Les évacuations sanitaires, un business lucratif au Congo Brazzaville

PARLONS-EN. Le rapport de la Cour des comptes et de discipline budgétaire de 2022 laisse les Congolais pontois face aux révélations concernant les évacuations sanitaires.

Une grande disparité existe entre certains privilégiés de la République et le bas peuple.

En effet, l’analyse documentaire de la Direction générale des soins et services de santé révèle qu’un montant de 2641 milliards de F CFA (4 milliards d’euros) a été décaissé en 2022 pour les soins extérieurs au profit de 176 malades (sur les 6 millions de Congolais) atteints de divers pathologies, contre 3146 milliards de F CFA (environ 5 milliards d’euros) en 2021, soit une baisse de 1059 milliards de F CFA ( 1,7 milliards d’euros) par rapport à l’année 2022.

Malgré cela, la Cour des comptes encourage le Gouvernement à poursuivre la construction des différents centres hospitaliers et à les doter de plateaux techniques, ainsi qu’à continuer à former des spécialistes dans différents domaines.

Ces chiffres nous donnent du tournis lorsque nous voyons l’état actuel du CHUB, le plus grand centre hospitalier du Congo. Les évacuations sanitaires sont un vrai business lucratif pour certains cadres du « Trésor public » et du « ministère de la Santé ». Entre 10% à 20% sont exigés pour tout décaissement d’argent au trésor.

Pendant ce temps, nos hôpitaux manquent de tout et les Congolais meurent comme des chiens. Les Congolais vivent une vraie discrimination de la part de nos dirigeants et aux antipodes de la Constitution. Tous les Congolais ne sont pas égaux et certains sont privilégiés notamment les 176 personnes qui bénéficient des évacuations sanitaires au détriment des autres (Article 15 de la constitution du 25 octobre 2015).

Comment peut-on affirmer que: » L’Etat est garant de la santé publique. » ( Article 36 de la constitution) s’il existe une micro-Republique des privilégiés ?

Il sied de rappeler que les efforts du Gouvernement sont à minima dans la construction des nouveaux centres hospitaliers, de l’équipement des plateaux techniques modernes, enfin dans la formation des cadres spécialisés de santé. Il est impératif d’augmenter le salaire de tous les personnels du corps hospitaliers afin d’arrêter cette hémorragie dans notre système de santé défaillant.

C’est une aubaine d’interpeller » la Commission Santé, Affaires sociales, famille et genre » de l’Assemblée nationale, dirigée par l’honorable Virginie Euphrasie DOLAMA, afin qu’elle encadre les évacuations sanitaires et fasse pression au Gouvernement pour mettre en œuvre une vraie politique sanitaire au bénéfice de tous les Congolais.

 » Le scandale est souvent pire que le péché « .

Fait à Limoges, le 16 Février 2026

Evrard NANGHO

Le Patriote Engagé

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *