SENEGAL. Quelle intelligence politique Sonko2029

LE TRUC A RETENIR. L’Assemblée nationale a validé la réintégration d’Ousmane Sonko en tant que député, sachant que le président Bassirou Diomaye Faye ne pourra pas dissoudre l’Assemblée nationale avant novembre 2026 (fin des deux premières années de législature). Le parti PASTEF en profite pour repositionner son leader au cœur de l’institution, où il pourrait devenir le 2e homme fort du Sénégal en accédant potentiellement à la présidence de l’Assemblée nationale.

Le but de ce parti souverainiste est clair : empêcher le président de faire passer facilement des lois en sa faveur après la rupture avec Sonko, et surtout de préserver la loi électorale actuelle qui permet à Ousmane Sonko de se présenter à l’élection présidentielle de 2029.

Même si le Président dispose d’un pouvoir discrétionnaire de dissolution, la Constitution (article 87) lui impose un délai de deux ans après le début de la législature (élections du 17 novembre 2024). Ce délai protège l’Assemblée jusqu’à fin 2026.

Cette configuration démocratique permet donc à Sonko de conserver une forte influence au sein des institutions. Avec une majorité PASTEF à l’Assemblée, le groupe peut à tout moment déposer une motion de censure contre des membres du gouvernement jugés hostiles aux intérêts du parti.

Bassirou Diomaye Faye risque de se retrouver de plus en plus isolé jusqu’à fin 2026. Il aura alors la possibilité de dissoudre l’Assemblée, mais il devra auparavant subir les répercussions au sein de son propre parti majoritaire.

Sonko fait preuve d’une grande intelligence tactique, mais cette stratégie ne pourra pleinement réussir sans la loyauté de l’ancien président de l’Assemblée nationale, qui lui tend le pouvoir ce mardi 26 mai 2026.

Par Hamid Nassour

Doctorant en Administration Publique

Master en économie option finance

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *