
La valeur ajoutée du secteur de l’agriculture s’est repliée de 5% au terme du premier trimestre 2024, après une amélioration de 2,1% un an auparavant, selon la Direction des études et des prévisions financières (DEPF).
La campagne agricole actuelle est intervenue dans un contexte caractérisé par un déficit hydrique sévère, comme le rappelle la DEPF dans sa note de conjoncture du mois de juillet 2024 (N°329). En effet, le cumul pluviométrique a atteint 240 mm au 14 juillet 2024, en baisse de 3% par rapport à l’année précédente et de 34% comparé à une année normale.
Dans ces conditions moins favorables, conjuguées à une diminution significative de la superficie emblavée, la production des trois principales céréales de la campagne agricole 2023/2024 a reculé de 43% en une année, estime ce département relevant du ministère marocain de l’Economie et des Finances. Elle a été estimée à 31,2 millions de quintaux. Par composante, cette production céréalière serait constituée de 17,5 millions de quintaux de blé tendre, 7,1 millions de quintaux de blé dur et 6,6 millions de quintaux d’orge.
« Pour ce qui est de la production des autres cultures, les filières arboricoles auraient enregistré
une évolution favorable », fait-t-il savoir attribuant cette évolution aux précipitations plus abondantes intervenues à partir du mois de février 2024 qui ont coïncidé avec le stade de nouaison et de floraison.
Concernant les cultures sucrières, la production prévisionnelle de la betterave à sucre est estimée à 1,5 million de tonnes et celle de la canne à sucre à 330 mille tonnes.
Quant aux cultures maraichères, la DEPF note le maintien du programme d’assolement à des niveaux satisfaisants, malgré les conditions climatiques difficiles et les restrictions à l’irrigation dans certains périmètres d’irrigation. Ce qui, fait-elle savoir, « a permis de maintenir l’offre à des niveaux satisfaisants et de couvrir les besoins du marché national en légumes au cours des saisons d’été, d’automne et d’hiver avec une production estimée à 8,4 millions de tonnes ».
Selon la Direction, le secteur de l’élevage maintient globalement son équilibre grâce aux mesures prises et à la mise en œuvre du programme de réduction de l’impact du déficit pluviométrique.
A noter que les exportations du secteur de l’agriculture et agro-alimentaire se sont redressées au cours des deux premiers mois du deuxième trimestre 2024 (+3%), portant leur baisse à -0,7% à fin mai 2024, après -3% à fin mars 2024 et une quasi-stagnation un an plus tôt (+0,1%), ainsi que le relève la DEPF dans sa note de conjoncture.
Ledit département précise que « cette évolution favorable au cours des deux premiers mois du T2-2024 recouvre, notamment, une performance des expéditions de l’industrie alimentaire de +6% et une quasi-stagnation de celles des produits d’agriculture, sylviculture et chasse ».
Martin Kam Avec CP