Les patrons marocains s’engagent dans la dynamique de la transformation

Les patrons marocains s’engagent de plus en plus à introduire des transformations au sein de leur entreprise, selon les conclusions d’une étude menée, entre mai et juillet 2017, par le cabinet Optimum Conseil en collaboration avec la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM). L’enquête a été réalisée auprès d’un échantillon d’environ 200 dirigeants d’entreprises des secteurs d’activités les plus représentatifs de l’économie marocaine dont 69% ont un chiffre d’affaires supérieur à 100 MDH et plus de 35% emploient plus de 500 personnes. L’étude, dont les principaux résultats ont été présentés, mercredi 18, à Casablanca, a porté sur le thème « Les patrons marocains face à la transformation de leur entreprise». « Aujourd’hui il n’existe pas d’étude sur la place sur ce sujet là alors que la transformation est une réalité et c’est un fait de gouvernance et de management. Les entreprises qui veulent être pérennes, compétitives et agiles doivent intégrer un mode de management et des organisations qui favorisent la transformation », a fait observer Assia Benhida Aiouch, directeur général d’Optimum Conseil. Cette étude a ainsi permis de mettre en lumière « les enjeux et défis des opérateurs économiques, représentatifs des secteurs qui drivent l’économie marocaine : menaces et opportunités, enjeux et défis stratégiques, difficultés rencontrées pour opérationnaliser leurs stratégies, leviers de transformation actionnés (politiques, organisationnels, humains…) », a-t-elle indiqué. Selon cette étude, les dirigeants des entreprises marocaines sont de plus en plus conscients que la réussite de leurs stratégies s’accompagne de paliers de transformation successifs, menés progressivement sur la durée. Quels que soient les défis stratégiques, les secteurs ou la typologie d’entreprise, elle a surtout montré que « la transformation est devenue non seulement un processus permanent, mais surtout un élément fondamental du management et de la gouvernance des entreprises », a expliqué Karim Tazi, directeur associé au sein du cabinet Optimum Conseil. D’après ce dernier, 73% des dirigeants sondés ont affirmé avoir mené des changements structurants au cours des trois dernières années qui ont significativement modifié leurs organigrammes, le mode de fonctionnement, la culture et le management, la relation avec leurs clients… Selon les auteurs de l’étude, les transformations se pratiquent généralement au sein des entreprises de plus de 600 MDH (soit environ 90%), et principalement dans quatre secteurs: financier (93%), énergie (92%), IT-Télécoms (82%) et industrie (75%). En dépit des difficultés inhérentes à la pratique de transformation, maîtriser le temps (50%), faire évoluer la culture d’entreprise ( 45%), la non adhésion des équipes face aux changements (26%) et la difficulté à définir une vision claire (21%), plus de la moitié des dirigeants (58%) estiment que leurs projets de transformation ont au moins atteint partiellement leurs objectifs. C’est le cas notamment dans le secteur de l’énergie (75%), des services (68%), d’IT-Télécoms (67%) et du secteur financier (66%) où ont été relevés les meilleurs taux de réalisation des objectifs contre 35¨% seulement dans le secteur du commerce-distribution. A noter que les leviers de la transformation ont concerné en général le changement d’organisation (62%), le développement des compétences (40%), la culture et valeur d’entreprise (31%) ou encore le changement de système d’information et le développement des effectifs et intégration de nouvelles ressources (30%). Si les chefs d’entreprise se réjouissent d’avoir identifié des opportunités dans le commerce digital (51%), l’ouverture sur l’international (45%) et les mutations technologiques (43%), l’étude a montré qu’ils restent préoccupés par des menaces structurelles telles que l’économie informelle (52%), les ressources humaines (44%), la concurrence (35%), l’environnement législatif (34%) et la règlementation fiscale (33%). Sur les enjeux stratégiques des entreprises, il est ressorti que la plupart ders dirigeants considèrent comme défis majeurs : l’amélioration des performances commerciales (60%) et opérationnelles (59%), l’innovation au service de la croissance (52%) et la réussite du développement à l’international (37%). Paradoxalement, ils sont peu nombreux à prioriser la réussite de la transformation digitale des produits et services (27%), un faible taux qui a quelque peu surpris Hakim Marrakchi, vice-président de la CGEM regrettant que la digitalisation ne soit pas encore appréhendée. Plus inquiétant, peu d’entre eux ont montré un intérêt à la préparation de la succession et la relève ou encore à mettre le client au centre de l’entreprise (25%). « Les résultats de cette étude nous permettent de faire progresser notre réflexion de fond sur les sujets pour lesquels nous conseillons et accompagnons nos clients. Etant à l’écoute de l’évolution des préoccupations des dirigeants, nous créons ainsi de la valeur pour leurs projets d’entreprises et de transformation », a conclu Assia Benhida Aiouch.
Maroc: Les patrons ont le blues

Points de vue mitigés sur les activités du troisième trimestre et ébauche d’optimisme pour la fin de l’année Les chefs d’entreprises marocains sont restés partagés sur l’évolution des activités au titre du troisième trimestre 2016, si l’on en croit la dernière enquête trimestrielle de conjoncture réalisées par le Haut-commissariat au plan (HCP). Cette étude recense les principales appréciations des chefs d’entreprises opérant dans les secteurs de l’industrie manufacturière, des mines, de l’énergie, de l’environnement ainsi que dans celui de la construction. En ce qui concerne la production industrielle manufacturière, il ressort de l’enquête que près de la moitié des patrons (44%) pensent qu’elle a connu une stabilité au troisième trimestre 2016, alors que 30% jugent au contraire qu’elle a été marquée par une baisse. Seuls un quart des chefs d’entreprises parlent d’augmentation. Les dirigeants d’entreprises industrielles attribuent cette évolution à la baisse de la production dans les branches de la «fabrication d’autres produits minéraux non métalliques» et de la «fabrication de produits à base de tabac » d’une part, et la hausse de la production dans les branches des «industries alimentaires», de la «fabrication de boissons» et de l’«industrie chimique» d’autre part. «Les carnets de commandes du secteur ont été jugés d’un niveau normal par 64% des chefs d’entreprises et inférieur à la normale par 22%. L’emploi aurait, selon 41% des patrons, connu une stagnation. Dans ce contexte, le taux d’utilisation de la capacité productive (TUC) se serait établi à 70% au 3ème trimestre 2016», a noté le HCP. Du côté du secteur de l’industrie extractive, la majorité des patrons parlent de hausse de la production qui serait imputable à une amélioration de la production d’«autres industries extractives», dominée par les phosphates. Notons, par ailleurs, que la plupart d’entre eux estiment que la situation des carnets de commandes a été d’un niveau normal et que l’emploi a connu une stabilité. Ainsi, le TUC se serait établi à 80%. Même tendance du côté de l’industrie énergétique qui aurait connu une hausse due à une amélioration de la «production et distribution d’électricité, de gaz, de vapeur et d’air conditionné», selon la majorité des dirigeants. En revanche, plus de la moitié des chefs d’entreprises estiment que la production de l’industrie environnementale a enregistré une diminution. Ce recul serait du à la baisse de l’activité du «captage, traitement et distribution d’eau», a relevé le HCP. N’empêche que la totalité des chefs d’entreprises des deux secteurs, énergétique et environnemental, jugent d’un niveau normal les carnets de commandes passés durant cette période. Autre signe positif, la majorité des patrons du secteur énergétique et plus de la moitié des chefs d’entreprises du secteur environnemental estiment que l’emploi a connu une hausse. Dans ces conditions, a relevé le HCP, le TUC aurait atteint 89% pour l’industrie énergétique et 83% pour l’industrie environnementale. Du côté du secteur de la construction, 61% des patrons relèvent que l’activité a connu une stabilité alors que 27% d’entre eux pensent qu’elle a baissé. La stabilité de l’activité de la «construction de bâtiments» et de «génie civil» aurait particulièrement contribué à cette évolution, pensent-ils. Notons que la moitié des patrons (50%) estiment que la situation des carnets de commandes est d’un niveau normal, alors que 39% la jugent inférieure à la normale. Dans tous les cas, l’emploi aurait connu une stabilité pour 73% des patrons et le taux d’utilisation de la capacité productive (TUC) se serait établi ainsi à 64%. A noter que les anticipations au quatrième trimestre des chefs d’entreprises sont globalement plutôt optimistes. C’est notamment le cas dans le secteur de l’industrie où 36% des patrons pronostiquent une hausse de la production industrielle manufacturière au quatrième trimestre 2016. Cette amélioration serait due à la hausse de l’activité des «industries alimentaires», de l’«industrie chimique» et de la «métallurgie». Autre indice positif, presque autant de chefs d’entreprises (35%) prévoient une augmentation des effectifs employés. Optimistes, la majorité des patrons pronostiquent également une hausse de la production de l’industrie extractive qui serait due principalement à une amélioration de la production des phosphates. Presque tous (91%) prévoient une stabilité au niveau des effectifs employés. Cet optimiste n’est pas partagé au niveau de l’industrie énergétique. En effet, selon près des trois quarts des chefs d’entreprises, l’activité connaîtrait une baisse de la production due à une diminution de la «production et distribution d’électricité, de gaz, de vapeur et d’air conditionné». Le pessimisme gagne aussi l’industrie environnementale où plus de la moitié des industriels (55%) pensent que sa production devrait baisser dans les activités du «captage, traitement et distribution d’eau», notamment. «L’emploi connaîtrait une baisse selon plus des trois quarts des patrons du secteur énergétique et une hausse selon plus de la moitié des chefs d’entreprises du secteur environnemental», a noté le HCP. En ce concerne l’activité du secteur de la construction, on retiendra un mot : stabilité. Selon près de 64% des chefs d’entreprises, qui prédisent une quasi-stabilité des effectifs employés, cette stabilité caractériserait principalement l’activité des branches des «travaux de construction spécialisés» et de la «construction de bâtiments».