
Situation du marché du travail au troisième trimestre 2026
Le taux de chômage strict a grimpé au troisième trimestre 2026, selon les résultats de l‘Enquête sur la main-d’œuvre (EMO) du Haut-commissariat au plan (HCP) rendus publics mardi 3 novembre.
Entre le deuxième et le troisième trimestre 2026, il a augmenté de 0,9 point, passant de 9,5% à 10,5% au niveau national, a indiqué l’institution publique dans sa note d’information relative à la situation du marché du travail au troisième trimestre 2026. En milieu urbain, le taux de chômage strict a a progressé de 0,6 point, de 11,9% à 12,5%, tandis qu’en milieu rural, il s’est accru de 1,5 point, de 5,4% à 6,9%, a ajouté le HCP.
Le nombre de personnes au chômage strict s’est ainsi établi à 1 224 000 au troisième trimestre 2026, a-t-il précisé, dont 76,4% résident en milieu urbain et 34,6% sont des femmes.
Comparé au deuxième trimestre 2026, « ce nombre a augmenté de 103 000 personnes, à la suite à une hausse de 46 000 en milieu urbain et de 57 000 en milieu rural », a souligné l’institution dans sa note.
Selon la même source, le taux de chômage strict a enregistré une hausse de 1,9 point chez les femmes, passant de 14,8% à 16,7%. En augmentation de 0,6 point, il s’est établi à 8,7% chez les hommes contre 8,1%.
Avec un taux de 30,5% contre 27,2%, les jeunes de 15 à 24 ans restent la catégorie d’âge la plus exposée. Ils sont suivis par les 25-34 ans, pour lesquels le taux s’est situé à 16,0%. Pour les 35-44 ans et les 45 ans et plus, il a quasiment stagné, n’augmentant que de 0,2 et 0,1 point respectivement, constate le HCP.
Les données du HCP montrent par ailleurs que le taux de chômage strict s’est situé à 18,1% chez les détenteurs d’un diplôme avancé au troisième trimestre. Il s’est établi à 18,1% chez ceux ayant un diplôme intermédiaire, à 11,6% chez ceux ayant un diplôme de base et a atteint 4,7% chez les personnes n’ayant aucun diplôme.
Dans son analyse de la situation du marché du travail, l’institution a retenu deux indicateurs visant à apporter un éclairage complémentaire sur les formes spécifiques de la sous-utilisation de la main-d’œuvre. Il s’agit du chômage strict associé à la main-d’œuvre potentielle et du chômage strict associé au sous-emploi lié à la durée de travail. Le premier mesure la pression actuelle et latente sur le marché du travail, tandis que le deuxième mesure la part de la main-d’œuvre subissant une insuffisance de temps de travail (totale ou partielle).
Ainsi, selon le HCP, le taux combiné du chômage strict et de la main-d’œuvre potentielle s’est établi à 15,7% au troisième trimestre 2026, contre 14,7% au deuxième trimestre 2026. Il atteint 18,2% en milieu urbain et 11,3% en milieu rural, avec un écart entre les femmes (26,5%) et les hommes (12,5%).
Le taux combiné du chômage strict et du sous-emploi lié à la durée de travail s’est pour sa part situé à 14,6% au troisième trimestre 2026, contre 14,0% au trimestre précédent. Il atteint 15,8% en milieu urbain et 12,5% en milieu rural. Selon le sexe, il s’élève à 19,0% chez les femmes et à 13,4% chez les hommes.
Alain Bouithy
L’emploi rémunéré recul dans trois secteurs sur quatre
Les services constituent le principal secteur pourvoyeur d’emploi contre revenu, avec 5 155 000 personnes, soit 49,2% de l’ensemble des personnes en emploi contre revenu. Ils sont suivis par l’agriculture, la sylviculture et la pêche, qui regroupent 2 425 000 personnes (23,2%), l’industrie, avec 1 526 000 personnes (14,6%), et la construction, avec 1 354 000 personnes (12,9%) . En milieu urbain, 64,2% des personnes en emploi contre revenu travaillent dans les services et 18,9% dans l’industrie. En milieu rural, l’agriculture, la sylviculture et la pêche constituent le principal secteur d’activité, regroupant 54,1% des personnes en emploi contre revenu, suivies des services (24,1%). Entre le deuxième et le troisième trimestre 2026, le volume de l’emploi contre revenu dans l’industrie a connu une hausse nette de 69 000 postes, soit 4,8%. À l’inverse, le volume de l’emploi contre revenu dans les autres secteurs a enregistré une baisse nette. L’agriculture, la sylviculture et la pêche ont perdu 145 000 postes en net (-5,6%), suivies des services, avec 96 000 postes en net (-1,8%), et de la construction avec 3 000 postes en net (0,2%).
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