République du Congo : Les gares du CFCO, un patrimoine national en péril

République du Congo : Les gares du CFCO, un patrimoine national en péril

SANS DETOUR. Depuis quelques années, les Congolais, avec eux, le monde des affaires national, et même étranger, assistent impuissants à ce qui apparait comme une non assistance voilée, par l’Etat congolais, de l’établissement public qu’est le Chemin de Fer Congo Océan(CFCO). D’où la dégradation des infrastructures de l’établissement. Malgré les souffrances endurées, sous la colonisation francaise, par les travailleurs du rail qui ont réalisé de pénibles travaux de la construction du CFCO, travaux mortels en certaines circonstances, le CFCO n’a jamais perdu de son importance, de par son rôle stratégique. Un rôle perceptible dans la souveraineté du Congo et le développement socio économique du pays, malgré la baisse désespérante de sa productivité actuelle, à tous les plans. Le CFCO ne se donnant pas les moyens de se moderniser, en dépit de toutes les potentialités qui pourraient l’y pousser, ce chemin de fer recule, en qualité de transport des passagers et des marchandises. Par effet d’entraînement, la physionomie générale des gares, sur tout le tracé de la ligne du chemin de fer, suit la tendance à la détérioration des infrastructures. Et pourtant, dans le cas des gares de l’arrière pays, celles ci pourraient stimuler l’économie locale en attirant des commerces ainsi que des activités du secteur informel. Les résidences aux proximités des gares n’en sont pas exclues, si les conditions et les modalités d’habitation le permettraient. Les environnements de certaines gares de l’hinterland font naître des espaces publics vibrants, d’autant que ces gares facilitent l’accès aux localités voisines et aux territoires immédiats. Alliées du tourisme, les gares de l’intérieur du pays le sont aussi.Elles sont des points d’entrée pour les touristes qui pourraient leur permettre de découvrir des attractions culturelles locales, des monuments et autres vestiges du passé. Construites, sous la colonisation francaise, les gares du CFCO, dont celle de la ville portuaire de Pointe-Noire, se distinguent par leur architecture. Des constructions anciennes, dont certaines ressemblent à des gares de provinces françaises qui contribueraient à la beauté des petites cités qui les abritent si les collectivités locales veillent à la salubrité de leurs espaces. On les considère même comme des monuments historiques qu’il convient de préserver. Une ligne de subvention conséquente dans le budget de l’Etat congolais pourrait rénover les gares en les sortant de l’insoutenable état de délabrement dans lequel elles sont placées. Une situation due à des facteurs liés au mauvais fonctionnement du CFCO. Tel le manque criard de maintenance et d’entretien réguliers des bâtiments, en raison de la gestion irrationnelle et non orthodoxe du CFCO, à l’image de ces autres sociétés d’Etat congolaises, liquidées ou en vie, qui ne se sont jamais données une tradition de belle figure, de par leur gouvernance saine et transparente, quand bien même elles évoluent dans un contexte privilégié de monopole qui leur est concédé, dans le domaine de leur exercice. . La non réparation de l’impact des destructions sur les édifices des gares du CFCO, lors des violences dues aux troubles politiques que le Congo ait connues, les années antérieures, a pour une bonne part, contribué à aggraver les ruines des gares de l’intérieur du pays. Le Chemin de Fer Congo Océan reliant les villes de Brazzaville et de Pointe-Noire, la gare centrale de Pointe-Noire est un élément important de l’infrastructure de transport de la ville océane. Pointe-Noire étant le principal centre portuaire et économique du pays, sa gare centrale joue un rôle clé dans le transport de marchandises et de personnes. La réhabilitation du patrimoine architectural et historique de la gare de Pointe-Noire, tout comme de celle, par ailleurs, du lycée Victor Augagneur, est un atout majeur pour le paysage urbain de la ville de Pointe Noire. Dans les grandes villes du monde, les gares à forte affluence, telle la gare du Nord à Paris, en France, se sont imposées comme des symboles des lieux de rencontre importants. La gare centrale de Pointe-Noire, de par son passé historique, sa position, au centre de la ville, son site géographique à un carrefour d’intense circulation, est un élément important de l’infrastructure de transport de cette ville. Il est temps pour les pouvoirs publics congolais de se résoudre à prendre des mesures concrètes pour procéder au redressement du Chemin de Fer Congo. Conséquemment, restaurer et préserver de la détérioration l’ensemble de ses gares. Des gares qui ont besoin d’affirmer leur participation effective au développement économique et social du pays. La rénovation des gares du CFCO est un investissement à court, moyen et long terme pour le Congo. Sans compter que devrait être bien entretenu, dans l’intérêt de la sous region, le caractère de voie trans- équatoriale de communication pour laquelle le CFCO a été fondé, en son temps, par l’occupant français. Des défis et autres obstacles potentiels qui pourraient surgir lors des opérations de réhabilitation des gares seraient à surmonter. Les gares pourraient être situées dans des zones sensibles ou polluées, ce qui nécessiterait des mesures spécifiques pour protéger l’environnement lors des travaux de réhabilitation. Les gares devraient être intégrées aux infrastructures de transport existantes, la route, spécifiquement. Les gares qui auraient une valeur historique et architecturale devraient bénéficier des mesures de protection pour préserver leur intégrité lors des travaux. Bien prendre en compte la gestion des impacts sociaux, les opérations de réhabilitation pourraient avoir des incidences sur les communautés locales, telles des perturbations dans les mouvements des populations. Les matériaux utilisés pour la réhabilitation devraient être de haute qualité et durables pour minimiser les coûts de maintenance et d’entretien à long terme. Les projets de réhabilitation des gares pourraient comporter des risques tels que des retards, des dépassements de coûts ou des problèmes de qualité. La gestion des risques devrait donc, elle aussi, être méticuleuse. Enfin, pour garantir le succès des projets de réhabilitation des gares, ces défis devraient en totalité être prises en compte. Ailleurs, des gares en péril ont été réhabilitées avec succès. Chaque gare a ses propres caractéristiques et défis, mais ces exemples peuvent servir de référence pour les projets de réhabilitation. Les clés de réussite incluent la restauration

