique. Depuis 1982 il a été nommé à divers postes au sein des représentations de l’URSS /Fédération de Russie en Algérie (1984-1988), au Sénégal (1996-1999), au Mali (2001-2006), en République Démocratique du Congo de 2008 à 2012, en République du Zimbabwe de 2015 à 2019 et comme Directeur adjoint du Département d’Afrique du Ministère des Affaires Étrangères de la Fédération de Russie ; de 2020 à 2024. Le 16 janvier 2024, il a été nommé Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire de la Fédération de Russie près la République Gabonaise. L’ambassadeur de Russie qui travaille en Afrique depuis une quarantaine d’années espère mettre à profit cette longévité professionnelle au service du renforcement de la coopération entre la Russie et l’Afrique centrale. Il a enfin souhaité que la paix règne en Afrique centrale. L’ambassadeur Dmitrii KOREPANOV est diplômé de l’Institut d’État des Relations Internationales de Moscou (MGIMO, 1982). Il est marié et père d’un fils et d’une fille. Outre la langue russe, Il parle français et anglais. CP

Gabon. Quand un pouvoir tente de transformer la loi en instrument de bâillonnement politique

Gabon. Quand un pouvoir tente de transformer la loi en instrument de bâillonnement politique

LIBRES PROPOS. Une phrase lancée en conférence de presse peut parfois révéler plus qu’une longue déclaration de politique générale. En affirmant le 8 mars 2026, face à la presse, que les partis politiques dépourvus d’élus n’auraient pas « le droit de s’exprimer en tant que parti politique », le ministre de la Communication et des Médias, a cru frapper juste. Il a surtout mis à nu une conception du pouvoir qui mérite d’être examinée avec la rigueur qu’elle mérite. La polémique née de cette sortie ne saurait se réduire à l’agitation politicienne qu’elle suscite dans l’opinion et les milieux de l’opposition. Elle touche à une question de fond : quelle place le pluralisme politique occupe-t-il réellement dans le Gabon post transition ? Et quel usage un gouvernement peut-il légitimement faire de la loi, de sa propre loi, pour circonscrire l’espace d’expression de ses adversaires ? C’est à ces questions que nous allons tenter d’apporter une réponse en nous appuyant rigoureusement sur les textes en vigueur, et en inscrivant cette analyse dans la perspective plus large de ce que la démocratie exige d’un pouvoir qui prétend en être l’expression. I- Une polémique révélatrice d’une conception inquiétante de la démocratie Le débat actuel trouve son origine dans la conférence de presse tenue le 7 mars à Libreville par la Coalition pour la Nouvelle République (CNR) et plusieurs formations politiques alliées, parmi lesquelles Ensemble pour le Gabon et REAGIR. Réunis à la Chambre de commerce de Libreville, les responsables de cette plateforme ont dressé un réquisitoire sévère contre la gouvernance du régime en place depuis le coup d’État du 30 août 2023, dénonçant la vie chère galopante, la montée de l’endettement public, les promesses non tenues et un climat politique qu’ils jugent marqué par des restrictions croissantes aux libertés fondamentales. La réaction gouvernementale ne s’est pas fait attendre. Lors d’une conférence de presse tenue le lendemain, le ministre de la Communication a mis en doute la légitimité juridique de ces formations, affirmant que la Constitution, la loi sur les partis politiques et le code électoral exigeraient qu’un parti dispose d’un minimum d’élus nationaux pour pouvoir se prévaloir de son statut. Sa formule fut sans ambiguïté : « Si, au terme du processus électoral, vous n’avez même pas un élu, vous n’avez pas le droit de vous exprimer en tant que parti politique. » Il annonça que le gouvernement procéderait à des vérifications « sur le plan du droit ». Ce qui aurait pu n’être qu’une maladresse de tribune révèle, à l’examen, une tentation plus structurée : celle de réduire progressivement l’espace politique gabonais à une configuration quasi monopolistique où un grand parti présidentiel, entouré de formations satellites, occuperait seul la scène publique. Une telle orientation serait non seulement contraire à l’esprit de la démocratie, mais, et c’est là le paradoxe le plus saillant, contraire à la loi que le gouvernement a lui-même promulguée. II- Une déclaration ministérielle en contradiction avec la loi La loi n°016/2025 du 27 juin 2025 relative aux partis politiques en République Gabonaise constitue le texte de référence de ce débat. C’est elle que le ministre invoque. C’est elle qui le contredit. Sur la question des conditions d’existence juridique d’un parti, le législateur a été d’une précision remarquable. L’article 25 de cette loi énumère de manière limitative les pièces constitutives du dossier de légalisation : une demande adressée au Ministre de l’Intérieur, un procès-verbal de réunion constitutive, des statuts et un règlement intérieur, les pièces d’identité et casiers judiciaires des fondateurs, et un état d’adhésions d’au moins dix mille membres répartis dans les neuf provinces du pays. La détention d’élus n’y figure nulle part, ni comme condition initiale, ni comme condition de maintien de la personnalité juridique. La confusion entretenue par le ministre tient en réalité à une lecture tronquée de l’article 2 de la même loi, lequel définit deux catégories distinctes. La première est celle du parti politique, défini comme toute association à but non lucratif légalement reconnue, dans laquelle des citoyens partageant des idées et des intérêts communs se regroupent en vue de conquérir et d’exercer le pouvoir par la voie démocratique. La seconde est celle du parti politique représentatif, défini comme un parti disposant d’au moins un élu national et de quinze conseillers locaux. Ces deux définitions coexistent dans le même texte, et leur coexistence n’est pas fortuite : elle traduit une volonté législative explicite de reconnaître l’existence pleine et entière de partis qui, sans être représentés dans les institutions, n’en sont pas moins des acteurs juridiques à part entière de la vie politique. Raisonner autrement conduirait à une absurdité logique que le droit ne saurait tolérer. Si l’absence d’élus emportait l’inexistence juridique d’un parti, pourquoi le législateur aurait-il créé la catégorie des partis représentatifs ? Cette catégorie n’aurait aucune utilité si elle seule conférait l’existence. Sa présence dans la loi démontre, de manière irréfutable, que les partis sans élus existent pleinement en droit ; simplement, ils ne bénéficient pas des prérogatives additionnelles réservées aux partis représentatifs : être invités aux cérémonies républicaines en application de l’article 10, ou bénéficier d’un traitement équitable dans les médias publics en application de l’article 11. Quant au droit d’expression, il ne souffre d’aucune condition électorale. L’article 9 de la loi est sans équivoque : « Les partis politiques peuvent exprimer leurs opinions sur toute question d’intérêt local, national ou international. » Ce droit est attaché à la qualité de parti légalement constitué, non à sa représentation parlementaire. Tenir une conférence de presse, diffuser un communiqué, interpeller publiquement le gouvernement sur sa gestion : tout cela relève du droit commun des partis, quel que soit leur score électoral. La seule sanction liée aux élections que prévoit la loi est celle de l’article 71, et elle est d’une tout autre nature que celle qu’invoque le ministre. Elle dispose qu’un parti perd son statut juridique s’il ne présente pas de candidats à deux scrutins législatifs ou locaux consécutifs. Non pas s’il n’en fait pas élire. La nuance est fondamentale : un parti

CEEAC: le Président de la Commission de la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale appelle à la rigueur budgétaire et à la responsabilité des États

CEEAC: le Président de la Commission de la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale appelle à la rigueur budgétaire et à la responsabilité des États

MALABO. En ouverture du Comité inter-États des Experts, l’Ambassadeur Ezéchiel Nibigira a insisté sur la discipline financière, la cohérence stratégique et le paiement régulier des contributions des États membres. Un moment jugé décisif pour l’avenir de l’institution Prenant la parole devant les représentants des États membres, les ambassadeurs du COREP et les experts, le Président de la Commission a souligné l’importance particulière de cette session du Comité inter-États des Experts. Il a remercié les autorités de la Guinée équatoriale pour leur hospitalité, tout en saluant l’engagement de Son Excellence Obiang Nguema Mbasogo, Président de la République de Guinée Equatoriale, Président en exercice de la CEEAC, en faveur de l’intégration régionale. Selon lui, la réunion intervient à un « moment décisif » de l’histoire de l’organisation sous-régionale. Le budget 2026, premier acte de la nouvelle mandature Au cœur des discussions figure le projet de budget 2026. L’Ambassadeur Ezéchiel Nibigira a rappelé qu’il s’agit du premier budget complet de la nouvelle mandature qu’il conduit depuis septembre dernier. Pour le Président de la Commission, ce document dépasse le cadre d’un simple exercice comptable. Il constitue « un acte de foi » dans la capacité collective des États membres à transformer la CEEAC, à renforcer son efficacité et à consolider l’intégration en Afrique centrale. Il a expliqué que ce budget s’inscrit dans une phase de transition : finaliser les engagements passés tout en jetant les bases du prochain Plan stratégique indicatif à moyen terme 2026-2030. Discipline budgétaire et rationalisation des dépenses Face aux défis financiers, le Président de la Commission a affirmé avoir imposé une discipline budgétaire rigoureuse à tous les départements. La lettre de cadrage adressée aux services met l’accent sur la soutenabilité financière et l’efficacité maximale des dépenses. « Aucun projet ne doit être engagé s’il ne contribue pas directement à l’accélération de notre agenda d’intégration », a-t-il martelé. Il a également annoncé une rationalisation du train de vie de l’institution afin de dégager des ressources en faveur des programmes prioritaires. L’appel au paiement régulier des contributions Au-delà des aspects techniques, le Président de la Commission de la CEEAC a évoqué une préoccupation majeure : *l’insuffisance et l’irrégularité des contributions des États membres.* Cette situation fragilise le fonctionnement interne de l’organisation et affaiblit sa crédibilité sur la scène internationale. Pour y remédier, il a annoncé une mission circulaire de recouvrement qu’il mènera prochainement dans les capitales des États membres, sous le haut patronage de la Présidence en exercice. Le message est clair : le paiement régulier des contributions ne relève pas seulement d’une obligation administrative, mais constitue un acte de souveraineté régionale et le fondement de l’autonomie de la CEEAC. Une organisation appelée à plus de responsabilité En conclusion, le Président de la Commission a invité les experts à consolider les priorités budgétaires et à garantir la cohérence finale du projet. À travers son discours, il a posé les bases d’une CEEAC plus disciplinée, plus responsable et résolument tournée vers les résultats au service de l’intégration régionale.

Les pays du bassin du Congo tracent une voie stratégique vers les marchés carbone grâce à des feuilles de route pour monétiser la richesse forestière

Les pays du bassin du Congo tracent une voie stratégique vers les marchés carbone grâce à des feuilles de route pour monétiser la richesse forestière

Six pays du bassin du Congo — Cameroun, République centrafricaine, République démocratique du Congo, Guinée équatoriale, Gabon et République du Congo — travaillent à prendre des mesures audacieuses pour débloquer des paiements fondés sur les résultats et le financement climatique. Les feuilles de route stratégiques pour le marché du carbone et le financement climatique dans le secteur forestier des pays du bassin du Congo,nouvellement lancées et développées avec le soutien de la Banque mondiale, servent de plans pour transformer la vaste richesse forestière de la région en un moteur puissant de croissance résiliente au climat, de développement durable et d’emplois verts. Ces feuilles de route fournissent des plans spécifiques à chaque pays, pour aider les pays du bassin du Congo à haute forêt et faible déforestation (HFLD) à s’engager de manière crédible et efficace sur les marchés mondiaux du carbone, à mobiliser un financement basé sur les résultats et à transformer leurs actifs forestiers en moteurs de croissance résiliente face au climat. Adaptées à la préparation et au paysage institutionnel de chaque pays, les feuilles de route s’appuient sur les données fondamentales des Comptes écosystémiques forestiers et recommandations politiquespour le bassin du Congo pour créer un cadre complet alignant les objectifs nature et climatique avec les priorités nationales de développement. Dans le cadre des services analytiques et consultatifs (ASA) plus larges de la Banquemondiale pour le bassin du Congo, ces feuilles de route visent à transformer le récit du développement régional — passant d’une perte ou dégradation forestière à une croissance axée sur les forêts. « Les forêts du bassin du Congo offrent plus que la simple régulation climatique mondiale — elles représentent des actifs financiers essentiels et une opportunité de développement », a déclaré Chakib Jenane, directeur régional de la pratique de la Banque mondiale pour la région Afrique de l’Ouest et du Centre. « Ces feuilles de route constituent le lien crucial et montrent comment les pays peuvent convertir le capital naturel en investissements tangibles générant des revenus, des emplois et de la résilience pour les communautés locales. » Les feuilles de route appellent à une coordination institutionnelle renforcée, des mécanismes équitables de partage des bénéfices, ainsi qu’à des systèmes numériques robustes de Surveillance, Reporting et Vérification (MRV) alignés sur l’article 6 de l’Accord de Paris. Alors que des pays comme le Gabon, la République du Congo progressent avec des accords pilotes basés sur les résultats et des progrès REDD+, d’autres comme la Guinée équatoriale et la République centrafricaine en sont aux premiers stades de leur développement. Les opportunités abondent également en République démocratique du Congo et au Cameroun. Les feuilles de route mettent en lumière les lacunes et priorisent les actions clés qui permettront aux pays de tirer parti du potentiel des marchés du carbone et du financement climatique. « Les marchés du carbone peuvent changer la donne pour les pays du bassin du Congo — mais seulement si les conditions favorables sont en place », a déclaré Cheick Fantamady Kanté, directeur de division de la Banque mondiale pour le Cameroun, la République centrafricaine, la Guinée équatoriale, le Gabon et la République du Congo. « Ces feuilles de route stratégiques offrent un guide pratique de bout en bout pour que les gouvernements mettent en œuvre le financement carbone, en mettant l’accent sur la bonne gouvernance, l’engagement du secteur privé et les bénéfices pour les communautés locales. » Élaborées à travers de larges consultations des parties prenantes et ancrées dans des priorités nationales, ces feuilles de route aident les pays à : Ces feuilles de route climatiques pour les marchés du carbone représentent une convergence d’emplois, d’environnements et d’agendas économiques. BM

Libreville : nouvelle dynamique de collaboration entre l’UA et la CEEAC

Libreville : nouvelle dynamique de collaboration entre l’UA et la CEEAC

Paix, sécurité, climat et santé au cœur des échanges La Représentante résidente de l’Union africaine (UA) auprès des États membres de la CEEAC, Son Excellence Dr Hortense Nguema, a conduit une délégation de haut niveau lors d’une rencontre stratégique avec le Président de la Commission de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC), le 27 janvier dernier, au siège de l’institution. Cette réunion a permis d’évaluer la coopération entre les deux organisations et d’explorer de nouvelles perspectives de collaboration, indique la CEEAC dans un communiqué. La même source précise que Son Excellence Dr Hortense Nguema était accompagnée de ses collaborateurs, notamment le Dr Douadeu Deblondet Bleu, Coordonnateur de l’action climatique, de la sécurité climatique et de l’action humanitaire de l’Union africaine, ainsi que le Dr Brice Wilfried Bicaba, Directeur régional d’Africa CDC pour l’Afrique centrale. La délégation de l’Union africaine a été reçue par le Président de la Commission de la CEEAC Dr Ezéchiel Nibigira, au siège de la Commission. Les discussions ont principalement porté sur le bilan de la coopération entre l’Union africaine et la CEEAC. Les questions relatives à la paix et à la sécurité, aux changements climatiques ainsi qu’à la santé publique ont été largement abordées. Le Président de la Commission de la CEEAC Dr Ezéchiel Nibigira a exprimé la volonté de l’institution et de ses États membres de bénéficier davantage des appuis institutionnels, techniques et financiers de l’Union africaine afin de renforcer les actions régionales dans ces domaines prioritaires. Les deux parties ont également évoqué le Mémorandum d’entente (MoU) d’Africa CDC, actuellement en attente de signature, qui devrait être rendu effectif très prochainement. Cette avancée marque une étape importante dans le renforcement de la coopération en matière de santé en Afrique centrale. La rencontre s’est déroulée dans une atmosphère conviviale et constructive, témoignant de la solidité des relations entre les deux institutions. À l’issue des échanges, les deux parties se sont engagées à se rencontrer régulièrement afin de consolider leur partenariat, dans l’intérêt du bien-être et du développement des populations de la région. Avec CP