Congo. Gérald MC : « Le Bar, c’est de l’art et non un simple métier »

INTERVIEW. Gérald MC El professor, artiste, barman professionnel, jongleur, mixologue, exhibitionniste et formateur est un jeune homme du Congo Brazzaville qui séduit son entourage. PagesAfrik l’a rencontré à Owando.

PagesAfrik.com : Pouvons-nous avoir une explication de chaque terme employé dans votre présentation ?

Gérald MC : En effet. Je dirais qu’un mixologue est la personne qui mélange les alcools ou les boissons pour faire un cocktail. Un exhibitionniste est celui qui fait des performances, parce que j’en fais en jonglant avec les bouteilles et en créant plusieurs mouvements pour émerveiller ceux qui sont autour. Et j’en fais pour faire vivre la magie du bar.

PagesAfrik.com : Est-ce que ce que vous faites est connu du grand public ?

Gérald MC : On peut l’affirmer sans risque de me tromper, mais ce n’était pas facile au départ. Le bar n’était pas si développé que c’est le cas aujourd’hui. C’est le combat que nous avons mené, certains confrères et moi, pour le faire reconnaitre. J’ai bénéficié des invitations de plusieurs chaines de radio et de télévisions de la place, ce qui m’a permis d’élargir mon carnet d’adresses et créer des concepts. J’ai dû élargir mon carnet d’adresses pour avoir plusieurs prestations. Je milite dans mes pages pour cela et j’assure aussi gratuitement la formation, surtout ceux qui n’ont pas la force de la financer. Je forme des jeunes que je réussis à placer. Je milite tous les jours pour que ce métier soit reconnu, non seulement en Afrique mais en Europe aussi. Mon but est de faire du Congo le plus grand pays d’Afrique avec des plus grands barmen d’Afrique.

PagesAfrik.com : Combien êtes-vous aujourd’hui au Congo et en Afrique ?

Gérald MC : Nous sommes quatre au Congo. Je dirais que nous sommes quatre professionnels. C’est nous qui avons développé ce métier de barman à ce niveau. L’un de nous s’est plus orienté sur le stockage des boissons et nous sommes donc trois. En ce qui me concerne, j’essaie de faire ce que je peux.

PagesAfrik.com : Pensez-vous que c’est un métier d’avenir ?

Gérald MC : Bien sûr. Je veux dire en passant que c’est un mix entre un métier et un art. c’est ce qui fait que je me suis plus concerné comme artiste que comme barman. Un artiste est celui qui crée des émotions à la personne ou les personnes en face de lui. Et je m’arrange qu’il y ait de l’émotion lorsque je fais un cocktail. Je veux qu’il y ait de la joie mélangée aux larmes. Le bar est un métier très noble et d’avenir, qui peut construire l’art d’un pays si on se donne à fond et si on lui donne les moyens possibles de crier à haute voix et de représenter valablement le pays sous d’autres cieux. Je crois que le Congo serait fier de ses barmen si on pouvait mettre en place une équipe.     

PagesAfrik.com : Comment vivez-vous votre présence hors de votre lieu habituel, avec ce métier en mains ?

Gérald MC : Bien. Je commencerais par dire que partout, c’est chez moi, au Congo ou hors du Congo. Je suis chez moi en Côte-d’Ivoire, au Gabon ou au Maroc ou partout, je suis chez moi. Pour l’instant, ce ne sont que des prestations privées. Lorsque je ferai des prestations dans des festivals culturels, je pense que je les afficherai sur mes pages. Je ne le fais pas parce qu’on me l’interdit mais quand je le fais, cela veut dire que c’est ouvert.

PagesAfrik.com : Et le fait d’être à Owando et de s’y faire découvrir ? 

Gérald MC : Venir à Owando est un honneur et un plaisir que Mme la Conseillère du président de la république me fait en me choisissant. C’est un honneur d’avoir la responsabilité de former tout ce monde. Il n’y a pas que des jeunes, il y a même des mamans.

Je dirais que c’est l’occasion de remercier Mme Lydie Pongault d’avoir pensé à cette formation pour ceux qui ne peuvent se l’offrir. C’est l’occasion de dire à ces jeunes de croire en tout ce qu’ils veulent faire. Si je ne l’avais pas fait, je ne serai pas devenu le Gérald MC de ce jour.

C’est l’occasion de dire aux parents d’accompagner leurs enfants dans leur passion, de ne pas leur imposer ce qu’ils doivent faire et pour moi, le travail est avant tout une passion. L’argent vient après la passion. C’est là qu’on devient une référence.

Le souhait aussi est que le ministère de la culture et des arts reconnaisse le Bar et sache que c’est de l’art et non une simple un métier.

Propos recueillis par Florent Sogni Zaou.         

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