PARIS. La Semaine africaine 2026 met l’accent sur l’eau et la jeunesse

PARIS. La Semaine africaine 2026 met l’accent sur l’eau et la jeunesse

Du mardi 19 au vendredi 22 mai à la Maison de l’UNESCO La Semaine africaine 2026 à l’UNESCO accueille un programme riche et diversifié articulé autour de conférences, panels de haut niveau, activités jeunesse, rencontres avec la société civile, expositions, cinéma, gastronomie, un salon du livre et un gala. À travers différents temps forts, l’UNESCO et le Groupe Afrique mettront en lumière les enjeux liés à l’eau, à la jeunesse, à la culture et au développement durable sur le continent africain. La Semaine africaine de l’eau 2026 s’ouvrira le mardi 19 mai avec un panel ministériel de haut niveau consacré à « La sécurité de l’eau comme moteur de l’Agenda 2063 », réunissant représentants des États membres, de l’Union africaine, d’ONG et de la jeunesse. Dans l’après-midi, la session « La Voix » donnera la parole à de jeunes entrepreneurs innovateurs dans le domaine de l’eau et de l’assainissement, avant que le Forum des ONG n’explore le thème de la promotion d’une culture de la paix en Afrique. Les jours suivants seront rythmés par des panels de discussion portant sur la transformation numérique, l’inclusion sociale et le patrimoine culturel lié à l’eau. Le Carrefour Jeunesse constituera l’un des moments phares de cette édition, avec des stands qui mettront en lumière les innovations et solutions développées par de jeunes africains et africaines, en lien avec le thème de cette édition. Le Carrefour ouvrira ses portes à partir de 10h00 et sera animé tout au long de la semaine avec la présentation de de jeunes Africains. La semaine se clôturera le vendredi 22 mai par un Forum des ONG abordant le rôle des femmes et des savoirs autochtones dans la consolidation de la paix, suivi de la cérémonie officielle de clôture, avec la présentation des recommandations finales et des performances artistiques.

Guinée/Kigali : le Chef de l’État S.E Mamadi DOUMBOUYA met en lumière les ambitions économiques de la Guinée à l’Africa CEO Forum 2026

Guinée/Kigali : le Chef de l’État S.E Mamadi DOUMBOUYA met en lumière les ambitions économiques de la Guinée à l’Africa CEO Forum 2026

À la faveur de la poursuite de sa tournée panafricaine à dimension diplomatique et économique, le Président de la République, S.E Mamadi DOUMBOUYA, a marqué de sa présence l’ouverture de l’édition 2026 de l’Africa CEO Forum mercredi 14 mai à Kigali, au Rwanda. Devant un parterre de dirigeants africains, d’investisseurs internationaux et de décideurs économiques de premier plan, le Chef de l’État, S.E Mamadi DOUMBOUYA, a porté haut la vision de transformation socioéconomique de Simandou 2040, mettant particulièrement en avant les nombreuses opportunités d’affaires qu’offre aujourd’hui la Guinée. Aux côtés de plusieurs chefs d’État africains, notamment le Président Paul Kagame, le Président Mohamed Ould GHAZOUANI de la Mauritanie, le Président Bola Ahmed TINUBU du Nigeria, le Président Mamadi DOUMBOUYA a partagé une vision axée sur la souveraineté économique, la création d’emplois durables, le transfert de compétences et de technologies, ainsi que la transformation locale des ressources pour créer de la valeur ajoutée. Lors de leurs entretiens en tête-à-tête, le Chef de l’État a insisté sur le rôle central du secteur privé comme moteur de croissance et levier essentiel du développement. Il a également plaidé pour un renforcement stratégique du partenariat public-privé, condition indispensable pour accélérer l’industrialisation du continent et bâtir des économies africaines plus résilientes face aux défis mondiaux. Il a surtout insisté sur l’intégration économique et sociale du continent africain, qui passe par le renforcement des liens de coopération entre les différents États. Des stands guinéens installés au sein de l’exposition officielle attirent de nombreux visiteurs. Ces espaces offrent une vitrine de l’entrepreneuriat guinéen, de la richesse culturelle nationale et de l’immense potentiel économique du pays. À travers ces expositions, la Guinée s’est affirmée comme une vitrine d’opportunités et de transformation, une destination crédible pour les investissements et un futur hub économique régional, porté par des réformes structurelles ambitieuses et une volonté politique affirmée du Chef de l’État à travers le programme Simandou 2040. L’Africa CEO Forum 2026, qui se tient les 14 et 15 mai, réunit plus de 2 800 dirigeants d’entreprises, investisseurs, institutions financières internationales et responsables publics venus d’Afrique et d’ailleurs. Considéré comme le plus grand rendez-vous annuel du secteur privé africain, ce forum est souvent surnommé le « Davos africain » en raison de son influence sur les grandes orientations économiques du continent. Plusieurs thématiques majeures ont dominé les débats de cette édition 2026 : le financement des entreprises africaines, la création de champions économiques africains, le partenariat public-privé ou encore le développement des chaînes de valeur locales.Des priorités qui rejoignent pleinement les ambitions portées par le programme Simandou 2040, vision stratégique incarnée par le Président Mamadi DOUMBOUYA. Le thème retenu cette année, « L’impératif de la croissance : pourquoi l’Afrique doit adopter la propriété partagée », résonne particulièrement avec la dynamique engagée par la Guinée dans la promotion d’une croissance inclusive, fondée sur la valorisation des ressources nationales et l’implication accrue des acteurs locaux. Le mégaprojet Simandou, présenté comme un puissant catalyseur de prospérité et de création de chaînes de valeur, a d’ailleurs été cité en exemple lors de l’ouverture du forum comme modèle structurant pour l’avenir économique africain. Face aux mutations de l’économie mondiale et aux défis géopolitiques actuels, les participants ont appelé l’Afrique à construire des géants économiques capables de rivaliser à l’échelle internationale.Plusieurs personnalités influentes présentes à Kigali ont également salué les avancées enregistrées par la Guinée. Parmi elles, Makhtar DIOP, Directeur général de la Société financière internationale, a cité la Guinée comme exemple de pays engagé dans la promotion des entreprises nationales à capitaux guinéens, le renforcement du contenu local ainsi que le développement du capital humain. Sous le leadership du Président Mamadi DOUMBOUYA, la Guinée apparaît désormais comme l’un des pays africains les plus engagés dans une dynamique de réformes économiques profondes, orientées vers la souveraineté, l’industrialisation et la prospérité partagée. À Kigali, la voix de la Guinée a ainsi porté avec force une ambition claire : faire du pays un acteur majeur de la transformation économique africaine et un modèle de croissance inclusive pour le continent. DCI

Guinée : Conseil des Ministres du jeudi 07 mai 2026

Guinée : Conseil des Ministres du jeudi 07 mai 2026

GOUVERNEMENT. La Session Ordinaire du Conseil des Ministres s’est tenue le jeudi 07 mai 2026 à 16H, sous la haute Autorité de Son Excellence Monsieur Mamadi DOUMBOUYA, Président de la République, Chef de l’Etat. Les points suivants étaient inscrits à l’ordre du jour : I.       MESSAGE DE SON EXCELLENCE MONSIEUR LE PRESIDENT DE LA RÉPUBLIQUE, CHEF DE L’ETAT. II.     COMPTE RENDU DES SESSIONS DES CONSEILS INTERMINISTERIELS DES MARDIS, 21 AVRIL ET 05 MAI 2026 ; III.   DECISIONS DU CONSEIL DES MINISTRES.       I.        AU TITRE DE SON MESSAGE, Son Excellence Monsieur Mamadi DOUMBOUYA, Président de la République, Chef de l’Etat a ouvert la séance en adressant ses mots de bienvenue aux membres du Gouvernement, avant de décliner les quatre points essentiels de sa communication. 1/- APPLICATION DE L’ARTICLE 21 DE LA CONSTITUTION : Le Président de la République a tenu à rappeler, avec fermeté, les dispositions de l’article 21 de la Constitution, qui consacre le droit à l’éducation et à la formation, la gratuité de l’enseignement public à tous les cycles, ainsi que l’obligation de scolarisation des enfants dès l’âge de cinq ans et jusqu’à l’âge de dix-sept ans au moins. Le Chef de l’État a solennellement réaffirmé que la possession de textes fondateurs ne saurait suffire sans leur application effective. Il a rappelé que l’éducation constitue une question existentielle pour la Nation guinéenne, et qu’aucun développement durable ne peut être envisagé sans elle. En conséquence, Son Excellence le Président de la République a instruit Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement de réunir l’ensemble des acteurs concernés par la mise en œuvre de cette disposition constitutionnelle, en vue de lui soumettre, dans un délai raisonnable, un plan d’action opérationnel, dont l’entrée en vigueur est attendue dès la prochaine rentrée scolaire. 2/- MESURES DE SÉCURITÉ ET DE SALUBRITÉ PUBLIQUE : À l’occasion de déplacements personnels effectués en véhicule banalisé dans la capitale, le Chef de l’État a constaté avec vive préoccupation l’état de dégradation de plusieurs quartiers de Conakry. Il a relevé deux marqueurs alarmants : l’insalubrité généralisée, caractérisée par des dépôts d’ordures à ciel ouvert et des marchés rendus quasi-inaccessibles par l’accumulation de déchets, ainsi qu’un déficit manifeste de civisme. Le Président de la République a qualifié cette situation d’inacceptable, soulignant qu’elle représente un risque sanitaire réel à l’approche de la saison des pluies. Il a instruit le Ministre en charge de l’Assainissement, en sa qualité de chef de file, de mobiliser sans délai l’ensemble des entités compétentes, y compris les forces de l’ordre et l’Armée nationale, pour apporter une réponse concrète et rapide à cette situation. Par ailleurs, le Chef de l’État a exprimé ses préoccupations quant à la prolifération de personnes en situation de vulnérabilité — individus présentant des troubles mentaux, jeunes sans abri et vendeurs ambulants particulièrement dans le périmètre de Kaloum et ses environs. Il a estimé que cette réalité, dans le contexte géopolitique actuel, pourrait constituer un facteur de vulnérabilité pour la sécurité nationale. Le Conseil Supérieur de la Défense a été instruit de se saisir de cette question sans délai et de proposer des mesures appropriées. 3/- EXAMENS NATIONAUX DE L’ÉDUCATION NATIONALE : Le Président de la République a instruit les départements ministériels concernés de prendre toutes les dispositions nécessaires pour garantir le bon déroulement des prochains examens nationaux. Il a rappelé que l’année écoulée avait été marquée par des dysfonctionnements ayant entraîné des reports de dates et perturbé la sérénité des candidats, et a signifié clairement qu’il n’admettrait pas la répétition de tels incidents. Le Chef de l’État a également insisté sur la nécessité d’accélérer les délais de correction et d’étudier sérieusement la possibilité d’organiser les sessions de rattrapage, notamment au bénéfice des candidats au Baccalauréat en exigeant la culture du mérite et de l’excellence éducative. 4/- DOUBLE SCRUTIN DU 31 MAI 2026 : Le Président de la République a réitéré ses instructions relatives à la tenue des élections communales et législatives du 31 mai 2026. Il a exigé que ces scrutins se déroulent dans des conditions de transparence, d’ordre et de crédibilité identiques à celles qui avaient prévalu lors du référendum constitutionnel et de l’élection présidentielle. Il a clairement signifié qu’il n’admettrait aucune dérogation à cette exigence. En clôture de sa communication, le Chef de l’État a tenu à adresser ses chaleureuses félicitations au Secrétariat Général des Affaires Religieuses pour la qualité de l’organisation du pèlerinage musulman de l’année en cours, saluant cette réussite comme la démonstration que la volonté d’agir produit des résultats. Il a demandé que cette rigueur soit maintenue jusqu’au terme du pèlerinage. Le Président de la République a conclu en formulant des vœux fervents pour que le Tout-Puissant accueille favorablement les prières élevées à Boffa le dimanche précédent, et qu’Il bénisse celles qui seront formulées sur les Lieux Saints de l’Islam. II.            AU TITRE DU COMPTE RENDU DES SESSIONS DES CONSEILS INTERMINISTERIELS DES MARDIS 21 AVRIL ET 05 MAI 2026  Le Chef du Gouvernement a articulé son intervention autour du pilotage de l’action gouvernementale et de l’exécution du Programme Simandou 2040. Il a exprimé sa satisfaction suite à l’attribution à Son Excellence Monsieur le Président de la République du « Super Prix Grand Bâtisseur 2026 – Trophée Babacar N’diaye », distinction saluant la vision du Chef de l’Etat en matière d’infrastructures et de transformation économique à travers le Programme Simandou 2040. Le Premier ministre a fait le point de la réunion tenue le 11 avril 2026 à la Primature, conformément aux instructions issues du Conseil des Ministres du 09 avril, relative à l’exécution de la première vague du Programme Simandou 2040 et au lancement des projets prévus au premier trimestre 2026. Les échanges ont mis l’accent sur le renforcement de la coordination interministérielle, l’amélioration des outils de pilotage et la responsabilisation des départements ministériels. Il a informé le Conseil du séjour conjoint à Conakry des Présidents du Fonds de l’OPEP pour le Développement International et de la BADEA du 6 au 8 mai 2026. Le Premier ministre a rappelé l’examen lors desdits conseils des mesures et communications ci-dessous :   ·      Le projet de Code de santé publique présenté par la Ministre de la Santé

Bénin : Conseil des Ministres du mercredi 13 mai 2026

Bénin : Conseil des Ministres du mercredi 13 mai 2026

GOUVERNEMENT. Le Conseil des Ministres s’est réuni mercredi, le 13 mai 2026, sous la présidence de Monsieur Patrice TALON, Président de la République, Chef de l’État, Chef du Gouvernement. Les décisions ci-après ont été prises :  I- Mesures normatives. Au titre de ces mesures, ont été adoptés les décrets portant : II- Communications. II-1. Approbation du Plan national de Développement (PND) 2026-2035. La loi n°2025-16 du 10 juillet 2025 portant vision nationale de développement à l’horizon 2060 en République du Bénin dispose que son opérationnalisation se fait en quatre grandes étapes (2026-2035, 2036-2045, 2046-2055 et 2056-2060). C’est donc en application de ce texte que le présent PND 2026-2035 est approuvé, avec pour finalité que : Pour sa mise en œuvre efficiente à travers les Programmes d’Action du Gouvernement et en vue de la concrétisation de la vision « BÉNIN 2060 ALAFIA, UN MONDE DE SPLENDEURS », il est décliné en dix-sept axes prioritaires sur les dix prochaines années. II-2. Réalisation d’une mission complète dans le cadre du projet de réaménagement de l’embarcadère de Ganvié. Les conditions d’accueil, d’orientation, de confort, d’hygiène, de sécurité et de gestion des flux au niveau dudit embarcadère, doivent être renforcées afin de répondre aux standards attendus, tout en préservant la continuité de service pour les populations lacustres. C’est dans ce cadre que sont programmés les travaux objet de la présente mission. Ils permettront notamment de : II-3. Missions de maitrise d’œuvre complète dans le cadre du projet de construction de 14 centres de santé et de la réhabilitation de la maternité de l’hôpital de zone de Ouidah. Ce projet participe de la nécessité de médicaliser certains centres, d’assurer leur mise en conformité avec les normes requises pour une meilleure prise en charge de la population.  Dans ce cadre, il s’agit de construire les centres de santé de Kpakpamè, Savalou Aguah, Kountori, Liboussou, Copargo, Dunkassa, Akassato, Ouèdo, Abomey-Calavi, Zèbou, Comè, Adohoun, Tchi-Ahomadégbé, Idigny ainsi que la maternité de l’hôpital de zone de Ouidah. Afin de réaliser ces infrastructures, le Conseil a marqué son accord pour la contractualisation avec les entreprises sélectionnées puis instruit les ministres concernés de veiller à leur bonne exécution.  II-4. Travaux de réhabilitation de l’avenue de la francophonie sur le tronçon compris entre le carrefour Adjaha et le carrefour Fidjrossè plage. Ce tronçon, d’un linéaire total de 2,35 km, présente actuellement un niveau de dégradation avancé, caractérisé par des déformations et des défauts de surface compromettant le confort de circulation et la sécurité des usagers. La réhabilitation projetée de cet axe implique : II-5. Réalisation de travaux confortatifs du Palais royal de Nikki et de l’arène de la Gaani. Lesdits travaux concernent notamment des reconfigurations, le réaménagement et la réaffectation de certaines pièces et d’espaces de vie, de même que la réalisation de nouvelles constructions pour servir entre autres de logements aux équipes d’entretien et de maintenance, une écurie et des magasins de rangement. Les ministres en charge dossier veilleront à leur bonne exécution.  II-6. Aménagement des voies d’accès au pont de Womey 2 et de ses bretelles. Dans le but de permettre l’exploitation optimale de ce pont dont la réception provisoire a eu lieu en 2023, et d’assurer une meilleure connectivité avec les voies existantes, les travaux suivants sont prévus : Les ministres concernés par le projet accompliront les diligences nécessaires à sa réalisation dans les délais prescrits, conformément au cahier des charges. II-7. Mesures de soutien de l’Etat aux producteurs pour les prix de cession des engrais au titre de la campagne agricole 2026-2027. Au regard de la conjoncture internationale défavorable qui menace la sécurité alimentaire, cette intervention de l’Etat au profit du monde agricole, pour un montant total de 31.875.707.365 francs CFA, vise à assurer la reconduction des niveaux de prix de cession des engrais pratiqués lors de la campagne 2025-2026. Il s’agit de : Il se dégage que l’application des prix réels du marchés serait préjudiciable à la production agricole et constituerait un risque pour l’autosuffisance alimentaire dans notre pays. C’est pour conjurer une telle situation que les présentes mesures sont prises, à charge pour les ministres concernés d’en assurer la mise en œuvre diligente. II-8. Homologation des prix de cession des intrants et d’achat de coton graine aux producteurs au titre de la campagne agricole 2026-2027. Outre les engrais évoqués supra, les prix de cession des insecticides et herbicides sont homologués ainsi qu’il suit : En ce qui concerne le prix d’achat de coton graine aux producteurs, il s’établit comme suit : II-9. Modalités de règlement du litige sur le périmètre foncier de l’hoirie GBETIE MARCOS dans la commune d’Abomey-Calavi. Face à la complexité de cette affaire aussi bien sur le plan juridique que technique, le Conseil des Ministres avait, pour donner suite à ses décisions du 16 janvier 2019, mis sur pied un pôle d’experts pour procéder à l’actualisation du plan d’état des lieux et d’urbanisation du périmètre concerné dans la perspective d’un règlement définitif, apaisé et équitable. Depuis lors, lesdits experts se sont investis pour le recensement exhaustif des occupants ou présumés propriétaires de chaque parcelle composant le périmètre en cause, avec les documents de propriété en possession de chacun. Tenant compte de leurs conclusions objectives, le Conseil a décidé de régler définitivement le litige en déclarant la zone d’utilité publique et en procédant à son expropriation ; puis de restituer chaque parcelle du périmètre aux présumés propriétaires suivant les modalités ci-après : Toutes ces actions permettront d’assurer l’intégrité des propriétés bâties ou non, qui sont dans le périmètre, de conserver et de préserver les concessions et les noyaux familiaux ; puis de sauvegarder les espaces destinés à accueillir les infrastructures sociocommunautaires ainsi que la voirie de desserte, etc. A l’appui de ces mesures, le Conseil a autorisé la mise en place d’un montant d’indemnisation de l’hoirie GBETIE MARCOS du fait de son expropriation du périmètre foncier concerné, lequel montant servira entre autres à l’indemnisation de personnes ayant acquis des parcelles qui se sont révélées déjà occupées auprès de ladite famille pendant la phase de début d’exécution de la décision de justice. II-10.

