
Le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a dévoilé, jeudi 20 août 2026, la nouvelle « doctrine de défense globale » de la République démocratique du Congo (RDC), selon la Préidence. Celle-ci repose notamment sur la consolidation d’une pensée stratégique souveraine, le renforcement des capacités d’anticipation et de veille, la souveraineté numérique et informationnelle, l’émergence des solutions africaines aux défis sécuritaires ainsi que l’éthique républicaine, a-t-elle souligné dans un communiqué.
Le chef de l’Etat congolais a présenté ces orientions à l’occasion du dixième anniversaire du Collège des Hautes Études de Stratégie et de Défense (CHESD), institution d’excellence ayant déjà formé 1 692 lauréats, cadres civils et militaires du CHESD et de l’École Supérieure d’Administration Militaire (ESAM).
Il a rappelé que « la souveraineté commence dans l’esprit : par la capacité de comprendre les menaces, de définir nos intérêts vitaux et de choisir, en toute indépendance, les moyens de les défendre», et qu’une nation qui renonce à penser sa sécurité la voit dictée par d’autres, selon leurs intérêts, leurs priorités et leurs stratégies.
Le Président de la République a particulièrement souligné que cette célébration s’inscrit dans un contexte critique à l’Est du pays, marqué par l’agression rwandaise, l’exploitation et le trafic illicites de nos ressources naturelles. Face à cette épreuve, il a réaffirmé une détermination absolue : « Nous voulons la paix. Mais nous voulons une paix qui ne soit ni la résignation devant la force, ni l’oubli des victimes, ni la consécration du fait accompli. Nous voulons une paix juste, vérifiable et durable ».
Cette paix exigée doit être juste, durable et conditionnée par le retrait des forces étrangères non invitées, la cessation de tout soutien aux groupes armés, leur désarmement effectif, la protection des populations civiles et le rétablissement de l’autorité de l’État sur chaque portion du territoire national.
Pour le Président de la République, « Il n’existe aucune contradiction entre la recherche de la paix et le renforcement de nos capacités de défense ». La diplomatie doit s’adosser à un État fort et respecté, car « La paix donne à la défense sa finalité ; la défense donne à la paix sa garantie ».
Il a aussi souligné que face aux mutations technologiques contemporaines dont la menace s’est profondément élargie au cyberespace, à l’intelligence artificielle et à la guerre de l’information, « notre doctrine de défense doit être globale ».
« Aujourd’hui, un port, un corridor logistique, une mine, une banque de données ou un réseau de télécommunications peuvent constituer des enjeux de souveraineté aussi déterminants qu’une frontière terrestre », a fait savoir le Chef de l’Etat.
Cette nouvelle « doctrine de défense globale » doit mettre en cohérence les forces armées, la diplomatie, le renseignement, l’économie, la recherche scientifique, la justice, la communication stratégique et l’aménagement du territoire.
Enfin, cette cérémonie a été marquée par la présence du Président Burundais et Président en exercice de l’Union africaine, Évariste Ndayishimiye, ainsi que des ministres de la Défense de la République du Congo, Raymond Zéphirin Mboulou et de la République centrafricaine, Claude Rameaux Bireau, représentant leurs chefs d’État respectifs.
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