Maroc/ Marché des carburants : Des marges brutes en évolution à double vitesse au premier trimestre 2025

Maroc/ Marché des carburants : Des marges brutes en évolution à double vitesse au premier trimestre 2025

Le Conseil de la concurrence a rendu public un nouveau rapport mettant en avant une évolution contrastée des marges brutes par litre du gasoil et de l’essence au titre du premier trimestre   2025. D’après l’institution publique dirigée par Ahmed Rahhou, au cours du premier trimestre de l’année 2025, les neuf sociétés de distribution en gros de gasoil et d’essence – concernées par les accords transactionnels conclus avec le Conseil de la concurrence – ont dégagé une marge brute commerciale moyenne (pondérée en fonction du poids de chaque opérateur sur le segment de la distribution) de 1,24 DH/L pour le gasoil et de 1,95 DH/L pour l’essence. «Les marges brutes réalisées sur la vente de gasoil ont oscillé entre un maximum de 1,46 DH/L (atteint lors de la première quinzaine de février) et un minimum de 0,86 DH/L à la deuxième quinzaine de mars, soit un écart de 60 centimes », précise le document qui analyse également des indicateurs de performance financière au titre de l’année 2024 de ces sociétés de distribution. En ce qui concerne l’essence, les données relatives à l’activité des neuf sociétés sur le marché montrent que «les marges brutes sont nettement plus élevées, dépassant en moyenne celles du gasoil d’environ 72 centimes». Comme le fait remarquer le rapport, elles ont varié entre un maximum de 2,11 DH/L à la première quinzaine de février et un minimum de 1,66 DH/L enregistré à la fin du trimestre. Poursuivant son analyse des données du marché des carburants, le Conseil de la concurrence note que l’évolution des marges brutes sur le trimestre fait apparaître deux périodes distinctes pour les deux carburants. De l’avis de l’institution, la première phase, allant du début janvier jusqu’à la première quinzaine de février, a été marquée par une tendance haussière. En effet, les marges du gasoil sont passées de 1,30 DH/L à 1,46 DH/L, tandis que celles de l’essence ont progressé de 1,95 DH/L à 2,11 DH/L. Dans la deuxième phase, qui s’étend de la deuxième quinzaine de février jusqu’à la fin du mois de mars, il apparaît que les marges ont suivi une tendance baissière. Ainsi que le montrent les données, le gasoil a enregistré une baisse de 60 centimes (de 1,46 à 0,86 DH/L) tandis que pour l’essence, elle s’est établie à 45 centimes (de 2,11 à 1,66 DH/L). Il est important de noter que les ventes totales de gasoil et d’essence réalisées par les neuf sociétés est d’environ 1,67 milliard de litres, ce qui correspond à une baisse de 2% par rapport à la même période de 2024. Dans son rapport, le Conseil de la concurrence fait état, en outre, d’une hausse de 10,4% du volume des importations de gasoil et d’essence, atteignant environ 1,62 million de tonnes, et une baisse de près de 6,9% de la valeur correspondante, totalisant 12 MMDH, en comparaison avec la même période un an auparavant. Par ailleurs, les chiffres suggèrent  que les neuf sociétés de distribution passées au crible ont réalisé près de 82% de ces importations, tant en volume qu‘en valeur. Toujours selon l’institution, les données relatives aux recettes fiscales (TIC et TVA) liées à l’importation de ces deux carburants indiquent qu’elles ont progressé de 6,4% (+412 MDH) par rapport à leur niveau de l’année précédente, atteignant environ 6,86 MMDH. De l’avis du Conseil de la concurrence, «cette amélioration s’explique principalement par l’augmentation des volumes importés de ces deux carburants, en hausse de 10%, ce qui a entraîné une progression notable des recettes issues de la TIC». Quant à l’évolution des capacités de stockage du gasoil et de l’essence, il ressort que la capacité totale disponible à fin mars de l’année 2025 s’élève à 1,57 million de tonnes. Elle traduit ainsi une stagnation par rapport au niveau relevé à la fin du quatrième trimestre de l’année écoulée. Il est important de noter que les neuf sociétés concernées par le reporting détiennent une capacité de stockage combinée d’environ 1,27 million de tonnes, représentant ainsi 81% de la capacité totale du marché. S’agissant du segment de la distribution, le nombre d’opérateurs disposant de l’agrément provisoire pour la reprise en raffinerie de produits pétroliers liquides pour exercer l’activité de distribution s’élève à 36, soit un opérateur de plus par rapport à la fin de l’année 2024. Alain Bouithy