MAROC. Le déficit budgétaire s’accentue à 15,5 MMDH

MAROC. Le déficit budgétaire s’accentue à 15,5 MMDH

Malgré la progression des recettes ordinaires Le déficit budgétaire s’est établi à 15,5 milliards de dirhams (MMDH) à fin avril 2026, selon les chiffres communiqués récemment par la Trésorerie Générale du Royaume (TGR). Fin avril 2025, il était de l’ordre de 11,8 MMDH. Rappelons que la situation des charges et ressources du Trésor avait dégagé un excédent budgétaire de 6,5 MMDH à fin mars 2026 contre 5,9 MMDH un an auparavant. La progression des recettes fiscales n’a pas suffi à compenser l’accélération des dépenses publiques   La récente évolution traduit ainsi une dégradation du solde global résultant principalement de la contraction des recettes ordinaires qui ont connu une progression de 7% (avec un taux de réalisation de 36,7% contre 39,2% un an auparavant)  combinée avec une progression de 14,8% de dépenses globales. Précisons que ce déficit tient compte « d’un solde positif de 27,9 MMDH dégagé par les comptes spéciaux du Trésor (CST) et les services de l’Etat gérés de manière autonome (SEGMA), contre un déficit du Trésor de 11,8 MMDH à fin avril 2025 compte tenu d’un solde positif de 16,2 MMDH dégagé par les CST et les SEGMA », comme l’a souligné la Trésorerie générale dans son Bulletin mensuel de statistiques des finances publiques (BMSFP – Avril 2026). A titre de comparaison, en mars 2026, il avait tenu compte d’un solde positif de 21,2 MMDH dégagé par les comptes spéciaux du Trésor et les services de l’Etat gérés de manière autonome, contre un excédent du Trésor de 5,9 MMDH à fin mars 2025 compte tenu d’un solde positif de 23,2 MMDH dégagé par les CST et les SEGMA. Dans le détail, les recettes ordinaires ont augmenté de 7% (+10,2 MMDH) pour s’établir à 154,3 MMDH contre 144,1 MMDH à fin avril 2025, en raison de la hausse « des impôts directs de 9,8%, des droits de douane de 6,5%, des impôts indirects de 11,3% et des droits d’enregistrement et de timbre de 11,5%, conjuguée à la baisse des recettes non fiscales de 20,6% », a expliqué la TGR. Selon l’institution publique, au cours de cette période, les recettes fiscales se sont élevées à 142 MMDH contre 128,7 MMDH à fin avril 2025, en augmentation de 10,3% (+13,3 MMDH), suite à la hausse des recettes de la fiscalité douanière de 11% et de la fiscalité domestique de 10,1%.Pour leur part, les recettes non fiscales ont atteint 12,24 MMDH contre 15,41 MMDH un an auparavant. Elles accusent ainsi une baisse de 20,6% équivalant à -3,16 MMDH. Dans son récent Bulletin mensuel de statistiques des finances publiques, la TGR explique cette baisse notamment par « la diminution des versements des comptes spéciaux du Trésor au budget général (5,03 MMDH contre 7,84 MMDH) et des recettes en atténuation des dépenses de la dette (131 MDH contre 1,35 MMDH), conjuguée à la hausse des recettes de monopoles (5,28 MMDH contre 4,90 MMDH) et des fonds de concours (257 MDH contre 245 MDH) ». Quant aux recettes ordinaires nettes, elles ont enregistré une hausse de 7% par rapport à leur niveau à fin avril 2025, a fait savoir la Trésorerie générale, précisant que les dix principales natures de recettes nettes   ont représenté 94,6% du total des recettes ordinaires. En ce qui concerne les dépenses émises au titre du budget général, les chiffres montrent qu’elles se sont chiffrées à 219,4 MMDH à fin avril 2026, traduisant une hausse de 12,2% par rapport à leur niveau à fin avril 2025. Cette progression est justifiée par « l’augmentation de 14,4% des dépenses de fonctionnement, de 19,6% des dépenses d’investissement, conjuguée à la baisse de 1,9% des charges de la dette budgétisée », a expliqué la TGR. Elle ajoute, par ailleurs, que les engagements de dépenses, y compris celles non soumises au visa préalable d’engagement, se sont élevés à 369,9 MMDH. Pour ce qui est des recettes des CST, elles ont atteint 92,4 MMDH, selon le bulletin de statistiques qui précise que ce montant englobe les versements effectués à partir du chapitre des charges communes -Investissement – pour 20,6 MMDH contre 16,5 MMDH à fin avril 2025. La même source ajoute que les dépenses émises ont été de 65,5 MMDH et que celles-ci intègrent la part des CST au titre des remboursements, dégrèvements et restitutions fiscaux pour 3,1 MMDH. Ainsi, le solde de l’ensemble des comptes spéciaux du Trésor a atteint 26,9 MMDH. Par ailleurs, l’analyse des données recueillies montre que les recettes des SEGMA ont progressé de 2,6% à fin avril  2026 pour s’établir à 1,12 MMDH contre 1,09 MMDH à fin avril 2025. Au cours de la même période, les dépenses ont accusé une baisse de 24,8%, atteignant 176 MDH contre 234 MDH à fin avril 2025.Enfin, dans le registre des prévisions, il apparaît que les recettes ordinaires ont été réalisées à hauteur de 36,7% des prévisions de la loi de Finances, les dépenses ordinaires ont été exécutées pour 39% et les dépenses d’investissement ont été émises pour 33%. Alain Bouithy

