L’ONU somme Israël de renoncer au projet de colonie E1, qui couperait la Cisjordanie en deux

L’ONU somme Israël de renoncer au projet de colonie E1, qui couperait la Cisjordanie en deux

Alors qu’Israël est sur le point de prendre le contrôle militaire de la ville de Gaza, un nouveau front s’ouvre en Cisjordanie. Le gouvernement israélien a donné mercredi son feu vert définitif à la création de la colonie dite E1, à l’est de Jérusalem – en plein territoire palestinien occupé. Un projet illégal, selon l’ONU, qui couperait la Cisjordanie en deux, compromettant, de fait, la création d’un État palestinien. Depuis Yokohama, au Japon, António Guterres a sonné l’alarme. « Toute construction de colonies constitue une violation du droit international », a rappelé le Secrétaire général de l’ONU. S’il voyait le jour, le projet romprait le dernier corridor entre la ville palestinienne de Ramallah, au centre de la Cisjordanie, et celle de Bethléem, plus au sud. Et le chef de l’ONU d’ajouter : « La décision des autorités israéliennes d’étendre la construction illégale de colonies, divisant ainsi la Cisjordanie, doit être révoquée ». Initialement élaboré dans les années 1990, puis rejeté sous la pression internationale, le plan approuvé par Israël consiste à implanter 3.400 logements dans un espace de 12 kilomètres carrés, qui relierait Jérusalem-Est à la colonie israélienne de Maalé Adoumim. Une menace existentielle La nouvelle colonie de peuplement accentuerait l’isolement des localités palestiniennes. Déjà fragmentée par le mur de séparation et la présence de nombreux checkpoints, la Cisjordanie se verrait transformée en un puzzle inextricable. « La poursuite de ce projet représente une menace existentielle pour la solution à deux États », a averti mercredi le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric. « Il diviserait le nord et le sud de la Cisjordanie et aurait de graves conséquences pour la contiguïté territoriale du territoire palestinien occupé ». La zone concernée est actuellement habitée par environ 5.000 Palestiniens, lesquels ont reçu l’ordre d’évacuer avant l’arrivée des bulldozers. Les médias rapportent que l’opération de destruction de leurs habitations pourrait commencer dès jeudi. Face à ce tournant, António Guterres réitère son appel au gouvernement israélien : mettre fin « immédiatement » à la colonisation, respecter le droit international et se conformer aux résolutions des Nations Unies, ainsi qu’à la jurisprudence de Cour internationale de justice. Dans un avis consultatif rendu en juillet 2024, la plus haute juridiction des Nations Unies avait en effet conclu à l’illégalité de l’occupation israélienne. Onu

Un nouveau rapport évalue les dommages, les pertes et les besoins à Gaza et en Cisjordanie

Un nouveau rapport évalue les dommages, les pertes et les besoins à Gaza et en Cisjordanie

Les besoins de reconstruction et de relèvement à Gaza sont estimés à 53 milliards de dollars, selon l’évaluation provisoire rapide des dommages et des besoins à Gaza et en Cisjordanie (IRDNA) publiée mardi 18 février. Le rapport analyse les dommages, les pertes et les besoins de relèvement et de reconstruction dans presque tous les secteurs de l’économie palestinienne, sur la base des données recueillies entre octobre 2023 et octobre 2024. Les évaluations rapides des dommages et des besoins reposent sur une méthodologie mondialement reconnue, appliquée dans divers contextes pour éclairer la planification du relèvement et de la reconstruction. Compte tenu des restrictions d’accès sur le terrain et de l’évolution rapide de la situation à Gaza, l’IRDNA fournit une estimation provisoire des impacts et des besoins. Les dommages aux structures physiques sont estimés à environ 30 milliards de dollars. Le logement est de loin le secteur le plus touché, concentrant 53 % des dommages, suivi par le commerce et l’industrie, qui en représentent 20 %. Les infrastructures essentielles (santé, eau, transports) concentrent plus de 15 % des dommages. Les pertes économiques dues à la baisse de la productivité, aux pertes de revenus et aux coûts d’exploitation sont évaluées à 19 milliards de dollars, les secteurs les plus touchés étant la santé, l’éducation et le commerce. Certains secteurs nécessitent des financements de reconstruction dépassant la valeur des destructions physiques, notamment pour la gestion des 41 à 47 millions de tonnes de gravats et de débris. À Gaza, la quasi-totalité des secteurs ont cessé toute activité économique. En un an, les prix ont bondi de plus de 300 %, avec une hausse de 450 % pour les denrées alimentaires. L’économie locale devrait se contracter de 83 % en 2024, ramenant sa contribution à l’économie palestinienne à seulement 3 %, alors que la ville abrite 40 % de la population. En Cisjordanie, une contraction de 16 % est également attendue en 2024. Le rapport, produit conjointement par le Groupe de la Banque mondiale, les Nations unies et l’Union européenne, propose une feuille de route pour échelonner les efforts de redressement et leurs coûts à court et moyen terme. Il souligne l’importance d’une réponse multisectorielle coordonnée, impliquant toutes les parties prenantes. Il note que la rapidité, l’ampleur et la portée du redressement et de la reconstruction dépendront de plusieurs facteurs, notamment les modalités de gouvernance, l’accès et la mobilité des personnes et des biens, ainsi que l’ordre public et la sécurité. BM