Le FMI préconise une nouvelle approche des politiques actives du marché du travail

Le FMI préconise une nouvelle approche des politiques actives du marché du travail

Concédant involontairement l’échec du gouvernement en matière de création d’emplois au Maroc C’est un point de vue qui semble être passé inaperçu. Pourtant, au terme de son séjour au Maroc (du 27 janvier au 7 février), une équipe des services du Fonds monétaire international (FMI), dirigée par Roberto Cardarelli, s’est brièvement exprimée sur la question cruciale de la création d’emplois au Royaume. En effet, dans son évaluation des consultations de 2025 au titre de l’article IV, la mission du FMI a exhorté les autorités marocaines à changer d’approche, laissant ainsi entendre, sans en avoir l’intention, que les politiques et mesures mises en place par l’exécutif pour réduire le chômage, dont le taux est passé de 13% à 13,3% en 2024, ont atteint leurs limites. «Pour stimuler la création d’emplois, il convient de mettre en œuvre une nouvelle approche des politiques actives du marché du travail, en se concentrant sur la main-d’œuvre perdue dans le secteur agricole en raison de la succession des sécheresses », a estimé le chef de mission du FMI. D’après lui, « il faudrait s’attacher tout particulièrement à encourager la croissance des petites et moyennes entreprises (PME) et à favoriser leur intégration dans les chaînes de valeur sectorielles ». Les réformes structurelles doivent être axées sur le renforcement de la création d’emplois, selon l’institution De l’avis de la mission, qui s’est entretenue avec les autorités marocaines au sujet des consultations de 2025 au titre de l’article IV, « les réformes structurelles doivent être axées sur le renforcement de la création d’emplois, notamment en ciblant mieux les politiques actives du marché du travail ».  Supprimer les distorsions réglementaires qui entravent la croissance des entreprises Elle appelle ainsi à consolider les programmes de soutien aux petites et moyennes entreprises et à supprimer les distorsions réglementaires qui entravent la croissance des entreprises. Il est important de noter que sur la base des observations préliminaires de cette mission, les services du FMI établiront un rapport qui, sous réserve de l’approbation de la direction, sera présenté au conseil d’administration pour examen et décision, comme le rappelle l’institution sur son site web. Il est à rappeler que le volume du chômage a atteint 1.638.000 personnes au niveau national au terme de l’année 2024, traduisant une hausse du nombre de chômeurs de 58.000 personnes. « Cette hausse est la conséquence d’un accroissement de 42.000 chômeurs en milieu urbain et de 15.000 en milieu rural », a indiqué le Haut-commissariat au plan (HCP) dans sa dernière note d’information relative à la situation du marché du travail en 2024. En conséquence, le taux de chômage est passé de 13% à 13,3% au niveau national, de 16,8% à 16,9% en milieu urbain et de 6,3% à 6,8% en milieu rural, a fait savoir l’institution publique notant qu’il reste plus élevé parmi les jeunes de 15 à 24 ans, les diplômés et les femmes. D’après le Haut-commissariat, il a augmenté de 1,1 point parmi les femmes, de 18,3% à 19,4%, et de 0,1 point parmi les hommes, passant de 11,5% à 11,6% et cette hausse a concerné l’ensemble des catégories d’âge. Dans le détail, « le taux de chômage est passé de 35,8% à 36,7% (+0,9 point) parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans, de 20,6% à 21% (+0,4 point) pour les personnes âgées de 25 à 34 ans, de 7,4% à 7,6% (+0,2 point) pour celles de 35 à 44 ans, et de 3,7% à 4% pour celles de 45 ans et plus (+0,3 point) », a-t-il indiqué. Quant au volume du sous-emploi, il est passé, durant la même période, de 1.043.000 à 1.082.000 personnes au niveau national, de 560.000 à 585.000 en milieu urbain et de 483.000 à 496.000 en milieu rural. La même source précise : «Le taux de sous-emploi a ainsi augmenté de 9,8% à 10,1% au niveau national, de 8,7% à 8,9% en milieu urbain et de 11,6% à 12,2% en milieu rural ». Le Haut-commissariat indique également que les secteurs ayant connu une hausse du sous-emploi sont l’ »agriculture, forêt et pêche » avec 0,9 point (de 11,2% à 12,1%), les BTP avec +0,4 point (de 19,2% à 19,6%) et les « services » avec +0,2 point (de 7,7% à 7,9%). Alain Bouithy

Une nouvelle approche pour une meilleure efficacité

Une nouvelle approche pour une meilleure efficacité

Prévu en septembre 2024, le prochain Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH) sera placé sous le signe de la digitalisation, a annoncé le Haut-Commissaire au plan, Ahmed Lahlimi Alami. S’inscrivant dans le contexte de la transformation digitale des lignes de produits et de services, amorcée par le Haut-Commissariat au plan (HCP) depuis 2019, ce Recensement « se caractérise, sous cet angle, par une rupture par rapport aux recensements passés », a-t-il déclaré lors d’un point de presse tenu jeudi 23 au siège de l’institution publique chargée de la production, de l’analyse et de la publication des statistiques officielles au Maroc. Il importe de rappeler que cette opération statistique de dénombrement de  la population marocaine sera réalisée en application des Orientations de Sa Majesté le Roi et en conformité avec les recommandations de la Commission statistique des Nations unies de réaliser le recensement de la population au moins une fois tous les dix ans, comme l’a souligné le Haut-Commissaire au plan. La rupture promise « se fera au bénéfice d’une efficacité opérationnelle et d’une optimisation du coût budgétaire de l’ensemble du processus de réalisation du prochain recensement », a indiqué Ahmed Lahlimi Alami au cours de cette rencontre dédiée à la présentation des travaux préparatoires du RGPH 2024. Selon lui, elle se traduira à trois niveaux : les travaux cartographiques, qui en constituent la base géographique, économique et humaine; le mode de collecte des données auprès des ménages, leur exploitation et leur diffusion ainsi que le recrutement et la formation des agents d’exécution. En ce qui concerne les travaux cartographiques, le Haut-Commissaire au plan a indiqué que la solution informatique comporte des modules mobiles sur les tablettes utilisées par les enquêteurs ainsi que des modules web destinés au suivi des travaux de terrain au niveau central, régional et provincial. Comme cela a été expliqué, ces applications permettent le découpage du territoire national en «districts de recensement» pour assurer, lors de l’exécution du recensement, le dénombrement exhaustif de la population, sans risque d’omission ni de doublons, et pour arrêter les ressources humaines et matérielles nécessaires. Et Ahmed Lahlimi Alami de préciser que « cette solution couvre également la cartographie géoréférencée des établissements économiques et la collecte des données relatives à leurs activités et ressources humaines ». S’agissant de la collecte des données auprès des ménages, le Haut-Commissaire  au plan a assuré que leur exploitation et leur transfert sécurisé au centre de gestion des données seront réalisés en temps réel sur tablette intégrant les tests de validité, de cohérence et de vraisemblance. Ce qui, a-t-il insisté, permettra la diffusion des résultats du recensement dans les meilleurs délais. Mis à part cela, la « collecte informatisée permet évidement d’éliminer les coûts associés à l’impression, au transport, au traitement et à l’archivage des questionnaires au format papier », a-t-il fait savoir. Par ailleurs, étant donné que le but visé par la nouvelle approche adoptée au cours de cette opération est de couvrir le maximum de données utiles et d’en assurer la disponibilité au niveau des unités territoriales de base les plus fines, le HCP annonce qu’il sera procédé à la collecte des données auprès des ménages par un double questionnaire. Destiné à l’ensemble de la population, le premier questionnaire couvre spécifiquement les données sur les structures démographiques ainsi que les phénomènes rares tels que la migration internationale et la mortalité. Plus détaillé, le deuxième questionnaire permet d’introduire de nouvelles thématiques (événements démographiques, protection sociale, usage des TIC, migration internationale et environnement) et d’approfondir celles existantes (démographie, éducation, activité, mobilité, handicap, conditions d’habitat). L’idée étant de permettre d’appréhender les données requises pour le suivi du nouveau modèle de développement et des objectifs de développement durable. Il sied de signaler que « ce questionnaire détaillé est adressé à l’ensemble de la population des communes de moins de 2.000 ménages et à un échantillon de 20% des ménages des communes dont la taille est supérieure ou égale à 2.000 ménages », a précisé le Haut-Commissaire. A noter qu’un premier test en temps réel est en cours de réalisation dans la région de Rabat-Salé-Kénitra en vue d’évaluer aussi bien la solution informatique que l’approche méthodologique. L’opération dont la fin est prévue vers la fin du mois de février 2023 sera suivie du lancement des travaux cartographiques et de la cartographie des établissements économiques sur tout le territoire national au début du mois d’avril 2023 pour une période de 14 mois. Quant au recrutement des agents d’exécution du recensement, Ahmed Lahlimi Alami a annoncé «une nouvelle approche au recrutement, après leur formation, des enquêteurs et des superviseurs qui seront chargés d’encadrer les différentes phases de réalisation du recensement », indiquant que  le processus de formation  sera accessible au grand public. Alain Bouithy