SENEGAL. Sonko et Diomaye : le duo en tournée… ou la République en double service

SENEGAL. Sonko et Diomaye : le duo en tournée… ou la République en double service

PARLONS-EN. Pendant que le Président Bassirou Diomaye Faye arpente les pistes rouges de Tambacounda et les collines poussiéreuses de Kédougou, carnet économique sous le bras, le Premier ministre Ousmane Sonko, lui, va électriser Guinguinéo à coups de mégaphone politique et de meeting. Deux tournées. Deux styles. Deux rythmes. Une même République… mais visiblement en mode split screen. Diomaye parle infrastructures, désenclavement, potentiel minier, agriculture et promesses de développement. Sonko, lui, va vibrer la fibre militante, chauffer la base, galvaniser les troupes, ressusciter l’ADN du combat politique. L’un compte les projets, l’autre compte les foules. À première vue, tout semble normal : un président qui gouverne, un Premier ministre qui mobilise. Mais au Sénégal, on sait lire entre les lignes… surtout quand elles deviennent parallèles. Alors forcément, les questions fusent partout comme dans un cinéma politique mal climatisé. Pourquoi ces tournées simultanées ? Pourquoi cette géographie séparée ? Pourquoi ce tempo différent ? Agenda caché ? Compromission feutrée ? Stratégie concertée ou début de solo improvisé ? Le duo exécutif donne l’impression d’un orchestre où chacun accorde son instrument dans une salle différente. Diomaye joue la partition institutionnelle, sobre, presque technocratique. Sonko, fidèle à son tempérament volcanique, va rester sur scène, micro en main, dans une posture de chef de file plus que de chef de gouvernement. Et pendant ce temps, les kulunas politiques ces prophètes du chaos professionnel frottent déjà leurs mains : ils annoncent un clash, flairent la rupture, parient sur une guerre froide au sommet de l’État. Ils rêvent d’un remake sénégalais des duos explosifs, version Palais contre Primature. Mais soyons clairs : personne ne souhaite un divorce prématuré de ce couple politique né dans la douleur, porté par la rue et consacré par les urnes. Seulement voilà : le symbole compte. Beaucoup. Quand le Président est dans une tournée économique pendant que son Premier ministre fait du carburant politique, le message devient flou. Qui pilote quoi ? Qui prépare demain ? Qui installe le pouvoir local ? Qui laboure le terrain électoral ? Car ne soyons pas naïfs : derrière les discours sur le développement et les meetings populaires se dessinent déjà les ombres longues des futures échéances locales. Ces élections-là seront le véritable baromètre du rapport de force interne. Elles diront qui contrôle les bases, qui tient les territoires, qui parle encore au peuple sans traducteur. Pour l’instant, Sonko et Diomaye avancent côte à côte… mais pas toujours dans la même direction. Ce n’est peut-être qu’une répartition des rôles. Ou peut-être le début d’un rééquilibrage silencieux. Ou simplement une République en rodage, encore à la recherche de sa chorégraphie. Une chose est sûre : le peuple observe. Le système guette. Les vautours politiques planent. Et au milieu de ce ballet républicain, une question demeure, tenace comme la poussière de Kédougou : Sommes-nous face à un duo complémentaire… ou à deux trajectoires qui, doucement, apprennent à ne plus se croiser ? Les prochaines élections locales finiront par nous édifier. En attendant, le Sénégal regarde. Et prend des notes. Par Malick BA Journaliste

Congo/Sénégal : Bassirou Diomaye Faye et Denis Sassou N’Guesso scellent une alliance entre histoire et pragmatisme économique

Congo/Sénégal : Bassirou Diomaye Faye et Denis Sassou N’Guesso scellent une alliance entre histoire et pragmatisme économique