CONGO. Bienvenue Gertrude Hobain Mongo : une ascension qui a défié tous les déterminismes

CONGO. Bienvenue Gertrude Hobain Mongo : une ascension qui a défié tous les déterminismes

ZOOM. Certains événements laissent une empreinte indélébile dans notre mémoire collective et dans l’histoire de la République du Congo. Parmi eux, la nomination de la première femme à la tête de la Télévision Nationale Congolaise demeure sans doute l’un des moments les plus marquants. Née le 2 mars 1969 à Dolisie, dans le département du Niari, Bienvenue Gertrude Hobain Mongo est l’une des pionnières de l’audiovisuel public congolais. Comptable de formation, journaliste de métier, écrivaine et mère de quatre enfants, elle demeure à ce jour la seule femme à avoir occupé la fonction de Directrice Générale de la Télévision Nationale Congolaise, depuis la création de l’institution, le 28 novembre 1962. Un parcours professionnel marqué par la détermination Pendant plus de vingt ans, cette femme d’une cinquantaine d’années s’est imposée comme une figure influente dans les sphères administrative, politique et sociale du pays. Après avoir obtenu son baccalauréat série D en 1990, Bienvenue Gertrude Hobain Mongo a très tôt découvert le monde du travail. En 1992, elle a commencé à aiguiser ses compétences administratives en tant qu’agent de liaison (réceptionniste) chez TRANSLO-CONGO, une société dirigée par M. Paul Obambi. Elle exerçait à temps partiel tout en poursuivant une licence en gestion d’entreprise au C.U.F.C.A.E (actuel SGEAE). Les premières initiatives entrepreneuriales Pour des raisons familiales, elle interrompit ses études et enchaîna des contrats à durée déterminée dans le secteur privé. En août 1994, elle lança sa première activité commerciale en ouvrant une boutique de mode nommée « Winners » (Les Vainqueurs). Pendant deux ans, elle parcourut le monde, découvrant plusieurs pays africains, européens et américains, avec pour seul objectif la satisfaction d’une clientèle grandissante. Le retour à la passion et la création d’entreprises En 1996, elle retrouva sa passion pour le travail en répondant à un appel à candidatures, ce qui lui permit d’obtenir un contrat à durée indéterminée en tant qu’assistante de direction. Malheureusement, cet emploi fut de courte durée, suite à la guerre du 5 juin 1997.En 1999, Bienvenue s’envola pour Montréal, au Canada, pour poursuivre ses études à l’Institut de Brossard, où elle obtint en 2000 une Attestation d’Études Collégiales (A.E.C) en commerce international. L’année suivante, elle s’inscrivit au Collège supérieur de Montréal (CSM) et décrocha un Diplôme Professionnel (DEP) en comptabilité. À la fin de cette année-là, elle rentra au Congo avec un projet concret : la création de « Les Établissements Winners », qui donna naissance à d’autres unités commerciales telles que ELLEM Boutique, Winners Food, Win’s Fashion, HM Business Center ou encore Win’ Resto. Une carrière dans la fonction publique et la communication Recrutée dans la fonction publique en 2002, elle fut mise à disposition du Ministère de la Communication, affectée à la Direction d’équipements et de la planification. En avril 2005, elle passa à la Direction de l’information de la Télévision Nationale Congolaise. En mai 2006, elle devint chef de division information au Ministère des Affaires Étrangères et de la Francophonie. La même année, elle obtint une licence en gestion financière, option comptabilité, à l’Institut Supérieur de Gestion (UMNG). L’ascension vers la direction En juillet 2007, Bienvenue fut nommée Directrice des Affaires Administratives et Financières de la Télévision nationale. En janvier 2008, tout en conservant cette fonction, elle fut promue Directrice Générale par intérim, poste qu’elle occupa jusqu’en décembre 2009. Une reconnaissance institutionnelle majeure En juin 2012, elle fut nommée par décret présidentiel au Conseil Supérieur de la Liberté de Communication (CSLC), représentant la Présidence de la République. Elle fut ensuite élue Secrétaire-Comptable et rapporteur de cette instance, poste qu’elle occupa jusqu’en septembre 2016. La première femme à la tête de la Télévision nationale Ce jour-là, une étape décisive de sa vie se transforma en une véritable histoire. La nomination de Bienvenue Gertrude Hobain Mongo à la tête de la Télévision Nationale Congolaise ne fut pas un simple changement officiel. Elle fut une rupture dans une longue tradition institutionnelle, une avancée symbolique majeure : la première femme à occuper ce poste.Ce changement ne s’est pas fait dans l’éclat d’un coup de théâtre, mais dans la sobriété d’une décision administrative. Pourtant, derrière cette simplicité apparente se cache une portée exceptionnelle. Elle représentait une véritable révolution, fruit de la volonté et du courage politique d’un visionnaire, le ministre de la Communication de l’époque, Alain Akouala Atipault, qui avait brisé le plafond de verre qui pesait depuis près d’un demi-siècle sur la carrière des femmes dans cette institution. Un héritage concret dans la gestion de la télévision L’héritage de Bienvenue Gertrude Hobain Mongo ne se limite pas seulement à cette symbolique. Son passage à la direction a été marqué par des actions concrètes et innovantes : amélioration des conditions de travail, formations pour accompagner la transition numérique, renforcement des capacités des journalistes et opérateurs, acquisition d’équipements modernes, augmentation des moyens de transport, émancipation des opératrices de vue (OPV) féminines, signature de partenariats avec Deutsche Welle et Euro News, révision des contrats avec les opérateurs de téléphonie mobile, ou encore installation de Télé-Congo dans le bouquet de Canal+.Elle a aussi mis à profit son expérience conjugale de journaliste pour réduire le temps de production d’un reportage, en accélérant la mise en place de stations de montage. Engagements en faveur des médias et de la société En mars 2015, lors de la Journée internationale des droits de la femme, Bienvenue, alors Secrétaire-Comptable du Conseil supérieur de la liberté de communication, fit une donation de matériels techniques, de fournitures et de motos aux médias publics et privés, contribuant ainsi à renforcer le secteur. Une formation continue et l’expansion entrepreneuriale En 2018, elle obtint un Master I en comptabilité, audit, finance et management à l’Institut de Formation Comptable Européen (IFCE) à Strasbourg, en France. De retour au Congo en 2019, elle développa ses entreprises en créant « HMB Corporation », une société regroupant plusieurs secteurs : voyages, immobilier, communication, informatique, restauration, habillement. Une vie politique et sociale engagée Candidate indépendante aux élections législatives de juillet 2022 dans le district de Banda, dans le Niari, elle fut désinvestie par le Parti congolais