La croissance économique du Maroc atteint 4,8% au premier trimestre 2025

La croissance économique du Maroc atteint 4,8% au premier trimestre 2025

La croissance économique du Maroc s’est améliorée au premier trimestre 2025. Selon les chiffres publiés par le Haut-commissariat au plan (HCP), elle s’est établie à 4,8% contre 3% à la même période de l’année 2024.   Amélioration des activités non agricoles et de celles du secteur agricole, selon le HCP  « Le Produit intérieur brut en volume, corrigé des variations saisonnières, a affiché un accroissement de 4,8% au lieu de 3% au premier trimestre de l’année précédente », a souligné l’institution publique qui tient compte de l’accroissement des impôts sur les produits nets des subventions de 6% au lieu de 6,7%. Dans sa note d’information sur la situation économique nationale au premier trimestre 2025, l’organisme chargé de la production, de l’analyse et de la publication des statistiques officielles au Maroc indique que les activités non agricoles ont affiché une augmentation de 4,6% et celles du secteur agricole une hausse de 4,5%. Dans le détail, la valeur ajoutée du  secteur secondaire en volume, corrigée des variations saisonnières (cvs), est ressortie en hausse de 4,5% au lieu de 3,2% au premier trimestre de l’année précédente. Le HCP justifie cette progression par la hausse des valeurs ajoutées des activités du bâtiment et travaux publics de 6,3% au lieu de 2,5%, de l’électricité et eau de 5% au lieu de 4,2% et des industries de transformation de 3,4% au lieu de 1,7%. Les activités de l’industrie d’extraction en forte baisse L’institution explique également cette variation par le ralentissement des activités de l’industrie d’extraction de 6,7% au lieu de 19,1%. De son côté, le taux d’accroissement de la valeur ajoutée du secteur tertiaire a enregistré une progression au cours des trois premiers mois de l’année, passant de 3,8% durant le même trimestre de l’année écoulée à 4,7% au cours de ce trimestre. Cette progression significative est à mettre sur le compte de l’amélioration des activités de l’hébergement et la restauration qui ont bondi de 9,7% au lieu de 3,2%, des services de l’éducation, de la santé et des activités de l’action sociale, (6,2% au lieu de 5,9%), des services rendus par l’administration publique générale et la sécurité sociale (5,3% au lieu de 3,4%), du commerce et réparation de véhicules (4,3% au lieu de 4%) et des services immobiliers (0,8% au lieu d’une baisse de 1,4%). Il est important de noter que l’évolution de la valeur ajoutée du secteur tertiaire a également été marquée par le ralentissement des activités du transport et entreposage à 4% au lieu de 6,5%, de la recherche et du développement et des services rendus aux entreprises (3,9% au lieu de 4%) et de l’information et la communication (0,5% contre 3,3%). Ce qui explique que « la valeur ajoutée du secteur non agricole a connu une augmentation de 4,6%  durant le premier trimestre 2025 au lieu de 3,6% une année auparavant ». Quant à la valeur ajoutée du secteur primaire, les données montrent qu’elle s’est améliorée au cours du premier trimestre 2025, enregistrant une augmentation de 4,3% au lieu d’une baisse de 4,3% durant la même période en 2024. De l’avis du Haut-commissariat, « cette évolution s’explique par la hausse de l’activité agricole de 4,5% au lieu d’une baisse de 5% une année auparavant et par la baisse de celle de la pêche de  0,3%  au lieu d’une hausse  de 10,6% ». Alain Bouithy Le besoin de financement de l’économie nationale représente 2% du PIB Avec la hausse de 6,9% du PIB à prix courants au lieu de 6,8% au même trimestre de l’année passée et la baisse de 7,5% des revenus nets reçus du reste du monde au lieu d’une baisse de 6,3, le revenu national brut disponible a enregistré une croissance, au premier trimestre 2025, de 6% au lieu de 5,9%. Compte tenu de l’accroissement de 6,7% de la consommation finale nationale en valeur au lieu de 6% enregistré une année auparavant, l’épargne nationale s’est située à 26,8% du PIB au lieu de 27,6%. L’investissement brut (FBCF, variation des stocks et acquisition nette d’objets de valeur) a représenté 28,8% du PIB au lieu de 26,6% durant le même trimestre de l’année précédente. Ce qui dégage un besoin de financement de 2% du PIB.

En dépit du léger recul du taux de chômage à 13,3% au premier trimestre 2025 : La désillusion continue de hanter la jeunesse (Maroc)

En dépit du léger recul du taux de chômage à 13,3% au premier trimestre 2025 : La désillusion continue de hanter la jeunesse (Maroc)

Le taux de chômage a enregistré une légère baisse au titre du premier trimestre 2025. Il est passé de 13,7% à 13,3% au niveau national, annonce le Haut-Commissariat au plan (HCP) soulignant un repli du nombre de chômeurs principalement en milieu urbain. Mais ce qui aurait pu être une bonne nouvelle sur le front de l’emploi ne l’est en réalité que très peu voire pas du tout pour tout le monde puisque le taux de chômage reste particulièrement prégnant chez les jeunes. En hausse de 1,8 point, le taux de chômage parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans passe de 35,9% à 37,7% En effet, malgré cette légère embellie, le taux de chômage « reste plus élevé parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans (37,7%), les femmes (19,9%) et les diplômés (19,4%) », indique l’institution publique dans sa note d’information relative  à la situation du marché du travail au premier trimestre de 2025. La grande désillusion se poursuit donc pour cette catégorie sociale qui accueille désormais avec une certaine réserve les différentes politiques et mesures mises en place par l’Exécutif pour endiguer un tant soit peu le chômage. Il est important de noter qu’après le recul de 40.000 chômeurs en milieu urbain et la hausse de 25.000 en milieu rural, le nombre de chômeurs a baissé de 15.000 personnes entre le premier trimestre de l’année 2024 et celui de 2025. D’après les données recueillies par le Haut-Commissariat, le volume du chômage est passé de 1.645.000 à 1.630.000 chômeurs au niveau national, ce qui correspond à une diminution de 1%. En conséquence, le taux de chômage a « régressé de 0,4 point entre les premiers trimestres de 2024 et de 2025, passant de 13,7% à 13,3%, de 17,6% à 16,6% en milieu urbain (-1 point) et de 6,8% à 7,3% en milieu rural (+0,5 point)», note le HCP précisant qu’il a enregistré une baisse de 0,5 point parmi les hommes, passant de 12% à 11,5%, et de 0,2 point parmi les femmes, passant de 20,1% à 19,9%. S’il a augmenté parmi les jeunes, le taux de chômage a, en revanche, enregistré une baisse parmi les autres catégories d’âge. Ainsi que le relève le HCP dans sa note, il a reculé de « 0,8 point parmi les personnes âgées de 25 à 34 ans, de 22% à 21,2%, de 0,5 point parmi celles âgées de 35 à 44 ans, de 8% à 7,5%, et de 0,6 point pour celles âgées de 45 ans et plus, de 4,5% à 3,9% ». Il ressort également des données que le taux de chômage des diplômés a enregistré une baisse de 0,9 point, passant de 20,3% à 19,4%. Il est important de constater que « cette baisse est plus prononcée parmi les détenteurs de diplômes de techniciens et de cadres moyens (-3,9 points et un taux de 24%) et de diplômes de qualification professionnelle (-3,6 points et un taux de 21,9%)», d’après l’institution. Montée du sous-emploi Une amélioration du taux de chômage en trompe-l’œil ? Sans doute ! En effet, à la hausse du chômage chez les jeunes, il faut ajouter celle du sous-emploi dont le volume est passé, durant la même période, de 1.069.000 à 1.254.000 personnes au niveau national, de 571.000 à 662.000 personnes en milieu urbain et de 499.000 à 592.000 en milieu rural. Le HCP en déduit que « le taux de sous-emploi est passé de 10,3% à 11,8% au niveau national, de 9% à 10% en milieu urbain et de 12,5% à 14,8% en milieu rural ». Dans sa note, il ressort, en outre, que le volume de la population active occupée en situation de sous-emploi en termes de nombre d’heures travaillées est passé de 576.000 à 664.000 personnes au niveau national, le taux correspondant s’étant accru de 5,6% à 6,3%. Par ailleurs, poursuit l’institution, « la population active occupée en situation de sous-emploi en termes d’insuffisance du revenu ou d’inadéquation entre formation et emploi exercé est passée de 493.000 à 590.000 personnes au niveau national. Le taux correspondant est passé de 4,8% à 5,6%». Alain Bouithy

Maroc/Moral des ménages. Un regain de confiance de façade

Maroc/Moral des ménages. Un regain de confiance de façade

53% des ménages s’attendent plutôt à une dégradation du niveau de vie Le moral des ménages s’est légèrement amélioré au premier trimestre de 2025, comparé aussi bien au trimestre précédent qu’au même trimestre de l’année 2024, selon le Haut-commissariat au plan (HCP). Il s’agit du deuxième trimestre consécutif de hausse du moral des ménages, après une quasi stabilité observée au troisième trimestre 2024. D’après l’institution publique, chargée de la production, de l’analyse et de la publication des statistiques officielles au Maroc, « l’’indice de confiance des ménages (ICM) s’est  établi à 46,6 points, au lieu de 46,5 points enregistrés le trimestre précédent et 45,3 points une année auparavant ». A titre de rappel, au quatrième trimestre de 2024, l’ICM s’était établit à 46,5 points, au lieu de 46,2 points enregistrés le trimestre précédent et 44,3 points le même trimestre de l’année précédente, traduisant ainsi un léger regain de confiance. Cette légère amélioration du moral des ménages n’est que de façade. En effet, malgré ce regain, au premier trimestre de 2025, « 80,9% des ménages déclarent une dégradation du niveau de vie au cours des 12 derniers mois, 14,7% un maintien au même niveau et 4,4% une amélioration », révèlent les résultats de l’enquête de conjoncture auprès des ménages. Selon le Haut-commissariat, le solde d’opinion relatif à cet indicateur s’est établi à moins 76,5 points au premier trimestre dernier, contre moins 76,2 points au trimestre précédent et moins 78,1 points au même trimestre de l’année passée. Alors que les ménages se disent légèrement confiants au premier trimestre, 53% des ménages s’attendent à une dégradation du niveau de vie au cours des 12 prochains mois, 40,3% à un maintien au même niveau et 6,7% à une amélioration. En conséquence, « le solde d’opinion sur l’évolution future du niveau de vie est resté négatif à moins 46,3 points, contre moins 46,1 points au trimestre précédent et moins 47,3 points au même trimestre de l’année passée », a fait savoir l’institution. Bien que les perceptions soient moins négatives, l’enquête montre en outre que les craintes des ménages concernant l’évolution du chômage continuent de marquer les esprits; puisque 80,6% des ménages sondés déclarent s’attendre à une hausse du chômage au cours des 12 prochains mois, contre 7,2% qui anticipent une baisse et 12,2% une stagnation. Dans ce cas également, le solde d’opinion relatif à cet indicateur est resté négatif à moins 73,4 points, contre moins 77,2 points au trimestre précédent et moins 77,5 points au même trimestre de l’année passée, selon le HCP. Sans grande surprise, l’enquête a par ailleurs révélé que « 80,1% des ménages considèrent que le moment n’est pas opportun pour effectuer des achats de biens durables, contre 8,1% qui pensent le contraire ». Les données suggèrent ainsi que le solde d’opinion relatif à cet indicateur s’est établi à moins 72 points, contre moins 71,9 points au trimestre précédent et moins 72,9 points au même trimestre de l’année passée. Rappelons toutefois que « 55,8% des ménages estiment que leurs revenus couvrent leurs dépenses, 42% déclarent s’endetter ou puiser dans leur épargne et 2,2% affirment épargner une partie de leur revenu ». A moins 39,8 points, contre moins 38,9 points un trimestre auparavant et moins 40,6 points une année auparavant, le solde d’opinion relatif à la situation financière actuelle des ménages est resté négatif. A noter également que 53,3% contre 4% des ménages considèrent que l’évolution de leur situation financière s’est dégradée au cours des 12 derniers mois. « Cette perception reste ainsi négative, avec un solde d’opinion de moins 49,3 points, contre moins 47,7 points au trimestre précédent et moins 52,7 points au même trimestre de l’année passée », a fait remarquer l’institution. Toujours selon l’enquête, 14,6% des ménages s’attendent à une amélioration de leur situation financière au cours des 12 prochains mois, contre 31% qui prévoient sa dégradation et 54,4% un maintien au même niveau. En conséquence, « le solde d’opinion relatif à cet indicateur s’établit à moins 16,4 points, contre moins 16,3 points au trimestre précédent et moins 13,4 points au même trimestre de l’année passée », a-t-elle déduit. Alain Bouithy

Maroc. L’économique nationale a progressé de 4,2% au premier trimestre 2025

Maroc. L’économique nationale a progressé de 4,2% au premier trimestre 2025

L’inflation aurait atteint +2,2% au lieu de +0,7% un trimestre plus tôt, selon le HCP   Après avoir enregistré une croissance plus modérée à la fin de l’année 2024, le Produit intérieur brut (PIB) du Maroc aurait progressé de 4,2% au premier trimestre 2025, en variation annuelle, selon les estimations du Haut-Commissariat au plan (HCP). Cette hausse du PIB aurait marqué l’ensemble des branches d’activité, notamment les services et les industries extractives, a indiqué l’institution publique dans sa « Note de conjoncture du quatrième trimestre 2024 et perspectives pour les premier et deuxième trimestres 2025 ». « L’économie  nationale aurait connu un regain d’activité au premier trimestre 2025, avec une hausse prévue de 4,2% de la valeur ajoutée hors agriculture, en variation annuelle », ressort-il de sa dernière note de conjoncture. Toujours selon le Haut-Commissariat, la dynamique de la demande intérieure serait restée soutenue. Sous l’effet d’un sensible ralentissement des importations et d’une faible dynamique des exportations, l’apport fortement négatif des échanges extérieurs se serait réduit à -1,1 points. D’après les données recueillies, les services marchands, notamment ceux de l’hébergement, les industries extractives et les activités de construction auraient tiré la croissance, avec une progression de leurs valeurs ajoutées de 13,2%, 6,7% et 6,4% respectivement en variations annuelles. Davantage dépendante des impulsions du commerce extérieur, l’activité manufacturière aurait connu, de son côté, une modération de sa croissance avec une réduction de 0,2 point de sa contribution à la croissance économique, selon les estimations du HCP. Compte tenu d’un redressement de 3,1% des activités agricoles, l’institution en déduit que « le produit intérieur brut aurait augmenté de 4,2% au premier trimestre 2025, en variation annuelle ». En ce qui concerne la demande des ménages, elle serait restée le socle de cette performance, a-t-elle fait savoir. D’après le HCP, « l’amélioration des revenus liée aux mesures socio-fiscales, notamment les augmentations des salaires dans le secteur privé et les administrations publiques et la révision à la baisse de l’impôt sur le revenu, aurait stimulé une hausse de leurs dépenses de consommation de 4,5%, malgré une reprise des prix à la consommation ». Au premier trimestre 2025, l’inflation aurait atteint +2,2% au lieu de +0,7% un trimestre plus tôt, relève, par ailleurs, l’institution dans sa note de conjoncture qui justifie cette évolution par l’augmentation de 3,7% des prix des produits alimentaires et de 1,1% de ceux des produits non alimentaires. Dans sa dernière note, il est indiqué que « l’accélération de l’inflation alimentaire aurait été le fait du renchérissement des prix de l’alimentation de base ». Parmi les hausses qui auraient contribué de manière significative à cette reprise, le Haut-Commissariat cite, en particulier, celles des viandes, persistantes depuis plus de quatre trimestres (+1 point) et des poissons frais (+0,2 point) ainsi que des légumes frais (+0,1 point de contribution). Toujours selon l’institution, cette tendance aurait été également renforcée par les ajustements tarifaires, notamment sur le tabac (+2,9% en janvier). Principalement tirés par l’augmentation de 1% des prix de l’énergie, après -1,1% au trimestre précédent, les prix des produits non-alimentaires auraient affiché une progression modérée au cours de la même période. Enfin, « la composante sous-jacente de l’inflation aurait, pour sa part, légèrement ralenti à 2,3%, après +2,5%, reflétant une moindre dynamique des prix des produits manufacturés ». Alain Bouithy

Congo-Hydrocarbures : Les pétroliers fixent le prix du brut au premier trimestre

Congo-Hydrocarbures : Les pétroliers fixent le prix du brut au premier trimestre

PETROLE. « Les décisions arrêtées aujourd’hui reposent sur une base solide, celle d’une analyse partagée des fondamentaux du marché, d’une anticipation prudente des tendances à venir, et d’une volonté commune de préserver la valeur de notre production nationale. Il ne s’agit pas seulement de fixer les prix, mais de défendre une orientation stratégique qui garantisse la stabilité, la transparence et la soutenabilité de notre politique pétrolière », a dit le directeur du cabinet du ministre des hydrocarbures, M. Macaire Batchi, le 11 avril 2025 à Pointe-Noire, à la fin de la réunion de la fixation des prix pétroliers. Batchi a expliqué par ailleurs qu’il convient également de souligner que la moyenne trimestrielle pondérée des bruts du Congo s’est établie à 76 dollars le baril. Il a ainsi confirmé la compétitivité du panier de brut dans un marché saturé par une production croissante hors organisation des pays exportateurs de pétrole et sous tension géopolitique. Dans ce programme, a-t-il indiqué, la résilience des volumes et l’intérêt maintenu des principaux débouchés, notamment asiatiques, sont des signaux encourageants pour la période à venir. Les prix fiscaux et les différentiels de vente des hydrocarbures produits au Congo, arrêtés au cours de cette réunion comptant pour le premier trimestre 2025, en dollar par baril, se présentent comme suit : Djéno mélange, mois de janvier : le prix fiscal est de 76,311 pour un différentiel de -2,637 ; en février, il est de 73,466 ; pour une différentiel de -1,108 ; en mars, de 72,528 pour un différentiel de -0,560. Nkossa blend, janvier : le prix fiscal est de 76,860 pour un différentiel de -0,350 ; en février, de 73,957 pour un différentiel de +0,750 ; en mars : 75,460 pour un différentiel de +0, 430. Yombo, janvier :82,184 pour un différentiel de +2,950 ; février : 78,105 pour un différentiel de +2,950 ; mars : 75,551 pour un différentiel de +2,950. Nkossa butane, janvier, le prix fiscal est de 62,687 pour un différentiel de 0,00 ; février, de 62,122 pour un différentiel de 0,00 ; en mars : 51,361 pour un différentiel de 0,000. Nkossa propane, janvier, le prix fiscal est de 37,565 pour un différentiel de -0,273 ; en février, de 38,457 pour un différentiel de -0,273 ; en mars : le prix fiscal est de 36,327 pour un différentiel de -0,273. Les moyennes trimestrielles pondérées aux quantités négociées de ces différentes qualités sont les suivantes : Le Djéno mélange : 74,053 dollars par baril avec un différentiel de -1,407 dollars par baril par rapport au Brent daté. Pour le Nkossa Blend : 75,493 dollars par baril avec +0,252 dollars par baril de différentiel par rapport au Brent daté. Pour le Yombo : 78,463 dollars par baril de différentiel par baril avec de différentiel par rapport au Brent daté. Pour le Nkossa Butane : 58,982 dollars par baril avec un différentiel nul par rapport au Butane North West Europ (NWE). Pour le Nkossa Propane : 37,440 dollars par baril avec -0,273 dollars par baril de différentiel par rapport au Propane Mont Belvieu. La moyenne trimestrielle des prix fixés des hydrocarbures au premier trimestre 2025 est de 76,003 dollars par baril, avec un différentiel trimestriel moyen de +0,598 dollars par baril. Cette réunion a été organisée par la société Total Energie EP Congo, conformément à la réglementation en vigueur et en application des dispositions des contrats de partage de production qui stipulent que dans le mois suivant la fin de chaque trimestre, le Congo et les entités du groupe contracteur se rencontreront afin de déterminer de commun accord, pour chaque qualité d’hydrocarbure liquide produite, le prix fixé pour chaque mois du trimestre écoulé. La prochaine réunion est prévue du 9 au 11 juillet 2025 à Pointe-Noire et sera sous la responsabilité de la société Ammat. Cette réunion de fixation des prix fiscaux des bruts commercialisés au Congo, a débuté le 9 avril sous le patronage du ministre Bruno Jean Richard Itoua et a pris fin le 11 avril 2025. Florent Sogni Zaou

Maroc /Secteur des services marchands non financiers : Les patrons s’attendent à une hausse de l’activité au premier trimestre 2025

Maroc /Secteur des services marchands non financiers : Les patrons s’attendent à une hausse de l’activité au premier trimestre 2025

48% anticipent une stabilité des effectifs employés, selon le HCP Les entreprises opérant dans les secteurs des services marchands non financiers s’attendent à une hausse de l’activité au premier trimestre 2025, révèle le Haut-commissariat au plan (HCP). Selon les résultats des enquêtes trimestrielles de conjoncture réalisées par l’institution publique auprès de ces derniers, 37% des patrons du secteur des services marchands non financiers anticipent une augmentation de l’activité globale au premier trimestre 2025. Seuls 8% d’entre eux s’attendent à une baisse, rapporte le HCP. Le Haut-commissariat explique ces anticipations par la hausse de l’activité prévue dans les branches des «Transports terrestres et transport par conduites», de l’«Entreposage et services auxiliaires des transports» et de la «Programmation, conseil et autres activités informatiques». L’institution l’attribue également à la baisse de l’activité prévue dans les branches des «Activités de poste et de courrier» et des «Activités d’architecture et d’ingénierie, activités de contrôle et analyses techniques». Dans sa récente note d’information synthétisant les résultats des enquêtes  conjoncture qu’elle a menées auprès des entreprises relevant de ce secteur, le Haut-commissariat rapporte que 68% des patrons interrogés anticipent une stabilité de la demande au cours des trois premiers mois de l’année et 27% une augmentation. Concernant les effectifs employés, le Haut-commissariat note que 48% des patrons prévoient une stabilité et 31% une augmentation. Il est important de noter que près de la moitié des entreprises (49%) interrogées estime que l’activité des services marchands non financiers aurait connu une baisse au quatrième trimestre 2024. En revanche, ils sont 36% à penser qu’elle aurait enregistré une hausse. D’après les explications du HCP, cette évolution aurait été le résultat de la diminution des activités des «Télécommunications», des «Transports aériens» et des «Activités immobilières». Cette variation est aussi attribuée à  l’augmentation d’activité enregistrée au niveau des branches de l’«Hébergement»,  des «Transports terrestres et transport par conduites» et de l’«Entreposage et services auxiliaires des transports». Commentant l’évolution du taux d’utilisation des capacités de prestation (TUC) du secteur, les patrons des entreprises pensent qu’il  se serait établi à 74%. S’agissant des carnets de commandes du secteur, ils se seraient situés à un niveau normal par 79% des patrons, révèle également l’institution ajoutant que l’emploi aurait connu une stabilité selon plus de la moitié des entreprises (59%), et une baisse selon 22% d’entre elles. Enfin, de l’avis de 76% des entreprises relevant du secteur des services marchands non financiers, « le remplacement d’une partie des équipements et l’extension de l’activité auraient fait l’objet des principales dépenses d’investissements réalisées en 2024 », indique le Haut-commissariat. Alain Bouithy

Maroc. Reprise attendue de la croissance au premier trimestre 2025

Maroc. Reprise attendue de la croissance au premier trimestre 2025

Après une progression modérée de 3% à la fin de 2024  L’économie marocaine devrait retrouver plus de dynamisme au début de 2025, a annoncé le Haut-Commissariat au plan (HCP) soulignant une modération de sa croissance à la fin de 2024. Selon les projections de l’institution publique, en rythme annuel, la croissance du PIB devrait s’accélérer à +3,5%, au terme du premier trimestre 2025. Les données recueillies suggèrent qu’elle aurait atteint 3% au quatrième trimestre 2024. Dans son récent point de conjoncture, le Haut-Commissariat précise toutefois que cette évolution ne sera possible que dans l’hypothèse où « les conditions climatiques s’orientent vers un régime plus pluvieux pendant la saison hivernale, avec des niveaux pluviométriques proches des normales saisonnières ». L’économie nationale devrait progresser de 3,5% au début de l’année, selon le HCP D’après le HCP, hors agriculture, la croissance de l’activité continuerait de dépasser les rythmes tendanciels post-Covid, mais se réajusterait progressivement, pour atteindre 3,7% au quatrième trimestre 2024 et 3,5% au premier trimestre 2025. Selon les projections des experts de l’institution dirigée par Chakib Benmoussa, la demande intérieure resterait le principal moteur de l’activité, avec une hausse de 5,4% au quatrième trimestre ; tandis que les dépenses de consommation maintiendraient leur dynamique, mais la croissance de l’investissement brut se modérerait, après la relance enregistrée au troisième trimestre. Induite par les gains liés aux mesures socio-fiscales appliquées aux employés des secteurs public et privé et à la décélération de l’inflation, « l’amélioration du pouvoir d’achat des ménages soutiendrait une augmentation des dépenses de consommation de 3,2% au quatrième trimestre 2024 et de 3,4% au premier trimestre 2025, en variations annuelles », prévoit le Haut-Commissariat dans son point de conjoncture. La même source indique que la hausse combinée des dépenses de biens et services et de fonctionnement impulserait la consommation des administrations publiques. Alors que les perspectives de modération de la demande étrangère, associées à la hausse anticipée des coûts salariaux, inciteraient les entreprises privées à limiter progressivement leurs projets d’équipement, le HCP s’attend en revanche à ce que les investissements des entreprises publiques dans les infrastructures liées à l’organisation des événements sportifs d’envergure et aux projets de dessalement de l’eau de mer conservent leur dynamique. Ce qui, explique-t-il, devrait favoriser une hausse de  l’investissement brut de 9,8% au quatrième trimestre 2024 et de 8,8% au premier trimestre 2025, en variations annuelles. En ce qui concerne les échanges extérieurs, leur contribution à l’activité resterait négative au cours de cette période, mais pèserait moins lourdement sur l’activité au début de 2025. Des projections du HCP, il ressort qu’en volume, les exportations connaîtraient une légère accélération, affichant un accroissement de 7,1% au premier trimestre 2025, après +6,2% au trimestre précédent ; tandis que « la croissance des importations serait moins soutenue qu’à la mi-2024, sur fond de la modération de la demande intérieure ». Quant aux tensions inflationnistes, elles resteraient contenues, avec une augmentation des prix à la consommation de 0,7% au quatrième trimestre 2024, après +1,3% au trimestre précédent. Selon les explications de l’institution publique, « cette évolution, attribuable, en partie, à un effet de base élevé, aurait résulté d’une hausse de 0,7% au lieu de +1,4% des prix des produits non-alimentaires et de 0,7% au lieu de +1% des prix des produits alimentaires ». A l’inverse, le Haut-Commissariat estime que l’inflation sous-jacente aurait évolué à un rythme légèrement supérieur à celui réalisé un trimestre auparavant, soit +2,5% au lieu de +2,3%, se situant pour le quatrième trimestre consécutif au-dessus de l’inflation globale. Cette évolution serait justifiée par « la hausse des prix des produits alimentaires non frais, mais également par l’augmentation de 1,4% et 0,6% de ceux des services et des produits manufacturés », a-t-il conclu. Alain Bouithy