Le président sénégalais a regagné son pays, le 03 février au terme d’une visite officielle de 48 heures à Brazzaville. Avant de quitter la capitale congolaise, Bassirou Diomaye Faye a rendu hommage au passé commun des deux nations, au cours d’une conférence de presse conjointe avec son homologue congolais Denis Sassou-N’Guesso. Au cours de cette conférence de presse, les deux chefs d’Etat ont dessiné les contours d’une coopération renouvelée. Du pétrole à l’agriculture, en passant par la formation, l’axe Dakar-Brazzaville se veut désormais, le moteur d’un panafricanisme de résultats. L’heure de passer à l’action concrète. Le Congo et le Sénégal ont signé en 2018, un accord de coopération culturelle que les chefs d’Etat ont décidé d’appliquer, huit ans après. Selon le président Diomaye Faye, un monument dédié au Sergent Malamine serait prochainement érigé dans l’enceinte du Mémorial Pierre Sabvorgnan De Brazza, à Brazzaville. « Nous devons enseigner cette histoire aux générations actuelles et futures pour consolider nos relations », a déclaré le président sénégalais, soulignant que le socle culturel est le préalable indispensable à toute réussite économique. Sans état d’âme, les deux chefs d’État ont dressé un constat lucide de la coopération économique entre leurs deux pays : les échanges commerciaux ne sont pas encore à la hauteur de la « convivialité» entre le Congo et le Sénégal Pour y remédier, ils ont identifiés des secteurs stratégiques C’est ainsi que, nouveau venu dans le cercle des pays producteurs de pétrole, le Sénégal entend profiter de l’expérience du Congo dans ce domaine, notamment, dans le domaine de la formation de techniciens et d’ingénieurs miniers. Cette formation est au cœur des priorités comme l’est l’agriculture et Élevage. Le Président Denis Sassou-N’Guesso a, en effet, salué l’expérience sénégalaise dans ce domaine, avec l’entreprise SEDIMA qui a, du reste, souhaité s’installer au Congo. Ce modèle peut être dupliqué au Congo pour mettre fin aux importations de « poulets surgelés sans valeur nutritive », a expliqué le président congolais. La formation, « l’avenir du continent » Pour Denis Sassou-N’Guesso, le renforcement de la coopération entre son pays et le Sénégal passe impérativement par la formation de la jeunesse. Il a, notamment, insisté sur la formation médicale, à l’heure où le Congo est en train de construire une douzaine d’hôpitaux généraux. Le Sénégal, reconnu pour la qualité de son enseignement supérieur en santé, est appelé à former des futurs médecins congolais, généralistes comme spécialistes, a-t-il ajouté. Les deux dirigeants ont aussi plaidé pour la promotion du panafricanisme. Ainsi, ont-ils lancé un vibrant appel à la mobilisation du continent. « Il faut que l’Afrique se mette debout dans ce monde sévère qui se restructure », a martelé Denis Sassou-N’Guesso que le sénégalais a appelé « Doyen ». Le chef de l’Etat congolais s’est réjoui de voir une nouvelle génération de leaders, comme le président Diomaye Faye, reprendre le flambeau du panafricanisme. Dakar et Brazzaville ne se contentent plus de se souvenir, elles projettent désormais leur destin commun dans une Grande Commission Mixte qui s’annonce décisive pour l’intégration régionale.

Sénégal. Pour l’Etat, puissance publique, voilà une bonne décision

Sénégal. Pour l’Etat, puissance publique, voilà une bonne décision

PARLONS-EN. L’on apprend qu’au Sénégal, le Président de la République, M. Bassirou Diomaye Faye, a signé, mercredi 7 janvier 2026, un Décret étendant à tous les Agents de l’État l’indemnité représentative de logement, fixée à 100.000 francs CFA, par mois, ont indiqué des sources officielles. Le Décret vise à corriger ce qui est appelé « rupture d’égalité », dans le système de rémunération des Agents Publics, selon le rapport de présentation du Ministre des Finances et du Budget, M. Cheikh Diba. Avant cette décision, environ 7% des Agents, Fonctionnaires et non Fonctionnaires, étaient exclus de cette indemnité, déjà attribuée à certaines catégories, notamment dans l’Education et la Santé. L’indemnité bénéficiera aux Agents non logés et non soumis à des dispositions statutaires prévoyant déjà son octroi. Le Décret, contresigné par le Premier Ministre, M. Ousmane Sonko et le Ministre des Finances, prend effet immédiatement. Selon le rapport, cette mesure s’inscrit dans le cadre du Pacte National de Stabilité Sociale. Son objectif est d’améliorer les conditions de vie et de travail des Agents de l’État, pour renforcer l’efficacité du service public. Ceci dit, ce n’est pas un miracle que d’octroyer une indemnité de logement aux Agents de l’Etat. Le tout est une affaire de bonne gouvernance d’un Etat qui doit faire de la trésorerie publique une ressource commune précieuse, à gérer sans légèreté et selon les normes légales, la plaçant à l’abri de toutes sortes de malversations et autres mauvaises affectations. Une gouvernance qui, par ailleurs, sait se fixer avec rigueur sur des dépenses prioritaires, ne se livrant nullement aux non essentielles sorties de fonds. Qu’ici soit saluée la décision du Gouvernement Sénégalais. Elle devrait faire école en Afrique. Paris 8 janvier 2026 Par Ouabari Mariotti

Sénégal. Nouvel An, nouveaux vœux… et vieux désaccords au sommet de l’Etat

Sénégal. Nouvel An, nouveaux vœux… et vieux désaccords au sommet de l’Etat

TRIBUNE. En ce début d’année, pendant que les Sénégalais comptaient leurs résolutions comme on compte les factures impayées, le sommet de l’État, lui, semblait compter… ses divergences. Car derrière la photo de famille, les sourires institutionnels et les accolades calibrées, un duo intrigue, inquiète et fascine : Sonko – Diomaye, alliance historique ou mariage politique sous régime de séparation de biens ? Essayons, sans boule de cristal mais avec un stylo bien trempé, de dresser l’inventaire des différences. Sans risque de se tromper. Ou presque. Justice d’abord. Pour Ousmane Sonko, la justice n’est pas un baume, c’est un scalpel. Elle doit trancher net, rendre justice aux martyrs, faire rendre gorge aux prédateurs et solder les comptes du passé. Pas d’amnistie de l’oubli, pas de paix sans vérité. Pour Bassirou Diomaye Faye, la justice est un ciment : elle doit apaiser, rassembler, réparer le tissu national déchiré. L’un brandit la reddition des comptes, l’autre invoque la réconciliation. Le premier parle de dettes morales à payer, le second de fractures à refermer. Deux visions, une même robe noire… mais pas la même plaidoirie. Politique ensuite. Sonko, méfiant comme un gardien de nuit dans un entrepôt du système, veut refonder la coalition autour de PASTEF. D’où l’APTE, ce tamis politique destiné à filtrer les opportunistes de la dernière pluie, ceux qui changent de conviction comme de carte SIM. Diomaye, lui, ouvre grand les portes de sa coalition “Diomaye Président”, confiée à Mimi Touré, et accueille à bras ouverts d’anciens compagnons du système honni hier encore. Là où Sonko voit des passagers clandestins, Diomaye voit des ralliements utiles. L’un serre le poing, l’autre tend la main. Question de tempérament… ou de stratégie ? L’État, enfin. Sonko rêve d’un gouvernement majoritairement composé de pastéfiens, ces soldats du projet qui ont connu la rue, la prison, les gaz lacrymogènes et les insultes télévisées. Ceux qui ont souffert pour comprendre. Diomaye, président désormais, compose autrement. Il choisit ses hommes, construit son cercle, installe sa marque. Certains diront : autorité. D’autres : méfiance. Les plus taquins parleront d’un État en cohabitation… avec son propre camp. Pourtant, au milieu de ces lignes de fracture, un rayon d’espoir perce le ciel politique : les réformes annoncées hier. Une Cour constitutionnelle pour remplacer le Conseil constitutionnel, un nouveau Code électoral, une révision de la Constitution. Des promesses lourdes, structurantes, presque révolutionnaires. Comme un rappel que, malgré les dissonances, la partition peut encore être jouée à deux. Alors, au final, qui sortira vainqueur ? Ces divergences feront-elles exploser le duo ou le rendront-elles complémentaire ? Seront-ils adversaires masqués ou alliés lucides ? Une chose est sûre : Ousmane Sonko sait faire de la politique. C’est un stratège, un dribbleur de surface, un renard des temps forts. Il sait quand accélérer, quand temporiser, quand frapper au moment opportun. Et Diomaye, lui, apprend vite le poids du costume présidentiel, cette veste qui oblige parfois à ralentir quand d’autres veulent sprinter. Le match ne fait que commencer. Les tribunes sont pleines. Le ballon est au centre. Wait and see. Par Malick BA Journaliste

