LU POUR VOUS: “Mon mari de nuit” d’Ernestine Mbakou

LU POUR VOUS: “Mon mari de nuit” d’Ernestine Mbakou

LIVRES. L’ennemi n’est pas toujours celui qu’on croit, Clarisse l’apprend à ses dépens. Victime de couches de nuit répétitives, elle ne sait plus vers qui se tourner. Son beau-père est bizarre et ne cesse d’utiliser des expressions qui la laissent songeuse. La jeune femme voit son monde s’écrouler lorsque son médecin lui annonce que ce n’est pas un bébé qu’elle porte dans l’utérus mais, un seau d’eau. Ce n’est pas possible. Pour son père, c’est l’œuvre du diable et seule une intervention divine peut tout remettre en ordre. Clarisse est perturbée psychologiquement et ne sait plus à qui faire confiance pour sortir de cette situation hors du commun. Je vous invite à une promenade intellectuelle à travers quelques extraits de ce livre de 124 pages publié le 28 msi 2024 aux éditions MEN: “Tout commença lorsque mon beau-père vint chez nous pour un week-end. Notre porte lui était toujours largement ouverte. Je lui parlais comme à ce père que je n’avais jamais eu et que j’aurais voulu avoir. Il était toujours à l’écoute et m’appelait sa femme. La première nuit qu’il passa chez nous, je sentis que quelque chose n’allait pas. C’était bien la première fois. Réveillée en sursaut au cours de la nuit, je pouvais décrire dans les moindres détails ce que je venais de vivre. Un homme dont le visage était caché avait atterri à mes côtés. Sans savoir comment, je l’avais vu introduire ses doigts dans ma culotte et fouiller dans mon intimité. Je voulais lui demander de partir, mais je n’avais pas assez de force. Ensuite, il avait enlevé ma culotte et je l’avais vu se dresser au-dessus de moi. Sans comprendre comment, il était déjà en moi. Je m’étais mise à hurler. Cette scène m’avait paru tellement vraie. « Y a-t-il un souci ? » m’avait demandé mon époux, à mes côtés. « Non, rien chéri, un mauvais rêve. » Je me recouchai, priant de ne plus faire ce rêve. Le lendemain, à table, mon beau-père me demanda comment j’avais passé la nuit. — Très bien, père ! Et toi aussi, j’espère. Il me sourit. — Oui, ma femme. Le reste du week-end se passa sans souci, et mon beau-père retourna chez lui. Je commençai à parler d’un bébé à Carlos. « Il est temps d’avoir notre bébé, Carlos. » Il était heureux. Il ne voulait pas me brusquer. J’étais contente. Nous mîmes tout en œuvre pour avoir un bébé, mais rien ne se passa comme prévu. Les rêves érotiques s’étaient multipliés. Je me dis qu’ils étaient dus au stress que je ne cessais d’accumuler à cause de mon incapacité à tomber enceinte. Mais ils étaient de plus en plus réels. J’en parlai enfin à Carlos, qui fut surpris. — Les rêves érotiques ? Pourquoi fais-tu des rêves érotiques ? Comme si j’avais une réponse à sa question… Les choses ne changèrent pas. Je n’avais toujours pas de bébé. Les mois passaient, et avec eux, mon anxiété grandissait. J’étais de plus en plus épuisée à mon réveil. Je n’arrivais même plus à bien marcher. Je ne comprenais pas ce qu’il m’arrivait. À l’hôpital, une batterie d’examens avait été faite sans rien trouver d’anormal. J’étais inquiète, mais les gynécologues étaient confiants. Ils disaient que je devais me détendre et que les choses allaient venir seules, que j’étais encore bien jeune. Mon beau-père était le seul à m’écouter réellement. Il prit à cœur mon problème. Il me serra dans ses bras pour me rassurer que j’aurais bientôt un bébé. Une année s’était écoulée, puis une deuxième sans bonne nouvelle. Je commençais à me dire que j’étais stérile. J’aurais sombré si je n’avais eu à mes côtés mon mari et son père, qui ne cessaient de m’encourager. J’avais une famille en or. Les rêves avaient disparu durant quelques semaines pour revenir de plus belle. Je m’en ouvris à ma meilleure amie. Elle me rassura que ce n’était qu’un rêve et que tout le monde pouvait en faire. Elle dit que le subconscient pouvait faire remonter en surface nos envies et désirs refoulés, non comblés. J’avais une vie sexuelle épanouissante. Il n’y avait aucune raison pour que mon subconscient puisse me faire vivre des choses que je vivais déjà dans le réel avec mon mari. Mais je gardai mon calme. Un matin, je me levai et sentis quelque chose entre mes cuisses. C’était un liquide blanchâtre, collant et épais, en grande quantité. J’avais hurlé. Carlos était venu me trouver dans la chambre. — Que se passe-t-il ? — Regarde chéri, regarde. C’est quoi ça…? Je lui montrais ma culotte pleine de ce liquide. Il me dit après avoir regardé. — Les pertes blanches peut-être… ? Je secouai la tête. — Non, ce n’est pas ça ! J’aurais su si c’était les pertes blanches. Mon mari me dit que j’avais peut-être attrapé une infection. Mais où ? Comment et avec qui ? Je me rendis à l’hôpital pour me rassurer. Le médecin me dit à la fin de ma visite : « Je vais vous mettre sous antibiotique. » Il n’avait pas pu déterminer l’origine de ce liquide ! Tout revint presque à la normale. Depuis mon mariage, j’avais eu peu de contact avec ma mère. Je lui en voulais toujours. Elle m’avait pourtant rassurée que mon père avait changé. « Il a cru en Dieu, Clarisse. Il a donné sa vie au Seigneur. Il est devenu bon. » J’avais éclaté de rire. « Ces gens ne changent jamais, maman. Et cesse de parler de Dieu comme de quelqu’un qui fait des miracles. J’espère pour toi qu’il ne te tuera pas avec les coups. » Ma mère cessa de me parler de mon père. J’avais besoin d’elle dans cette période difficile que je traversais. La dernière fois que je l’avais vue, je lui avais dit que tout allait bien pour moi. Je n’avais pas osé lui confier que je vivais avec un homme dans mes rêves depuis deux ans. Personne, pas même mon mari, ne pouvait deviner ce que je vivais intérieurement. Je souriais, mais à l’intérieur, je me mourais. Je

Foi et vaccination ne s’excluent pas mutuellement

Les chefs religieux des communautés chrétiennes, hindoues et musulmanes du Kenya ont récemment soutenu les efforts du gouvernement pour vacciner la population contre le Covid-19. Ils ont appelé leurs fidèles à éviter les mythes et les idées fausses associés au vaccin et à se faire vacciner, afin de mieux se protéger des maladies graves et des hospitalisations, alors que le Kenya intensifie ses efforts de vaccination. C’est une avancée importante. Et nous devons voir davantage de ce genre d’action sur tout le continent. Comme dans de nombreuses autres régions, la religion joue un rôle central en Afrique. Plus de 90 % des citoyens africains s’identifient à une religion particulière. Au Kenya, 71 % des citoyens consultent des chefs religieux. En tant que chefs religieux, nous devons mesurer le poids de cette responsabilité. Lorsque le Covid-19 a frappé, les organisations religieuses ont été durement touchées. Bien que beaucoup se soient tournées vers les services en ligne, ceux-ci étaient loin d’être un substitut idéal, surtout à un moment où les fidèles avaient plus que jamais besoin de ressentir un sentiment de communauté, dans un contexte d’anxiété accrue, de perte, et d’avenir incertain. Mais c’était notre meilleur recours pour sauver des vies. En tant que chefs religieux, nous avons donc suivi les conseils des experts en santé publique. A travers le continent, les chefs religieux ont pris conscience du rôle crucial qu’ils jouent dans la lutte contre la propagation du Covid-19 et dans l’éducation de leurs fidèles pour assurer leur sécurité personnelle, de la même manière qu’ils ont joué un rôle essentiel dans l’éducation des communautés sur le VIH/sida. J’ai été le témoin direct de l’impact déchirant que le Covid-19 a eu sur ma congrégation. J’ai donc été soulagé lorsque les vaccins sont devenus disponibles au Kenya. Cependant, les mythes et les théories de la conspiration ont fait peser une lourde menace sur les campagnes de vaccination auprès de nombreuses personnes – y compris dans ma propre congrégation – qui se méfient du vaccin. Certains pensent qu’il a été introduit à la hâte. D’autres s’interrogent sur son effet possible sur la fertilité. D’autres encore pensent que la prise du vaccin va peut-être à l’encontre de la volonté de Dieu. À mon avis, la religion – et par extension les chefs religieux – doivent contribuer au plus grand bien de l’humanité. Dieu a fourni aux scientifiques la sagesse nécessaire pour développer ces vaccins. Les vaccins ont été développés à une vitesse incroyable. En tant que chrétien, je vois cela comme une bénédiction et un miracle de la grâce : Dieu, dans sa souveraineté, travaillant à travers les scientifiques, les décideurs et les régulateurs pour accélérer le processus de développement des vaccins. Nous ne devrions pas opposer la foi et la science. Elles sont complémentaires – et ne s’excluent pas mutuellement. Il ne fait aucun doute que des actions de sensibilisation fondées sur la foi et soutenant des approches scientifiques peuvent contribuer à faire accepter les vaccins. Pour ma part, je recommande à mes fidèles et à l’ensemble de la communauté de se faire vacciner, car c’est le seul moyen de parvenir à la reprise économique et à un semblant de normalité. 

Pour les marocains « la femme manque de raison et de foi » !

Pour les marocains «  la femme manque de raison et de foi » !

J’entends souvent cette prière « que Dieu t’envoie un homme de bonne famille pour y’satrak* » faite à l’égard d’une jeune fille ou d’une femme divorcée. Ce qui me dérange dans cette prière est « y’satrak* » ! Je me demande alors, par rapport à quoi l’homme doit-il la couvrir ? Ceci me dérange car cela me fait penser à un conseil que l’on donnerait à un proche qui vient de commettre une grave erreur « couvre ce que Dieu a couvert». Je me demande donc, quelles erreurs a commis la femme pour prier le Ciel de sa couverture rapide par le mariage, en l’occurrence par un homme ? L’analyse est composée de deux points, le premier concernant le délire masculin des déficiences de la femme, le deuxième, les réels défauts de l’homme couverts par la femme. 1- Les raisons délirantes des défauts de la femme a- Parce qu’elle est femelle ? Pour le mâle marocain et arabe, la femme est déficiente dans tous les domaines, ainsi ils répètent sans cesse « la femme manque de raison et de foi ». Donc, la femme est handicapée et a besoin d’un homme pour l’assister. Si la femme était réellement déficiente mentalement, tout ce qu’elle fait alors pour l’homme serait considéré comme un « abus de personne handicapée » et elle aurait donc besoin de protection juridique ! b-Parce qu’elle est «awra»** ? La femme est considérée dans la culture arabe « awra »** et elle a besoin de celui qui la couvre. Pour cette raison, elle est obligée de se couvrir de vêtements bien précis pour ne pas provoquer sexuellement  les hommes. Je me demande alors, comment une femme  «awra»**, déficiente en tout et handicapée, peut représenter un danger pour la sureté spirituelle de l’homme ? Ce dernier est-il faible à ce point devant la femme et ses handicaps? Qui est véritablement déficient mentalement et spirituellement, l’homme ou la femme ? Qui doit couvrir ses faiblesses et ses défauts, l’homme ou la femme ? Bien que la femme ait fait preuve dans le monde entier de sa supériorité, de ses capacités et compétences (femme ministre, professeur d’université, colonel, astronaute, chef d’état …), l’homme arabe continue de clamer haut et fort « la femme manque de raison et de foi» et la couvre d’un linceul noir durant sa vie avant de la couvrir d’un linceul blanc à sa mort. c-Parce qu’elle a un hymen ? Malgré le fait que 10 à 20% de filles naissent sans hymen, la mariée sans cette membrane est considérée comme une honte. Mais je me demande, si la femme est considérée comme déficiente mentale, pourquoi la juge-t-on alors injustement si elle a perdu son hymen ? Au contraire, ceci est preuve qu’elle a été victime d’abus sexuel par l’homme fort et sage, qui a exploité son manque de raison et de foi. En l’occurrence, c’est lui qui est une honte ! 2- Les déficiences masculines En réalité, la femme couvre bien les handicaps masculins et je vais en citer deux exemples. a- L’impuissance sexuelle Physiologiquement, la femme est plus puissante sexuellement que l’homme. Par exemple, suite à un rapport sexuel, l’homme a besoin d’une période de repos avant d’entreprendre un deuxième rapport.  Ce temps varie d’un homme à un autre et peut aller de quelques minutes ou heures à quelques jours. Par contre la femme, peut avoir plusieurs rapports sexuels successifs sans nécessité de temps de repos. La femme est donc plus apte à se marier avec plusieurs hommes car elle peut les satisfaire l’un après l’autre dans la même soirée, contrairement à l’homme ! Aussi, avec l’âge l’homme perd ses performances sexuelles de façon plus rapide que la femme. Sans oublier que l’homme arabe souffre du complexe de la taille de sa verge. Il est évident que la femme couvre les déficiences de l’homme sans le dénoncer, parce que sa vision du mariage et de la vie familiale est totalement plus évoluée et sa vie conjugale ne se limite par au sexe. b-L’homme, totalement dépendant de la femme La femme est beaucoup plus mature émotionnellement, intellectuellement et autonome par rapport à l’homme. Elle est capable de vivre sans homme et d’assurer facilement son équilibre émotionnel et même sexuel. A l’inverse, l’homme est incapable de vivre sans la femme et il se sent perdu comme un enfant sans sa mère. Evidemment, ceci est naturel. Par exemple, une veuve se remarie rarement et préfère veiller sur ses enfants jusqu’à sa mort. En revanche, le veuf se remarie rapidement et le plus souvent dans la même année de la perte de son épouse. En réalité, la prière aurait pu être « que Dieu t’envoie, mon fils, une femme qui couvre tes faiblesses et tes défauts ». *te couvrir ** « awra » désigne les parties intimes comme l’appareil génital. Dans la tradition arabe la totalité du corps de la femme (sauf visage, mains, pieds) est considérée une partie intime qui doit être couverte. Docteur Jaouad MABROUKI Expert en psychanalyse de la société marocaine et arabe