RWANDA. Aimable Karasira : un rescapé d’un courage exceptionnel

RWANDA. Aimable Karasira : un rescapé d’un courage exceptionnel

HOMMAGE. C’est avec une profonde tristesse que j’ai appris la mort d’Aimable Karasira, survivant du génocide, décédé le jour même où il devait recouvrer la liberté après cinq années de détention pour « trouble à l’ordre public ». Selon les autorités rwandaises, il serait mort à la suite d’une overdose médicamenteuse. Une version officielle qui, à juste titre, soulève de sérieux doutes. J’ai eu l’occasion d’échanger avec Aimable Karasira à plusieurs reprises avant son arrestation. Il se montrait extrêmement critique à l’égard du régime de Paul Kagame et faisait preuve d’un courage rare. À chacune de nos conversations, je ne pouvais m’empêcher de lui demander s’il ne craignait pas pour sa vie. Il me répondait toujours avec calme : « Monsieur Mbeko, ces gens m’ont tout pris, ils ont massacré une partie de ma famille. Ils peuvent faire ce qu’ils veulent. » Son parcours m’a conduit à m’intéresser de plus près à la situation des « rescapés tutsis » du génocide, au point de leur consacrer un sous-chapitre dans mon livre Rwanda : Malheur aux vaincus (Duboiris, 2024). Aimable m’avait demandé de mentionner son nom dans l’ouvrage, mais j’avais refusé. Je ne voulais pas l’exposer davantage à la cruauté du régime Kagame. Pour lui, toutefois, cela semblait secondaire. « Ce n’est pas grave, papa. Tout ce que je t’ai dit est vrai. Tu peux le vérifier. Et je n’ai peur ni de Kagame ni de ses sbires », me lança-t-il. Malgré son insistance, je refusai de le citer nommément. Aimable, que j’appelle « Benoît » dans le livre, m’expliqua qu’il existe, selon lui, deux catégories de rescapés tutsis au Rwanda : ceux qui acceptent d’être instrumentalisés par le FPR (le parti de Kagame) dans le cadre de sa propagande sur le génocide et qui, en retour, bénéficient de certains privilèges ; et ceux qui, comme lui, refusent toute instrumentalisation et se retrouvent dès lors marginalisés, ostracisés, voire persécutés. Dès lors, une question s’impose : Aimable est-il vraiment mort d’une « overdose médicamenteuse » ou parce qu’il a refusé le mensonge et l’arbitraire du régime Kagame ? Impressionné par son courage, j’avais décidé de lui dédier «Rwanda : Malheur aux vaincus» en ces termes : « À Aimable KARASIRA, toi, le rescapé dont le courage ne saurait laisser indifférent. » Va en paix, cher frère. Tu as combattu le bon combat. Par Patrick Mbeko