Sénégal : “Ayo”, la mascotte officielle des JOJ 2026

Sénégal : “Ayo”, la mascotte officielle des JOJ 2026

SPORTS. “Ayo”, la mascotte officielle des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026 symbolisée par un lion portant un bonnet, vient d’être dévoilée par le chef de l’Etat, Bassirou Diomaye Faye. La cérémonie de dévoilement de la mascotte des JOJ 2026 se déroule au Grand-Théâtre de Dakar. Le Premier ministre, Ousmane Sonko, la ministre de la Jeunesse et des Sports, et la présidente du Comité international olympique (CIO), Kirsty Coventry, prennent aussi part à cette cérémonie, de même que le président du Comité national olympique et sportif sénégalais (CNOSS), Diagna Ndiaye. La mascotte dévoilée est le fruit de plusieurs mois de travail du COJOJ, qui tenait à ce qu’elle soit inclusive, d’où le choix d’organiser un concours, de concert avec le ministère de l’Education nationale. Le terme “Ayo”, signifiant joie en yoruba, a été proposé par Ndèye Khady Cristal Coumba Sarr, 18 ans, élève en classe de terminale. Elle dit avoir choisir une langue africaine pour exprimer le message du slogan des JOJ 2026, “Dakar accueille, l’Afrique célèbre”. “Ayo” est un jeune lion symbolisant la joie et l’énergie de la jeunesse sénégalaise. Il porte un chapeau traditionnel symbolisant la sagesse, la dignité et l’attachement à la vie rurale. Selon le comité d’organisation, cette mascotte incarne les valeurs de Dakar 2026 et met en valeur l’héritage culturel du Sénégal en tant que pays hôte. Le design de la mascotte a, lui, été imaginé par Ndèye Mariama Diop, 16 ans, élève en classe de seconde. Inspirée par les tenues traditionnelles africaines, elle a donné vie à ce lion attachant, symbole d’un continent fier et tourné vers l’avenir. Près de 500 élèves dont l’âge varie entre 12 et 18 ans ont participé à ce concours. La conception de la mascotte devait prendre en compte le respect des valeurs de l’olympisme, à savoir l’excellence, le respect et l’amitié, selon le COJOJ. Le nom de la mascotte doit être court et composé de trois syllabes, mais aussi facile à prononcer et accessible au grand public, selon la charte du Comité international olympique (CIO). Le jury, présidé par le ministre de l’Éducation nationale Moustapha Guirassy, compte d’éminentes personnalités, dont le caricaturiste Oumar Diakité, dit Odia, l’historien Ibrahima Thioub et le peintre Kalidou Kassé. Il devait choisir entre cinq créations. Le dévoilement de la mascotte des JOJ 2026 marque le départ d’un compte à rebours d’un an avant la tenue cette compétition. Les membres du comité d’organisation auront l’occasion, par ailleurs, de vulgariser la mascotte lors du festival “Dakar en jeux”, qui aura lieu du 4 au 9 novembre, à la gare de Dakar, au Dakar Arena de Diamniadio et à Saly-Portudal (ouest). Les prochains Jeux olympiques de la jeunesse se tiennent au Sénégal, une première sur le continent africain, du 31 octobre au 13 novembre 2026. Cette quatrième édition va se dérouler à Dakar, Saly et Diamniadio, sous le slogan “L’Afrique accueille, Dakar célèbre”. Les organisateurs tablent sur la participation d’environ 2 700 athlètes représentant une vingtaine de disciplines sportives, de l’athlétisme à l’escrime, en passant par la natation, le skateboard, le judo, la voile, le beach-volley et le rugby à 7. De nouvelles disciplines comme le breaking (danse urbaine), le baseball à 5, le triathlon ou encore le wushu sont également au programme des JOJ Dakar 2026. APS

