Affaire Bossembélé : un témoin accuse François Bozizé d’avoir ordonné son arrestation

Après une courte pause en début de semaine, les audiences consacrées aux crimes contre l’humanité se poursuivent devant la Cour pénale spéciale (CPS). Lors de l’audience du 27 août, les juges ont entendu le témoignage de Bienvenu Ngaro, qui est revenu sur les événements qu’il dit avoir vécus après l’incendie du supermarché Rayan.

À la barre, Bienvenu Ngaro a affirmé que les accusés présents devant la Cour ne seraient pas responsables de son arrestation. Selon son témoignage, c’est l’ancien président François Bozizé qui aurait directement ordonné son emprisonnement après l’incendie du supermarché Rayan.

Interrogé sur d’éventuelles violences qu’il aurait subies de la part de Vianney Semndiro au centre militaire de Bossembélé, le témoin a déclaré n’avoir subi aucune violence de sa part. Il a, au contraire, évoqué un geste d’aide de l’accusé lors de la visite d’un proche en prison.

À la question : « Qu’est-ce qu’on vous reprochait ? », le témoin a donné des précisions sur les motifs figurant dans ses documents d’arrestation. Il affirme y avoir été accusé d’association de malfaiteurs, d’incendie volontaire et de violences.

Des déclarations sur les conditions de détention

Autre élément de son témoignage, contrairement à d’autres victimes entendues précédemment, Bienvenu Ngaro affirme que les détenus avaient la possibilité de recevoir des visites.

Concernant François Bozizé, il a confirmé que l’ancien président se rendait régulièrement au centre militaire de Bossembélé, tout en précisant ne l’avoir jamais rencontré durant sa détention.

Le témoin a également déclaré n’avoir jamais vu ni entendu parler de Charles Massy. Firmin Junior Danboy et Eugène Ngaïkosset lui seraient également inconnus.

Au terme de son témoignage, Bienvenu Ngaro a demandé réparation. Il affirme que son emprisonnement lui a fait perdre son emploi et a eu des conséquences sur son équilibre psychologique.

Les audiences, suspendues en fin de journée, doivent reprendre ce vendredi avec les interventions du parquet, des avocats de la partie civile et de la défense. Ces derniers devront notamment apporter leurs observations sur les éléments évoqués au cours des audiences.

Dans « l’affaire dite de Bossembélé », l’ancien président François Bozizé, Firmin Junior Danboy et Eugène Ngaïkosset et Vianney Semndiro sont poursuivis pour crimes contre l’humanité, pour des faits qui auraient été commis à Bossembélé, Bouar et Bangui entre février 2009 et mars 2013.

Radio Ndeke Luka

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