Sénégal: Bassirou Diomaye Faye invite à faire de l’agriculture un secteur attractif pour la jeunesse africaine

Sénégal: Bassirou Diomaye Faye invite à faire de l’agriculture un secteur attractif pour la jeunesse africaine

Le Président Bassirou Diomaye Faye a appelé, mardi 01 septembre, à faire de l’agriculture un secteur attractif pour la jeunesse africaine et le moteur d’une renaissance africaine fondée sur la souveraineté, l’innovation et le développement partagé. S’exprimant lors de la cérémonie d’ouverture du 19ᵉ Forum africain des systèmes alimentaires à Diamniadio, le chef de l’Etat sénégalais « a insisté sur la nécessité d’investir massivement dans la modernisation de l’agriculture, la maîtrise de l’eau, la transformation locale, le développement des chaînes de valeur », indique la présidence sénégalaise un communiqué. Dans son allocution, devant son homologue, Son Excellence Paul Kagame, Président de la République du Rwanda, et de nombreuses hautes personnalités africaines et internationales, il a également souligné l’importance du commerce intra-africain, de l’innovation et la digitalisation. Et rappeler que « l’Afrique détient 65% des terres arables mondiales, une jeunesse créative et une richesse hydrique considérable ». Autant d’atouts qui, selon Bassirou Diomaye Faye, font de l’Afrique « la clé de sa propre souveraineté alimentaire et un acteur majeur pour nourrir le monde ». Martin Kam

Bassirou Diomaye Faye et la fermeture des bases militaires françaises au Sénégal : le temps des mea culpa ?

Bassirou Diomaye Faye et la fermeture des bases militaires françaises au Sénégal : le temps des mea culpa ?

PARLONS-EN. La résiliation unilatérale des accords de coopération militaire qui liaient le Tchad et le Sénégal à la France a surpris plus d’un observateur. Personne ne croyait cela possible. Dans les milieux dits panafricains, on s’était même montré très critique à l’égard du président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, accusé d’avoir trahi sa promesse de rompre avec les mauvaises habitudes du passé, contribuant ainsi, selon ses détracteurs, pour la plupart non sénégalais, à faire vivre une Françafrique qui refuse de mourir, pour reprendre le titre d’un livre paru, il y a peu. Je dois dire que je suis l’un de très rares Africains en dehors du Sénégal à avoir appelé à la prudence, à avoir accordé le bénéfice du doute et de la bonne foi au président Bassirou Diomaye Faye. Cela m’a d’ailleurs été reproché, mais comme je le dis souvent quand il est question d’analyse d’enjeux politiques et géopolitiques importants, il faut savoir laisser le temps au temps. Il y a de ces choses, de ces événements dont on ne saisit le sens que dans la durée. Comme j’ai eu à le souligner, en réaction aux critiques visant Bassirou Diomaye Faye, ce dernier n’est plus un activiste politique pour se comporter comme le veulent certains militants panafricains. On n’a plus affaire à un simple opposant de Dakar vociférant contre la France, mais à un chef d’État qui est confronté à la dure réalité du pouvoir et qui a certainement des informations que nous n’avons pas. Il faut constamment garder cela à l’esprit avant de juger et de condamner facilement. Quand on travaille sur les affaires sensibles, notamment les affaires d’État, on apprend à douter de soi-même, à privilégier la nuance et surtout à être humble. Critiquer en ignorant certaines réalités et vérités ne sert à rien. Bref. En appelant au démantèlement des bases militaires françaises au Sénégal, le président Bassirou Diomaye Faye rappelle qu’il est et reste la même personne qui a promis la rupture à son peuple, et par extension à cette Afrique déterminée à se faire respecter sur la scène internationale. Honnêteté intellectuelle oblige, certains militants panafricains doivent faire leur mea culpa. C’est juste un avis, le mien. Je bois mon lait nsambarisé… Par Patrick Mbeko

SENEGAL. Le chef de l’État annonce la dissolution de l’Assemblée nationale

SENEGAL. Le chef de l’État annonce la dissolution de l’Assemblée nationale

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a annoncé, jeudi soir, dans un message à la nation, la dissolution de l’Assemblée nationale. ”En vertu des pouvoirs qui me sont conférés par l’article 87 de la Constitution, et après avoir consulté le Conseil Constitutionnel sur la bonne date, le Premier Ministre et le Président de l’Assemblée nationale, sur l’opportunité, je dissous l’Assemblée nationale. La date des élections législatives est ainsi fixée au dimanche 17 novembre 2024”, a dit le chef de l’Etat. Il a annoncé la dissolution de l’Assemblée nationale pour ”demander au peuple souverain les moyens institutionnels” qui lui permettront ”de donner corps à la transformation systémique” qu’il avait ”promise”. Rappelant que le 24 mars 2024, ‘’le Peuple Sénégalais a fait le choix de la rupture et de la transformation systémique’’ en l’’élisant au premier tour de l’élection présidentielle, Bassirou Diomaye Faye a dit avoir constaté ‘’malheureusement, [que] la majorité parlementaire a décidé de ramer à contrecourant de la volonté du peuple Sénégalais (…)’’. Selon lui, cette majorité a d’abord, refusé, le 29 juin 2024, de tenir le débat d’orientation budgétaire pourtant obligatoire, pour ‘’’le motif simpliste d’une supposée attaque reçue sur le terrain politique’’. ‘’Cette violation d’une obligation légale prévue par l’article 56 de la loi organique relative aux lois de finances aura gravement contribué à ternir l’image du Sénégal aux yeux des institutions internationales’’, a-t-il ajouté. Elle a ensuite rejeté, le jeudi 29 août 2024, ‘’le projet de révision constitutionnelle visant à concrétiser la promesse’’ qu’il avait faite‘’ au peuple de supprimer le Haut Conseil des Collectivités territoriales (HCCT) et le Conseil économique, social et environnemental (CESE), alors que la situation des finances publiques impose urgemment de rationaliser les dépenses publiques’’. ‘’Enfin, a t-il relevé, en allant jusqu’à l’usurpation des prérogatives constitutionnelles du Président de la République pour fixer une date pour la Déclaration de politique générale, en violation flagrante de l’article 84 de la Constitution et de l’article 97 de la loi organique portant règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Sans parler de la menace d’une motion de censure que cette majorité fait planer sur le gouvernement !’’. Bassirou Diomaye Faye a souligné qu’en imposant, ‘‘par la force du Droit, la date du 13 septembre 2024 pour la Déclaration de politique générale, il ne s’est pas agi de duper le Peuple Sénégalais mais simplement d’asseoir fermement l’autorité de la Loi’’. Il dit vouloir rappeler, par les actes, que ‘’l’ordre politique, sous (son) magistère, ne supplantera jamais l’ordre légal’’. ‘’Il y allait donc de mon devoir juridique, éthique et moral de ne céder la moindre parcelle de tolérance aux contempteurs de la Loi’’, a déclaré le chef de l’Etat, qui dit en avoir conclu, que ‘’le gage d’une collaboration franche avec la majorité parlementaire, dans le seul intérêt du peuple Sénégalais était une illusion’’. ‘’Celle-ci ayant décidé de se détourner du Peuple pour promouvoir le culte du blocage et ainsi entraver la mise en œuvre du Projet sur la base duquel j’ai été élu’’, a-t-il déploré. Selon lui, ‘’aujourd’hui, plus que jamais, l’heure est venue d’ouvrir une nouvelle temporalité à notre quinquennat’’. ‘’L’article 3 de notre Constitution rappelle que la souveraineté nationale appartient au peuple. Ce faisant, le peuple est invité à reprendre ses titres d’habilitation et à décider souverainement si l’Assemblée nationale doit refléter les aspirations profondes de changement qui se sont exprimées au soir du 24 mars 2024 ou si elle doit demeurer encore le dernier avatar bloquant d’un régime déchu’’, a-t-il dit. Il a assuré qu’en tout état de cause, ‘’le gouvernement garantit la bonne organisation des élections et l’expression libre et démocratique du choix du peuple et que le meilleur gagne’’. APS